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L’interpellation d’un groupe d’officiers de l’armée dont le général Diarra Camara, ancien chef d’état major général des Forces armées et le neveu du président défunt le capitaine Issiaga Camara, véhiculée par des rumeurs dans la cité, en début de semaine, tend à se confirmer. Même si le CNDD n’en dit mot à propos, préférant occulter la question.
Des rumeurs sur l’interpellation d’un groupe d’officiers proches de l’ancien chef d’Etat ont envahi les rues de Conakry lundi 5 janvier dernier. Ces officiers arrêtés et placés en détention au camp Alpha Yaya Diallo, dit-on, seraient entre autres le général Diarra Camara, ancien chef d’état major général des Forces armées, le Vice amiral Alkaly Daffé, ancien chef d’état major de la marine, son adjoint le contre amiral Fassiman Traoré, le général Kandet Touré, ancien directeur de cabinet militaire de Lansana Conté, le commandant Issiaga Camara, neveu du président défunt et le sergent Pendessa de la garde rapprochée de Conté. Ces deux derniers qui auraient été les premiers à être arrêtés, n’avaient pas caché, dit-on, leur amertume en apprenant que le commandant Fodéba Touré, l'ex commandant du Bataillon Autonome de la Sécurité Présidentielle (BASP) et celui du commandant Cheick Ahmed Tidiane Camara, ancien directeur du bureau d’investigation de la sécurité présidentielle, étaient membres du CNDD. Ils avaient crié aussitôt à la trahison et procédé à l’incarcération de ces deux officiers, à l’état major de la gendarmerie. Mais, la nouvelle étant parvenue au CNDD, un détachement militaire viendra libérer le commandant Fodéba et son collègue Tidiane. Le commandant Issiaga Camara et le sergent Hasmiou Pendessa vont alors se retrouver dans de sales draps, ayant été interpellés sur le champ pour être logés dans un cachot du camp Alpha Yaya Diallo. Il conviendrait de noter que le sergent Pendessa était réputé pour sa fidélité au président défunt. Qui avait prévu d’ailleurs de le nommer au poste de directeur du protocole d’Etat. Mais hélas, le décès de Lansana Conté viendra tout remettre en cause. Quant à Issiaga Camara, en tant que neveu de Lansana Conté, il exerçait semble-t-il un ascendant sur le vieux général, qu’il était l’un des rares à côtoyer ces dernières années. Ainsi, il revenait à Issiaga de filtrer les entrées au palais présidentiel. Ne voyait le président Conté que celui qu’Issiaga voulait. Une anecdote circule d’ailleurs à ce propos. Il y a environ trois mois, Kassory Fofana, Chantal Colle, Elhadj Diaby, marabout et ami de Conté avaient été interdits à la présidence. Cet ostracisme avait été commandité par des mains invisibles. Et il appartenait au commandant Issiaga de faire appliquer la mesure. Les amis exclus réussiront cependant à contourner cette décision pour avoir accès au général.
Pour revenir à cette vague d’arrestation dans les rangs de l’armée, il faut dire que le mobile n’est pas connu. Sinon que ces officiers qui étaient des piliers de l’ancien régime pourraient éventuellement constituer une menace pour la transition aux yeux de la junte au pouvoir. Tout ceci n’est que pure spéculation, bien entendu. Pour le moment, aucune réaction n’a été observée du côté du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), concernant ces rumeurs. En attendant sans doute de trouver un argument. Des sources militaires confirment toutefois ces interpellations qui pourraient de nouveau tacher le blason de la junte. Après la perquisition musclée effectuée chez l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo le 1er janvier dernier par un commando de bérets rouges, qui avait à leur tête commandant Aidor Bah, commandant de régiment des commandos parachutistes. Tout ceci fait dire à certains observateurs que le CNDD manifesterait une sorte d’agitation excessive.
Mamadou Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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