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L’ancien maire de Matam s’est donnée en spectacle la semaine dernière, dans la commune de Kaloum, en s’agrippant au capot d’une voiture banalisée qui servait de véhicule de patrouille de police venue cueillir son frère, Sawpit Barry, impliqué dans une affaire de transaction de pierres précieuses. Elle va rester cramponnée au véhicule, de l’hôpital Ignace Deen à la direction de la police judicaire, où elle tombera dans les pommes. RBB sera ensuite transférée dans une clinique de la place pour y subir des soins intensifs. La scène a jeté un froid dans le dos de ceux qui étaient présents ce jour le long du parcours séparant le CHU Ignace Deen à la direction centrale de la police judiciaire. Voir une femme quitter sa voiture et tenter un saut en direction d’un véhicule qui roulait à vive allure, cela sort de l’ordinaire. Et on se croirait dans un thriller hollywoodien. Surtout que cette femme n’est pas une anonyme. Il s’agissait bien de Mme Rougui Barry qui a eu la chance de diriger durant deux mandats la commune de Matam. Cette dame que les populations de la capitale appellent affectueusement par ses initiales RBB, a du cran. Et elle vient de le démontrer. En tentant de sauver son frère cadet, pris dans les griffes de la police dans une affaire de transaction de diamant. La police qui a interpellé Sawpit Barry, exécutait un mandat d’arrêt émis par un juge du tribunal de première instance de Dixinn. L’affaire remonterait à près de deux ans, et le tribunal aurait tranché en faveur du camp adverse ayant déposé plainte contre Sawpit pour détournement d’une pierre précieuse estimée à environ 50 mille dollars américains. Le frère de Rougui qui a toujours nié les faits, aidé par un expatrié allemand, parle d’un faux diamant. Cependant, il n’aurait jamais restitué le dit diamant à ses propriétaires. D’où cette plainte qui a abouti à sa condamnation par contumace. Et de fil en aiguille, la police a fini par le repérer et procéder à son arrestation la semaine dernière. Ce qui a rendu RBB furieuse, de sorte qu’elle a affronté les agents de la police qui, à bord d’un véhicule banalisé conduisaient le malheureux Sawpit à la DPJ. Quant à Rougui Barry après cette débauche d’énergie, elle a perdu connaissance et s’est retrouvée dans une clinique de la place. La police judiciaire a ouvert de nouveau le dossier pour un réexamen de cette affaire qui défraie la chronique dans la cité. Pour éclairer la religion de l’opinion sur cet incident qui a failli lui coûter la vie, l’ancien maire de Matam envisage de donner un point de presse ce mardi. Certains observateurs jugent tout de même maladroit ce geste de RBB. Elle aurait pu suivre en toute tranquillité le véhicule de police jusqu’à destination, et s’en remettre à la justice. Car elle n’ignore pas qu’un citoyen n’a pas le droit de se faire justice. C’est donc un mauvais exemple que vient de donner RBB, qui pourtant ne cache plus ses ambitions politiques. Ayant déjà milité au sein de l’union des forces républicaines de Sidya Touré, avant de claquer la porte pour incompatibilité d’humeur. Il ne serait donc pas surprenant que Rougui se retrouve à la tête d’une formation politique dans la perspective des élections générales à venir. Une femme d’une telle envergure doit savoir où mettre les pieds. Jauger ses faits et gestes, avant de poser des actes dont les conséquences pourraient être préjudiciables à son parcours. Son frère que ses détracteurs qualifient par ailleurs de vilain petit canard de la famille, aurait des antécédents dans le monde des affaires. En tout état de cause, il appartient à la justice de faire la lumière sur cette scabreuse affaire. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
Affaire Kalil Condé - Sawpit Barry : Qui en veut à Rouguy Barry ? « Si la justice de mon pays avait bien travaillé dans cette affaire, cela ne serait pas arrivé aujourd’hui ». C’est en ces termes que s’est exprimé le Procureur de la République près du Tribunal de Première Instance de Dixinn. En effet, cette affaire qui oppose le sieur Kalil Condé à Mohamed Sawpit Barry, remonte au 4 avril 2006, quand le premier s’était rendu chez le second pour lui proposer une pierre dite précieuse à vendre. Ladite pierre ‘’Safir’’ de couleur bleue, a été examinée sur place par Sawpit qui dira à son interlocuteur que cette pierre n’aurait aucune valeur monétaire. Tout de même, pour rassurer Kalil, Sawpit confiera le ‘’Safir’’ à Michaël Goïka de nationalité allemande, pour plus de précisions. Ce dernier qui serait un expert en la matière, dit à Sawpit et à travers celui-ci à Kalil, que cette pierre n’a pas de valeur marchande. Depuis, cette pierre est introuvable. Kalil, confiant, insistera auprès de Sawpit pour récupérer son bien. Chose tout à fait normale. Mais, jusqu’à quand ? D’après l’accusé d’aujourd’hui, ce même Kalil proposera à Sawpit de ‘’tromper’’ le blanc, selon le motif que cette pierre est un ‘’diamant’’ de 400 grammes, soit environ 2.000 carats qui lui coûteraient environ 50.000 dollars américains. Sidéré par de tels propos, Sawpit comprendra aussitôt les mauvaises intentions de Kalil. Ainsi, mécontent de la réaction de Sawpit, Kalil décide de saisir le Commissariat de Matam d’où un certain Socrate, alors commissaire central, instruira le dossier. Il en est d’ailleurs un témoin dans cette affaire. C’était au mois de mai 2006. Au mois de novembre de la même année, Kalil se plaindra à l’Office de répression des délits économiques et financiers – ORDEF – et ainsi transitera brièvement dans les mains d’un certain Oularé, à qui il avait été demandé d’arrêter la suite du dossier. D’une structure de police à une autre, le dossier tombera dans les mains de Elhadj Bakary Thermite Mara, alors directeur de l’Interpool près de la Direction centrale de la police judiciaire (DPJ). Nous étions au mois d’août 2007. Sans tarder, celui-ci ordonne le transfert immédiat du dossier auprès d’un Tribunal de la place. C’est ainsi que le Tribunal de Première Instance de Dixinn sera saisi du dossier pour étude. A ce Tribunal, il y aurait eu plusieurs tentatives vaines de jugement. Au finish, ces tentatives n’auront abouti qu’à juger par contumace et condamner Mohamed Sawpit Barry au paiement de quelques 81.000 dollars américains et 3.000.000GNF. C’est de cette affaire donc qu’est arrivé le ‘’fameux’’ spectacle du vendredi dernier à Conakry. Juste après la prière de 14heures, Madame Kaba Rouguy Barry était chez elle en compagnie de sa famille et surtout en train de conceptualiser son nouveau challenge, l’organisation d’un Symposium en mémoire d’Elhadj Boubacar Biro Diallo dans le cadre de l’année du centenaire de la ville de Mamou dont elle est originaire. C’est avec une grande surprise qu’elle apprendra de ses voisins que son frère se faisait trimballer de force par des inconnus. Elle sursautera de sa place pour tenter de sauver ce dernier. Pour cela, elle se fera accompagner par l’un de ses frères. Sawpit et Abdoulaye Barry passeront quelques heures en garde à vue avant de se faire libérer le week-end par le mari de Rouguy. A rappeler que RBB avait subi des soins intensifs dans une clinique de la place sous sédatif jusqu’aux environs de 23 heures. D’où son époux, Mamadi Kaba, la ramènera à la maison familiale. Sékou Mohamed Diakité, le numéro 1 de la DPJ est, pour l’heure, moins bavard dans la gestion de cet épineux dossier depuis le jour de l’altercation. Par contre, son adjoint, Mamadou Talibé Diallo, ne manque pas d’occasions pour se faire entendre. Il a déclaré hors micro que l’exécution du mandat d’arrêt du TPI de Dixinn datant de juillet 2007, ne devrait en principe pas être traitée par la DPJ. Pour l’heure, Sir Aboubacar Sylla, Procureur de la République près du TPI de Dixinn, reprend en main l’affaire Kalil Condé contre Sawpit Barry. Affaire à suivre... Emmanuel Toumany Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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