vendredi 19 décembre 2008
Robert Mugabe : l'insoumis et le bouc émissaire
Aminata D Traoré

Le torrent de boue dont on couvre Robert Mugabé depuis de longs mois, a quelque chose de nauséabond et de suspect. J'en souffre !

QUI JUGE QUI ? POUR QUELS CRIMES ?

"Qui le juge? De quels crimes est-il coupable ?" sont parmi les questions que nous sommes nombreux à nous demander, ce 10 décembre 2008, à l'occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH).

"A 85 ans, pourquoi s'accroche-il tant au pouvoir ?" entendons-nous dire. Est-ce une raison suffisante pour l'humilier ? Est-il le seul de cette génération, à occuper ce poste à un tel âge ?

"Il est au pouvoir depuis 28 ans." En termes de longévité au pouvoir, est-il le doyen en Afrique ?

"La fraude électorale ?" A-t-on oublié les élections américaines de 2000 ?

Rares sont ceux qui, en dehors du continent, se doutent des enjeux véritables de cette campagne de dénigrement et de déstabilisation d'une rare violence contre cet homme, tant le titre de dictateur sied aux dirigeants du Sud, plus particulièrement ceux du Continent noir.

Il suffit de regarder du côté de la Cour Pénale Internationale pour s'en convaincre. Pendant ce temps, les fauteurs de guerre en Irak et en Afghanistan se posent en défenseurs des droits de l'homme au Zimbabwe et partout ailleurs.

Puisqu'ils ne sont pas à une contradiction près, les puissants de ce monde élèvent par ailleurs des murs devant ceux dont ils prétendent défendre les droits, lorsque ceux-ci tentent d'échapper aux effets destructeurs du capitalisme mondialisé. Le pacte européen sur l'immigration et l'asile, dont la France a fait de l'adoption une priorité dans le cadre de sa présidence de l'Union Européenne, est l'une des traductions de ce cynisme.

L'INDIGNATION SELECTIVE

L'indignation et la justice à géométrie variable qui jettent le discrédit sur les droits de l'homme, tournent au scandale, lorsque George W Bush se joint à Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, pour exiger la démission de Robert Mugabé, responsable, selon eux, des 600 personnes victimes du choléra.

Toute perte de vie humaine est un drame. Mais alors, que dire des guerres en Irak et en Afghanistan, qui ont fait près d'un million et demi de morts ?

Robert Mugabe aurait ruiné son pays, dont l'économie était florissante, et violé les droits des Zimbabwéens. En huit années d'une gestion calamiteuse, George W Bush a fait pire en conduisant l'économie la plus puissante de la planète au bord du gouffre, avec des conséquences dramatiques et pour son pays et pour le reste du monde : accroissement du chômage, pertes de revenus, tensions sociales et violences en tout genre.

Que fait et que compte faire la fameuse communauté internationale, dont George W Bush et ses alliés se réclament, face au drame de l'Irak, puisqu'il a enfin admis qu'il a commis une "erreur", tout en se défaussant sur des services de renseignements qui lui auraient présenté Saddam Hussein comme une menace pour les USA ?

Ce mea-culpa tardif n'incite, visiblement, ni le Président américain, ni le Premier ministre britannique a changer de regard et de perspectives quant au Zimbabwe. Le départ de Robert Mugabé, le Saddam Hussein de Tony Blair, est une obsession. Et, tant mieux, si la faim, le chômage, la maladie et la fuite des Zimbabwéens, provoqués par des années d'isolement et de sanctions économiques, peuvent être instrumentalisés en vue d'atteindre cet objectif. Un tel acharnement participe, bel et bien, à la criminalisation, la traque et l'élimination de la "racaille" dans les banlieues du monde globalisé.

Ainsi va le monde, soixante ans après la déclaration universelle des Droits de l'Homme (DUDH). Le "plus jamais çà" est parfaitement valable pour les "civilisés" qui évitent la guerre chez eux et se serrent les coudes dans la mise au pas des "barbares".

Pillée et humiliée l'Afrique se doit de tirer le maximum d'enseignements de cette réalité en apprenant à distinguer les conséquences des actes de sabotage économique et de déstabilisation des dirigeants qui osent dire "non" à la mauvaise gestion que les démocraties occidentales savent, du reste, pardonner  tant que leurs intérêts ne sont pas menaces

L'ASPHYXIE ECONOMIQUE

Pèle mêle, les ennemis de Robert Mugabe retiennent contre lui, en plus de l'expropriation des fermiers blancs des terres agricoles, l'hyperinflation qui chasse les élites (médecins, avocats, enseignants, journalistes…) du pays, l'opération de déguerpissement des mal logés en 2005, la fuite de plus de trois millions de zimbabwéens vers l'Angleterre et l'Afrique du Sud, la répression des opposants, le pourcentage élevé de personnes atteintes du SIDA, la faim et, à présent, l'épidémie de choléra.

Mais, la quasi-totalité des situations imputées à l'incapacité du dirigeant zimbabwéen à gérer son pays, résulte d'abord du non respect d'engagements pris, l'une des caractéristiques de nos rapports avec les pays riches, comme l'atteste, plus récemment, les fausses promesses d'aide du Sommet de Gleneagles. L'argent qui coule à flot, ces derniers temps, dans le cadre du sauvetage des banques a toujours fait défaut quand il s'agit d'honorer les engagements pris envers les peuples dominés. Le facteur déclencheur de la crise zimbabwéenne est plus précisément le non respect par la Grande Bretagne de l'accord de Lancaster House (signé en 1979) selon lequel elle devait dédommager les fermiers blancs dans le cadre de la réforme agraire.

La terre, - un enjeu central dans toutes les sociétés dont l'économie repose sur l'agriculture - est donc au cœur de la rupture. C'est en cela que le bras de fer entre l'ex Rhodésie du Sud et l'ancienne puissance coloniale est emblématique des tensions en Afrique Australe et des conflits à venir à l'échelle du Continent, puisque l'ouverture au marché rime de plus en plus avec l'octroi de centaines de milliers d'hectares aux investisseurs étrangers, au détriment des petits producteurs.

L'économie zimbabwéenne était florissante et Robert Mugabé fréquentable tant que la minorité de fermiers blancs, d'origine britannique, pouvaient faire travailler des centaines de milliers d'ouvriers agricoles noirs sur les millions d'hectares de terres agricoles qui étaient en leur possession.

Le héros de l'indépendance est devenu l'homme à abattre, à partir du moment où, face au refus de Tony Blair de respecter les termes de l'accord de Lancaster House, il a dû récupérer les terres des fermiers blancs.

Tout a depuis lors été dit à propos de la redistribution de ces terres qui n'aurait profité qu'aux proches de Robert Mugabé. La réalité est toute autre. Des milliers de familles sans terre jouissent aujourd'hui de leur droit à ce moyen de production. L'irrigation, les fertilisants, les prêts et la mécanisation sont autant d'efforts fournis dans le cadre de cette réforme agraire, avec les maigres moyens de l'Etat, la priorité étant la couverture des besoins nationaux par l'agriculture nationale.

L'Europe, l'Amérique du Nord, l'Australie, la Nouvelle Zélande ont réagi dès la première procédure de retrait des terres, en 1997. Le dollar zimbabwéen a commencé à chuter et les sanctions économiques à pleuvoir : privation du pays de toute aide extérieure, de crédit, d'assistance de la part des institutions financières internationales et l'interdiction d'échanges commerciaux avec les entreprises américaines. Le pays de Robert Mugabé n'a bénéficié d'aucune aide en matière de balance des paiements depuis 1994 alors que jamais auparavant, il n'avait été privé d'apports extérieurs. Il a fallu, faute de prêts assortis de conditions favorables, procéder à des émissions monétaires.

L'ingérence et la subversion à la base consistent dans ces circonstances à créer la pénurie, en privant l'Etat souverain de moyens et à soutenir des ONG et des opposants politiques qui s'attirent la sympathie des populations auprès desquelles ils interviennent.

Les conséquences de l'embargo et des sanctions économiques ont été aggravés par des sécheresses autrefois cycliques (à peu près tous les dix ans), mais désormais fréquentes du fait des perturbations climatiques.

L'ALIBI DEMOCRATIQUE

La Grande Bretagne prendrait une sacrée revanche sur l'histoire et rendrait un immense service aux fermiers blancs qui attendent, si elle parvenait à porter au pouvoir dans son ancienne colonie, un dirigeant de son choix ou tout au mois acquis au libéralisme économique.

Au-delà de la Grande Bretagne, les puissances coloniales et leurs alliés n'ont jamais eu autant besoin de renforcer leur présence en Afrique, l'avancée de la Chine étant une véritable menace pour eux. Ils y arrivent au prix de l'ingérence, de la subversion et de la guerre. C'est dire jusqu'à quel point le fossé est abyssal entre la rhétorique sur la démocratie, les droits de l'homme et les desseins des Etats libéraux d'Europe et d'Amérique sur le Continent noir.

Le débat houleux qui, pendant longtemps, a opposé les Occidentaux aux dirigeants des pays d'Asie dont la Chine, quant à la primauté des droits économiques et sociaux sur les droits politiques, ressurgit ainsi à la faveur de la mondialisation néolibérale, sans être pris en charge de manière conséquente par les formations politiques africaines, la société civile et les médias. Il en est ainsi parce que les dirigeants africains savent que leurs pays seraient dans le même piteux état que le Zimbabwe s'ils s'avisaient, à l'instar de Robert Mugabe, à aller à l'encontre des intérêts dominants.

La politique de la terre brûlée est réservée, comme ce fut également le cas pour la Guinée de Sékou Touré, à tous ceux qui s'écartent du "droit chemin".

Pour l'heure, en dépit du satisfecit des Occidentaux pour certaines "transitions démocratiques", le vote ne sert qu'au renouvellement du personnel local du système-monde. Les électeurs locaux en deviennent, à leur propre insu, des clients de la politique spectacle et les victimes des rapports marchands qui lui sont sous-jacents.

Les sujets qui peuvent écorcher les oreilles du G8, de l'UE et les IFIS, tel que le pillage des matières premières de l'Afrique, le diktat des grandes puissances, la dette extérieure, les réformes néolibérales sont soigneusement écartés du débat électoral quand débat il y a. Et gare aux esprits critiques (opposants, médias, citoyens avisés…) qui osent défier les dirigeants dirigés dans leurs comportements mimétiques et complaisants. Ils sont combattus, de manière sournoise ou ouverte. Par contre, les faux opposants, les médias aux ordres, les associations et ONG qui savent manier la langue de bois seront épargnés, récompensés et utilisés pour soigner l'image du pays.

NOUS SOMMES TOUS ZIMBABWEENS !

Rien ne justifie l'humiliation de Robert Mugabé et les privations imposées à son peuple afin qu'il se soulève et le renverse. Il n'est pas paranoïaque, puisque Gordon Brown et ses alliés, après avoir poussé Morgan Tsvangiraï, marchent à présent à visage découvert et sans complexe, lui demandant de démissionner.

Nommer et défier ses agresseurs n'a rien à voir avec la haine des Occidentaux, véhiculée par certains médias qui excellent dans le lavage des cerveaux quant à Robert Mugabe. Précisément parce qu'il se savait le dirigeant d'un pays composé de Blancs et de Noirs, il a tenté de les fédérer en nommant des ministres zimbabwéens d'origine britannique dans gouvernement.

Robert Mugabé n'est, en aucun cas, ce bourreau qui affame son peuple et le condamne à mourir du cholera et de je ne sais pas quelle autre maladie. Les quinze années durant lesquelles il avait les mains libres, il a réussi à réaliser le taux d'éducation le plus élevé du continent en plus des performances économiques enregistrées. On ne peut lui reprocher, non plus, de s'être enrichi personnellement, à l'instar de la plupart de ses homologues, même si certains excès sont reprochés à son épouse.

La persécution dont il est l'objet augure en réalité des difficultés à venir, chaque fois qu'un dirigeant africain voudra se démarquer de la pensée unique, en revendiquant la souveraineté économique, politique et alimentaire. Nous serons faibles et vulnérables tant que, face à une telle situation, les peuples conscients des enjeux et des dangereux rouages du monde actuel, ne prendront pas leurs destins en mains, et ne défieront pas, eux-mêmes, leurs dirigeants mais aussi l’Union Européenne, les IFIS, les anciennes puissances coloniales en quête de lieux d'ancrage, de matières premières et de parts de marchés.

Nous sommes tous des Zimbabwéens face au défi de la nouvelle citoyenneté qui fera de nous les seuls et véritables responsables de l'alternance politique dans nos pays et de la défense de tous nos droits.

Aminata D Traoré
Ancienne ministre, essayiste
Animatrice du Forum pour un Autre Mali (FORAM)
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Cheick Oumar KANTE, lundi 22 décembre 2008
À l’attention de Mme Aminata Traoré, Lundi 20 octobre à 09h38 sur Libération.fr, j’ai, si j’ose dire, volé à votre secours Madame dans le débat ayant suivi l’interview que vous avez accordée à Catherine Coroller, intitulée : « Nous Africains, sommes dans la cale en train de nous noyer. » Il vous était reproché le refus de critique de la responsabilité des Africains dans le sort de l’Afrique. Extrait : "L`absence de critique des Africains? Foutaise! Sachez (…) qu`il n`y a pas plus grands critiques de la situation de l`Afrique que certains Africains (...) []Mme Aminata Traoré, elle-même, ne fait pas dans la complainte. Témoignent pour elles des réalisations concrètes au Mali, en plus de ses livres. Fausser le débat et se défausser derrière la non moins fallacieuse posture de victimes des Africains est la dernière tendance de la fameuse idéologie décomplexée!" Vous n’aviez peut-être pas besoin de mon aide tout comme ne vous fera, peut-être, ni chaud ni froid ma grande perplexité, pour ne pas dire plus, devant votre défense en règle de Robert Mugabé et de tous ceux qui, en Afrique, lui ressemblent. Je vous la fais savoir quand même, tirant ma légitimité de pouvoir mettre à votre disposition une autre prise de position par écrit en faveur de vos thèses, en l’occurrence celle sur Le viol de l’imaginaire. Sans compter le nombre de fois où j’ai évoqué votre engagement pour une autre Afrique, pour un autre Monde, à l’occasion de conférences. Certains de vos arguments, Madame, sont spécieux du même tonneau que ceux des penseurs français qui préféraient, il y a quelques années, avoir tort avec Jean-Paul Sartre qu’avoir raison avec Raymond Aron avec les conséquences connues : une certaine « défaite » de la pensée. Rejeter « l’Occident » juste parce que c’est « l’Occident » et embrasser « l’Orient » juste parce que c’est « l’Orient », en plus d’être manichéen, c’est le plus sûr moyen de s’envoyer une grosse poutre dans l’œil par effet boomerang. D’autres pourraient ajouter à la confusion ambiante et apporter de l’eau aux moulins des révisionnistes et autres négationnistes en Allemagne et en Russie : Adolf Hitler grand géniteur de la puissance allemande, Staline maître d’œuvre de l’industrialisation de l’URSS… J’ai assez écrit sur l’état de la Guinée, de l’Afrique et du monde pour qu’on puisse penser que leurs fossoyeurs globalisés d’Orient, d’Occident ou d’ailleurs trouvent une grâce quelconque à mes yeux. Quant à mon espoir d’un pouvoir féminin bientôt généralisé, je l’ai crié sur tous les toits. Mais, ce n’est sûrement parce que vous êtes une femme, Madame, que je me retiendrai de vous dire mon hostilité totale à l’attitude qui consiste à prendre la défense d’un Noir, indéfendable, parce qu’un Blanc, un Jaune ou un Rouge l’a attaqué à juste raison. Attention, Madame ! L’acrimonie, l’esprit de contradiction, le ressassement, le passage trop fréquent à la télé, la fascination pour tout micro ouvert, les participations intempestives à des plateaux de discussions biaisés… érodent la pensée et abîment la personnalité. Pensez-y ! Les jeunes générations africaines comptent sur vous, sur nous. Pour que, quoi que nous soyons : chanteurs, écrivains, créateurs en tous genres, nous ne fassions plus longtemps de la gestion erratique monstrueuse de l’Afrique sur fonds de guerres et de maladies, notre fonds de commerce. Que j’aimerais pouvoir bientôt écrire, en ce qui me concerne, sur la beauté de l’Afrique et du bonheur d’y vivre parce que les politiques de Sékou Touré, Mobutu, Mugabe et autres Lansana Conté dont on n’avait pas perçu la pertinence mais seulement les tragédies ont enfin porté leurs fruits ! Cheick Oumar KANTÉ
banaro mazid,, dimanche 21 décembre 2008
l`europe fait des propagandes sur mougabe ces sieurs europeens veulent toujours continuer a coloniser l`afrique parce que l`africain ne voit pas loin nous acceptons trop la subordination des eurpeens qui sont entrains de mentir sur mougabe et ils oublient le carnage des americains en irak et afganistan c`est honteux pour nous africans l`europe va toujours nous exploité nous humilier parce que nous sommes sans dignité et aucune consideration mougabé a fait son devoire l`afrique appartien aux africains et rendez a cesar ce que lui appartien Toute l`actualité de la Guinée : http://www.guineeactu.com
MAMADOU SAIDOU DIALLO,Londres, dimanche 21 décembre 2008
Madame Traore, votre requisitoire contre l`occident me rappelle du film BAMAKO de SISSOKO. Un requisitoire severe mais coherent. Vous avez paint la situation telle qu`elle est, et vous meritez du credit. Je vous felicite et vous remercie de nous avoir illumine. Cependant je deplore profondement votre defense apparente de Mughabe. President Mughabe est un parmi des millions de Zimbabwean.Je me demande pourquoi il continue a s`accrocher au pouvoir? pourquoi il oppresse une partie de son peuple tout simplement parcequ`elle s`oppose a lui??? Certains ont deja mentione que nos source d`information son les medias occidentaux. Personellement je puise mes infos dans ALZEERA.Mais le desastre humanitaire, la repression et autres abus sont reveles par cette chaine de tele reputee pour son impartialite. Madame vous avez mentione les elections americaines de 2000, mais vous avez omis toutes les autre elections y compris celle de 2008. Vous avez mentione l`invasion Afganne de 2001, mais vous avez omis 9/11. Vous avez mentione l`invasion de l`Irak( dont moi meme je condamne), mais vous avez omis l`invasion du koweit, le massacre des Kurds et la nature imperfaite de toute activite humaine inclus les services secret. Madame, sachez qu`il y aura toujours une ou plusieurs superpuissances, que toute puissance finira par decliner.Il n`y aura jamais une ou des bonnes superpuissances , mais plutot de moins mauvaises. Il ne faut pas se meprendre, meme si la Chine remplace les USA, la chine se comportera comme les USA, ou bien pire. Moi je pense que les dirigeants Africains comme Mughbe doivent arreter d`etre arrogant et croire qu`ils peuvent confronter l`occident car les conditions ne sont pas encore reunies.Au contraire, ils devraient utiliser la ruse, l`intelligence, la sagesse, la patience et la rationalite. Je vous remercie
Issiaga DANSOKO, dimanche 21 décembre 2008
Il faut que les choses soient claires pour tout le monde, y compris M. Ibrahima Diallo. Aucun intellectuel africain honnête ne peut imputer la responsabilité de l`échec économique et la défaillance politique de l`Afrique aux Occidentaux, exclusivement. Mais on doit savoir que l`échec a bel et bien des causes à la fois endogènes et exogènes. Combien de patriotes africains ont été empêchés, écartés ou tout simplement éliminés pour leur amour pour leur pays et pour avoir privilégié les intérêts de leurs nations? Les Patrice Emry Lumuba, les Thomas Sankara sont des exemples parmi tant d`autres, célèbres ou anonymes. Aucune âme sensible ne peut supporter ce qui se passe actuellement au Zimbabwe. Mme Traoré explique ici comment et pourquoi en sommes-nous venus à ce niveau de déliquescence de l`Etat du Zimbabwe. Ceux qui se focalisent sur la notion des droits de l`homme semblent ne rien comprendre à celle-ci. Pour moi, la classification des droits de l`homme entre des générations ne vaut rien. La liberté d`expression, par exemple, faisant partie des droits civils et politiques, justiciable en Occident, n`est pas plus importante pour un Africain que le droit à manger à sa fin ou à la santé, droit économique et social, donc non justiciable. On peut ne pas être d`accord avec la méthode employée par Mugabe, mais tous ceux qui connaissent les enjeux et l`importance de la terre, surtout en Afrique australe, où 80 à 95% des terres les plus fertiles sont détenues par une minorité de 5 à 20% de Blancs! Mugabe a raison de rééquilibrer le partage de la terre, même si la manière peut être discutée. Mais il faut savoir que tout son malheur vient de là. Mme Aminata Traoré est mieux informée, plus instruite et mieux cultivée que ceux qui l`insultent ici. Elle a accès à plus d`informations qu`eux, en sa qualité d`ancienne ministre et de grande figure de l`altermondialisme. Son plus grand "boulet" dans ce texte est moins d`avoir expliqué les causes réelles, mais toujours détournées, donc inaccessibles à ceux qui n`ont d`autres sources d`information que les médias occidentaux, de la souffrance des Zimbabwéns , que de citer le nom de Sékou Touré parmi les "indisciplinés". Ce qui aveugle certains de nos compatriotes, notamment M. Ibrahima Diallo, est d`entendre ou de lire le nom de Sékou Touré sur un chapitre positif. Mais je vous jure que cela vous rongera aussi longtemps que vous vivrez en conservant votre vue et votre ouïe, car vous entendrez ou lirez toujours parler d`actions positives tout comme négatives de Sékou Touré. Il fut un être humain. Si vous voulez que vos critiques à l`encontre de l`homme du 28 septembre aient de la valeur, recconnaissez-lui ses mérites. Mais si vous vous obstinez dans votre compréhension des droits de l`homme, je suis prêt à vous donner de plus amples informations sur cette notion dont vous ne semblez pas maîtriser les contours. Bien à vous et que Dieu sauve la Guinée!
yaya, samedi 20 décembre 2008
Dépassionnés les débats, vous qui vous réclamez intellectuels et ouvrir les yeux pour bien observer le monde comment ça fonctionne. Il y a à peu près 20 ans la Somalie n`a pas de gouvernement,qu`est ce que la communauté internationale a fait pour qu`il y est un gouvernement en Somalie? C`est que les grandes puissances n`ont rien à gagner dans ces conflits, sinon comment abandonner des millions d`âmes entre les différentes fractions.Vous pensez qu`il y a droit de l`homme en occident? venez vivre ce qui se passe ici. La Russie a massacré en Gorgie qui a condamné le président russe, la france a favorisé le génocide au Rwanda qui la condamné, les USA en Irak, jusqu`à pendre un président d`un pays souverain qui à osé dire un petit mot. Alors vous qui vous réclamez intellectuels africains ouvrez les yeux et bien comprendre comment le monde fonctionne. Ne prenez pas l`hypocrisie des dirigeants occidentaux pour humilier nos présidents. Comment vous pouvez expliquez en occident que des banques perdent des milliards sans sanction et que les gouvernements viennent en aide en leur donnant des prêts. Si c`était en Afrique, on chanterait des détournements et condamnerait les chefs d`État. Alors sachez réagir face aux actualités.
batemady, samedi 20 décembre 2008
C`est dommange que des personnage de la Classe de Aminata Traore parlent pour defendre des africains du genre Mougabe. Ceci rapelle le refelx de nos fameux pere des independances africaines. Il faut souligner que les Zimbabueens sont les premiers et seuls victime du regime Mugabe. Il faut cesser de defendre nos dirigents simplement par ce qu`ils ont ete critique par des occidentaux. Pourquoi les africains de se ceiriquent jamis entre eux?
Ibrahima Diallo-"Ollaid", samedi 20 décembre 2008
En général je fais tout pour éviter d’entretenir une polémique en réagissant à d’autres commentaires online car ce n’est pas la place car ce serait barbant pour les lecteurs. Néanmoins, à lire la réaction de deux "réactionnaires", je dirai que malheureusement la mentalité de victime colonisé persiste comme un boulet encore et explique en partie pourquoi l’Afrique se cherche encore. En effet, certains Africains n’ont pas encore assimilé la notion des "droits de l’Homme" qu’ils sacrifient bêtement sur l’autel de l’émancipation de l’Africain. Hélas ! Pauvre Afrique, pas étonnant que les guerres civiles soient si répandues. Beaucoup d’Africains pensent être "éduqués" sans maitriser le sens du savoir, ce qui les pousse à s’autoproclamer des "lumières intellectuelles" (ayant tout compris) sans aucune référence connue. Pour les croyants, même le Prophète Mohamed (psl) épargnait la vie de ceux qui refusaient de se convertir à l’Islam et trouvait un compromis pour sauver leur vie. Ceux qui ne comprennent pas que la vie d’un humain vaut mieux que tout, n’ont rien compris de l’éducation religieuse qu’ils ont reçu. S’ils ne sont pas croyants, là c’est le travail de Satan, il faut les sauver !
Tabouna, samedi 20 décembre 2008
Mon frère Issiaga Dansoko, merci! Je crois que vous êtes de ceux qui, sans idéés arrêtées, sont parvenus à comprendre à sa juste valeur et à son supérieur niveau, ce texte majeur de Mme Traoré. ce qu`elle décrit ici est exactement la triste réalité de nos sous-Etats à la télécommande extérieure. Mais, vous savez, la plupart de ceux qui sont entrain de verser la boue sur cette grande Dame de l`Afrique contemporaine, ne sont pas à mesure de comprendre la profondeur de son alerte. Ils s`abreuvent chaque jour aux sources d`informations occidentales (RFI, BBC, TV5, Canal Horizons et autres) et s`empressent de défendre toutes leurs idées par des arguments recitées. Or, ce sont justement ces occidentaux qui ont intérêt aujourd`hui à ce que nos dirigeants soient salis et insultés, pour manipuler nos Etats et mettre leurs hommes de paille au pouvoir. Mugabé sera justement insulté par ces "intellectuels" télécommandés qui ne savent même pas qu`ils ne chantent, par là, que des musiques qu`ils n`ont pas composées. Jusqu`à ce que les fermiers blancs reviennent sur les terres de nos ancêtres au Zimbabwé. Allez-y, avec votre verve habituelle d`insulteurs à la commande, mais épargnez cette Dame qui voit mieux clairement que vous. Continuez à jouer les clairons des Occidentaux, par procuration et ignorance des vrais enjeux. C`est d`ailleurs guineeactu qui fait l`erreur d`offrir cette Dame en pature aux insulteurs guinéens, traumatisés par leurs haines du passé et du présent, hargneux contre tout ce qui touche à leur rancune indécrottable. Guineeactu devrait humblement dire: "Nos excuses Madame!, ils sont omnubilés par autre chose que les intérêts de l`Afrique qui veut relever la tête et se libérer des griffes de l`intox occidental"!
Diallo, samedi 20 décembre 2008
Madame, Justifier par comparaison la souffrance infligée à tout un peuple vous procure ,peut être une certaine jouissance, mais voyons un intant: accepteriez-vous un mugabé comme président dau Mali? auriez le même discour si votre fammille,vos enfants etaient à la place du peuple du zimbabwe? Madame , il n`est jamais trop tard pour dennoncer l`injustice. Si l`Afrique est ce qu`elle est aujourd`hui au regard du monde (guerre, famine, retard,...°c`est bien par ce qu`elle dirigée par des personnes qui partagent votre vision du monde.
Boubacar, samedi 20 décembre 2008
Est-ce que cette dame n´est pas membre de la "Fondation Sekou Touré de Bamako"?Donc c´est pas etonnant qu´elle soutienne Mugabe.
amyson seesay, samedi 20 décembre 2008
Les commentaires qui précèdent s`attaquent aux conséquences et non à la cause. C`est vrai que nos décisions doivent être guidées par un réalisme politique doublé d`altruisme. La question que je me pose est de savoir qu`est ce qui a changé pour qu`on se retrouve d`un zimbabween fleurissant à un zimbabwe affamé sous la tutelle d`une même Robert Mugabé. Souvenous nous d`un Mubutu ami de grandes démocraties et chassé (il lui avait été signalé dailleurs par Madeleine Albright) après pour le faire remplacer par celui qui fragilisera par la suite son pays. Pourquoi instrumentaliser la souffrance du peuple zimbabwéen dans l`interêt de renvoyer son mauvais élève. Pourtant en Somalie, ils ne se préoccupent seulement de la sécurité de leurs navires au larges des cotes et se marrer du quotidien de ce pays qu`ils ont fait envahir par les boucs émissaires ethiopien (un autre pays amis des occidentaux où les dirigeants sont parmis les plus impitoyables vis à vis de la population). Heureusement pour le zimbabwé, qu`il n`est pas entouré par des pays dont les chefs recoivent leurs agendas des puissances coloniales si non, il serait envahi par une rébellion. Toute fois, Robert Mugubé ne doit pas mépriser la souffrance de son peuple pour la simple raison qu`il a été trahit par la non application de l`accord de Lancaster. Sans démissionner, la sagesse impose qu`il accepte le partage du pouvoir avec son opposition pour mettre fin à la souffrance de son peuple.
Chérif Diallo, samedi 20 décembre 2008
Madame, J`espère que le destin de votre votre pays ou de quelque autre pays de l`Afrique ne serait jamais soumis à votre sinisme. Défendre dans un même papier Sékou Touré et robert Mugabé est la plus abjecte oeuvre que je lis sur ce site dépuis que je le consulte. Vous et les votres qu`attendez -vous pour émigrer vers le Zimbabawé de votre fan au lieu vomir votre vénin sur l`occident ? Honte à vous ! Pitié pour le malheureux peuple zimbabwéen !
Issiaga DANSOKO, samedi 20 décembre 2008
Bonjour Mme TRAORE! Votre raisonnement est celui d`une personne qui maîtrise parfaitement les enjeux du "monde globalisé" et les défis auxquels sont confrontés nos Etats du Sud, économiquement faibles et politiquement médiocres. J`ai eu la chance d`assister à certaines de vos conférences et de manifester avec vous contre le colonialisme néolibéral. Permettez-moi de vous remercier de votre contribution sur ce site respecté de la Guinée. Je voudrais cependant vous prier de réserver vos communications à d`autres espaces où tous les Africains soucieux du devenir de leur continent pourront vous lire et laisser les espaces de discussion guinéens aux Guinéens, au risque de vous voir couverte de propos indécents. L`Etat actuel du développement de notre pays, la Guinée, correspond exactement au niveau de réflexion de nos "intellectuels". Vous êtes une personne respectée, voire vénérée dans le monde engagé. Je crains que vos arguments ne soient trop au-delà de la compréhension de la plupart de nous. Lisez les réactions de certaines personnes qui prétendent apporter des solutions aux problèmes de notre pays pour vous en convaincre! Ce message n`altère en rien la crédibilité et le souci de débat franc et constructif qui anime l`équipe de guineeactu.com à laquelle j`adresse mes salutations et encouragement sincères. Issiaga. email: dansokoissiaga@yahoo.fr
Ibrahima Diallo, vendredi 19 décembre 2008
En effet, excessif ! Si nous vous soutenons dans cette apologie de Mugabé qui est après tout un dictateur comme Bongo, Conté, Moubarak et les autres, nous devrions aussi comprendre les assassinats de Sékou Touré pour justifier la survie de son pouvoir. Or rien ne peut justifier le sacrifice d’innocents ! C’est vrai que Gordon Brown dirige son pays sans avoir été élu par le peuple mais par son parti, ce qui est un simulacre de démocratie surtout dans un système monarchique et féodale. Là, vous marquez un point ! Mais Mugabé n’est pas défendable. Il faut plutôt exiger des Occidentaux une attitude qui soit la même pour tout le monde, cohérente et non biaisée selon leurs intérêts.
DAOUDA, vendredi 19 décembre 2008
Madame,Franchement MUGABE EST UNE HONTE
Diallo Cherif, vendredi 19 décembre 2008
Ce n`est pas parce qu`il y a beaucoup de veillards et de dictateurs en Afrique que Mugabé mérite des excuses. Il est ni plus, ni moins, responsable de la situation catastrophique de on pays. Lorsqu`il dit que le choléra est éradiqué alors que des dizaines de personnes continuent à mourir tous les jours ou lorsqu`il met en circulation des billets de 10 millirds de dollars zimbabwéens. De grâce, Madame, ne faites pas l`avocat du diable.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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