lundi 15 septembre 2008
Rien ne nous fera oublier les méfaits du PDG : Réaction à la dernière sortie de mon compatriote, nostalgique du PDG, Bangaly Condé AKA Malbanga
MS Baldé

C’est seulement en 1984, quand les geôles du Camp Boiro furent ouvertes au public, qu’on s’était rendu compte des raisons qui ont conduit à l’exécution de cet enfant innocent.

Naviguant dans le site Kibarou.com avant-hier, mon attention fut attirée par la publication du 29 août intitulée 27 Août : geste historique d’Ahmed Sékou Touré… fait par un des nostalgiques du PDG, Bangaly Condé Malbanga, qui cherche par tous les moyens (même par imposture) à prouver le bienfait du régime tyrannique de Sékou Touré.

Dans sa publication M. Bangaly Condé voudrait nous faire avaler que le Tyran Sékou Touré en dissolvant la police économique devant les braves femmes manifestantes du 27 août 1977, avait fait un geste démocratique. Et un peu plus loin dans son texte, il mentionne que donner une connotation négative à ce geste, était une pure myopie politique.

Selon notre Malbanga « …le président Ahmed Sékou face aux femmes, fera un geste historique. Il se présentera en personne au balcon de la colombe pour clamer haut et fort ce qui était écrit sur les pancartes des femmes : À BAS LA POLICE ÉCONOMIQUE. D’où la suppression de ce corps qui était désormais honni par les commerçants en général et les vendeuses en particulier ».

Ce qui est ridicule dans son récit, Malbanga, avec sa remarquable maîtrise du français, a intentionnellement ‘refusé’ de continuer la narration, l’histoire de l’événement jusqu’au bout. Pour la simple raison de dissimuler la période épouvantable qui a succédé à la journée du 27 août 1977. La description de Malbanga s’est limitée juste à la présidence. En lisant cette fable de Bangaly Condé sur Kibarou.com je me suis demandé:

Mais ou était notre frère Bangaly Condé à l’époque ?

Etait-il dans un village du royaume de Faranah en train de lécher les bottes du roi N’fa Amara Touré ? (Faranah était sous contrôle du grand frère au tyran Sékou).

Parce que son récit est loin de la vérité

Mon frère Bangaly Malbanga, l’histoire est un fait vécu. Je réagis contre ta publication juste pour te faire savoir que ta tentative de falsifier ou de réécrire l’histoire des événements du 27 Août est vouée à l’échec, dans la mesure où ces événements sont récents, donc il y a encore des survivants parmi les témoins oculaires… Je suis l’un de ceux-là.

En effet ce jour-là j’avais été non seulement à la présidence, mais aussi j’étais élève au CER (centre d’éducation révolutionnaire) du camp Mamadou Boiro 5 Année A ; donc j’eu la chance de voir les prisons où étaient détenues les femmes arrêtées par ton idole, le démocrate Sékou Touré pendant et après l’événement du 27 Août.

Voici le récit du 27 Août comme je l’avais vécu :

Il était 14 heures, on attendait l’ouverture du guichet du cinéma 8 novembre (actuel cinéma liberté pour les jeunes) : Cette salle faisait des projections les week-ends et jeudi après-midi à partir 15 heures pour les adolescents qu’on appelait MATINÉE…Ce jour la c’était le titre la bataille Midway qui était à l’affiche …. Tout d’un coup nous fûmes alertés par les crépitements d’armes automatique qui se firent entendre à l’horizon, et quelques minutes plus tard, une horde de femmes au foulard rouge traversa le pont 8 novembre; se dirigeant vers Conakry 1.

Très petit et curieux, j’avais 10 ans, mes amis et moi suivîmes le groupe qui chantait une chanson populaire en Soussou « Won mu Lan yi khama Mba sekhou… » Littéralement traduit : ce n’était pas ce qu’on s’était convenu père Sékou. Il n’y avait nulle part de pancartes, comme l’a affirmé notre Malbanga dans son récit. Arrivées à la présidence les militaires tentèrent d’empêcher leur rentrée, mais l’ordre fut donné de les laisser passer.

Un homme souriant aux dents blanches fit son irruption au balcon, c’était Presi, j’étais émerveillé, car c’était pour moi la première fois de voir ce bien aimé des enfants à cette distance. Cette apparition n’avait cependant pas interrompu la chanson des femmes ; c’est ainsi, ayant été informé de la situation, que Presi scanda plusieurs fois À bas la police économique, et tout le monde suivit le ton. Progressivement, « à bas la police économique » fut remplacé par des ovations Presi ! Presi Presi ! ! ! Finalement par petit groupes les visiteuses de la présidence commencèrent à prendre le chemin du retour, laissant derrière elles à la présidence un lion blessé dans son orgueil.

Cette avanie (affront) infligée au Presi coûtera cher au peuple, plus particulièrement aux femmes

Si j’ai bonne mémoire, une citation du Presi nous disait : l’Homme est un connu et inconnu. Ce bel homme qui nous sourit avec une belle denture à partir de son balcon, ordonna à ses agents d’entamer des arrestations le même jour.

C’est sur mon chemin de retour, que j’aperçu un groupe de femmes brutalisées à Sandervalia, puis jetées dans un véhicule militaire, destination inconnue ; un grand nombre subira le même sort ou pire dans les différents coins de la ville, d’autres seront portées disparues à jamais

Début septembre de la même année, dès notre retour des vacances (durant la période PDG, les vacances s’achevaient vers la fin du mois d’Août pour permettre la préparation de la fête du 2 octobre), derrière ma nouvelle classe située à quelque deux cents mètres de la plaine (jardin potager du camp) j’ai remarqué qu’une ancienne habitation qui se trouvait à côté du bloc, avait été transformée en une prison pour accueillir les femmes contre-révolutionnaires du 27 Août. Beaucoup d’entre elles furent violées dans ces geôles, d’autres feront des enfants de père inconnu là-bas, d’autres ne verront plus leur famille

J’étais commissaire de classe à l’époque, donc je venais tôt et quittait tard l’école. Etant fils de civils, vivant hors du camp, j’empruntais le sens interdit au public et aux véhicules pour l’école, ce chemin passait derrière le camp et devant le bloc. Un jour aux environs de 6 heures du matin, de passage devant la prison des femmes, j’avais été témoin d’une scène horrible pour un enfant de mon âge : je remarquai des militaires trimballer à peu près 5 - 6 corps de femmes emballés dans une bâche chacun, puis jetés dans une jeep, qui quittat les lieux très vite. C’était ma première occasion de voir des dépouilles mortelles.

Un autre jour, on était en composition du 2e trimestre, vers midi, un des adolescents de la 6e année A, attiré par des mangues mures, fit une grave erreur en grimpant sur l’un des manguiers qui surplombaient la TÊTE DE MORT pour cueillir ces mangues Arrivé au faîte de l’arbre, il fut découvert par un des garde républicains et immédiatement un ordre vint de la haute hiérarchie de l’abattre.

L’enfant fut cueilli par des balles à partir du sommet du manguier. Juste parce qu’il avait vu la toiture de la tête de mort (une prison à toit ouvert aux intempéries, c’était un top secret à l’époque). Cette prison était à côté du bureau de Nfa Siaka. C’est seulement en 1984, quand les geôles du Camp Boiro furent ouvertes au public, qu’on s’était rendu compte des raisons qui ont conduit à l’exécution de cet enfant innocent. Ces images-là ne me quitteront jamais….

Mon frère Bangaly voici là quelques révélations d’un petit de 10 ans sur le Geste démon-cratique de ton idole Sékou Touré.

On ne peut altérer que l’écriture, l’histoire est un fait infalsifiable.

Je te souhaite un Joyeux Ramadan mon frère Bangaly Condé

Peace and love bro

Baldé MS, NY USA

Source: Guinea Forum, partenaire de Guinéeactu.com

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Vos commentaires
Gibrilla Kamara, mardi 16 septembre 2008
merci d`avoir révéler la vérité Mr Baldé. franchement j`ai lu le recit de Condé qui ne cherche qu`à soutenir son frère d`après tout le mal qu`il nous a fait subir. SHAME ON YOU MADINGO CONDE!
AHMADOU, mardi 16 septembre 2008
Les femmes de guinée,sont les seules qui portent le pantalon enGuiné.Le 27 aouct a ébranlé SEKOU et lui a donné les signe de la fin!Et du 27 aouct à sa mort il n`a plus été vu des guineens sous l`angle du chef,mais du tyran!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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