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Le président de la république, le Capitaine Moussa Dadis Camara, dans ses interventions sur divers sujets, laisse à penser que l’heure est à une véritable révolution en Guinée. Comme pour faire entendre qu’à situation exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. Les discours du chef de l’Etat sont de plus en plus fermes, même s’ils font entrevoir cette volonté inébranlable de préserver la paix et l’unité nationale autour d’objectifs précis.
C’est la chasse aux vieilles pratiques qui caractérisaient le système défunt. L’homme qui est à la tête de l’Etat nous fait chaque jour davantage, découvrir sa personnalité empreinte de rigueur et de vigueur. Il faut dire que la situation que nous vivons nécessite la prise de décisions responsables et fermes. Les débuts sont d’autant difficiles, qu’il faudra encore du temps pour changer les mentalités. Le pouvoir ne se trompera ni de moyens ni de mesures pour réussir le but qu’il s’est fixé : refonder l’Etat et lui donner toutes les vertus qui lui faisaient défaut, pour bien assumer ses fonctions
Combien de temps nous faudra-t-il pour relever ce défi encombrant ? Là-dessus le très respectable Biro s’est déjà prononcé. En tout cas, de son avis, deux années ne suffiraient pas. Quitte à comprendre qu’il semblerait avoir, plutôt, jeté un pavé dans la mare de ceux qui veulent écourter ce projet de remise sur pied de l’Edifice national, que cinquante années de mal gouvernance ont cruel érodé.
Une révolution changera bien des dispositions antérieures, bien des mœurs, sauf que pour y souscrire, il faut un engagement populaire spontané.
La classe politique n’en est pas partante. La société civile non plus. La communauté internationale, elle, mettra les moyens pour limiter la traque engagée contre les réseaux de destructeurs de finances publiques et les corrompus blottis derrière les sous volés à l’Etat. Cela, pour faciliter le retour aux commandes, des veilleurs de nuit et des pêcheurs en eaux troubles.
S’il faut tout nettoyer, il faudra du temps, encore du temps. Mais combien sont-ils de guinéens qui croient aux vertus thérapeutiques du temps, après un demi-siècle d’indépendance non affranchie et déjà disqualifiée par le temps ?
Peut-être qu’un de ces jours, les guinéens verront l’autre bout du tunnel avec des larmes de joie ou de peine, pour avoir trop souffert de leur pauvreté choisie, depuis le premier régime, et surtout l’avoir préférée à l’opulence dont la recherche les perturbe aujourd’hui.
Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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