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Lansana Kouyaté et son équipe, du moins, ceux qui lui restent fidèles au sein du gouvernement, continuent de revendiquer des rectificatifs sur le fameux décret de restructuration des départements ministériels, du 5 décembre 2007. C’est le cas de Dr Ousmane Souaré, ministre de l’Education qui a déclaré, la semaine dernière sur les ondes de RFI, que des erreurs se sont glissées au niveau de l’article 178 portant attributions de la fonction du secrétariat général de la présidence de la République. Et qu’un projet de décret rectificatif a été déposé sur la table du président Conté. La crise qui sévit au sommet a fini par éclater au grand jour, ce, malgré les multiples tentatives du Premier ministre Lansana Kouyaté de sauver les apparences à travers des déclarations tels que : « Le chef de l’Etat ne me pose aucun problème…ou je ne suis pas du tout bloqué dans mes actions.» Cette politique de l’Autruche qui caractérisait jusque là la démarche du PM dans ses rapports avec le Président Lansana Conté n’aura pas, malheureusement, suffi pour sauver les casseroles. Avec les crocs en jambes que lui font certains faucons tapis dans l’ombre de l’entourage présidentiel, le PM s’est aperçu finalement que la partie n’est pas gagnée, et que tous les projets conçus par son gouvernement ne reposaient, en fait, que sur la volonté d’un seul homme. Lansana Conté. Qui peut à tout moment gripper la machine. Le temps mis par celui-ci pour signer le décret de restructuration des départements ministériels, illustre bien cet état de fait. Des semaines durant, le dit projet de décret est resté en souffrance dans les tiroirs de la Présidence de la République. Sans oublier les tractations qui ont suivi sa publication. La RTG qui était censée porter la nouvelle au peuple, n’en n’aura pas eu la primeur. C’est plutôt le quotidien gouvernemental Horoya, qui sera retenu pour la publication du décret, dans son édition du 5 décembre 2007. Un décret qui comporte des erreurs et que le gouvernement finira par reconnaître à travers une déclaration de son porte parole JMJ, dans la soirée du 2 janvier, après avoir pourtant félicité le secrétaire général de la Présidence de la République, M. Sam Soumah, lors du conseil des ministres du 8 décembre, pour la gratification dont il venait de faire l’objet. Un décret qui stipule que ‘’ Sous l’autorité du Président de la République, le Secrétaire général de la Présidence de la République a pour mission, la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans les domaines du fonctionnement et de la coordination des activités des services de la Présidence de la République. Il appuie le Chef de l’Etat dans ses missions de conception et d’orientation de la politique générale de la Nation…’’. Ce coup de théâtre va, de nouveau, attirer l’attention de l’opinion sur le dysfonctionnement de ce gouvernement qui a fait preuve de légèreté, pour ce qui est de la publication ce décret que d’aucuns n’ont pas manqué de qualifier de faux. Même si le gouvernement qui s’est rendu compte de ces erreurs a annoncé avoir soumis à travers le PM, un décret de rectification au chef de l’Etat. En attendant cette autre signature, Lansana Kouyaté qui écarte toute idée de démission, va sans doute continuer à être victime de vexations quotidiennes dans l’exécution de sa mission. Dr Ousmane Souaré a d’ailleurs déclaré sur les ondes de RFI, la semaine dernière dans une émission consacrée à la Guinée, que des erreurs ont été décelées dans le décret de restructuration des ministères, notamment au niveau de l’article 178, portant attribution de la fonction de Secrétaire général de la Présidence de la République. Il a insisté sur le fait qu’un décret rectificatif a été déposé sur la table du chef de l’Etat pour validation. En attendant l’issue de cette crise qui se poursuit, malgré les médiations qui suivent leurs cours, les bailleurs de fonds et autres investisseurs potentiels pourraient revoir leur copie, pour ne pas être amenés à pédaler dans la mélasse, dans un pays à risques comme la Guinée. La seule note d’espoir dans cette guerre des clans, porte sur le fait que les Guinéens se soient aperçus qu’ils étaient les maîtres de leur destin. Et comme le dit Albert Einstein ‘’nous aurons le destin que nous aurons mérité’’. Mamadou Dian Baldé Source : Journal Le Démocrate, Conakry, partenaire de guineeactu.com
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