mardi 1 février 2011
Retraite du Gouvernement Saïd Fofana : les grandes conclusions...
Mohamed Saïd Fofana

Le séminaire gouvernemental s’est tenu du 27 au 29 janvier 2011 à l’hôtel Mariador Palace. Il a regroupé tous les membres du gouvernement présents à Conakry, les hauts cadres des différents départements ministériels, les institutions républicaines, les institutions internationales, le corps diplomatique, les chambres consulaires et les partenaires sociaux.

L’ouverture du séminaire a été marquée par le discours de son excellence, monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement qui, après avoir souhaité la bienvenue aux invités, a exprimé tout l’intérêt que le chef de l’Etat accorde aux travaux dont l’objectif final est l’élaboration et l’adoption d’un plan d’actions prioritaires du gouvernement conformément aux orientations du président de la République contenu dans son livre intitulé : ‘’Un africain engagé, ce que je veux pour la Guinée’’.

Il a ensuite rappelé les contraintes et les défis économiques et sociaux auxquels le gouvernement est confronté et indiqué que les 100 premiers jours de l’action gouvernementale devraient permettre de réaliser des actions urgentes appropriées en vue de susciter l’espoir au sein de la population. Se fondant sur ces grandes orientations, les travaux se sont déroulés les 27, 28 et 29 janvier 2011 dans cinq commissions de travail articulées autour des domaines suivants :

  • Administration économique, financière, relations internationales
  • Développement rural,
  • Secteur social, infrastructures, industrie-PME-commerce
  • Défense et sécurité

Tout le long du déroulement du séminaire, l’élaboration du plan d’actions a obéi à l’optique d’une vision concertée, cohérente et opérationnelle. Auparavant, la présentation exhaustive des fondamentaux économiques et spéciaux alliés aux contraintes budgétaires actuelles a servi de base aux discussions et à l’élaboration d’un plan d’actions réaliste.

Les priorités identifiées l’ont été du fait de leur incidence directe sur l’amélioration des conditions de vie des populations et/ou sur l’amélioration du fonctionnement et de la productivité des services publics ainsi que la rupture avec les mauvaises pratiques du passé. Toutes ces actions sont en cohérence avec les objectifs stratégiques définis dans le document de réduction de la pauvreté et des objectifs du millénaire pour le développement.

Dans le domaine de l’administration publique, les objectifs opérationnels déclinés dans le plan d’actions visent :

  • La restauration de l’autorité de l’Etat et la relance du développement local.
  • Le renouement avec la planification du développement à travers l’élaboration de plans indicatifs concertés à court, moyen et long termes et d’une vision consensuelle du développement à l’horizon 2035.
  • La relance de l’économie et une meilleure gestion des finances publiques,
  • La stabilisation de la monnaie à travers l’accroissement des réserves de change,
  • La relance de la diplomatie dans la perspective d’une mobilisation plus accrue des ressources pour le développement,
  • L’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Ensuite dans le domaine social, 71 actions ont été identifiées portant sur :

  • La refondation de l’administration publique à travers notamment le lancement du recensement biométrique des effectifs civils et militaires,
  • L’amélioration de l’accès à une éducation pour tous,
  • Le renforcement des capacités des enseignants et la relance des inspections,
  • La promotion de la recherche scientifique,
  • L’effectivité de la gratuité de la césarienne et de l’accouchement,
  • L’amélioration de la prise en charge des urgences médico-chirurgicales,
  • L’amélioration de la dotation en médicaments et en vaccins des centres de santé,
  • La mise en service de l’hôpital spécialisé de Kipé.

Dans le domaine du développement rural, l’accent est mis sur :

  • L’appui campagne agricole 2011-2012,
  • L’appui aux filières de production animale,
  • La sécurisation du bétail à travers l’identification des animaux par le tatouage,
  • L’amélioration des infrastructures de commercialisation du bétail et de la viande,
  • Le renforcement de la protection sanitaire du cheptel et de la santé publique vétérinaire,
  • L’amélioration de l’approvisionnement des marchés guinéens en poissons.

Dans le domaine des infrastructures, l’on enregistre les plus fortes et pressantes attentes. Elles portent notamment sur l’amélioration de la desserte en eau, électricité, des infrastructures routières, le transport… Les priorités identifiées nécessitent un important investissement tant du Budget National pour le Développement (BND) que du FINEX. Au total, 64 actions couvrant les TP, NTIC, urbanisme, hôtellerie, mines, industries et PME, transports, commerce et énergie, ont été identifiées à très court, court et moyen termes.

Enfin, au titre des forces de défense et de sécurité, les actions ciblées portent sur 31 activités dont 15 pour l’armée et 16 pour les forces de sécurité. Le travail d’identification des actions phares à réaliser dans les 100 jours et la détermination de leur coût doit se poursuivre ainsi que la mise en place du mécanisme de suivi et évaluation des actions posées projetées.


Conakry, le 29 janvier 2011

L’œil de Guineeactu

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Vos commentaires
Moka Diallo, mercredi 9 février 2011
@M.Diakite. Montrez moi la defence de Ghandi que tu fais allusion.Faut pas commencer des langages profanes. Be civil.Okay. Ghandi est plus coherent que toi. Like it or not. No hard feelings.Pour moi, je fais auto censure, je te reponds plus. Bye forever...
Mory Diakité, mardi 8 février 2011
Où est l`égalité des armes? L`autre n`est jamais censuré. Et moi si. Bornez vous dans votre myopisme. C`est ce qui fait que vous ne voyez pas la même réalité que la majorité des Guinéens webmaster. Je pensais que la campagne vous avait montré que vous faisiez fausse route en adoptant un tel comportement. Vous allez vers de graves désillusions car en vous protégeant les uns des autres (voir le texte bullshit de M. Diallo défendant M. Barry), les autres Guinéens ne sont pas aveugles.
Mory Diakité, mardi 8 février 2011
Merci de publier mon texte.
Moka Diallo, mardi 8 février 2011
@Gandhi. My dear brother, its clear now to everybody that this Mory Diakite is a lost cause. Cease n desist to have a discourse with him on any/all subjects on this forum. C`est de la peine perdu. Sad situation. Bonne chance a vous. Merci/Moka
Gandhi, lundi 7 février 2011
Mr Diakité, je vous rappelle que le français est ma langue maternelle. Donc ne jouez pas avec moi, si vous n`en percevez pas toutes les subtilités et les nuances. J`ai cette prétention au moins, de mieux maitriser cette matière que vous. Je croyais avoir montré à tous - vous y compris - que je n`utilisais pas de circonvolutions pour dire ce que je pensais. Je ne menace pas, j`agis. Et je ne supporte pas d`être traité de menteur (a fortiori par vous), ce qui suppose une connotation morale, à ne pas confondre avec une erreur de 1 à 2%. Par ailleurs vous êtes libre de vouloir me former en économie (sic), pour m`apprendre que nous vivons dans un monde interdépendant. Ce que j`ai voulu dire et que j`espère vous faites semblant de ne pas comprendre (vraiment ?), c`est que la politique économique du gouvernement ne pourra pas s`exonérer de ses propres actions (ou inaction) en accusant les Chinois (ou les Français, les Américains, voire des ennemis intérieurs) d`être responsables des échecs futurs. C`est la raison pour laquelle seules les décisions locales m`intéressent, les contraintes extérieures n`intervenant qu`à la marge. Enfin en économie comme dans d`autres domaines d`ailleurs, ce qui compte n`est pas la volonté, mais la réalité. Je ne doute pas de la bonne volonté des dirigeants, seuls les résultats comptent. Ils ne sont pas là pour prêcher le bonne parole (la campagne est finie), mais pour agir concrètement.
Mory Diakité, lundi 7 février 2011
Je viens de lire votre message menaçant sur le texte de M. Kylé Diallo. Mais honnêtement, il en faut plus que cela pour me faire peur. Je l’ai souvent dit ici sur ce site, « aller au contact comme au rugby » est dans ma nature. Si vous ne supportez pas mes propos, et je peux le comprendre, ce n’est pas de ma faute si nous ne sommes pas d’accord. Tenez, vous avez une conception autarcique de la Guinée. Or, même à Bissikrima, on est désormais convaincu que ce pays n’est pas une autarcie. Elle vit et interagit avec tout un ensemble d’Etats plus ou moins lointains. C’est la raison pour laquelle il est important de connaître le contexte global dans lequel notre pays prend petit à petit sa place. Nier ceci, c’est un peu comme danser du zouglou sur un air de Bambino. Nier cela, c’est aussi un peu comme demander l’heure sans se soucier jour, du mois et de l’année. Plusieurs remarques donc à votre dernier post : 1. qu’est-ce qui empêcherait le gouvernement guinéen dans son cahier de charge d’inclure l’obligation de formation et d’emploi de locaux ? Encore une fois, il ne faut jamais sous-estimer la volonté de la puissance publique. Aussi pauvre soit-il, un Etat est un Etat. Les cas évoqués en Algérie et en RDC sont des cas relayés par les médias français, encore une fois sous un angle négatif. Mais personnellement, je ne souscris pas à cette sinophobie ambiante relayée par les Occidentaux. Je trouve que la Chine nous a plus amené qu’elle nous a prit. Tenez, après la chute du mur de Berlin, les pays africains ont perdu en intérêt stratégique. Il s’en est suivi le discours de la Baule où le Pr. Mitterrand a dit aux leaders africains de désormais compter sur eux. L’Afrique a ainsi été marginalisée jusqu’à ce que la Chine s’y intéresse. 2. Personne ne peut dire à l’heure actuelle les intentions de la BCRG. Même si elle tient un discours expansionniste, rien ne l’empêche dans le même temps d’activer des mécanismes de stérilisation de cet excès de liquidité. 3. Ce sont des questions de sémantique. Expérimenter un déficit ou le subir, toujours est-il qu’on vit au dessus de ses moyens. C’est la raison pour laquelle des salaires ne sont pas payés, des recettes fiscales sont absentes alors que les dépenses sont bien présentes. 4. On dit la même chose. Je suis conscient que la crédibilité ne se décrète pas. C’est une suite d’actes et de discours qui vont faire que les opérateurs et investisseurs vont accorder leur crédit à la BCRG. Aucun décret ne peut le permettre. 5. On dit la même chose concernant la dette.
Gandhi, dimanche 6 février 2011
Encore une fois, il n`est pas question de faire de l`économie internationale dans un commentaire. La Guinée ne peut pas se comparer aux États-Unis. Je ne m`intéresse qu`aux mesures nationales. Le programme matières premières contre infrastructures a des avantages pour les dirigeants, qui peuvent produire des résultats spectaculaires et rapides. Sauf qu`un gouvernement responsable doit raisonner à moyen et long terme. Or en termes de formation, avec l`importation de travailleurs chinois, nos jeunes n`auront pas d`emplois ou de formations liés à ce type de contrat (voir RDC ou Algérie). Concernant les terres, le PRG a déclaré à juste titre que le pays ne louerait pas nos terres arables, et c`est heureux. Notre BCRG a effectivement la possibilité théorique de diminuer la masse monétaire, sauf que dans la pratique (situation actuelle de la Guinée), elle n`a pas les moyens de le faire. Fin Janvier, elle avait même des salaires à payer, sans rentrées fiscales, ni même sur l`importation de riz. La Guinée n`expérimente pas un déficit public, mais elle subit un déficit chronique depuis fort longtemps, qu`elle ne contrôle plus beaucoup depuis le début des années 2000. Le rétablissement des grands équilibres, et accessoirement la rationalisation ou la restructuration de la BCRG ne se décrète pas. Elle suppose des actes politiques courageux (une politique restrictive par exemple), ce qui ne correspond pas à l`état d`esprit ou à la volonté de l`équipe actuelle. Quant à l`initiative PPTE, elle suppose le respect de certains critères pour atteindre le point d’achèvement (dont notamment le respect de nos remboursements des intérêts de la dette) liés à la bonne gouvernance (notamment pour la passation des marchés) et à la lutte anti-corruption. Nous sommes loin d`y parvenir, or c`est la priorité absolue sur le plan économique. L’atteinte du point d’achèvement diminuerait notre dette de 2,5 milliards de $.
Mory Diakité, vendredi 4 février 2011
Plusieurs points d’achoppement comme d’habitude. 1. Il ne faut pas être dupe. Si les Chinois ont racheté massivement des bons du trésor US dans le passé, ce n’est plus trop le cas actuellement dans la mesure où ils privilégient désormais la diversification de leur réserve. Ils achètent des obligations d’autres Etats (comme la Grèce et l’Espagne et même le Portugal) et des matières premières. C’est ce qui explique la forte hausse des matières premières, notamment les métaux précieux. Or, la Guinée est un producteur de matières premières. Donc elle intéresse à plus d’un titre. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de partenariats public/privés seront mis en place dans les mois à venir sur la base matières premières contre infrastructures. Nous devons tous nous réjouir d’une telle perspective. La Chine ne s’intéresse pas qu’à nos mines. Elle s’intéresse également à nos terres arables, à notre consommation interne comme débouchés à ses exportations. 2. Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à faire tourner la planche à billet. D’autres pays dans le monde l’ont fait ou vont le faire. Là aussi il ne faut pas être dupe. En effet, le « Consensus de Washington » a toujours interdit aux Etats d’avoir recours à la planche à billet. Or, dès que des pays développés ont été atteints par une crise de l’endettement, les mêmes institutions (FMI en tête) ont encouragé ce genre d’initiatives qu’ils refusaient aux Africains quelques années plus tôt. Il est dit que la Banque centrale doit avoir l’équivalent de 3 mois d’exportations sous forme de réserve de change. Mais cette règle n’est pas inscrite dans le marbre et peut changer. En effet, que disait la Banque centrale européenne (BCE) avant le début de la crise de l’endettement en Grèce ? Qu’elle n’accepterait JAMAIS de financer directement sur le marché primaire un Etat et qu’elle n’accepterait pas comme collatéral à ses prêts aux banques secondaires de la zone Euro des actifs mal notés. Or, elle a été obligé de se dédire en rachetant massivement des obligations des Etats en difficultés financières mais aussi en baissant son exigence quant à la qualité de la notation des collatéraux. Je veux dire par là que toute règle peut changer et cette règle de l’équivalent des 3 mois de devises peut très bien sauter (ce que je ne souhaite pas au demeurant). 3. Théoriquement et empiriquement, une banque centrale à plusieurs moyens pour augmenter et/ou baisser la masse monétaire : a. injection de liquidité. b. hausse ou baisse des réserves obligatoires exigées aux banques ; c. hausse ou baisse de la rémunération servie par la banque centrale sur les réserves obligatoires des banques ; d. excédents budgétaires du gouvernement à la banque centrale (ce cas ne concerne pas la Guinée qui expérimente un déficit public); e. emprunts émis par la banque centrale (notamment auprès des autres banques centrales) ; f. Actifs financiers (emprunts d’Etat et/ou privés) ; g. Pensions à la banque centrale et h. annulation pure et simple de certaine série de billet (ce qui obligerait les détenteurs de ces billets de venir les échanger à la BCRG). Comme je l’ai dit, lorsque l’ordre sera rétabli à la BCRG, notre monnaie connaîtra un fonctionnement normal. 4. Le Président Condé a raison d’attendre le mois de juin. En effet, la plupart des partenaires multilatéraux et même bilatéraux font plus confiance au parlement qu’au président. C’est la raison pour laquelle un certain nombre d’aides sont conditionnées à la bonne tenue des élections législatives. « Guinea is back », que cela plaise ou non. Mais ce qui est sûr, c’est que tous les arriérés d’aides (notamment les Fed de l’UE) et même l’annulation pure et simple de la dette (initiative des PPTE) vont nous faire à TOUS énormément de bien.
Saïdou Nour Bokoum, vendredi 4 février 2011
S.O.S. : qui peut me trouver les 71 mesures d`urgence évoquées dans les conclusions du dernier séminaire gouvernemental ?
Gandhi, vendredi 4 février 2011
Les États-Unis peuvent se permettre de faire marcher la planche à billets, parce que leur monnaie est internationale. La Chine notamment achète des bons du Trésor US. La Guinée ne bénéficie pas d`une confiance telle, que les investisseurs achètent du GNF. On parie sur la capacité de remboursement des uns, mais pas celle des autres. Depuis deux ans, nous ne remboursons même pas notre dette. Ce n`est pas parce que nous avons changé de gouvernement, que cette confiance reviendra, et ce d`autant que le programme du gouvernement laisse présager des dépenses supplémentaires (doublement des soldes des militaires, participation de l`État à des activités immobilisant des fonds, comme l`achat de riz par exemple, suppression d`impôts sans création de recettes compensatrices...). La dette peut constituer un levier pour autant que l`État puisse la rembourser. Jusqu`à présent l`État n`a produit que des garanties fondées sur ses ressources minières, mais aucune activité génératrice de ressources fondée sur une activité agricole, industrielle ou tertiaire. La Chine (comme les autres d`ailleurs) ne s`intéresse qu`à nos mines. Le tas d`or ne se transforme en or que par une politique de mise en valeur active de celui-ci. Nous en sommes loin. Quant à notre monnaie, je l`ai déjà dit. Quelles qu`en soient les raisons, lorsque l`on se met à dos les commerçants, la première conséquence est leur frilosité vis-à-vis d`un gouvernement qui ne leur veut pas du bien. Ils retirent leur argent, dont une bonne partie se trouvent être des devises. Or c`est en Guinée où l`on voit la BCRG acheter (ou vendre) des devises sur le marché, alors que cela devrait être l`inverse (indépendamment des malversations de cadres de la BCRG qui encouragent ce système). Résultat, il faut davantage de GNF pour acheter des devises. Seule la BCRG peut en produire, mais cercle vicieux, plus il y a de GNF sur le marché, plus le cours des devises monte, etc... La BCRG est incapable de racheter (diminuer la masse monétaire), car il faudrait des recettes pour cela, mais la poule aux oeufs d`or est tarie. Par ailleurs, tous ceux qui pourraient acheter des bons du Trésor à la BCRG, ne sont pour le moment pas enclins à le faire, au vu de l`absence de vision à moyen terme de l`économie (aucune déclaration sur le programme économique n`a été faite par exemple). On a l`impression qu`Alpha Condé attend le versement de la Banque mondiale en Juin pour avoir de l`argent frais, son périple en Libye et en Angola donnant l`impression d`être allé chercher ce qui permettra de faire la soudure d`ici là. Enfin je n`ai pas de vision française de l`Afrique, sinon je ne m`y intéresserai pas. La notion de budget (des recettes et des dépenses) est la même partout. Comme de nombreux Guinéens, j`ai envie de participer au développement du pays (et cela ne passe pas par un poste), mais encore faut-il que cette volonté soit partagée au plus haut niveau. Même si certains ne tirent pas dans le même sens, le rôle d`un PRG est de convaincre d`abord, d`inciter ensuite, de contraindre en dernier recours, par rapport à une politique transparente, donc expliquée à tous. Bien sur, il faut du temps, ce que tout le monde peut comprendre, mais pour faire patienter, le minimum est de montrer l`exemple par des actes, et de faire une com adaptée. Seules les législatives semblent mobiliser les énergies de nos dirigeants, on ne peut donc que constater où va leur priorité.
Mory Diakité, jeudi 3 février 2011
Monsieur Doura. Je suis entièrement d’accord avec vous. Mais, il est courant de dire à Conakry qu’impossible n’est pas Guinéen. Alors, il n’y a rien qui m’étonne s’agissant de la Guinée, et surtout des actions de nos leaders politiques. Mais, tout ceci est à la marge. Tous les gouvernements dans les pays occidentaux se retirent pour réfléchir de la stratégie globale. Concernant le Premier ministre, je ne sais pas vous avez raison ou si vous avez tort. Mais ce que je sais, c’est qu’habiter une fonction est très difficile. Regardez par exemple le président Sarkozy, depuis mai 2007 qu’il est président, il n’a toujours pas trouvé son style. Il ne fait toujours pas « président ».
Mory Diakité, jeudi 3 février 2011
Cher Alfa (Rafiou Diallo). Je croyais que tu allais changer de prénom (lol). Tu te trompes non pas en donnant raison à M. Gandhi (tu peux le faire tant que tu veux, je suis imperméable à ce genre de jugement) mais plutôt en affirmant que la « campagne électorale est derrière nous ». Tu te trompes aussi en disant que nous avons des « positions politiques antagonistes ». Es-tu contre l’Etat de droit, la démocratie, la lutte contre la pauvreté, la promotion de la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, etc. Parce que moi se sont mes valeurs cardinales en politique comme ailleurs.
Mory Diakité, jeudi 3 février 2011
Monsieur New Look. Je peux comprendre vos impatiences. Mais le Pr. Condé ne préside les destinées de notre pays que depuis une cinquantaine de jours. Arrêtez les procès d’intention. Mais en même temps, je ne vois pas trop pourquoi je me fatigue avec vous car il n’y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir. Bien à vous
Mory Diakité, jeudi 3 février 2011
(Partie 2/2) De plus, nous avons aussi une marge de manœuvre supplémentaire par rapport à nos principaux voisins avec l’indépendance de notre politique monétaire. Lorsque l’ordre sera revenu au niveau de la BCRG, une bonne conduite de la politique monétaire, axée sur la lutte contre l’inflation, devrait nous permettre de donner du pouvoir d’achat à nos populations. 2. Vous avez une « vision française » de la Guinée. En effet, lorsqu’on regarde les journaux TV français, l’Afrique n’est jamais abordée que lorsqu’il y a des malheurs (à part en juin dernier avec la Coupe du monde de foot). Mais quand on regarde une émission comme « Inside Africa » sur CNN, et ben on voit qu’on arrive aussi à parler en bien. A quoi cela sert-il de ne parler que de se qui ne va pas ? Pourtant, tout ne va si mal en Guinée : la population est plus instruite ; l’espérance de vie progresse ; le processus démocratique est enclenché ; etc. 3. Laissez-leur du temps. Si les caisses de l’Etat sont vides, c’est peut-être que l’Etat vit au-dessus de ses moyens mais c’est aussi surement parce que les recettes fiscales qui rentrent sont sans aucune mesure en deçà de celles qui devraient rentrer. Laissez le gouvernement lutter contre l’impunité, la corruption, récupérer les arriérés d’impôt, récupérer ses biens. En procédant ainsi, en plus d’autres actions, notre pays deviendra un pays normal, mais cela prendra bien plus de temps que les « 100 jours ». Mais comme disait le Bembeya Jazz National, « petit à petit, l’oiseau fait son nid ; donin, donin,.. ». Gageons seulement comme le dit Youssouf (Bangoura), qu’ils aient «une réelle volonté de les accomplir ». Bien à vous
Mory Diakité, jeudi 3 février 2011
(Partie ½) Monsieur Gandhi, je ne me suis jamais senti visé dans la mesure où vous m`avez toujours répondu. Je dois être l`une des personnes qui vous interpelle le plus sur cet agora. Je vous remercie d’ailleurs pour votre disponibilité et la qualité de vos échanges. Mais comme d`habitude, nous avons des divergences de vue. Elles portent sur plusieurs points. 1. Selon vous, lorsque les caisses de l’Etat sont « vides » alors, « Sans argent, pas de politiques publiques, donc aucun résultat à venir, et encore moins dans les 100 jours ». Comment expliquez-vous que des pays comme les Etats-Unis, comptant parmi les plus endettés sur cette terre, viennent de lancer un méga-plan de relance de 1 000 milliards de dollars ? Ce plan de relance annoncé, fruit d’un compromis fiscal entre les Républicains et la Maison-Blanche, intervient après d’autres plans titanesques (plan Paulson, Plan American Recovery and Reinvestment Plan, Quantitative easing, etc.). Loin de moi la volonté d’étaler des connaissances sur les USA mais je veux juste vous dire que s’il y a une volonté publique claire, rien n’est impossible. Les USA ont ainsi décidé d’augmenter le déficit public, et par conséquent, la dette. Qu’est-ce qui empêcherait la Guinée de faire pareil ? En effet, ce n’est pas parce que nous sommes pauvres que nous n’intéressons pas des gens, de surcroit des gens très riches. En effet, les Chinois nous regardent avec une extrême bienveillance depuis qu’ils se sont rendu compte que nous étions en réalité des « mendiants assis sur un tas d’or ».
Cisko, jeudi 3 février 2011
Bonjour, Je pense que le Gouvernement ne doit pas être obnubilé par l’échéance des 100 premiers jours. Les comptes rendus de cette retraite nous donnent l’impression que le gouvernement s’est fixé trop d’objectifs à atteindre à cette échéance, dont certains ne le seront pas. Nous sommes d’accord qu’il y a beaucoup à faire et qu’il faut agir vite mais il faudra éviter les erreurs de Kouyaté et de Dadis. La priorisation et la planification doivent se faire de façon objective. Sur le plan Recettes, on fixe un objectif de 2000 milliards aux impôts sans tenir compte du fait que les monopoles de période Konaté ont agenouillé plusieurs PME (secteur des BTP par exemple) qui ont du mal à payer l’acompte d’IMF qui a été relevé de 3 à 5 millions. La retraite a prévu le démarrage des travaux du port sec de Kagbélen d’ici la fin des 100 premiers jours, ce qui est irréaliste car il faut le temps d’actualisation du dossier (1 mois au moins), de l’appel d’offres (minimum 1 mois), celui de l’évaluation des offres (minimum 2 semaines), celui du circuit du contrat (2 semaines) sans oublier le temps pour le cautionnement et le paiement de l’avance de démarrage (au moins 2 semaines). A moins que le marché soit adjugé de gré à gré, ce qu’il faut éviter à tout prix. Donc il faut être lucide et ne pas confondre vitesse et précipitation sinon ce serait un recommencement des mêmes erreurs. Merci
Ibrahim, jeudi 3 février 2011
@Neew look: Je pense que vous avez bien cerné le "problème" Alpha Condé
Kourouma Ibrahim, jeudi 3 février 2011
Des conneries et rien d`autres! Les guinéens n`ont pas bésoin d`une énumération des maux dont ils souffrent, ils les connaissent et les vivent depuis 52 ans. Ils ont besoin de solutions à ces mots. A quoi ça sert de dire qu`on va résoudre le problème d`électricité sans proposer des solutions immédiates, court, moyen et long terme. Exemple: que va t`on faire en matière d`électricité d`ici le 31 mars 2011, avec quel moyens et quelles stratégies (faut il demander à la CBK de fournir du mazout en quantité en renonçant momentanément aux taxes trimestrielles, ou il faut donner la priorité à la construction de micro barages sur nos fleuves qui traversent pratiquement tous nos centres urbains?). Voilà ce que l`on attend d`un gouvernement sérieux. Mais aller se prélasser dans un hôtel 3 étoiles pendant 3 jours au frais du pauvres contribuables et sortir de telles conneries, c`est vraiment pitoyable pour ce pays!
New Look, jeudi 3 février 2011
Quid de la commission Vérité-Reconciliation? J`ai l`impression que le gouvernement et Alpha n`ont pas les mêmes priorités. Alpha a un seul souci, éliminer les peuls, rabaisser les soussous et asservir davantage les forestiers. Tout le reste ne l`interesse pas. Il ne s`échauffe que lorsque qu`un peul commet une "faute", pour le reste, bla bla bla et aucune cohérence. Du coq à l`âne, sacré professeur!
Gandhi, mercredi 2 février 2011
Mr Bangoura, lorsque vous aurez compris que ce n`est pas la défaite de Cellou qui me dérange, mais plutôt la victoire d`Alpha Condé, alors vous finirez peut être par comprendre mes écrits..., mais il pleuvra encore sous les ponts.
Gandhi, mercredi 2 février 2011
Vous travaillez trop Mr Diakité, car si mes souvenirs sont exacts, la phrase que vous évoquez était un conseil que je donnais à quelqu`un, et je ne suis pas sur que vous étiez visé, mais peu importe, vous savez que moi, je répond tout le temps. Je ne suis pas là pour jeter des fleurs, d`autres le font tout le temps. Il y en a même dont c`est le métier à la RTG par exemple, donc il faut bien se singulariser. Par ailleurs, il n`y a pas d`intérêt à parler des choses qui vont bien, car les gouvernants sont payés pour faire ce travail. En revanche, dépenser inutilement et en plus pour des résultats médiocres, ou pas de résultats du tout, est proprement inadmissible. Je sais bien qu`on ne peut pas changer la Guinée en un jour, mais je m`attendais au moins à des déclarations, non pas pour stigmatiser tel ou tel, mais pour montrer que le gouverneemnt est en ordre de marche, pour déjà soulager la population. Si ce colloque sert à coordonner les actions, alors il faut faire un compte-rendu en ce sens (il n`y a aucun secret de sécurité nationale là dedans), et s`abstenir de faire de la com pour montrer qu`on travaille. Lisez le compte-rendu du PM. On a pas besoin des partenaires pour connaitre l`état du pays, ce qu`il y a à faire et même comment le faire. S`il faut continuer à être à la remorque des financements extérieurs (et donc des choix et des décisions de l`étranger), on est pas sorti de l`auberge. Qui paie commande, est-ce là le changement promis ? Enfin il ne vous a pas échappé que les caisses étaient vides. Sans argent, pas de politiques publiques, donc aucun résultat à venir, et encore moins dans les 100 jours.
Doura, mercredi 2 février 2011
M.Diakité,je suis d`accord avec vous:il faut attendre pour juger,car même avec une boule de cristal,on personne résoudre le problème de développement en général et surtout celui de la Guinée,en particulier.Cependant,la coordination de l`action gouvernementale se fait en conseil de ministres.Sans adhérer à la critique systématique,je me pose néanmoins la question de savoir si M.Said Mohamed Fofana n`est pas surpris par cette fonction de premier ministre.J`ai l`impression qu`il n`arrive pas à savoir par où commencer.Sa tournée de remerciement à l`intérieur du pays et ce séminaire risquent d`exacerber la réserve que les guinéens nourrissent à son égard.Il doit imprimer sa propre marque s`il veut conquérir la confiance des citoyens.
Alpha Rafiou Diallo, mercredi 2 février 2011
Cher Mory Diakité,dis-moi,est-ce-que c`est si compliqué de définir des priorités dans un pays où tout est-sinon à refaire,du moins à faire?Toi,qui semble vivre dignement de la sueur de ton front,tu ne penses pas que l`administration guinéenne souffre de la "réunionite aiguë" et que le guinéen est par nature,beau-parleur à la recherche perpétuelle de boucs émissaires?De colloques en séminaires(au passage une pincée de "mamaya"!),ce gouvernement perd énormément de temps mais aussi et surtout de l`argent(parceque,tout ça a un coût et il nya pas de petites économies au regard du désastre économique dans lequel le pays est plongé depuis des lustres!).Je pense qu`au-delà de nos positions politiques antagonistes où ne remontent en surface que nos passions respectives,nous nous devons de penser à ce peuple,ivre de misère et qui n`a plus la force d`attendre.Nous sommes dans une configuration où tout est prioritaire,même si l`eau courante et l`électricité constituent(à mon avis),le socle de toutes les actions à mener. Donc,à partir du moment où on aime son pays,l`on doit considérer que toute critique va dans le bon sens(une fois de plus,Gandhi a raison!).La campagne électorale est derrière nous,désormais nous devons nous situer dans l`ACTION! Pour penser loin,je serais personnellement favorable à une régionalisation forte(voire à un fédéralisme à l`allemande)afin que les décideurs soient plus proches des citoyens et que les énergies créatrices soient largement libérées.Dois-je préciser que derrière cette idée,il nya aucune arrière-pensée régionaliste,encore moins ethnocentrique.Le vrai décollage économique de la Guinée passe par là!!!Ciao!Ciao!
Youssouf bangoura, mercredi 2 février 2011
Que de belles initiatives, esperons qu`il ait une réelle volonté de les accomplir, une chose reste cependant clair, on sent l`engagement d`Alpha et de son gouvernement . Mory, laisse Gandhi protester, c`est de cette façon qu`il parvient evacuer la cuissante defaite subie de Dalein .
Mory Diakité, mercredi 2 février 2011
Monsieur Gandhi, si vous avez pour principe de ne répondre aux imbéciles que par le silence, le mien est de dialoguer et de comprendre. Je ne comprends pas ce dénigrement systématique. Croyez-vous sincèrement que les ministres ont besoin de se réunir pendant 3 jours pour savoir ce qu`ils vont faire? Je connais personnellement un ministre et j`ai lu sa feuille de mission bien avant ce colloque gouvernementale. Ce genre de colloque sert à coordonner les actions, pas plus. Je ne vois pas où le ridicule pourrait tuer avec la présence des parténaires internationaux. Dans la mesure où ce sont eux qui feront les chèques, autant les convier directement au banquet. Vous devriez patienter un peu et les juger aux actes. Même si je ne suis pas un candide qui croit tout ce qu`on lui, j`attendrais avant de juger sur pièces. Personnellement je serai ravi que 10% de ce programme soit fait d`ici les 100 premiers jours.
Gandhi, mercredi 2 février 2011
Pour qui nous prend-on ? Des Ministres se rencontrent pendant 3 jours pour savoir ce qu`ils vont faire, et accessoirement ce qu`ils vont dire à la population, pour tenter d`élaborer un plan d`action d`urgence de la situation guinéenne. Si on ajoute qu`ils ont besoin des partenaires bi et multilatéraux pour faire ce travail, le ridicule ne tue pas. Vous n`êtes pas une Commission chargée de faire le bilan de la situation guinéenne (tout le monde la connait), mais vous êtes le Gouvernement sommé d`agir. La campagne électorale est terminée, il ne s`agit pas de recopier les objectifs du millénaire pour faire rêver la population, il s`agit de prendre des mesures concrètes pour tenter de la soulager de ses maux les plus urgents. Allez vous réfléchir demain pour savoir, dans le domaine du développement rural, comment tatouer les animaux ?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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