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L’affichage des listes électorales pour la correction qui a commencé le 18 mars dernier, en vue des élections présidentielles dont le 1er tour est programmé pour le 27 juin prochain, crée déjà des frustrations au sein de la population et de certains partis politiques dans certaines localités de la Guinée.
Prévue pour les premières élections estimées libres et transparentes en Guinée depuis son indépendance, l’opération de recensement organisée par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) est loin d’être satisfaisante aux yeux des électeurs potentiels qui s’étaient rués vers les CARLE mises en place. Il est apparu sur le terrain que plusieurs problèmes techniques ont entaché le travail effectué par les agents recenseurs. Considérée comme une société expérimentée, qui a fait ses preuves dans d’autres pays de la sous-région, la société Sagem qui a fourni ce matériel de recensement est montrée du doigt. Des lacunes jugées impardonnables par moult observateurs. Tenez, par exemple dans la préfecture de Siguiri considérée comme un bastion du RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée), on dénombrerait des centaines de milliers de personnes qui ont soit constaté des problèmes sur leurs photos, soit sur leurs noms de famille. Dont certains ont été purement et simplement omis. Pire, un autre groupe qui s’est pourtant fait recenser n’a pas vu les traces de cette opération dont ils se sont acquittés.
Dans d’autres quartiers de la Capitale, comme Nongo, les listes électorales ne seraient pas encore affichées. Les responsables par peur de troubles n’auraient pas procédé à l’affichage des listes. Selon les informations qui circulent dans ces localités, des personnes qui ont leurs récépissés de recensement n’auraient aucune trace sur les listes à publier. Il en serait de même pour certains responsables et personnalités vivant dans ces quartiers depuis des décennies.
Dans une radio de la place, un des responsables du RPG qui a évoqué le cas de Siguiri, accuse la Sagem de n’avoir pas procédé correctement au recensement des populations et pis elle a omis les noms des milliers de personnes qui s’étaient fait enrôler.
Même si certains observateurs minimisent cet état de fait, en évoquant le problème de moyens financiers, qui a été à la base de ce recensement « bâclé », d’autres par contre y voient tout simplement un acte de sabotage voulu à l’époque par la Sagem dont le seul but était de retarder les élections en complicité avec certains cadres du Cndd et du Gouvernement Komara, qui ne voulaient pas qu’on parle d’élections rapides comme l’avaient souhaité les Forces vives.
Si cela s’avère vrai, il serait mieux que le président de la Transition qui affiche une volonté de fer d’aller vite et bien aux élections à la date indiquée revoie le contrat de cette société et la composition de la CENI, qui est l’organe censé organiser les élections que tous les Guinéens veulent libres et transparentes.
A cela s’ajoute le retard de la poursuite du recensement des Guinéens de l’étranger qui était aussi annoncé pour le 18 mars dernier. Recensement que le général Sékouba et son Gouvernement veulent de tout cœur et à tout prix, malgré le décaissement au compte gouttes des montants promis par nos bailleurs.
En tout cas, rien d’autre, à part peut-être la volonté des uns et des autres, ne prouve que le premier tour des élections aura lieu le 27 juin 2010 comme annoncé par les autorités de la transition.
En attendant de situer les responsabilités et de trouver les solutions rapides à cet imbroglio, les pessimistes ne font que gagner du terrain par rapport aux optimistes qui crient et croient toujours au Père Noël.
Wait and see !
Diallo Amadou N'Diaré de Conakry pour www.guineeactu.com
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