jeudi 25 février 2010
Restitution des biens de l’Etat : Les ministres sortants sommés par Jean Marie
Jean Marie Doré

Le gouvernement de transition veut-il rompre avec la gabegie financière et le gaspillage des faibles ressources publiques ? En tout cas, le Premier ministre Jean Marie Doré a sommé les ministres sortants et autres hauts cadres de l’Etat de rendre les biens mis à leur disposition durant l’exercice de leurs fonctions.

Le Premier ministre Jean Marie Doré veut en finir avec le gaspillage des biens publics. Il vient ainsi de prendre les devants dans une déclaration publique, le lundi 22 février dernier, pour interdire désormais à tout haut fonctionnaire sortant d’emporter avec lui les biens de service de l’Etat. De facto, cela pourra permettre à nos départements ministériels, de garder pour de nombreuses années les biens immobiliers et les engins roulants destinés au bon fonctionnement des différents services. Ainsi, les véhicules de service, les meubles bureautiques, les équipements techniques et informatiques et autres matériels de fonctionnement, souvent offerts par des ONG, des ambassades ou des Institutions Internationales devraient être sauvegardés.

A propos de cette interdiction, le Premier ministre déclare que: «Compte tenu des faiblesses des ressources de notre pays à cause des événements que vous connaissez, il faut que chacun apprenne à gérer au mieux les possibilités financières à notre disposition actuellement. Cet impératif exclut absolument la dilapidation des matériels et des recettes budgétaires. J’invite les ministres sortants tout comme les hauts fonctionnaires sortants, je veux parler des Secrétaires Généraux, des chefs de cabinets, des Conseillers, des gouverneurs, préfets et sous préfets éventuellement, à restituer aux Ministres et fonctionnaires entrants les véhicules de fonction qu’ils ont reçus pour pouvoir exercer correctement leurs fonctions. La Guinée ne peut pas se permettre à chaque remaniement ministériel d’acheter 25, 28, 30 ou 35 voitures aux fonctionnaires. Donc, il est impératif, il est incontournable, il est obligatoire que lors de la passation des services, les fonctionnaires concernés restituent véhicules, voitures, motos et autres aux ministres et fonctionnaires entrants. Je pense que chacun comprendra que c’est un appel patriotique qui s’affiche sur le règlement et sur la définition sémantique du rôle de chacun. Je ne voudrais pas être obligé de revenir sur cet appel. Il faut qu’à l’heure d’aujourd’hui la passation de service terminée, les biens restent à la disposition de l’Etat. Personne n’a le droit de s’attribuer les biens de l’Etat au nom du service rendu qui était rétribué à temps ».

Justement cette mise en garde du Premier Ministre ne fera pas que des heureux. Par le passé, une passation de service était suivie du pillage des biens immobiliers par les anciens maîtres des lieux. On prend toujours soin de tout vider. Ce qui fait que chaque nomination à un poste à la tête de l’Etat entraîne aussitôt des nouvelles dépenses pour meubler le bureau de celui qui arrive. Sans parler du nouveau moyen de déplacement à mettre à sa disposition.

Selon certaines rumeurs, des ministres auraient racheté des voitures de service avec on ne sait qui.

En 2007, l’on a assisté à une bagarre entre un ministre sortant et une secrétaire qui s’était opposée à ce que le haut cadre parte avec un des matériels informatiques. Mieux, quand cela lui plaisait, le feu Général Lansana Conté autorisait un ministre sortant à garder sa voiture de service. Le ministre entrant pouvait aller s’approvisionner dans le garage gouvernemental. Et c’est tranché.

Pendant ce temps, les caisses de l’Etat continuaient à saigner avec la sortie frauduleuse des sommes colossales destinées à l’achat de véhicules haut de gamme. Sans compter la surfacturation faite par ceux qui ravitaillaient le gouvernement en engins roulants. Ainsi, un nouveau promu à un poste ministériel est automatique servi en véhicules de service et en argent pour meubler son bureau.

Un seul exemple encore dans les esprits du Guinéen lambda. Le gouvernement de l’ancien Premier ministre de «large fermeture» du Dr Ahmed Tidiane Souaré a bénéficié d’un montant de quatre milliards de francs guinéens pour les frais d’installation des trente six (36) ministres et de leurs Secrétaires généraux. Une véritable saignée financière.

Autre fait marquant dans le train de vie dispendieux de l’Etat guinéen, les résidences qu’occupent ces hauts cadres démis de leurs fonctions. Bien que n’étant plus en fonction, les anciens ministres, anciens ambassadeurs et autres continuent toujours d’occuper ces résidences. Alors que la plupart d’entre eux ont deux, trois ou voire plusieurs villas de haut standing tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Pendant ce temps, le pauvre fonctionnaire qui loge à plus de 30 km de son lieu de travail (le plus souvent en ville) croupit tous les jours sous le poids du transport, des frais de logement et de la popote quotidienne. Une autre situation calamiteuse qu’il faudrait corriger pour le bien des uns et des autres.


Lansana CAMARA
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
MBD, samedi 27 février 2010
Que la paix règne en Guinée; Amen! Chers Compatriotes au lieu de discuter. Je sais que la Guinée a besoin de la lumière sur la gestion passée du pays pour encourager et féliciter les bons dirigeants (q nous savons qu´il y´a très peu); mais aussi pour punir les mauvais(mauvais q nous savons qu´il y´a en nombre exponentiel) et d´éviter que les dirigeants présents et futurs détournent le bien du peuple. Je vais vous demander de chercher une solution ensemble pour la liberté de nos Compatriotes detenus en France pour avoir fait une manifestation dans notre ambassade dans ce dit pays pour revendiquer la justice en Guinée face aux événement du 28 Sept. q nous déplorons tous. Sachant que des présumés suspects de crimes contre l´humanité de ce Lundi 28 Sept. sont en liberté et reconduits comme "ministres d´état", cela devaient nous préoccuper. Excuser-moi, je ne voudrais attaquer personne par mon opinion, seulement je voudrais vous rappeler que ces Compatriotes détenus en France, méritent la liberté mieux que les assassins en libertés en Guinée. Je vous remercie. Que Dieu nous guide sur le droit chemin. Amin!
Youssouf Bangoura, samedi 27 février 2010
Les seuls patriotes en Guinée, sont ceux qui n`ont jamais été hauts fonctionnaires, ce sont ceux-là seulement qui peuvent marcher dans les rues de la Guinée la tête haute .Honte à tous ces anciens ministres et autres. Eh Dieu, ait pitié de nous, donne nous les hommes, qui devront avoir la conscience necessaire pour nous sortir de cette lamentable situation.
A.Barrie, vendredi 26 février 2010
les audits, c`est des idees impraticablbes en Guinee. Au ceredit national Siege dans les annee 60, beaucoup de livres de comptabilites etaient en crayon HB2. Faites la conlusion.. J`y etais, je connais.
Sékou Oumar Camara, vendredi 26 février 2010
Monsieur Cissé, je ne sais pas si c`est parce que vous vous utilisez un pseudonyme que vous présumez que tous les contributeurs sont comme vous. Rassurez-vous: je me nomme bien Sékou Oumar Camra. je ne suis pas né au bord du Tinkisso mais je suis quand même né quelque part...J`ai beaucoup de défauts mais j`ai le courage de mes opinions. Ceci dit, je vous rassure également que je ne suis pas une hyène. N`ayant jamais géré la chose publique, je n`ai pu logiquement en "profiter". Je voulais tout simplement débattre avec vous d`un sujet d`actualité qui déchaîne les passions. Vous faites bien de me rappeler à l`ordre. Vous et moi appartenons à des divisions différentes. Entre nous, il ne saurait donc y avoir match!
Guy de Gozo, vendredi 26 février 2010
Monsieur le Journaliste, Merci de résumer les infos car le lecteur n`a pas à perdre son temps à lire juste un seul article. C`est un site pas pas un journal écrit. En ce qui concerne l`article, on a trop vu dans ce pays, les premiers discours sans actions sont à suivre de près. Attendons et voyons. Ne nous empressons plus dans les appréciations car Nous avons toujours été victime de cela dans ce Pays de BaréKoulé. Ne nous laissons plus larguer par les gros discours. A bon entendeur salut !!!
Cissé Oumar de Bma, vendredi 26 février 2010
Bonjour M. Sékou Oumar Camara (Je me contente de cette identité que vous proposez) ! Sachez que n`importe quel lycéen pourrait démontrer que 1 = 3, et le grand public n`y verrait que du feu. Moi, je suis né au bord du Tinkisso et je sais nager et faire de la pirogue, même lorsque le fleuve est en crue. J`espère que vous n`irez pas expliquer vos théories aux familles de ceux qui ont été massacrés en 2006, 2007, etc., et de plus, de simples élèves de CM2 de Gadaoundou, Boulbinet ou Karfamoudouya, vous coinceraient facilement en vous demandant où sont passés nos chemins de fer et nos locomotives, nos avions, nos bus de la SOGETRAG et notre compagnie Air Guinée, nos nombreuses usines et unités industrielles qui existaient à travers tout le pays en 1984, et aussi ils vous demanderont ce que faisaient en Guinée au début des années 60, Mandela et Myriam Makeba, ainsi que de nombreux combattants contre l’apartheid qui utilisaient des passeports guinéens et s’entraînaient au camp Kèmè Bouréma de Kindia, financés et aidés par notre jeune pays ? Nous sommes à l`ère informatique et aucun ``prof`` sérieux, ne se risquerait plus, à raconter des salades à ses auditeurs (surtout en sciences politiques, économiques, sociales, etc.) car, outre l’accroissement notoire du niveau de conscience des populations, presque tous les jeunes étudiants savent aussi modéliser et résoudre quelques équations différentielles, pour vous démentir, ainsi que tous ceux qui chechent à noyer le poisson. Vous me rappelez les subterfuges de l`hyène (bono= souloukou), qui demande aux villageois à la laisser conduire à la prairie leur unique chèvre ! Ne perdez donc plus votre temps avec moi car, Galilée s’était rétracté devant l’inquisition en 1633, mais moi je suis d’une autre trempe ! Wa Salam !
Bangaly Traoré, vendredi 26 février 2010
je suis d`accord avec le frére Cisse oumar,rien ne marchera dans notre pays sans les audits publics secteur par secteur avant les élections.NB:pour finir la corruption et l`impunité en guinée,il faut nécessairement une justice efficace.
Mme Conde N H S, vendredi 26 février 2010
Merci Monsieur le Premier Ministre, continuer la lutte contre la gabégie, que Dieu le tout puissant vous accompagne pour le bonheur du peuple de la Guinée. AMEN !
Sékou Oumar Camara, vendredi 26 février 2010
Mr Cissé, comme beaucoup de nos compatriotes, vous accordez au mécanisme de l`audit, en toute bonne foi mais à tort, des vertus qu`il n`a pas. En effet, concrètement, sans vouloir vous donner de leçons, c`est quoi un audit? C`est tout simplement, tout bêtement, vérifier qu`une gestion a été effectuée conformément aux procédures. C`est tout! Donc, pour faire des audits, il faut: 1° Des informations à auditer; 2° Des procédures ou référentiels. En ce qui concerne les informations à auditer, il faudrait qu`elles soient circonscrites dans une période raisonnable (3 ans au maximum). En Guinée, on nous parle d`auditer un quart de siècle de gestion. Soyons un peux sérieux, quand même! Les archives administratives sont-elles assez bien tenues pour que les informations dont aura besoin l`auditeur puissent être produites? j`en doute. Quant au référentiel, il existe effectivement un Règlement général sur la comptabilité publique et, peut-être, pour certains services, des manuels internes de procédures. J`imagine et j`ose croire que, périodiquement, des contrôles ont été faits. La Chambre des comptes de la Cour suprême avait pour mission, également, de contrôler les comptes des comptables publics. Faisait-elle son job? Je n`en sais rien. Je me rappelle aussi que le Gouvernement Kouyaté avait commandité des audits dont il avait refusé de diffuser les résultats...Alors, pourquoi tant d`appels pressants en faveur du mécanisme des audits? Mon avis est que beaucoup de compatriotes ne comprennent pas que le rapport d`audit n`est pas un JUGEMENT. En d`autres termes, si au terme de sa mission, l`auditeur relève des anomalies dans la gestion, cela ne signifie pas pour autant que ces anomalies sont constitutives d`infractions. Il appartient à celui qui a commandité l`audit de poursuivre éventuellement la personne présumée responsable devant le Tribunal compétent. Si, sur la base des preuves produites par le poursuivant et le poursuivi, il est établi que des infractions ont été commises et que ces infractions sont imputables au poursuivi, le Tribunal prononce la culpabilité de ce dernier. C`est, je le répète, seul le juge qui peut déclarer quelqu`un coupable de tel ou tel fait. Ce n`est pas le rôle de l`auditeur. Par ailleurs, si l`audit a pour but de rechercher d`éventuelles infractions en vue de la poursuite de leurs auteurs présumés, alors il faut immédiatement être clair à ce propos: les infractions économiques et financières auxquelles on pense étant des délits, elles se prescrivent par 3 ans. En d`autres termes, on ne peut, à date, poursuivre des infractions commises avant 2006! Dans ces conditions, il est inutile (sauf à dilapider nos maigres ressources publiques) de commanditer des audits pour des périodes dont on sait que les infractions qui ont pu être commises à l`époque ne peuvent faire l`objet de poursuites...Je comprends tout à fait vos inquiétudes, vos appréhensions voire votre dégoût pour l`impunité ambiante. Mais, "dura lex sed lex", comme on dit. Aussi, en ce qui me concerne, le plus important ce n`est pas ce qui a déjà été "volé". C`est ce qui reste à "voler". Ma préoccupation, c`est comment faire pour mettre un terme définitif à la mal-gouvernance politique et économique dans notre pays. Comment éviter les violations des droits humains et comment mettre l`État au service des citoyens. Dadis disait (même si avec le recul, je m`aperçois que je l`avais mal compris) que "la richesse d`une nation ne finit jamais". Croyez moi, Mr Cissé, même sortie de la bouche de Dadis, cette affirmation est une vérité. La bauxite, le diamant, l`or, etc. ne sont rien. Absolument rien. La vraie richesse d`un pays, ce sont ses Hommes. Voyez le Japon (aucune ressource naturelle), Singapour (quelques maigres palmiers), le Burkina (une savane menacée de désertification), le Rwanda (petit pays martyr à la démographie inversement proportionnelle à la superficie...). Donc, vous, moi et tous nos autres compatriotes, nous sommes la richesse de la Guinée. Ceux qui ont volé ont volé puis ont bouffé, puis ont...devinez!
Cissé Oumar de Bma, jeudi 25 février 2010
Sans les audits, Rien ne marchera JAMAIS dans ce pays. Je le répète inlassablement depuis 2006, après mûres réflexions. C`est forcément par là qu`il faut commencer. C`est le pays qui en a besoin et donc ce n`est pas contre quelqu`un en particulier.
Fiston, jeudi 25 février 2010
Je crois savoir que ce type de discours a été tenu par tous les premiers rentrants mais jamais suivi d`effet. Attendons voir
FIDEL, jeudi 25 février 2010
Belle mesure, merci Chef. A bas la gabegie. Fidel comme son nom

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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