 |
La sauvage répression de militants avec mort d’homme qui a suivi le retour au bercail de Cellou Dalein Diallo est assurément une réponse au voyage mouvementé effectué récemment par Alpha Condé dans l’Hexagone où des opposants ont créé au président élu tous les problèmes. Ne supportant donc pas la contradiction et la contestation, Alpha Condé, reconnu pour sa rancœur innée, a dû se résoudre à laver l’affront, une fois au pays. Connaissant l’homme et son tempérament, l’attitude des forces de l’ordre qu’il a fait déployer le weekend dernier ne semble pas surprendre outre mesure. Tant et si bien que son accueil parisien n’aura pas été des plus tendres. C’est la guerre comme à la guerre.
Pourtant regrette Cellou Dalein Diallo, principale cible du parti au pouvoir à deux vitesses « Alpha Condé, qui vit la plupart du temps à l’extérieur, est parfaitement accueilli à chaque retour. Je suis déçu que le président guinéen interdise de recevoir l’opposition alors que lui-même y avait droit lorsqu’il n’était que simple opposant. Même Dadis Camara, en dépit des répressions, ne refusait pas ce type de manifestation. Il se contentait de les encadrer. Il n’y avait pas de problème de réception. Je déplore aussi la violence et le dispositif de répression. Sept personnes ont été blessées par balles. » Il ne s’agit plus de se limiter au ‘’Je déplore’’, s’insurge un militant surexcité et désabusé. « Il faut utiliser la politique du Talion : œil pour œil, dent pour dent. Et s’il faut mourir, on mourra pour une cause juste. Mais il faut que de telles intimidations cessent. On est dans un pays démocratique. Et mieux, Alpha prône la réconciliation nationale. Celle-là passe aussi par la liberté d’expression et d’opinion», poursuit le même militant qui indique que lui et ses amis ne se laisseront plus faire. Et Cellou Dalein Diallo qui était mardi au chevet des blessés par balles – dont un décès déjà enregistré – de souligner au micro de nos confrères d’Afrik.com que : « Nous allons tenir une réunion pour décider de la suite. Prendre contact avec d’autres partis politiques pour nous opposer à l’instauration d’une dictature en Guinée. Les actes du gouvernement vont à l’encontre des principes de notre République. »
L’UFR de Sidya Touré, elle, condamne avec fermeté le comportement du gouverneur de Conakry : « Nous dénonçons l'argument du gouverneur de Conakry selon lequel M. Cellou Dalein Diallo est un citoyen ordinaire, ce qui, selon lui, justifierait l'interdiction faite à ses militants de lui réserver un accueil extraordinaire. Cette affirmation relève de la totale méconnaissance de l'article 3 de la constitution qui reconnait l'existence et le rôle les partis politiques et garantit leur droit de s'opposer à la politique du gouvernement. Il ressort de cet article que les leaders des partis politiques représentant parfois des millions de partisans ne peuvent être qualifiés de citoyens ordinaires sauf en flagrante violation entre autres de l'article 3 de la constitution précité. » L’UFR ajoutera que «Nous rappelons aux autorités guinéennes que le peuple de Guinée se souvient encore des accueils montres que les militants du RPG réservaient au Professeur Alpha Condé lorsqu'il n'était qu'un simple opposant, statut que le Gouverneur de Conakry qualifie aujourd'hui d'ordinaire qui ne mérite aucun accueil. »
Alpha Condé a dû oublier ce qu’il déclarait il y a peu : « Je crois qu'il faut un large gouvernement d'union nationale pour redresser le pays et cela pour au moins deux mandatures. Ce n'est pas quelque chose de politique mais l'union des bonnes volontés. » Reste que le serment lui-même étant bafoué, comment pourra t-il alors reconstruire la Guinée ? En attendant, rafraîchissons-lui la mémoire avec cet extrait consacré de la nouvelle Constitution guinéenne dans son article 35.: " Moi, Alpha Condé, Président de la République élu conformément aux lois, je jure devant le Peuple de Guinée et sur mon honneur de respecter et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la Constitution, des lois et des décisions de justice, de défendre les Institutions constitutionnelles, l'intégrité du territoire et l'indépendance nationale. En cas de parjure que je subisse les rigueurs de la loi."
L’œil de Guineeactu.com
|
 |