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Au moins 27 opposants guinéens ont été blessés dimanche à Conakry, dont 8 par balle, lors de la dispersion par les forces de l'ordre d'opposants rassemblés pour accueillir leur leader Cellou Dalein Diallo de retour après plus de 3 mois d'absence, a-t-on appris de source hospitalière.
"Nous avons reçu aux urgences 27 personnes qui portaient des blessures plus ou moins graves et parmi elles 8 ont été blessées par balle", a déclaré à l'AFP cette source ayant requis l'anonymat du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Conakry, plus grand hôpital de la ville.
"Il est fort probable que d'autres blessés aient été soignés dans des cliniques privées" de la capitale guinéenne, a ajouté cette source.
Ces informations ont été confirmées par Thierno Maadjou Sow, président de l'organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH).
"Il y a eu des violations très graves des droits de l'homme ce dimanche à Conakry, des forces de l'ordre qui matraquent des citoyens aux mains nues, c'est inadmissible", a déclaré M. Sow.
Aucun des médias d'Etat (radio et télévision) n'a fait allusion à ces incidents dimanche soir.
Une centaine de policiers et gendarmes avaient été postés à l'aéroport et dans ses environs dès les premières heures de la matinée, afin d'empêcher tout rassemblement de partisans de M. Diallo, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et principal opposant.
Des forces de l'ordre avaient également été déployées le long d’une grande artère de la capitale guinéenne, le boulevard Le Prince.
"Je regrette profondément le comportement anti-démocratique des nouvelles autorités guinéennes qui ont déployé un impressionnant dispositif de policiers et de militaires pour empêcher mes militants de m'accueillir", a déclaré Cellou Dalain Diallo à son arrivée.
"Ce genre de comportement n'est pas de nature à amener la sérénité et la quiétude sociale dans notre pays", a-t-il ajouté, estimant que "ceux qui annonçaient une démocratisation du pays, la mise en place d'un Etat de droit, violent systématiquement les bases mêmes de l'Etat de droit en interdisant une manifestation pacifique".
Samedi soir, le gouvernorat de Conakry avait rendu public un communiqué largement diffusé à la télévision d'Etat, interdisant toute manifestation de rue dimanche. "Le gouvernorat de la ville de Conakry rappelle à l'attention des associations de jeunesses, de femmes, d'ONG et des partis politiques que toute manifestation de rue et cortège sont formellement interdits", indiquait le texte, ajoutant: "tout contrevenant sera arrêté et poursuivi".
Cellou Dalein Diallo avait quitté la Guinée peu avant l'investiture du président élu Alpha Condé, le 21 décembre 2010, pour une longue tournée en Afrique et en Europe, notamment en France, ancienne puissance coloniale en Guinée.
Bien qu'il ait dénoncé des fraudes massives, M. Diallo avait reconnu sa défaite au second tour de la présidentielle du 7 novembre 2010 face à Alpha Condé, dont la campagne avait été marquée par des violences politico-ethniques.
3 avril 2011
AFP
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