mercredi 12 novembre 2008
Réponse aux réactions à mon article : “Le débat est confus, soyons sérieux” !
Amadou Damaro Camara

La marche irréversible de la Guinée, entamée depuis le début de l’année 2007, continue d’appeler de la part de nos compatriotes de multiples réactions. Je ne partage pas les positions de certains d’entre eux, mais je les respecte quand même. C’est aussi cela la démocratie !

La démocratie implique deux devoirs :

-       Exprimer son opinion, ou s’informer si l’on manque d’éléments pour en avoir une (Mao recommandait de ne pas donner la parole à ceux qui ne sont pas informés).

-       Respecter l’expression des autres opinions (ce qui n’oblige nullement à respecter ces opinions elles-mêmes).

Ce sont des règles fondamentales que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

Je remercie tous ceux qui ont trouvé un intérêt quelconque à réagir à ‘’la contribution ! La rentrée ! La sortie !’’, qualificatifs donnés par les uns ou les autres à mon article.

Je crois que chacun a réagi selon son état d’esprit, où selon l’état de son esprit !

Merci M. Oumar Bah pour la précision sur le nom de Mamadou Barry, au lieu de Boubacar dit ‘’Petit Barry’’.

La majorité semble réagir au traitement réservé au ministre de la réconciliation, et aux réserves que j’ai formulées vis à vis de la démarche de l’association des victimes du Camp Boiro.

Je salue l’honnêteté, le courage, la courtoisie du jeune Lamarana Diallo, qui a manifesté sa volonté de recadrer le débat sur l’essentiel. Il a ‘’damé le pion’’ à plusieurs ‘’anciens’’ qui préfèrent la rhétorique au vrai débat.

Il me soucie beaucoup d’entretenir la pratique de la langue de Molière, malgré le contexte défavorable où mes proches sont potentiellement mes seuls partenaires…pour les exercices !

Afin que nos échanges d’idées sur le net ne se transforment pas en cacophonie, il convient d’organiser impérativement un vrai débat pour le dialogue national et pour ce faire, nous devons trouver un consensus sur la nécessité de revoir notre histoire des 50 dernières années. Je rappelle dans ces conditions, des propositions susceptibles de trouver un consensus national (relire le texte).

I-De la sortie de Bah Oury le ministre de la réconciliation.

J’avoue que j’ai eu accès à un tout autre discours de Bah Oury. Merci Lamarana pour la précision apportée dans ce sens. Cependant je reste convaincu de la nécessité que ce soit le gouvernement qui initie dans un premier temps, le programme qui va requérir l’implication effective des représentants du peuple. De l’exécutif, de tous les corps constitués (le judiciaire, le législatif et le consultatif). De la Société Civile, des experts (la liste n’est pas exhaustive), en un mot le peuple, dans sa vraie représentativité légitime, pour passer en revue de manière dépassionnée et apaisée, les 50 années de notre histoire récente, dans le but d’établir réellement les faits.

Avant de telles initiatives, toute décision d’engager les responsabilités de l’état embryonnaire, pour présenter des excuses, n’est que de l’agitation politique en vue des échéances électorales.

Jusqu’à quel point Bah Oury doit-il être pris au sérieux dans « cette» entreprise ?

-       Notre ministre est un politicien atypique ‘’d’opposition’’, qui participe à un gouvernement sans en avoir négocié la moindre plateforme.

-       Ce gouvernement lui fait rendre les dépouilles des victimes tuées à Coza, á leurs familles (une bonne chose en soi), sans la moindre allusion aux assassins qu’aucune disposition ne prévoit de sanctionner un jour.

-       Son gouvernement a hérité d’un dossier au nom duquel on a ‘’malmené’’ Kouyaté à la limite du tolérable (le dossier des tueries de Janvier et Février 2007). Y a-t-il encore une enquête en cours ? Le sang de ces victimes reste-il aussi rouge que quand il a été versé ?

-       Ce ministre n’a même pas daigné faire acte de présence aux funérailles des policiers assassinés par Pivi et ses complices !

Quel est le sérieux du Gouvernement auquel Bah Oury participe si :

  1. L’organisation qui représente les victimes du Camp Boiro n’a même pas été autorisée de défiler pendant les festivités du cinquantenaire ?

  2. Les fosses communes qui contiennent les restes des victimes ne sont pas encore localisées afin de rendre les restes aux familles ?

  3. Savons-nous où sont enterrés les suppliciés du 4 Juillet et qui sont-ils ? Bah Oury aurait-il agi au nom du chef de l’état ? Doit-on considérer que le Président Conté est responsabilisé, et est désormais prêt à ouvrir le dossier du 4 Juillet ?

Il y a tellement de questions non répondues, que l’acte de Bah Oury n’est ni plus ni moins qu’un geste ‘’maladroit’’ consistant à mettre la charrue avant les boeufs.

II- Quand à l’AGVCB (Association des victimes du Camp Boiro) :

Avec tout le respect que j’accorde à la lutte de l’AGVCB, mes réserves vis-à-vis de cette organisation, tirent leur justification dans le fait simple qu’elle trouve normal d’accepter en son sein des bourreaux (de la classe de Facinet Touré), qui ont commis les mêmes exécutions sommaires et autres crimes, qu’ils reprochent par ailleurs à l’ancien régime. Il est aussi de notoriété publique que René Alseny Gomez, un autre membre de l’organisation, n’a rien fait pour encourager la démocratie, seule capable d’empêcher tout ce qui est arrivé... ! Au contraire il a préféré voler chaque élection qu’il lui a été donné d’organiser, au détriment de la volonté du peuple clairement exprimée. A-t-on oublié déjà que Gomez était le ministre de la justice quand les jeunes des écoles avaient été massacrés en Juin 2006 ? Le mieux qu’il ait pu faire était d’étouffer comme à son habitude, toute tentative de poursuite contre les présumés auteurs. Comme pour ne laisser aucun doute sur leur hypocrisie, ces deux tous puissants membres du « système Conté » semblent avoir « tout fait en vain » pour conserver le Camp Boiro en l’état pour la mémoire des disparus.

Quelle serait la sincérité de la devise « plus jamais ça », de l’organisation si elle accepte des bourreaux et des fossoyeurs de la démocratie ?

Pour mieux ‘’servir’’ cette devise, l’organisation doit justement se battre pour garantir la justice même à ceux qui l’ont refusée à d’autres, au risque de passer pour une organisation de vengeance.

Je mettrai au compte de votre jeunesse, Mr Diallo Lamarana, le fait de dire qu’il faut que je sois fils d’un supplicié pour être considéré comme victime. Dans ma famille la voix des frères du défunt est plus forte que celle des neveux… ; Ce qui a renforcé la prééminence des liens à l’horizontale qu’à la verticale. Les enfants de mon oncle n’ont pas la parole aussi longtemps qu’il y a plus âgés qu’eux. Evidemment ils ont le même droit sur moins âgés qu’eux. Le mot cousin n’a aucune signification chez nous, nous préférons ‘’frère’’.

Soyez rassuré : Si Bah Oury fait émettre des chèques de réparation pour les victimes, je ferai tout pour que les enfants de Bakary reçoivent leur dû. D’ici là, je continuerai de parler au nom de leur père.

Pour terminer sur ce chapitre, je voudrais apporter un éclaircissement :

l’ancien premier ministre Lansana Béavogui n’a pas été exécuté ; Il se lavait dans l’arrière cour de sa cellule quand les militaires qui montaient la garde sur le toit de la prison à Kindia, se sont ‘’interpellés’’ très bruyamment ; Surpris par ce bruit inattendu, l’ancien premier ministre a sursauté et est tombé dans une crise comateuse. Il fut conduit à l’hôpital régional de Kindia où il mourut 48 heures plu tard. Il fut précipitamment enterré et sa tombe fut montrée à son beau frère. Il est vrai que le CMRN était encore en période de balbutiement au bon début de son pouvoir. Quelques mois après, son camarade N’Famara Keita est mort et son corps fut rendu à sa famille et fut enterré avec tous les honneurs.

III- Le besoin de conceptualiser la notion de « victime » et de « bourreau » car l’on ne sait plus quelle est l’extension ou la compréhension de ces deux concepts.

La proposition m’a été faite par un jeune assistant dans une université de Conakry, du nom de Diaby, sociologue de son état. Dans mon texte, j’essaie de me demander si Fodeba Keita et Telli Diallo sont victimes au même degré que tous ceux qui les ont précédés dans les fosses communes par leurs actions et/ou complicités.

M. Lamarana Diallo utilise une formule :

« La dictature du PDG habillée dans une révolution était familiale et clanique » !

Curieuse coïncidence ; Cette phrase est tirée tout droit du discours que feu Mohamed Traoré, ministre de la communication de l’époque avait prononcé avant la libération des dignitaires de la première République le 15 Mai 1985. Lamarana soutient plus loin :

« La propagande du parti aidant, beaucoup de hauts cadres, y compris des ministres, ne découvriront la vraie nature du régime qu’une fois aux prises avec ses méthodes dans les camps de détention ». Belle formule ; Mais malheureusement elle ne résiste pas au plus simple des raisonnements. C’est selon ce fallacieux argument que tous les dignitaires non malinkés ont été libérés par le CMRN, nonobstant leur degré de responsabilité.

Allez vous me faire avaler que :

-       N’Famara Keita (dont le corps avait été rendu à sa famille), Diao Baldé, Mouctar Diallo, Gualéma Guilavogui, Damantang Camara, Jeanne Martin Cissé…, tous membres du BPN, ne savaient rien de ce qui se passait ?

-       Lombana Diallo (auteur de presque toutes les formules pour désigner Sékou Touré), n’aurait rien su, même des pendaisons publiques ?

-       Chaikou Barry, ministre des banques et assurances (et frère de Diawadou), ne savait rien du sort de son frère ?

Je profite de l’occasion pour saluer le courage d’un autre frère de Diawadou Barry du nom de Bassirou Barry ; Il était ministre de la justice quand le CMRN a publié sa parodie de verdict à l’encontre du groupe de Diarra. Interrogé par RFI, il n’a pas hésité à dire qu’il ignorait tout du « tribunal » qui aurait procédé aux jugements des anciens dignitaires et de ceux du 4 Juillet jusqu’à son siège.

Cette désolidarisation de son gouvernement, lui a certainement coûté son poste.

Feu Jean-Claude a eu le courage de demander à Conté, de le confirmer par un simple oui ou non s’il y a eu des exécutions… ! Vous connaissez la suite.

Croyez vous que tous ces grands du PDG étaient moins coupables qu’un Fama Touré simple gérant d’une boutique d’étoffe pour mériter l’exécution ? Ou encore Kaba « De Gaule » Camara simple garde du corps qui savait à peine lire ? Elhadj Abdoulaye Touré et Toumany Sangaré n’ont jamais fait partie d’une quelconque commission de torture. Pourquoi ont-ils ete exécuté ? Avons nous pensé á les réhabiliter un jour ?

Martin Luther King disait « l’injustice n’ importe où est une menace pour la justice partout ».

Cher lecteurs, mon objectif n’est pas de distribuer des sentences ; Cela revient aux tribunaux, ou à défaut, à l’histoire. Je reste cependant convaincu et cela définitivement, que les acteurs politiques à un niveau ou à un autre, doivent assumer leur part de responsabilité.

Mon cher Lamarana Diallo : le cas de Telli va rester matière à débat pour très longtemps encore. Comme vous le dites si bien, même sa famille tâtonne sur le pourquoi de son retour en guinée. Naïveté politique pour un homme de sa stature ? N’en savait-il pas suffisamment sur la nature du régime qu’il n’était pas obligé de servir ? Croyait-il peut être à la justice ? Ou ne se reprochait-t-il rien ? Était-il un profond patriote qui n’a voulu que se mettre au service de son pays ? Le nombre de morts avant lui n’était-il pas suffisant pour rompre avec Sékou Touré et le faire savoir au reste du monde ? Comme lui-même l’avait dit du fond de sa cellule : « Il y a eu trahison mais c’est moi la victime car, j’ai trahi la Guinée et l’Afrique au profit du PDG, ce dernier m’a trahi ». Que voulait-il dire par là ? Le saura-t-on jamais ? Toujours est-il que André Lewin son Biographe a demandé à accéder au dossier administratif de Diallo Telli, déposé au ministère français de la justice ; Il lui a été répondu qu’en raison du caractère délicat des pièces qu’il contenait, il ne pouvait lui être ouvert même pour simple consultation.

Et l’auteur s’interroge encore aujourd’hui sur le fait qu’aucune dérogation (rarement accordée mais possible malgré tout), n étant possible, il faut qu’il y ait dans le dossier Diallo Telli quelques pièces particulièrement intéressantes et délicates dont la publication causerait encore aujourd’hui remous et controverse. Et l’auteur de se demander de quoi il peut bien s’agir :

-       Révélations sur certaines circonstances entourant son départ de France en 1958 ?

-       Clauses ménageant son statut administratif français en dépit de sa position de mise en disponibilité ?

-       Précautions prises à l’égard de sa situation financière et d’une éventuelle réintégration dans l’administration française ?

-       Papiers établissant des liens avec des officines occultes ou des groupes d’opposition ? Ou tout simplement de lettres personnelles par lesquelles Diallo Telli proclamait solennellement, et malgré les circonstances, son attachement á la France et se justifiait des accusations d’ennemi de ce pays dont il était régulièrement l’objet ?

-       Faudra-t-il vraiment attendre l’année 2045 pour avoir des réponses ? C’est dans 37 ans car, pour communiquer ces dossiers, il faut attendre 120 ans après la date de naissance de l’intéressé ».

Lamarana, vous aurez environ mon âge actuel. Promets-moi de m’envoyer une copie outre tombe… !

L’attitude de Telli et de Fodéba dans le système PDG (comme celle de beaucoup d’autres), fera un jour l’objet d’examen que bon nombre de soldats actuels des différentes causes sur le net, ne seront plus présents pour apprécier.

Je ne saurais quand même terminer sans exprimer un petit regret à l’endroit de mon grand frère Ansoumane Doré ; C’est d’autant plus embarrassant que le frère a connu mon père dans la lutte pour l’indépendance de la Guinée. Il sait que je n’ai et ne dois avoir de complexe devant personne dans ce domaine. Mon oncle Bakary était son camarade. Il se souvient encore d’avoir passé de mémorables vacances avec ce dernier. Mon frère Doré sait mieux que quiconque que bien que ce soit notre région le Konia (Beyla, Kérouané) qui avait donné à Sékou Touré son premier poste électoral (ce qui peut être un symbole), personne de cette région commune à lui et moi n’a jamais été ministre dans un gouvernement du président Sékou Touré. Je suis sûr aussi qu’il sait que personnellement je n’ai ni postulé, ni assumé une quelconque responsabilité politique sous ce régime.

En dépit de toutes ces informations, que ce soit lui qui m’accuse d’être un zombi thuriféraire qui se nourrit au nectar du PDG n’est autre que la confirmation du paradoxe du savon qui salit.

Avec tout le respect que je lui devrais toujours, il m’arrive d’esquisser un petit sourire chaque fois que je lis certains de ses écrits pourtant toujours instructifs ; ça pourrait ressembler a de la naïveté chez un plus jeune mais, chez quelqu’un avec une si énorme et enviable culture et expériences, l’explication ne pourrait que se trouver ailleurs.

Je ne lui en tiendrai pas rigueur pour autant en assumant qu’il est de bonne foi, car après plus d’un demi-siècle en dehors du pays, c’est normal qu’il ait une image des clichés de la Guinée, contrairement à moi qui suis plus proche des réalités de tous les jours.

Je voudrais aussi dire à mon frère Doré que pour ce qui est de la place du Président Sékou Touré dans l’histoire, je suis un disciple du Pr Ibrahima Baba KAKE opposant devant l’éternel à celui-ci, condamné à mort par lui, plus significatif, historien d’envergure internationale et de Léopold .S .Senghor académicien et ancien président qui n’était pas non plus un ami de Sékou Toure, qui ont cru que l’histoire retiendra de l’ancien président Guinéen qu’il ait été à la fois un héro et un tyran.

Que des hagiographes de Sékou Touré ou des adversaires irréductibles comme le frère Doré veuillent vouloir faire pencher la balance de l’histoire d’un coté ou de l’autre, est de bonne guerre à laquelle je n’ai aucunement l’intention de prendre part.

L’histoire a ses paradoxes signe du temps ; les Doré affichent toujours un petit air de fierté chaque fois qu’on les appelle « isoumahoro » du nom du roi du sosso qui montait ses tambours avec des peaux humaines. Evidemment il ya de cela 8 siècles et le net n’existait pas encore.

Merci encore à Lamarana et bravo. Si vous avez beaucoup à apprendre sur le sujet que nous venons de débattre, vous en connaissez assez pour fièrement rester dans la cour des « grands ». Keep going.

Amadou Damaro Camara
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Fodé Tass Sylla, dimanche 16 novembre 2008
Tu as vu mon cher Damaro! Ce sont les jeunes qui commencent à nous dire maintenent que nous les ennuyons avec nos pugilats intellectuels et partisans autour de "Sékou Touré, le héros ou le tyran". Je l`ai déjà dit depuis le 1er Septembre sur ce site (cf."çà se tasse ou çà casse): il faut nécessairement que nous acceptions d`inventer de nouveaux discours sur la Guinée. Nous aurons tout le loisir de débattre de notre "honteux passé" (comme le dit Baldé MS) quand nous aurons un Etat organisé. On ne peut rien entreprendre de constructif dans le cafouillage actuel. Ceux qui ont intérêt à ce que la vérité ne sortent jamais, sont toujours là pour nous opposer, créer la cacophonie et nous faire oublier notre objectif principal à savoir l`appaisement, l`entente et ensuite le décollage économique. or, ce ne sera que dans cette position de calme et de relative aisance pour tout le peuple, que la Guinée pourra entreprendre sereinement de juger son passé. Accepte d`écouter les jeunes Lamarana, Moussa Konaté, Baldé MS et autres. Notre génération est trop traumatisé pour argumenter sans émotion, sans passion. Le débat n`est plus confus, il est entrain de mûrir, après les soubressauts de la crise de croissance que vit la Guinée. On s`est tellement défoulé sur ce site depuis près d`un an, que le sac à haine, à rancoeur et à récriminations semble s`épuiser de lui-même. C`est un grand pas qu`il faudra désormais accompagner par des réflexions positives et contructives. On a tout à gagner par là. et ue
Gadizy, samedi 15 novembre 2008
Mr Baldé je suis tout à fait d`accord avec votre analyse.Pour faire la lumière sur les crimes politiques et économiques des deux tyrans qui se sont succédés à la tete du pays,il faut d`une se donner la main pour balayer Lansana CONTE et son pouvoir maléfique et,d`autre part s`organiser mais surtout rester vigilant pour éviter une 3è dictature.
AMADOU DAMARO CAMARA, vendredi 14 novembre 2008
Bonjour les jeunes A vous Lamarana et Balde MS j`ai eu la chaire de poule.Nous les anciens avons prefere compter les points sur un ring imaginaire vous venez de nous assener un coup de sagesse. Que Dieu vous benisse levez vous et prenez en main la destinee de la guinee. Elle est la votre desormais plus que la notre. Merci a vous tous et j`ai recu le message. Damaro
Moussa Konate@Toronto, Canada, vendredi 14 novembre 2008
Je suis tout a fait d`avis avec vous M Baldé. We may not forget the past, but we have to move on.
BALDE MS, vendredi 14 novembre 2008
Bonjour a vous tous freres/soeurs. En lisant le posting et le reactions qui ont suivit, je retrouve de part et d`autre une verite indeniable, expl: le cas de Alseny Gomez, dans le txt du frere Damaro, les NORMES,SHEYTANE 75 chez le frere Mahmud Diallo...Ceci dit, mon point de vue, qui n`engage que moi, est qui`il est tres difficile de connaitre toute la verite sur notre humilliant passeR, que tout le monde va accepter. L`une des raison est qu`aucun des suspets n`avait ete juge, eux meme victimes des bourreaux du second regime....C`est vrai qu`il est bon de connaitre le passeR pour mieux preparer le futur, mais moi je pense qu`il est temps que les 2 camps s`unissent afin que nous fassions un bon pour le futur, bien sure ne pas oublier le passeR...Je suis persuadeR que si nous faisons comme l`ont fait les anciennes victimes de la traite negrierre, et des violations de droits humains des annees 50,et 60 aux USA(cad les BLCKS) on aurait accompli une victoire similaire a la leur...." We got to move on, not to forget, but to move on".. Tant que nous passons tout notre temps a faire des debats axes seulemnt sur le passeR, toute notre attention sera deviee de l`objectif immediat, qu`est: COMMENT SE DEBARRASER DE LA DICTATURE ACTUELLE, ET EMPECHER LA MISE EN PLACE D`UNE AUTRE...ceci devait etre l`objectif de la generation des annees 1980-1984, malheureusement tel n`a pas ete le cas, c`est pourquoi nous avons vecu 2 dictatures successives approximativement egales, en victime, et en duree....Faisons en sorte que la generation future vive dans un Etat de droit...
Lamarana Diallo, Londres, vendredi 14 novembre 2008
Bonsoir Doyen Camara, Merci infiniment pour l’intérêt que vous avez porte sur mon texte et surtout de l’ouverture dont vous avez fait montre dans cet échange. Je suis entièrement d’accord avec le Doyen Dore sur la nécessite de pouvoir discuter sans tabous quelque soient nos divergences. C’est la seule façon de corriger le déficit de dialogue que vous avez dénoncé dans votre premier texte. Le temps me faisant défaut pour répondre à chacune de vos interpellations dans votre dernière réaction, je voudrais brièvement dire ceci : (1) Merci pour les précisions apportées sur Mr Beavogui. J’admets mon ignorance sur son cas mais je souhaite juste vous demander de bien vouloir apprécier le raisonnement derrière l’exemple, probablement s’applique-t-il sur d’autres. (2) Soyez rassure que si la phrase que vous incriminez était tirée du discours de feu Mahmoud Toure, je l’aurais référencée de la manière la plus appropriée. Coïncidence peut-être, oui, mais celle de mon texte est de moi. Mais l’essentiel la aussi est de noter que Mr Mahmoud et moi sommes parvenus a la même conclusion sur la nature du régime sans jamais se consulter. L’équivoque levé, votre texte me fait croire qu’en réalité votre position n’est pas très loin de celle de Mr Bah, le ministre, en ce sens que c’est a l’Etat de faire le travail qui répondra a toutes nos interrogations. Et éventuellement faire la lumière sur ce triste épisode de notre passe. Il a pris l’initiative en tant que ministre. Certainement, le processus peut toujours être amélioré. Et je trouve vos propositions sur cette question salutaires. Toujours est-il qu’à défaut de la mère, on se contente de la grand-mère. (3) A défaut de pouvoir m’exprimer plus en détail, je souhaite réitérer ma position qui consiste à dire que les responsabilités doivent impérativement être établies au niveau des actes commis par les uns et les autres et apprécier dans un cadre juridique. Je crois que s’il était question de délivrer des médailles pour bravoure et courage contre le PDG qui se nourrissait de citoyens Guinéens, on aurait établi les critères de sélection sur le terrain politique. Et comme aucune de ces victimes n’a encore été décorée pour services rendus à la nation, on a tout le temps de débattre sur ceux qui méritent le mieux. Mais n’ayant en ma possession aucune pièce à conviction (votre texte n’ayant apporte aucune sur Mr Telli) je ne peux qu’accorder le bénéfice de doute à Mr Telli et aux autres cadres sacrifies sur l’autel de la mégalomanie. Et les présumer innocents au même titre que les autres victimes qui n’ont assume aucune parcelle de responsabilité dans le régime.(5) J’espère que notre génération sera plus chanceuse et plus brave pour avoir le courage de nous démarquer de tous les auteurs de crimes de sang et les sanctionner afin de pouvoir construire une guinée véritablement libre et prospère. Une Guinée réconciliée avec elle-même et ou on ne glorifiera plus la violence d’Etat. Ceci avant 2045, inch Allah. C’est la seule promesse que je peux vous faire, Mr Camara, et je suis certain que partout ou vous serez, vous ne manquerez pas de nous bénir. Bien a vous et a votre famille et une fois de plus merci pour les encouragements, Lamarana.
Amadou Damaro CAMARA, vendredi 14 novembre 2008
Mon frère Mahmud Diallo Je sais que mon français n’est pas si bon mais je pensais quand même qu’il était compréhensible. Le reproche fondamental que je fais au régime Conte c’est de n’avoir pas organisé un procès en bonne et due forme pour qu’on comprenne ce qui s’est passé. Si tel avait été le cas vous et moi n’allions pas avoir à discuter de ce sujet aujourd’hui. Aussi contrairement a ce que vous affirmer, je n’ai pas écrit a Amnesty pour changer leur chiffre .C’est le frère Bokoum qui a utilisé le chiffre de 5000 comme pour dire que 5000 ou 50000 n’a aucune importance parce qu’il s’agit des vies humaines et je suis d’accord avec lui. Je n’ai jamais avancé un chiffre. Mais si quelqu’un le fait, je me réserve le droit de demander quelles sont ses sources. Je crois que pour les besoins de l’histoire, lancer des chiffres sans base est une attitude dangereuse. Par ailleurs Je suis complètement d’accord avec vous que Sékou Toure n’est pas seul à avoir lutté pour l’indépendance. Mais il faut retenir que la formule consacrée est que le leader est considéré comme le « père » et les autres sont des compagnons de l’indépendance. Pour finir Sékou Toure était un dictateur mais il faut accepter aussi qu’il a eut des complices. On ne veut retenir comme complices que les membres de sa famille et facilement ceux de son ethnie. Ce qui n’est pas juste. Soyez rassuré si j’avais pris Émile Cisse qui a envoyé plusieurs personnes dans les camps avant de les rejoindre au lieu de Telli Diallo il n’y aurait pas eut tant de réactions. Tous les dictateurs ont des complices plus ou moins actifs ou passifs. Ne faisons pas de procès d’intention. Fraternellement Votre frère Damaro
Mahmud Diallo, vendredi 14 novembre 2008
En lisant des compatriotes comme le frere Damaro, on comprend qu`il ne sera pas facile de tenir une conference de verite et de reconciliation nationale en Guinee. Le frere Damaro et ses collegues, apres avoir tente de nier la destruction de la Guinee par Sekou Toure, cherchent maintenant a faire partager la responsabilite des crimes du dictateur par ses victimes. Le frere a eu le temps de demander a Amnesty International de changer le nombre de victimes pour que ce nombre soit 5000 au lieu 50 000. Ceci est plus important pour lui que de chercher ou a ete enchevelli le corps de son oncle Bakary, si celui a reellement existe pour le frere Damaro. Je crois que la prochaine etape pour le frere Damaro sera d`aller la ou les victimes de Sekou Toure ont ete enterres pour tenter de leur faire reconnaitre leurs responsabilites de ce que leur est arrive. Par solidarite de je ne sais quoi, certains guineens comme Mr Damaro voudraient que l`on chante la 1ere republique et que l`on attribue tous les problemes au regime qu`elle a engendre. Quel cinisme! Ils nous disent que sous Sekou les guineens avaient de quoi manger. Ils oublient que des peres de familles avaient ete obliges de se cacher pour ne pas tre humilies devant leurs familles. Que des villages entiers ont disparu parce que leurs habitants avaient disparu en vue d`echapper aux NORMES imposees par le PDG. Ils ont oublie la presence de cette milice qui traquait partout et n`importe qui. Ils ont oublie "SHEYTANE 75" a Kankan. Ils ne se souviennent plus de ces jeunes filles et meme de ces emmes mariees qui etaient enrolees de force dans les services de protocoles ou elles etaient obligees d`accepter les ordres des cadres du PDG. Pour ceci et autre chose qu`on ne peut citer car il y a beaucoup de nos compatriotes qui n`ont pu revenir au pays qu`apres la mort du dictateur. Pour ce qui est de l`independance, les amis du frere Damaro veulent que le seul responsable soit Sekou Toure, mais pour ce qui est de ses crimes, ils sont pour le principe de la responsabilite collective. Pour eux bourreaux et victimes sont tous des criminels. AHHH frere DAMARO.
Kaba Abdoulaye, jeudi 13 novembre 2008
je voudrais feliciter damaro, pour son texte sans passion et aussi le jeune lamara diallo de londres, pour sagesse et son desir d`apprendre notre histoire commune.ce garcon, je le connait bien,je crois que avec le temps il apprendra beaucoup et surement en 2045 quand damaro et lamine seront l`un a cote de l`autre dans le bled , peut etre je ne serais avec eux ,mais pas loin d`eux, lama penserait surement a m`envoyer une copie... bon courage a tous.
Lamine Diallo, jeudi 13 novembre 2008
Koro Damaro! S`il y a un seul Ministre en Guinée qui malgré ses faibles moyens, fait des resultats palpables sur le terrain, c`est bien sûr Bah Oury.Je sais que vous êtes les gens qui ne veulent pas voir la guinée sortir de la misère dans la quelle vous et vos corollaires l`ont menée. Mr. Camara Demandez au ministre Damba, qui était à ses côtés lors des enterrements des policiers dont vous faites allusion!La preuve de votre mauvaise foi c`est lorsque vous dites que: " j`ai un autre discours de bah Oury" Je voudrais savoir lequel? Car, tout le monde animé de bonne foi a vu et lu le discours que Mr. le ministre Bah Oury a prononcé à cette occasion. Je vous donne un conseil! Préparez vos plûmes pour contre carrer toutes les actions positives qui seront posées par Bah Oury, car que vous le voulez ou pas les guinéens vont réconcilier avec ou sans Bah Oury. Heureusement que les guinéens dans leur majorité comprennent et adhèrent entièrement à cette politique du gouvernement de large ouverture.
Ansoumane Doré, jeudi 13 novembre 2008
Privé de lunettes lorsque j`ai écrit la note ci-dessous,je viens de constater lorsqu`on m`a rapporté mes lunettes de chez l`opticien que j`ai laissé passer quelques incorrections pour lesquelles je demande l`indulgence du lecteur.C`est ainsi que j`avais écrit héro sans S ou que j`avais mis je porte avec S, etc. Merci!
Ansoumane Doré, jeudi 13 novembre 2008
Je crois qu``Amadou a réagi correctement à tous qui ont trouvé in intérêt à son article.C`est cela la démocratie. Pour ma part,je souhaiterais qu`il n`ait pas de regret comme il le dit. Avant de communiquer sur sites internet, nous l`avions d`abord fait par e.mail et je lui avait dit à l`époque, aux jours d`aujourd`hui, petits frères ou grands frères, les gens doivent pouvoir communiquer sans tabou, surtout à l`âge où nous sommes et cela n`enlève rien au respect mutuel. Tout ce qu`Amadou Damaro dit sur Kérouané-Beyla-Le Konia estr exact, nous n`avons pas de désaccord là--dessus. Le désaccord porte plus le "héro et le tyran" et c`est là où se situait ma surprise et non pas mon regret, chacun étant libre de ses opinions.J`ai assez discuté avec feu Ibrahima Baba Kaké avant la sortie de son livre auquel chacun a recours pour accoller héro et tyran.Le qualificatif héro s`appliquait pratiquement à toute la génération de Sékou Touré qui avait été marquée par l`esprit de la Conférence de Bandoung (1955).Quant aux générations de l`après-indépendance guinéenne, elles ont été plus marquées les faits du tyran.C`est ce que je constate et c`est à partir de leurs stigmates que je portes mes jugements.La référence à Senghor est la moins bien venue ici,je renvoie à cet égard à l`appréciation portée au journal dakarois, Afrique Nouvelle où il est écrit:"toute l`Afrique a été en somme mystifiée par Sékou Touré depuis 1958... L`histoireretiendra peu de chose de la vie de cet homme,mais ce qu`elle retiendra sera synonyme d`horreur. Y pense-t-il? (Afrique Nouvelle, Dakar, Sénégal,n° 28 janvier - 3 février 1971). C`était après les condamnations du procès de l`après 22 novembre 1970. Salutations fraternelles.
mohamed soumah, jeudi 13 novembre 2008
C`est ce genre debat contradictoire sans passion ni haine qu`on a besoin.Merci Mr Camara pour cette contribution.
Lamine Camara, jeudi 13 novembre 2008
Damara, n`oublie pas a ton tour de m`envoyer une copie du dossier administratif de Diallo Telli en 2045. Je ne serais pas loin de ton bled. Merci d`avance.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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