M. Sidibé, Vous m'avez adressé une question sur le fait que je sois bavard et que curieusement je demeure muet sur le rôle de mon ami Siradiou Diallo dans le débarquement du 22 novembre 1970.
Vous allez être déçu car en toute sincérité, mais vous n'êtes pas obligé de me croire, c'est par les médias que, comme beaucoup, j'avais appris que Siradiou avait fait partie de ceux qui ont tenté le coup de novembre 1970. Ma surprise avait été si grande que j'avais demandé à l'époque à l'intéressé la réalité de sa participation à cette opération. Je n'ai pas eu de réponse dans un sens ou dans l'autre, là-dessus. Ce silence ne devait nullement me conduire à tirer une quelconque conclusion, surtout dans une époque où chaque dirigeant de ce qui apparaissait alors comme l'opposition, cherchait une stature nationale. C'est pourquoi, même n'ayant pas su exactement ce qui s'était passé dans l'opération de 1970, nous sommes cependant restés amis et ce n'est pas aujourd'hui que je vais renier cette amitié surtout envers un homme, à présent disparu. Dans les années 1970, Siradiou avait été un militant de premier plan contre la dictature qui sévissait sur la Guinée, je lui en garde reconnaissance et respect. Il avait alors été Secrétaire Général du Regroupement des Guinéens de l'Extérieur (RGE) duquel j'étais membre mais, habitant Dijon à 315 km de Paris, je n'ai pas fait partie du bureau pour des raisons de participation effective au dit bureau. Dans ces conditions, le militant lambda que j'étais, n'était malheureusement pas toujours au courant de tout ce qui s'y décidait. Mais j'ai continué à faire confiance à Siradiou et aux membres du bureau et vous n'arriverez pas à me faire dire le contraire et je ne suis pas de la formation de vous autres qui condamnez sur des rumeurs.
Pour ce qui concerne l'invitation du CMRN adressée au RGE en 1984, j'ai été contacté par le bureau du RGE pour faire partie de la délégation conduite par Siradiou à se rendre à Conakry et j'ai accepté. Cela s'est fait le plus simplement du monde comme pour beaucoup de membres de la délégation qui ont été contactés et qui ont accepté.
Je vous ai raconté ces faits M. Sidibé de la façon la plus simple et comme ils se sont passés. Mais à la formulation des questions que vous m'avez adressées, je vois que vous n'êtes pas homme à voir les choses telles qu’elles sont mais comme vous voudriez qu'elles soient.
Enfin, M. Sidibé si vous trouvez que je suis bavard, épargnez-vous la peine de me lire et occupez votre temps à de plus utiles choses. C'est cela aussi la Démocratie.
Ansoumane Doré, Dijon, France pour www.guineeactu.com