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Mon cher Sidoux,
Ton éditorial est un troublant virage de guineeactu. Venant d’un professionnel comme toi, les bras m’en tombent. Certes, tout journal, même non partisan a le droit de prendre partie à certains tournants historiques que vivent ses lecteurs, comme c’est aujourd'hui le cas des internautes guinéens, lecteurs de guineeactu. Mais la manœuvre que tu viens d’imprimer à « notre » site est un dangereux tête-à-queue. Tu annonces un « Ben Daouda.. » et sans prévenir, tu passes à Dadis Président flanqué de deux vice-présidents. Exactement ou à un vice-président près, ce que proposerait la synthèse du « Facilitateur ». Ce qui de ta part est signe d’une science infuse. Ton argument, celui de tous les "réalistes", n’en est pas un.
« Dadis est là, on n'a aucun moyen de le faire partir, il est armé.. » et tutti quanti.
Sékou était là, il avait tout le monde à ses bottes, qui osait relever la tête, la Révolution l’écrasait et passait son chemin.
Conté était là, regardait tranquillement 200 anti guinéens ruiner le pays, lui en première ligne dans ce massacre économique. De temps en temps il fait dégoupiller quelque grenade de la désintégration nationale, comme à Kamsar ; je n’insiste pas sur le fait que la victime fût un Peul, mais c’était moins calamiteux que les « Wo fatra ! », « Vous Forestiers n’acceptez pas que des Etrangers (les Malinkés). Résultat, des Guinéens se sont massacrés là-bas ; des Guinéens qui depuis des siècles, vivaient en bonne entente avant ces propos qui ressemblent fort à des éditos de Radio Mille Collines...
Enfin Dadis, malgré le génocide (je te prie de ne pas mettre ce propos entre griffes comme tu l’as fait avec un de mes papiers actuellement dans les archives de guineeactu), malgré cet holocauste qu’il vient de perpétrer, que ses martyrs fussent peuls malinkés ou guerzés ce matin-là, tu dis tranquillement « Encore Dadis pour que revienne la paix ! »
Mais depuis cinquante ans la Guinée n’a pas connu de paix !
Il est vrai qu’en face de Dadis, il y a les « Forces vives ». Mais elles n’ont pas de tête. Le mal guinéen a cessé d’être seulement la mal gouvernance. La Guinée a sombré dans une profonde crise de leadership depuis les élections législative de 1995 où une opposition tétanisée par des fraudes massives a quand même accepté d’aller siéger dans une assemblée félonne. Cette opposition va peut-être vous donner raison avec la synthèse du Beau Blaise qui propose un président Dadis, flanqué d’un Vice-président (et non de deux comme tu le suggères avec beaucoup de prémonition), d’un Premier ministre issu des « Forces vives » mais à sa botte, etc.
Je préfère avoir été démenti par Blaise et ses comparses, et avoir raison avec ceux qui écrivent que les Forces vives ne devaient même pas se rendre à Ouagadougou.
Quitte à attendre que les poules aient des dents. N’est-ce pas, il y a Dadis, il y a les « Forces vives », il ya l’acteur principal de l’Histoire :
LE PEUPLE DEBOUT
Wa Salam !
El Hajj Saïdou Nour Bokoum
www.guineeactu.com
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