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J’ai effectué un voyage en Afrique il y a quelques mois et après avoir écouté nombre de nos compatriotes majoritairement peulhs et intellectuels, je dois avouer avec beaucoup de regret que vos propos sont un peu fondés. Cela me chagrine car que je suis peulh. Mais n’oublions pas que ce problème n’est pas un problème spécifique aux Peulhs.
Cependant, j’apprécie votre écrit car il n’est pas haineux et il ne pointe pas du doigt tous les Peulhs; peut-être une minorité qui se sent rejetée par un système qui n’a pas permis à un Peulh d’occuper la magistrature suprême, les Peulhs étant majoritaires en Guinée. Mais la destinée n’est pas ethnocentriste. Votre écrit nous met en garde contre l’adhésion à ce genre d’idées qui, ma foi, n’a aucune place dans le débat politique actuel en Guinée, compte tenu du caractère sombre de notre histoire, de l’avènement de la première République à nos jours, que vous relatez d’ailleurs très bien.
Je fais partie d’un groupe d’amis de jeunes intellectuels guinéens, en majorité peulhs mais pas par conviction car c’est le destin qui nous a réunis depuis les années du Lycée à Donka. Nous n’adhérons pas du tout à ce genre d’idées car nous estimons que la sincérité de notre amitié et de nos débats politiques n’est pas liée à notre appartenance ethnique. L’intellectualisme n’est pas synonyme de leadership, lequel englobe les qualités de rassembleur, d’intégrité, de droiture et de diplomatie. Par conséquent, la prochaine autorité guinéenne ne doit pas être un portefeuille d’hommes (composé de Peulhs, de Soussous, de Malinkés ou de Forestiers) qui occupent des postes, mais un ensemble de ressources et de compétences qu’il faudra créer, sélectionner et développer pour acquérir et maintenir notre avantage comparatif. Aucune ethnie, qu’elle soit majoritaire ou non en Guinée, n’a le monopole du pouvoir. Nous devons travailler tous ensemble pour sortir ce pays de l’impasse.
Thierno A. Bah
www.guineeactu.com
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