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Monsieur Kourouma,
Dadis et ses comparses du CNDD, ainsi que son gouvernement, ne répondent jamais aux mails. Mais vous, en revanche, ils vous répondront, puisqu’à la lecture de vos écrits, il semblerait que vous êtes leur fervent partisan. Ils vous répondront et vous nous répondrez à votre tour, n’est-ce pas ?
Vous savez, moi aussi j’étais, comme beaucoup, pro-CNDD au début. Voilà enfin quelqu’un qui veut faire bouger les choses… Jusqu’au jour où j’ai compris, à Bruxelles, que ces hommes qui étaient en face de moi n’ont ni foi, ni valeur, ni intégrité, ni initiative, ni loyauté et qu’ils vont ficeler ma liberté d’expression comme une saucisse de Berlin.
Pourriez-vous poser ces deux questions naïves à Dadis et au CNDD ?
Question 1 :
Pourquoi dans les différentes mamayas organisées par Dadis et le CNDD, aucun de leur supporter n’a encore entendu siffler une balle ou qu’un sympathisant de Dadis n’a reçu malencontreusement une balle en caoutchouc sur l’une de ses fesses, balle tirée par un des soldats saouls, drogués ?
Même saouls et drogués, ces soldats aux ordres sont avant tout des militaires qui répondent aux ordres de leurs chefs…
Vous conviendrez avec moi qu’aucun leader politique n’a encore tiré à ce jour sur un sympathisant de Dadis. Pas même avec son stylo à bille ou ses slogans de campagne.
Question 2 :
Y’aurait-il deux poids, deux mesures à Conacris (sic), au royaume de Dadis et du CNDD ? Ce pays où le premier magistrat autoproclamé dit ne pas avoir le contrôle sur ses hommes en armes, qui dégainent plus vite que leur ombre quand il s’agit de clouer le bec au citoyen lambda désigné par le CNDD pour mourir. Ce citoyen qui ne veut pas de ces sacs de riz et du pognon qu’on lui présente, et qui dit « non » au CNDD, « non » à la tyrannie, « non » à la confiscation des libertés fondamentales sera assassiné et/ou violé.
Ce Guinéen de seconde zone qui ne se reconnaît pas dans le CNDD mérite-t-il la mort en voulant répondre à l’appel de ces « faux leaders » selon Dadis ? Ces jeunes, vieux et femmes qui ont bravé la pluie matinale de ce lundi 28 septembre, bravé Tiegboro et ses soldats et, enfin arrivés à ce piège mortel tendu par Dadis et son CNDD pour seulement une mobilisation pacifique pour entendre la voix de leurs leaders méritent-ils la justice expéditive de la sulfateuse « Kalachnikov » ?
Maintenant deux questions pour vous, Monsieur Kourouma :
Question 1 :
De quelle justice s’agit-il ? Parleriez-vous aux Guinéens de la sorte s’il s’agissait de votre mère que Dadis traite de « Wrangler » ? Imaginez que vous ayez dix ans, que vous êtes à l’école, que vous êtes en récré avec vos petits copains de classe et que ceux-ci rigolent de vous en vous traitant de « Wrangler, Wrangler… » Est-ce cela vos valeurs et vos références, seraient-ce celles de DADIS, qui dit devant le monde entier : je suis un homme marié, mais vous savez je suis loin de ma femme, et la vie du camp étant trop rude, alors, j’ai aussi droit à une copine moi aussi, je ne contrôle pas non plus le contenu de mon caleçon, il est incontrôlable ce contenu. C’est ce leader-là, ce magistrat en culotte, votre référence ?
Est-ce ce gars-là qui se pavane en soutif (calbar ou caleçon) devant le monde entier et qui nous humilie à longueur de journée, en nous parlant de la « pensée positive », qui incarne vos valeurs ?
Question 2 :
Imaginez, Monsieur Kourouma, que votre sœur soit partie assistée le matin de ce lundi 28 septembre 2009 au meeting organisé au stade du 28 septembre par son leader préféré et, une heure plus tard, on vous appelle au téléphone pour vous annoncer qu’elle a été écartelée en public, violée en public par deux malabars de Dadis qui, en plus sont drogués et saouls. Non satisfaits de leur forfaiture, ils ont embarqué votre sœur vers une destination inconnue, l’ont séquestrée et encore violée et violée encore puis, avec une imagination débordante, ont introduit dans son intimité le canon d’un fusil d’assaut et lui ont logé seulement deux balles dans le ventre pour être sûr qu’elle sera parfaitement morte. Vous apprenez tout cela, parleriez-vous encore aux Guinéens de cette manière ?
Est-ce cela la démocratie à la Guinéenne, sinon à l’Africaine ?
A l’attention du CNDD et du gouvernement de Kabiné Komara :
Comment pouvez-vous laisser massacrer votre peuple, comment pouvez-vous accepter que les armes que le peuple vous a fournies pour le défendre soient retournées contre lui.
Vous avez failli à votre mission, vous avez atteint votre seuil d’incompétence. D’ailleurs, vous pouvez en être certains, tous, le chrono tourne contre vous et cette félonie, cette barbarie innommable, vous les payerez tous et au prix fort.
Justice se fera, croyez moi, et sur cette terre, dans un délai très raisonnable !
Dites-moi comment vous parvenez à dormir, comment pouvez-vous, après ce qui s’est passé, regarder vos gosses et leur dire, dans les yeux : « je vous aime ». Dites-moi, pouvez-vous encore prendre votre femme ou votre mari dans vos bras et tranquillement lui chuchoter à l’oreille : « dors bien chéri(e), je veille sur toi ». En êtes-vous encore capables ? Si vous n’en êtes pas capable pour le peuple de Guinée, que vous avez juré de défendre contre vents et marées, dans quel plan d’action le peuple doit-il attendre de vous des résultats satisfaisants ?
Vous rappelez-vous notre discussion à l’hôtel Thon à Bruxelles, vous rappelez-vous encore l’intégrité, l’initiative et l’interdépendance dont vous parliez ? En êtes-vous encore capable ? Re-visionnez cette émission sur la RTG-Dadis !
Démissionnez et tirez-vous une balle dans la tête ! Vous avez failli à votre mission, les gars.
Game is over !
Naïmi DIALLO
www.guineeactu.com
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