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Je me suis demandé s'il fallait répondre à Foromo Charles car aux quelques mots qu'il a écrits, je vois bien son personnage, limité et parfois grossier. Bien qu'il soit beaucoup plus jeune que moi, je vais quand même le faire avec ce qui va suivre en le respectant comme je fais avec tous les compatriotes guinéens. Je lui fais cette réponse en ne pensant nullement à le convertir à quoi que ce soit. Qu'il en soit d'avance rassuré.
Cette réponse peut servir à d'autres qui, sans rien savoir de quelqu'un, porte sur lui des contre-vérités.
J'aurais dû me contenter de la réponse très précise de Lamarana Diallo de Londres que je remercie en ayant restitué ce que j'ai écrit. J'ai aussi noté avec attention le message de Mohamed Camara USA et également de Youssouf Bangoura et de Kaidara. En participant à ces échanges entre frères et soeurs guinéens, je pensais et je pense toujours qu'on n'allait pas y participer avec un couteau entre les dents mais qu'on allait par des échanges d'idées s'enbrichir mutuellement, ce qui peut conduire à un apaisement social dans notre pays. Mais ce qui ne devrait pas nous empêcher, en citoyens libres de porter des jugements libres sur ceux qui se sont chargés de nos affaires publiques, qui qu'ils soient. Ce n'est pas dans le suivisme aveugle des marchands d'illusions qui ont, jusqu'ici, régenté la Guinée et un faux consensus social qu'on mettra fin à notre voyage au bout de la nuit. Les expériences politiques vécues pendant plus de 50 ans par les Guinéens sont, de mon point de vue, parmi les plus catastrophiques du monde. On pouvait donc, à présent, s'attendre à ce que ce peuple recru de mauvaises histoires, ne soit plus aussi facilement prêt à se jeter dans les bras de charlatans qui ne feront pas mieux que leurs prédécesseurs. Malheureusement, ce n'est pas le cas de certains de nos compatriotes qui vous taxent de manquer de raison, dès lors que vous ne chantez pas la même chanson qu'eux. Mais que mes frères et soeurs de toutes nos régions qui me lisent se rassurent, je continuerai à écrire ce que je crois sur notre pays, Inch'Allah!
L'ignorance fait dire des tas de choses inexactes à des gens. Je n'ai jamais écrit ni dit que j'étais guerzé pour que Foromo Charles me reproche de me revendiquer comme tel. Si je l'étais, j'aurais été fier de le revendiquer et je ne me serais pas senti plus ou moins qu'un autre Guinéen. Mais je ne suis pas. J'ai toujours écrit que j'étais guinéen d'ethnie malinké. Depuis que j'étais jeune à Beyla puis au Collège classique de Conakry, je n'avais jamais autant entendu parler d'ethnie que ces dernières années. J'ai grandi, dans le respect, en moi-même, de chaque ethnie et pour moi personne n'est PLUS ou MOINS que d'autres. C'est ce qui reste ancré en moi. Ce n'est pas parce que j'ai écrit « chers compatriotes Forestiers » que Foromo Charles, s'imagine que je voulais me faire passer pour un Forestier qu'il assimile d'ailleurs, lui, de façon ethnocentrique à Guerzé, Foromo Charles a-t-il l'égo si enflé, en tant que Guerzé, de croire que tout ressortissant de Kissidougou, de Guékédou, de Beyla, de Macenta, de Nzérékoré, de Lola et de Yomou qui écrit « chers compatriotes Forestiers », veut se faire passer pour Guerzé? Très peu de Guerzé réfléchis sont de cet avis. C'est une formule que j'ai écrite et que je peux écrire à mes chers compatriotes de telle ou telle autre région guinéenne, parce que je suis Guinéen. Et plus encore, j'y insiste, il faut que Foromo Charles sache que Forestier ne signifie pas seulement guerzé. Il ya en Guinée-Forestière d'autres ethnies que les seuls Guerzé. Cette région compte sept préfectures avec des ethnies différentes qui ont toujours cohabité paisiblement et qu'on désigne sous le terme résiduel tiré du couvert végétal bien que toutes n'habitent pas en zone géographique proprement forestière. Dans des articles, je m'étais adressé aux hommes politiques de cette région pour qu'ils s'attellent au niveau central (du pays ) à une politique de désenclavement et de développement. La question de cette région n'est donc pas une question de Guerzé comme Foromo Charles semble le laisser croire.
Pour son infortmation et pour celle d'autres sur mon nom qu'il prend comme un nom exclusivement guerzé, il aurait dû dire Kono, voici ce que j'ai écrit sur un site pour Mamadou Oury Dalein Dalein de Lyon sur la famille DORE et cette hitoire est connue de Jean Marie DORE dont il cite le nom. Je dirais même à Foromo Charles qui semble ignorer bien de choses que je dois mieux connaître Jean Marie que lui. Nous nous sommes trouvés au Collège à Conakry dans les mêmes années et Jean Marie DORE s'appelait alors DORE Gla.
Voici ce qui peut apprendre des choses à Foromo Charles.
Dans un forum; Mamadou Oury Dalein Diallo, Lyon, France, a annoncé avec aplomb des contre-vérités sur les Doré qu'il fallait que je rectifie. Il avait en effet écrit: « A ce que je sache, les Doré sont de Lola et non de Beyla, ils sont proches des Kono de Vépo aux pieds du Mont Nimba ». Mon cher Mamadou Oury, quand on ne sait pas très bien certaines situations, on les énonce avec des réserves. Moi, Ansoumane Doré, fils de feu Doussou-Mory Doré et de feue Hadja Bintou Soumaoro, déclare être bien de Beyla dans le Konian, province historique du Mandingue, comme le Batè, l'Amana et d'autres. Le Konian dont les habitants sont appelés Konianké appartiennent au groupe Malinké mais Beyla fait partie de la Région administrative de la Guinée-Forestière. Je précise que les frontières administratives n'ont aucune espèce d'importance particulière à l'intérieur du même pays. Les habitants du Konian sont des Konianké et je n'entends pas, ce disant, exhiber une « ethnicité », mais préciser une donnée historique que beaucoup ignorent. Je suis de ceux qui souhaitent avec force, l'ancrage dans les consciences et dans les comportements du concept de la Nation Guinéenne. Les ethnies sont cependant là en données historiques que nous devons accommoder à notre nation commune en construction. Il ne peut pas y avoir de petites nations antagonistes et viables x ou y dans la République de Guinée. On l'a assez souvent dit, l'apport de chaque région peut contribuer à rendre la Guinée forte.
Ma mise au point a, ici, pour but de nous permettre, même et surtout à l'échelle locale de notre pays de mieux nous connaître. Or toutes apparences mises à part, les Guinéens connaissent mal, très mal, l'histoire locale des uns et des autres tout en avançant des affirmations péremptoires à tout propos.
Le berceau de la famille Doré est le village de Moussadou à 10 km de Beyla. Mes ancêtres sont Konianké depuis des siècles et l'écriture (arabe) qui y est pratiquée, depuis, le confirme. Ainsi, Claude Rivière, ancien doyen de la Faculté des Sciences Sociales de Conakry écrit dans son livre bien documenté : « Mutations sociales en Guinée », 1971, Editions Marcel Rivière et Cie, Paris V, je cite, au chapitre v, intitulé, Mutations socio-religieuses – Bilan de l'islamisation, page 279: «. . . vers la fin du XIe siècle, les Saracolé et les premiers Dioula islamisés par eux pénétrèrent en Guinée, répandant une traînée musulmane dans le Fouta, vers la côte et les confins forestiers, par la route de la cola. Un Saracolé, Mory Koumbala Doré, introduisit, au XIIe siècle, l'Islam dans le Konian, le Ourodougou et le Kossadougou. Au siècle suivant, les Mandingues marquent leur suprématie dans l'Ouest africain par la fondation de l'empire du Mali (capitale Niani) ». C'est depuis cette époque, environ neuf siècles, que les Doré sont du Konian dont le centre principal est aujourd'hui Beyla. Il faut ajouter que dans le grand Konian qui s'étend de la région de Kérouané-Damaro-Beyla jusqu'à la zone géographique forestière proprement dite, les Doré étaient désignés Döllè, comme j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer le sens de cette appellation dans des articles. Selon la tradition familiale, les Doré de Lola et environs, devenus Kono, sont des descendants de ceux partis de notre famille soit comme sofas dans les armées de l'Almami Samori Touré au XIXe siècle, soit comme colporteurs. Une fois terminée l'épopée de Samori à Guélémou (frontière ivoiro-libérienne) le 29 septembre 1898, les sofas furent dispersés. Un grand nombre d'entre eux ne regagnèrent pas leurs terroirs d'origine et s'installèrent dans des zones géographiques proches de Guélémou comme Lola et environs. Lola n'est d'ailleursqu'à environ 100 km à vol d'oiseau de Beyla mais 100 km au XIXe siècle en Afrique, c'était le bout du monde. Parmi les sofas libérés des troupes de Samori, se trouvaient donc des Doré qui s'établirent comme d'autres dans la région de Lola. Ces anciens sofas épousèrent des femmes de leurs lieux d'installation. Ils adoptèrent avec le temps les us et coutumes de leurs hôtes. D'animistes, certains devinrent bien plus tard chrétiens, après la colonisation française, d'où les prénoms chrétiens des Doré de Lola et environs, alors que la souche de la famille Doré à Beyla et environs est demeurée de religion musulmane. Jean Marie Doré de l'UPG qui est de Lola connaît bien cette histoire. A ce sujet, selon l'ancien député RPG de Beyla feu Lanciné Doré, Jean Marie avait pris conctact, au début de sa carrière politique, avec la famille Doré à Moussadou-Beyla pour s'y faire reconnaître « son droit à l'origine et au sol ».
Enfin pour terminer ces éclaircissements, il faut consulter le livre de Khalil Ibrahima Fofana, intitulé : « L'Almami Samori Touré Empereur », 1998, Edit. , Présence Africaine, Paris V. On peut lire en page 20: « Aussi, lorsqu'en 1860, les Doré, musulmans de Moussadou (Beyla) menacés par leur puissant voisin, le païn Massabory Kamara de Guirila (surnommé ouaraourou kégbanan), implorèrent le secours de Séré Bréma, leur coreligionnaire, celui-ci se trouva-t-il devant un dilemme: fallait-il faire participer Samori (alors retenu chez ce roi à Madina en gage de la libération de sa mère) à cette campagne au risque de lui donner l'occasion d'accroître son prestige? Ou bien fallait-il le laisser à Madina au risque qu'il s'empare du pouvoir? ». En pages 58-59 du même livre, on peut lire : « Séré Bréma dans un sursaut désespéré tenta de libérer son neveu en levant des troupes à la hâte, le gros de son armée ayant été capturé à Sirinkoro. Saadji Kamara de Gbankouno fut pressenti mais il se récusa par prudence. Il usa néanmoins de ses bons offices pour obtenir la participation des Doré de Moussadou dans le Konian. . . Samori proposa la paix au prix d'une rédition inconditionnelle. Les Doré de Moussadou tentèrent alors une sortie et se firent massacrer; Vanfing Doré, leur chef y trouva la mort. »
Ansoumane Doré, Dijon, France
NB. L'auteur Khalil Fofana insiste sur l'expression « Les Doré de Moussadou » dans son livre publié en 1998, pour les distinguer des Doré de Lola d'aujourd'hui. Vanfing Doré qu'il cite était mon arrière-grand père. Dans ma famille il y a eu beaucoup de garçons qui ont porté le prénom de Vanfing ainsi que celui de Mory comme mon père et mon fils, entres autres, en souvenir de Mory Koumbala Doré qui a islamisé le Konia au XIIe siècle. Alors quand Foromo Charles semble croire que mon nom était usurpé, il saura, s'il a le courage de lire ce texte jusqu'au bout, que quand on ne connaît pas une situation, on se défend d'en parler pour se respecter soi-même. En ce qui me concerne l'écriture (arabe) existe dans ma famille bien avant la colonisation française et je connais bien mon arbre généalogique pour remonter assez haut dans le temps.
www. guineeactu. com
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