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Le problème de l’électricité en Guinée est un problème épineux et qui pèse sur la Guinée et sur les Guinéens depuis de longues décennies.
En effet, depuis une trentaine d’années, notre pays a toujours été plongé dans l’obscurité et ce, sans discontinuer. Toutefois, il faut rappeler qu’en 1996, lorsqu’il fut nommé Premier Ministre, Sidya Touré avait inscrit ce problème que bon nombre de guinéens, y compris certains grands responsables du pays avaient fini par considérer comme insoluble, dans ses priorités. C’est ainsi qu’il a engagé dès sa nomination des discussions avec la Société à participation privée chargée à l’époque de la gestion du secteur, la SOGEL, pour faire le point de la situation et dégager des solutions afin que les guinéens puissent vivre avec le courant électrique comme tous les autres pays voisins.
Au terme de ces discussions, il s’est avéré la nécessité d’améliorer la capacité de production par l’achat du groupe (Tombo 4). Le Premier Ministre Sidya Touré a pu obtenir de l’Agence Française de Développement le financement de l’acquisition de ce groupe qui était de 4,5 Millions d’euros, soit 6 Millions de dollars. Le seul problème était que l’Assemblée Générale de l’AFD qui devait décider officiellement du financement et rendre le montant disponible ne devait se tenir qu’en Avril 1997 alors que Sidya Touré avait déjà promis aux habitants de Conakry de leur offrir le courant dès le mois de décembre 1996. Soucieux qu’il était de respecter sa parole, Sidya Touré a alors sollicité un des actionnaires de la SOGEL afin qu’il puisse garantir un prêt concédé pour l’achat du groupe de Tombo 4. C’est ainsi que la Saur du groupe Bouygues a bien voulu émettre une lettre de garantie pour l’obtention du prêt auprès de la BICIGUI. C’est au moment de la libération des 4,5 Millions d’euros par l’AFD, c'est-à-dire en Avril 1997 que la BICIGUI fut remboursée et la lettre de garantie retirée.
Contrairement à toutes les tentatives de diffamations, le groupe en question a été expertisé par la Lloyds, expert mondiale en la matière, qui a conclu que le groupe qui avait une centaine d’heures de fonctionnement était à l’état quasi neuf et propre à fonctionner pendant de longues années. Le plus extraordinaire était surtout le coût d’un tel groupe à l’époque, pas plus de six Millions de dollars, rapprochée à ce qu’on entend aujourd’hui, c’était une bonne affaire.
En plus de l’achat du groupe, le Président de l’UFR avait aussi mis l’accent sur la capacité des ressources humaines à gérer correctement le secteur. C’est pourquoi, lors de la rencontre appelée par le Président Dadis, il n’a pas hésité à réaffirmer que la clé de la réussite se trouve dans la qualité des ressources humaines. En effet, il est illusoire de croire que l’on peut réformer ce secteur et le faire fonctionner durablement sans s’appuyer sur des ressources humaines compétentes. Un autre problème lié à la réhabilitation du réseau de distribution fut également réglé afin de réduire les pertes dans le transport de l’électricité. Sidya Touré a rappelé également qu’il avait essayé en son temps de réaliser les possibilités d’interconnexion avec les pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire, mais cette initiative avait été boycottée par des pseudos nationalistes.
Par ailleurs, fort de son expérience, Sidya Touré a mis en garde le Président Dadis contre des promesses qui ne sont pas réalisables ou qu’il ne pourra pas réaliser. Dans cet esprit, il l’a invité à veiller à ce que tout le processus soit maîtrisé avant de s’engager devant les guinéens.
Pour réformer ce secteur et résoudre le problème d’électricité, le coût du projet est estimé à 133 Millions d’euros environ par les techniciens du secteur en Guinée et ce projet, entériné par le gouvernement et le CNDD a suscité beaucoup d’espoir mais aussi des interrogations. La première des interrogations fut posée par le Président de l’UFR lors de la rencontre du 10 Juillet à Koloma. Elle est relative au financement même du projet. A cet égard le Président Dadis a précisé que l’Etat ne s’endettera pas et a laissé entendre que le projet pourrait être financé par des recettes exceptionnelles tirées essentiellement des audits, sans compter les 22 millions et d’autres montants déjà disponibles. Le seul problème est que tous les chiffres annoncés par le Président ne dépassent guère les 50 Millions de dollars, le GAP reste donc considérable.
La tentative du Président Moussa Dadis Camara de résoudre le problème de l’électricité dans notre pays ne peut qu’être encouragée car, en cas de succès, ce sera la deuxième fois dans l’histoire de la Guinée qu’un dirigeant s’attaquera avec succès à ce problème grave et qui pénalise tant notre pays.
En effet, comme l’a dit le Président de l’UFR, il ne s’agit pas seulement d’éclairer nos maisons, mais il s’agit aussi de permettre aux investisseurs de venir investir chez nous et à moindre coût, de permettre à nos agriculteurs de mieux conserver leurs produits, de permettre à nos médecins de mieux travailler.
Comme il l’a si bien dit, c’est le sang qu’on va injecter dans l’économie nationale. Tous les Guinéens espèrent aujourd’hui retrouver le niveau de fourniture d’électricité que Sidya Touré, alors Premier Ministre leur avait donné.
Reconnaissant une de fois de plus les compétences avérées de Sidya Touré, en vertu de « la raison d’Etat », il investira très prochainement le Président de l’UFR d’une mission pour aider à régler une deuxième fois le problème de l’électricité dans notre pays.
Ibrahima Capi Camara Administrateur du Groupe Kibarou
www.guineeactu.com
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