Lansana Kouyaté, président du PEDN
« Celui qui viendra risque de s’asseoir sur une poudrière »
Je crois que nous avons souhaité que cette rencontre soit positive, et elle l’a été. Je crois que la tendance est aujourd’hui que nous allons nous allons nous asseoir sereinement pour parler du chronogramme, un chronogramme. Moi, je suis heureux parce que le consensus est en train de se définir autour d’un chronogramme réaliste comme je l’ai dit. Ensemble, nous devons travailler pour que ce chronogramme soit possible. J’ai déjà dit sans ambiguïté que les élections n’étaient pas possibles en 2009. Quand vous devez aller à Mamou, vous ne devez pas regarder votre montre pour dire qu’il est 10 h et à 11h je dois être à Mamou. Vous serez obligé d’aller à 300 km à l’heure. Tout ce qu’il y a comme obstacle, il faut le lever pour aller sagement à la destination. Une transition qui réussit, c’est la démocratie qui a des garanties. Si nous nous précipitons, si nous confondons vitesse et précipitation, celui qui viendra va s’asseoir sur une poudrière.
Andriy Zayats, Ambassadeur d’Ukraine
« Nous pensons que cette rencontre a été positive »
En tant qu’ambassadeur d’Ukraine, je voudrais dire que nous sommes satisfait de cette rencontre. Le fait même de mener un dialogue très objectif est satisfaisant. Car seul le dialogue peut mener à la compréhension, à la transparence et à la meilleure information de nos capitales. Donc, nous pensons que cette rencontre de chef de l’Etat avec les représentants des partis politiques, des forces vives de la nation, des missions diplomatiques est positive.
El Hadj Boubacar Biro Diallo, ancien président de l’assemblée nationale
« Ils doivent saisir le bâton que le président Dadis leur tend »
J’ai déjà dit tout ce que je pense depuis que Dadis est au pouvoir. Aujourd’hui, il a balise la voie. Il appartient maintenant à ces partenaires de savoir saisir le bâton qu’il a tendu, à fin de se rapprocher de lui et débattre le problème de cette nation. Il est disposé à le faire.
Anna Sylvia Piergrossi, Déléguée de l’Union Européenne
« Cette rencontre permet de reprendre le dialogue »
Cette rencontre permet de reprendre le dialogue, entre le chef de l’Etat, les partis politiques, et les syndicats.
Mamadou Badiko Bah, président de l’UFD
« C’est bien dommage »
En premier lieu, nous sommes satisfaits du rétablissement de dialogue entre les partis politiques, le CNDD et son président. Nous espérons donc que ce dialogue sera fécond, et qu’il produira des résultats importants, intéressants et positifs pour une transition pacifique et démocratique dans le pays. Apparemment, il est question de revoir le chronogramme de la transition sauf que ça n’a pas été dit clairement et on renvoie la question aux forces vives. Ce qui est bien dommage. Ce ne sont les forces vives qui sont aux affaires. Elles ne gèrent pas l’Etat. Donc, si nous comprenons bien il revient au chef de l’Etat de revenir peut être sur le chronogramme Nous pensons qu’il revient au chef de l’Etat de revenir avec une proposition.
Mouctar Diallo, président des NFD
« L’Ambassadeur d’Allemagne a été très intelligent »
Ce sont des sentiments de déception liés au fait que le capitaine Moussa Dadis Camara a prouvé aujourd’hui au grand jour qu’il ne veut pas organiser des élections en 2009. Je dirais d’ailleurs qu’il ne veut pas quitter le pouvoir. Depuis son discours programme, il a donné des signaux en parlant de méga projets. Il n’a parlé ni de la transition ni de l’élection. Il y a des mouvements de soutien, des mamayas, des manifestations et des mobilisations. Il refuse de donner des moyens à la CENI. Il y a aussi le fait qu’il n’ait pas mis en place le Conseil national de la transition (CNT) après 5 mois. Il y a également le fait qu’il a fait jurer les militaires pour une allégeance à sa personne. Bien d’autres éléments constituent des indices concrets, des vérités évidentes depuis le début. L’Ambassadeur d’Allemagne a été très intelligent en posant une question très subtile. En disant, Monsieur le président vous ne vous engagez que par rapport à 2009. Et2010 ? Au lieu de répondre à cette question importante, il s’est emporté malheureusement contre la Communauté internationale. Donc, c’est vraiment aussi que nous n’avons pas des leaders politiques soucieux en face, qui soient capables de se mettre au-dessus de certaines considérations liées à des intérêts individuels égoïstes. Des intérêts liés à des positionnements auprès du CNDD.
Cellou Dalein Diallo, président de l’Ufdg
« On va pouvoir faire avancer les choses »
Je suis heureux de constater qu’on rentre dans une dynamique de véritable dialogue qui a vraiment manqué et qui a provoqué beaucoup de retard dans la mise en œuvre du chronogramme qu’on avait élaboré. Avec l’instauration d’un dialogue franc et direct, je pense qu’on va pouvoir faire avancer les choses.
François Lounsény Fall, président du Fudec
« Le dialogue politique va s’instaurer entre les Forces Vives et le CNDD »
Je pense que les problèmes ont été posés en des termes très clairs par le porte parole des Forces Vives et je pense que le président nous a donné une bonne réponse. Nous attendons de voir comment le dialogue politique va s’instaurer entre les Forces Vives et le CNDD.
Jean Marie Doré, Secrétaire général de l’UPG
« Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud »
Je suis animé par un sentiment d’espérance qu’il faut meubler rapidement de faits concrets pour que la Guinée gagne. Si on se contente d’avoir dit cela puis on croise les bras, ça ne sert à rien. Je pense qu’on a levé beaucoup de voiles. Comme dit l’adage, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Si le chef de l’Etat nous a donné le sentiment qu’il a compris la valeur du dialogue, c’est à nous d’entamer les actions positives pour que le dialogue ne chôme plus jamais. Par le dialogue, nous n’aurions même pas besoin de venir ici. On n’aurait réglé les problèmes en un quart d’heure. Parce que pour organiser les élections, il faut tenir compte d’un certain nombre de réalités. Si on a une moyenne bonne, on fait les élections. Sinon dans l’intérêt même des partis, ces réalités ne sont pas analysées en elles mêmes et levées quand elles constituent des obstacles, nous allons à des élections bâclées et on ne verra pas pour qui le peuple a exactement voté. Donc, c’est très important que le chef de l’Etat accepte de recevoir les acteurs politiques dans un esprit d’ouverture de responsabilité.
Mamadou Diawara, président du PTS
« Si on décale de six mois, c’est encore mieux »
C’est une nouvelle dynamique qui s’enclenche. On va suivre le processus et nous irons jusqu’au bout. C’est au cours du dialogue qu’on verra la bonne ou la mauvaise fois des uns et des autres. Reporter les élections d’un an, je crois que ce n’est pas grave. On est à six mois de la date prévue. Si on décale encore de six supplémentaires, je crois que c’est encore mieux.
Sidya Touré, président de l’UFR
«…Parler d’une voix quand les bailleurs de fonds vont venir »
Nous avons eu une bonne rencontre. Je crois que cela va nous permettre de mieux expliquer un certain nombre de choses. Le président a offert la possibilité aux uns et aux autres de faire de nouvelles propositions. Nous allons y penser. Je crois que l’idée même de dialogue constant a été retenue. C’est une bonne chose. Cela permet de nous parler d’une voix quand les bailleurs de fonds vont venir en Guinée.’’
Moro et Samory
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com