mercredi 22 juillet 2009
Rencontre avec le GIC-G: Sagesse politique ou piège du président Dadis ?

 La 5ème session du Groupe international de contact sur la Guinée tenue les 16 et 17 juillet à Conakry, a été sanctionnée par une rencontre sur le plateau de la RTG de Koloma entre le capitaine Moussa Dadis Camara et ses illustres hôtes. Notamment les membres dudit Groupe, Ibn Chambas, Ibrahima Fall, le commissaire Ramtane Lamamra et tant d’autres. Ont également pris part à ladite rencontre les diplomates et consuls, les membres du CNDD et du gouvernement en plus des forces vives de la nation.

 

Dans cette rencontre qui semblait plus sérieuse que les précédentes, on a plutôt découvert un autre visage de Dadis. Connu pour son tempérament chaud on a  vu ce jour un Dadis calme, serein, réfléchi, responsable et sage. Accueilli à 16 heures, le chef de la junte a pris d’abord le soin de réaménager la physionomie de la salle qui ne lui convenait pas. Le capitaine Moussa Dadis Camara, invitera ses hôtes sur l’estrade et à Chambas de prendre place à ses côtés.

Dans un langage empreint de sagesse, le président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a remercié le Groupe international de contact pour son implication en faveur de la transition politique en Guinée, avant de réitérer son engagement et celui du CNDD au respect du chronogramme. Le chef de la junte a tenu à expliquer qu’aucun régime (civil ou militaire) ne peut prétendre aujourd’hui pouvoir s’éterniser au pouvoir et hypothéquer l’avenir d’une nation. Selon lui, avec la démocratisation des peuples, c’est une option révolue. Son speech s’est ensuite axé sur ce qu’il considère comme acquis de la transition, pour montrer à la communauté internationale la bonne foi du CNDD d’aller vers les élections. Il s’agit de la commission ad hoc et du Conseil national de la transition (CNT). La première structure déjà mise en place, composée de 22 membres doit en dix jours évaluer la transition. Dadis se félicite du fait de n’avoir que deux représentants du CNDD au sein de cette commission. Ceci, a-t-il affirmé, pour éviter d’être encombrant.


Par rapport à la deuxième structure ou le CNT dont on traîne encore la création, le n°1 de la junte a profité de l’occasion, sans livrer le contenu, pour brandir sa proposition. Qui, estime-t-il, doit d’abord être soumise à l’approbation des forces vives avant d’en faire copie à la communauté internationale pour témoignage. Ce CNT aura comme principal rôle de toiletter la Constitution guinéenne, pourvu que cette fois-ci le peuple puisse s’y reconnaître. Et que cette nouvelle Constitution puisse permettre la tenue d’élections libres et crédibles, acceptées par tous. Une responsabilité que doit assumer le CNDD pour marquer positivement l’histoire de la Guinée. Conscient donc de la lourdeur de sa tâche, Dadis, avec un air très plaintif, se dit être entre « le marteau et l’enclume ». Toutefois, il promet d’augmenter le nombre de 15 éléments des forces vives devant appartenir au CNT à 30 ou 35 membres.

 

Par ailleurs, Dadis saisira l’occasion pour partager l’information sur la prétendue agression qui se préparerait au niveau de Foya et de nos frontières avec le Sénégal et la Guinée Bissau. Le jeune capitaine indique que tout ennemi  qui s’hasardera à attaquer la Guinée sera réprimé avec la dernière énergie. Il menace, en prenant cette fois ci le groupe de contact en témoin, de poursuivre  tout journaliste, leader politique ou citoyen qui fera de son objet de discussion le fameux communiqué sur les menaces d’agression.

Il reviendra aussi sur le slogan « Dadis ou la mort » du secrétaire permanent du CNDD, qui suscite encore  de beaucoup de réactions. Pour Dadis, les gens donnent des interprétations fallacieuses à cette déclaration. Sinon, qu’elle n’a rien de politique. Aussi, le président demande aux forces vives de laver le linge sale avec le commandant Moussa Keita. Parce que, pratiquement, depuis la nomination de ce dernier le courant n’est jamais passé avec les forces vives, qui l’ont toujours considéré comme un élément trop  ‘’dangereux’’ pour le processus de la transition.

 

Au nom des forces vives, Hadja Rabiatou Serah Diallo prendra la parole, après ce laïus de Dadis, pour dénoncer les incongruités et incohérences faites par les nouvelles autorités. Elle s’est réjouie d’abord de la volonté exprimée par le président pour la mise sur pied du CNT. Pour Hadja Rabiatou, mieux vaut tard que jamais. La dame de fer estime que malgré ce retard sur la création du CNT, s’il y a une volonté politique affichée rien ne peut empêcher la tenue des élections en fin 2009. Revenant ensuite sur les incongruités, elle parlera de la restriction des activités politiques. Notamment le cas de l’UFDG et la descente musclée des militaires au siège de l’UDG où des militants ont été arrêtés et qui croupiraient encore en prison.

 

En réponse à cette inquiétude des forces vives, le président tout en exprimant son regret, demandera pardon pour ces actes regrettables. Mais il déplore aussi que tout cela soit dû au manque de dialogue. Et qui, selon lui, est imputable aux leaders politiques. Parce que, affirme-t-il, au lieu d’aller le voir en pareille circonstance, ceux-ci préfèrent plutôt garder le silence. Dadis promet toutefois de faire libérer les militants arrêtés.    

 

S’exprimant au nom du Groupe international de contact, le commissaire Ramtane Lamamra, exhorte les nouvelles autorités à instaurer un dialogue permanent avec les forces vives. Selon M. Lamamra, le dialogue est la clé qui peut ouvrir la porte à une transition apaisée. De son avis, la solution guinéenne doit provenir de la Guinée, à défaut, de l’Afrique. Et en tant que structure de veille et d’appui au processus, il dira que la communauté internationale se réjouit de cette rencontre et souhaite que les engagements pris soient respectés. Et d’ajouter enfin que la communauté internationale accompagnera la Guinée pour l’atteinte de ces objectifs.

 

Cette rencontre a été presque parfaite d’autant plus que pour une première, on n’a pas assisté à un spectacle Dadis. Le chef de la junte a su manœuvrer la gaine de la grenade sans qu’elle n’explose. Il sort un nouveau style de dialogue teinté d’une sérénité édifiante. Sagesse politique ou piège tendu de Dadis ? Wait and see.

 

Samory Keita
Démocrate, partenaire.de
www.guineeactu.com     

Dans le but de se servir d’eux comme émissaires auprès des institutions de Breton Wood, Dadis s’alarme devant ses hôtes sur les conditions salariales des fonctionnaires guinéens. Il explique que la Guinée souffre et que ses fonctionnaires sont de nos jours les plus mal payés du continent. Dû au fait de la bassesse des salaires. Or, selon Dadis, c’est bon de parler de la démocratie, mais que cela soit dans l’aisance. C’est pourquoi, affirme-t-il, que la Banque Mondiale, le FMI et d’autres bailleurs doivent examiner de près le cas de la Guinée pour voler au secours de son peuple.

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011