Le président par intérim de la junte, le général Sékouba Konaté aurait eu l’idée géniale de réintégrer les officiers qui avaient trempé dans la mutinerie des 2 et 3 février 1996. Mais des critères doivent prévaloir dans le choix des hommes à réintégrer dans les rangs. Critères auxquels ne répondraient pas cependant certains anciens mutins comme le commandant Yaya Sow.
Le général Sékouba Konaté, président par intérim du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a tendu la perche aux mutins de l’insurrection qui a éclaté dans les casernes les 2 et 3 février 1996.
Une mutinerie qui avait mis le régime de Lansana Conté à rude épreuve. Selon nos informations, au départ n’étaient concernés par cette mesure de clémence que les officiers mutins n’ayant fait l’objet d’aucune condamnation. Ce qui de facto excluait les commandants Gbago Zoumanigui, Kader Doumbouya, Yaya Sow.
Mais, la junte aurait décidé de revoir les choses en élargissant l’éventail à ces officiers considérés comme les cerveaux du complot qui visait à renverser le général Lansana Conté. Toutefois, il y a un hic malgré ça, du fait que parmi ces officiers, certains ne répondaient plus à l’autre critère exigé pour être réintégré dans les rangs de la grande muette. Il s’agit en effet de l’aptitude sur le plan physique. Concernant le commandant Yaya Sow, ancien patron de l’artillerie du camp Alpha Yaya Diallo, par exemple, il souffrirait d’un problème de vision. Ce qui serait un handicap pour être repris. Bien que des sources proches de l’officier indiquent que le commandant Yaya a été coopté par la mission des Nations Unies, chargée de restructurer l’armée guinéenne. Car cet homme doué dans le métier des armes, dispose d’une expertise capable d’aider la mission dans son travail. Quant au commandant Kader Doumbouya, il serait toujours au PM3 sans qu’on ne sache ce qui lui est reproché. Interpellé l’année dernière par la junte, le commandant Kader Doumbouya, qui a dirigé le BASP avant la mutinerie de 1996 fait aussi partie de ce qui reste de l’élite de l’armée guinéenne.
L’autre membre du trio, le commandant Gbago Zoumanigui, le seul à avoir échappé à la prison pour avoir pris la poudre d’escampette, après le bombardement du palais des Nations Unies, est revenu au bercail à la faveur de l’avènement du CNDD au pouvoir le 23 décembre 2008.
Depuis son retour, celui qui a été condamné par contumace, cultive la discrétion. Un autre officier qui s’était révélé à la face du monde lors de cette insurrection, a lui choisi de vivre loin de la capitale, l’adjudant-chef Naroumba Camara, dont il est question se trouverait dans sa ville natale, à Kouroussa. Il y mènerait une vie tranquille à la tête d’une société de gardiennage.
Après avoir inspiré la peur aux yeux de la junte, au départ, voilà que les acteurs de la mutinerie des 2 et 3 février 1996 reviennent petit à petit dans les grâces du général Konaté. C’est du moins l’impression qui se dégage de ce projet de réhabilitation des mutins.
D.B.
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com