jeudi 27 novembre 2008
Réforme de la Fonction publique : Quand l’administration guinéenne tente de se réinventer
Makalé Traoré

Le Forum national sur la réforme de l’administration guinéenne, tenu du 17 au 19 novembre, a abouti à des recommandations audacieuses. Cependant, la ministre de la Réforme administrative et de la Fonction publique le Dr Makalé Traoré est convaincue que leur mise en application risque de butter contre des ‘’intérêts particuliers’’.

Le Forum national sur la réforme de la Fonction publique a clos ses travaux sur une série de recommandations dont l’application à court, moyen et long terme devrait sortir l’administration guinéenne de sa très longue léthargie. Tenues du 17 au 19 novembre dans un complexe hôtelier de la capitale guinéenne, Conakry, ces assises ont battu le rappel de nombreux cadres guinéens relevant de différents départements ministériels, des dizaines de gouverneurs et préfets, des acteurs sociaux, des partenaires au développement… Intitulé « une vision partagée pour une réforme administrative apaisée », ce forum a passé au crible des questions majeures comme la problématique de l’approche genre et développement dans la Fonction publique, le renforcement des capacités humaines et institutionnelles de la Fonction publique, la réforme de l’administration centrale et territoriale, la bonne gouvernance administrative, le travail décent et la protection sociale pour tous. Des sujets brûlants dont on constate qu’ils sont encore des problèmes entiers auxquels le ministère de la Réforme administrative et de la Fonction publique doit s’attaquer de front. Les recommandations issues de ces trois jours d’échanges balisent un chantier vaste et périlleux.

Ainsi, il est prévu à court terme, entre autres, la réalisation d’études en vue de la mise en œuvre d’un programme national de renforcement des capacités institutionnelles et humaines, l’établissement de cartes biométriques d’identification des fonctionnaires à travers une campagne d’enrôlement. Dans le même sillage, il est fait état de l’informatisation et la mise en réseau des données de la Fonction publique, la réhabilitation des archives locales de la Fonction publique saccagées en janvier-février 2007, la revalorisation des allocations familiales, le renforcement des capacités de leadership féminin. Les réformes à mettre en œuvre à moyen terme portent entre autres, sur la construction de l’Ecole nationale d’administration, l’instauration d’un système d’évaluation et d’incitation à la performance, la création d’un plan de carrière, la production d’un Code de bonne conduite des travailleurs et la meilleure rémunération des élus locaux. Le Forum a inscrit au titre des recommandations à long terme, entre autres, la mise en place d’un mécanisme permanent de dialogue assorti de l’adoption d’une charte nationale, l’émission d’un Code d’assistance sociale, l’accroissement de 27 à 37% du taux d’accès des femmes à la Fonction publique, la décentralisation des actes de gestion au niveau de l’administration territoriale, etc.

Cette avalanche des décisions ayant sanctionné le forum national sur la Réforme administrative a fait l’objet d’un débat le vendredi 21 novembre dernier, entre la ministre de la Réforme administrative et de la Fonction publique et la presse nationale. Le Dr Makalé Traoré avait à ses côtés les cadres de son département, le responsable chargé de la bonne gouvernance au projet Faisons Ensemble. Et grande première, deux anciens ministres M. Lamine Camara et Mariama Déo Baldé respectivement président et la Vice présidente de la Commission d’organisation dudit forum. La ministre de la Réforme administrative a dit sa détermination à promouvoir une Fonction publique locale pour rapprocher davantage l’administration des administrés. Pour cela, Dr Makalé Traoré a reconnu qu’il y a du chemin à faire encore notamment en matière de traitement des dossiers de l’administration guinéenne. « Par exemple, au niveau de mon département, on ne répond presque pas aux courriers. Mais je vous promets que ça va changer », assure-t-elle. Cependant, la ministre est consciente des difficultés qui jalonnent la mise en route de cette réforme administrative car, lâche-t-elle, ‘’les réformes sont souvent très impopulaires’’. L’assainissement du fichier de la Fonction publique est l’un des chantiers prioritaires du département du Dr Makalé Traoré qui promet de le nettoyer au fur et à mesure. « Les 7000 enseignants bloqués récemment l’ont été dans le cadre de cette opération d’assainissement », a-t-elle précisé au passage. L’instauration des cartes biométriques d’identification des fonctionnaires est présentée comme un moyen qui devrait permettre d’assainir ce fichier qui renferme trop de fonctionnaires fictifs. Répondant à la question sur la disponibilité des cadres de son département à s’impliquer positivement dans la mise en application des ces recommandations, la ministre estime que « mon personnel ne devrait pas vous inquiéter. La question est de savoir si les réformes à engager seront acceptées lorsque les intérêts particuliers seront touchés », a conclu le Dr Makalé Traoré.

A signaler qu’un comité de suivi qui devra concocter un programme précis de mise en œuvre des différentes recommandations de ce forum.

Talibé Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
BANGALY TRAORE, jeudi 27 novembre 2008
TOUTE l`activite de l`etat,sert a la realisation durable du bien commun,dont il tire sa justification et sa signification.IL en resulte que le pouvoir politique a le devoir de servir,les interets de tous les citoyens sans favoritisme a l`egard de tel particulier ou de telle classe de la societe.L`administration dans notre pays est exerce dans l`interet d`une famille,d`un groupe,d`un clan,d`une caste d`ou le regne de la corruption et de l`injustice.On doit encore se rendre a l`idee que notre administration est nul.car l`Etat n`exsite pas selon notre oncle Makanera ibrahima sory le juriste.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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