mercredi 16 janvier 2008
Réactions après la suspension de l’avis de grève le 9 janvier dernier

Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Secrétaire générale de la  CNTG : «Ce sont des sentiments de joie qui m’animent »

«  Ce sont des sentiments de joie qui m’animent. Car le changement, c’est quoi ? C’est le changement de mentalité. Le changement de méthode de travail. C’est le protocole d’accords qui est violé. Mais quand vous donnez des engagements, ces engagements équivalent à une loi. Donc, aujourd’hui, ce que nous avons fait tend à cela. C’est ça la responsabilité des guinéens aussi. Nous n’avons rien perdu. Nous n’avons pas regretté de remettre cet avis de grève parce que, il faut le reconnaître que sans cet avis de grève, on n’allait pas réveiller la conscience des uns et des autres, on n’allait pas être autour d’une table de négociation, ni comprendre que le protocole est violé et on allait marcher dans l’anarchie. Nous savons que le mal qui sévit au sommet de l’Etat, a une répercussion négative sur la population. Vous avez entendu des pauvres s’interroger sur cette grève. Les garanties aujourd’hui obtenues  vous avez vu non seulement les Institutions Républicaines ont participé à ces concertations, mais la société civile, les religieux, les coordinations, le gouvernement, les syndicats aussi. Donc nous tous, nous allons mettre une structure qui avait manqué aussi aux accords de 2007 qui va faire l’évaluation et le suivi des ces accords. C’est dans cette structure qu’on va mettre toutes les sensibilités. C’est-à-dire les syndicats, les partis politiques, la société civile, le gouvernement, les Institutions Républicaines. Il y aura aussi une 2ème structure appelée structure de veille, composée de religieux, par ce qu’eux n’ont pas de couleur. Ils seront là pour défendre et dire la vérité à qui de droit. Avec les autres structures c’est une garantie pour nous et dès demain le travail va commencer. Nous allons établir un calendrier de travail pour tout ce suivi, pour qu’on voit et examine le protocole point par point. Voir ce qui était fait et ce qui ne l’était pas. »

 Docteur Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’USTG : « Désormais, l’Intercentrale sait qu’elle a en face un cadre permanent de concertation »

 Docteur Ibrahima Fofana, secrétaire général de l’USTG : « Désormais, l’Intercentrale sait qu’elle a en face un cadre permanent de concertation »

« Je ressens un sentiment de responsabilité face à une situation devant laquelle le mouvement syndical est intéressé. Nous avons accompli un devoir, celui d’attirer l’attention des uns et des autres sur le fait que quand on s’engage à travers des accords pour sortir d’une crise, dans le cadre du maintien de la paix et de la stabilité dans notre pays, il est important que toutes les parties respectent leurs engagements par rapport à ces accords. Et dans la mesure où les accords du 27 janvier 2007 ont été violés de façon répétée, c’est dans ce cadre que nous avons lancé l’avis de grève. Et l’expérience a montré que c’est l’avis de grève dans notre pays, qui mobilise tout le monde, autour d’une table, pour un véritable dialogue. C’est le premier aspect positif de l’avis de grève que nous avons déposé. Le deuxième aspect, c’est que, on a mis en place ce qui n’existait pas avant et qui a fait défaut. C’est-à-dire un cadre permanent de dialogue, de concertation au tour des difficultés liées à l’application des accords qu’on a signés. On a laissé chaque partie se débrouiller ; l’incompréhension s’est installée et voilà les conséquences, le blocage que nous sommes en train de vivre actuellement. Désormais, l’Intercentrale sait qu’elle a en face un cadre permanent de concertation avec toutes ses parties concernées. La société civile, les partis politiques, les institutions républicaines, le patronat guinéen, la structure de veille ; les religieux pour faire en sorte qu’au fur et à mesure, on suive l’application exacte des accords signés.

Quand il y a difficultés, on attire l’attention des techniciens là-dessus afin qu’une solution soit trouvée. Donc, c’est un accord qui va mettre fin à une certaine léthargie qu’on a constatée dans le suivi des accords signés en Guinée. La lutte syndicale et la lutte politique peuvent avoir des interférences. Mais il n’est pas obligatoire que nous, en tant que mouvement syndical, on engage une action, il faut qu’on se réfère aux partis politiques. Chacun a ses prérogatives, ses objectifs, ses activités et les mène de façon indépendante. C’est pourquoi, quand on a engagé la fin de la grève, cette fois-ci, on n’a pas pu  réunir des partenaires pour en parler. Dans la mesure où, ce sont des accords qui ont été signés. On n’est pas en train de revendiquer  on est en train de déguiser l’application des accords que nous avons signés. Et les mouvements des partis politiques n’étaient pas signataires. Encore là nous, nous n’avons pas jugé utile ou obligatoire de les concerter. Mais il faut retenir que, désormais  les acteurs politiques vont être intégrés dans cette consultation nationale pour que, à l’unisson, on puisse analyser  les problèmes de la Nation et trouver des solutions dans le cadre du maintien de la paix, de la stabilité dont la Guinée a besoin pour attirer les investisseurs, faire en sorte que les bons projets qui sont annoncés aujourd’hui en Guinée puissent être mis en oeuvre dans l’intérêt National. Des rencontres sont prévues avec le président à partir du moment où on a mis un comité permanent de concertation, d’évaluation, d’applicabilité, naturellement, quand il y a blocage au niveau du chef de l’Etat, le comité cherche à le rencontrer. Ce qui n’était jamais fait encore en Guinée. C’est une opportunité pour utiliser ce pont là qui existe entre les institutions de la république et le Président de la République pour qu’ensemble nous puissions prévoir les cas de blocage ou trouver les solutions au blocage dans le cadre du consensus. »

 Elhadj Youssouf Diallo, Président du  Conseil National du Patronat Guinéen (CNPG): « Nous veillerons de notre côté pour que le comité de suivi fonctionne normalement »

 Elhadj Youssouf Diallo, Président du  Conseil National du Patronat Guinéen (CNPG): « Nous veillerons de notre côté pour que le comité de suivi fonctionne normalement »

« Nous avons failli rentrer dans une crise mais l’esprit civique et le sens élevé de responsabilité de tous ceux qui étaient autour de cette table, le sens civique a prévalu. Ceci nous a évité une seconde crise en l’espace de 12 mois. On peut saluer et remercier l’Intercentrale pour sa compréhension. Remercier les institutions Républicaines pour tous les efforts qu’elles n’ont cessé de déployer depuis le lancement de cet avis de grève, mais aussi, remercier et féliciter le Conseil Chrétien et l’Imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry pour les efforts déployés, en vue d’apaiser vers une sortie heureuse de la crise. Nous, nous veillerons de notre côté pour que le comité de suivi fonctionne normalement. Nous allons y jouer pleinement notre rôle pour que ces accords soient respectés. Et l’espoir est permis avec ces accords, que les revendications seront satisfaites. »

 Mgr Albert Gomez, Président du Conseil Chrétien de Guinée : « Les Guinéens ont montré qu’ils peuvent être responsables de leur destin »

 Mgr Albert Gomez, Président du Conseil Chrétien de Guinée : « Les Guinéens ont montré qu’ils peuvent être responsables de leur destin »

«  C’est un sentiment de satisfaction simplement. Par ce que, comme par le passé, les Guinéens ont montré qu’ils peuvent être responsables de leur destin. Ce problème a été résolu entre guinéens  par l’intervention des différentes composantes de la société. Deuxièmement en mentalité de religieux, Dieu aime la Guinée. Il y a toujours la main de Dieu. Quoi qu’on dise, il y a la main de Dieu là dedans, parce que la déclaration a été lue 5 minutes avant la date butoir. Ce n’est pas un hasard que cela puisse se faire. Donc, il faudrait que nous reconnaissions qu’il y a quelque chose de plus grand que nous. Il y a donc un problème de responsabilité et de sincérité dans la démarche. Il y a un comité de suivi et une structure de veille. Nous, nous sommes dans la seconde, puisqu’il faut séparer le temporel du spirituel. S’il y a un grain de sable dans le mécanisme de suivi, de l’incompréhension, tout de suite, les religieux viennent à la rescousse. C’est pour cela que les confessions religieuses ne font pas expressément partie du comité de suivi. Nous, nous sommes une structure de veille. »

 Louis Bemba Soumah du SLECG : « Chacun a pris conscience qu’il faille se faire confiance d’abord entre nous Guinéens »

 Louis Bemba Soumah du SLECG : « Chacun a pris conscience qu’il faille se faire confiance d’abord entre nous Guinéens »

« Mes sentiments sont peut être pas mitigés, mais sont des sentiments de  satisfaction. Compte tenu du fait quand même que nous avons remué tout le pays et nous avons remis tout en ordre. Par ce que si nous n’avions pas agit de la sorte, je crois que tout le monde n’allait pas se lever de cette façon pour prendre nos problèmes à bras-le-corps. Quand bien même, il n’y a pas eu de grève, mais ça eu une grande importance compte tenu du fait que ça a fait en sorte que les autorités ont pris conscience de nos revendications pour en tenir compte. Prochainement, nos revendications seront satisfaites, par ce que maintenant chacun a pris conscience qu’il faille se faire confiance d’abord entre nous guinéens. Et que dorénavant, il va falloir que l’on se donne la main pour que ce pays aille mieux. Donc, je suis confiant du fait que les autorités ont pris conscience de tout cela et je crois que tout va se passer pour le meilleur des mondes. Si cela n’est pas respecté, nous sommes en droit de reprendre la grève. »

 M. Doura Chérif, Conseiller à la présidence de la République : « Le comité va continuer à fonctionner dans l’intérêt de la paix civile »

 M. Doura Chérif, Conseiller à la présidence de la République : « Le comité va continuer à fonctionner dans l’intérêt de la paix civile »

«  Ce sont des sentiments de satisfaction qui m’animent aujourd’hui. Des sentiments de satisfaction parce que les Institutions Républicaines qui ont réussi à résoudre ce problème. J’en suis personnellement honoré par ce que je suis conseillé chargé des relations avec Institutions Républicaines à la présidence de la République. Ma satisfaction est d’autant plus grande que nous sommes sûrs que les évènements regrettables que nous avons connus l’année dernière, ses pertes en vies humaines, ses casses d’immeubles, ses casses de voitures, ses incendies qu’on a subis l’année dernière ont été évités cette année par la maturité aussi bien des syndicalistes que de tous les participants à cette rencontre. Les concessions accordées, ce qu’il y a un comité de suivi qui a été mis en place. Ce comité va continuer à travailler par ce qu’on ne pouvait pas aujourd’hui lever le mot d’ordre de grève et résoudre tous les problèmes subséquents. Donc ce comité va continuer à fonctionner dans l’intérêt de la paix civile. »

 Malick Sankhon, Gouverneur de Conakry : « C’est le peuple de Guinée qui a gagné »

 Malick Sankhon, Gouverneur de Conakry : « C’est le peuple de Guinée qui a gagné »

« Je n’ai que des sentiments de soulagement. Le mot d’ordre de grève étant levé, le travail va continuer. Les guinéens avaient retenu leur souffle et je pense que tout le monde va respirer maintenant. Les concertations vont continuer, le dialogue va se poursuivre. C’est le peuple de Guinée qui a gagné. Il n’y a aucune chance que ces accords échouent. »

Propos recueillis par Mamadou Siré Diallo

Source : Journal Le Démocrate, Conakry, partenaire de guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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