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A lire l’article de M. Sidoux, notre première réaction fut de penser : soit il a en trop dit ou pas suffisamment. En effet, son article est plutôt sibyllin à notre avis dans la mesure où notre entendement ("limité" pour certains) de son intervention – passez-nous l’expression – nous en a bouché un trou ; et c’est le moins que nous puissions dire. Nous perdons nos repères, connaissant ou du moins croyant connaître la position de l’auteur sur notre passé politique. Le langage (même écrit) étant source de malentendu, il serait utile que M. Sidoux accepte d’élaborer un peu plus sa pensée et ses solutions. Notre grand frère, pour justifier l’échec de notre développement, a trouvé la France et l’Union Soviétique comme parfaits bouc émissaires : notre Père de l’indépendance sous l’influence de l’excitation ne savait donc pas ce qu’il faisait et les conséquences de ses paroles et actes ? Pourtant il est sensé avoir "pratiqué" les colons et par conséquent connaître leur mentalité et sensibilités. N’est-ce pas cela aussi être un bon politique ? C’est une faute politique lourde d’avoir pris des risques sans être préparé aux représailles. Citons encore une fois (ça peut être barbant pour certains) notre idole, Nelson Mandela, à sa libération et son intronisation à la présidence de la République : il aurait pu être revanchard et amer mais il a su transcender ses sentiments personnels pour ne voir que l’intérêt de la nation. Tout acte et échec en politique est justifiable selon une perspective subjectivement biaisée : l’actualité le démontre tous les jours, de la guerre de l’Irak aux raisons invoquées par Mugabe ou Israël pour conserver le statu quo. Pour ceux qui observent un peu la Politique : quand tout va bien, les gouvernants s’attribuent toujours les mérites mais quand ça va mal, c’est toujours exogène (c’est la faute de l’étranger). C’est classique ! Pour finir sur ce point : lorsqu’un homme politique choisit une option, il doit l’assumer devant les autres hommes et Dieu ! Ceci dit, nous n’avons pas non plus compris (désolé, nous serions limité selon certains) le message qu’il a voulu nous faire passer en relatant sa perception et des sentiments personnels lors de sa rencontre avec la fille de Sékou Touré. Personnellement, nous ne voyons aucune relation que cela peut avoir avec la politique car autant que nous sachions cette dame n’est que la fille de son Père, pas un acteur politique en tout cas, pas encore : elle ou sa famille n’ont aucun compte à rendre sur le passé politique de la Guinée ; ils n’ont exercé aucun pouvoir. De ce fait, quel que soit son caractère personnel et son affabilité (tout comme était son Père d’ailleurs), ceci relève pour nous de l’anecdote car cela n’a aucun impact sur nos griefs dirigés vers un groupe bien ciblé dont elle ne fait pas partie, bien sûr. A notre humble avis, voilà où la confusion et l’amalgame commencent : volontairement ou pour des raisons historiques qui m’échappent, nous avons tendance à confondre inconsciemment l’homme politique avec sa famille puis avec son origine ethnique. Pourquoi et dans quel intérêt même l’intelligentsia se prête-t-elle à ce non-sens et manipulation? Les parents, a fortiori l’ethnie d’un individu, ne peuvent être mis en cause pour les actes d’une personne, autrement nous serions tous des persécutés depuis longtemps et la vie serait impossible. Pourquoi une telle Lapalissade continue-t-elle de nous diviser ? Cela dépasse tout entendement ! Quant à l’état de paupérisation de nos populations que vous relatez à travers un témoignage : est-ce un fait nouveau, une continuité ou un mal en pis ? En tenant compte des différents contextes. Finalement, M. Sidoux, si nous comprenons bien, vous voulez suggérer (peut-être) une troisième voie qui serait ni anti-Sékou, ni pro-Sékou mais "compréhensif". Car la neutralité concernant notre Père de l’indépendance ne peut être sincère pour quiconque a subit directement ou non sa politique : c’est devenu une histoire "d’amour" passionnel ; et tout le monde le sait, ça finit très souvent de façon tragique. M. Sidoux, vous devez éclairer nos lanternes, s’il vous plait. Ibrahima Diallo - "Ollaid", Londres, UK pour www.guineeactu.com PS : M. Sidoux me connaît depuis mon enfance et il est parmi ceux qui comprennent le mieux mes motivations et par conséquence ma réaction.
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