|
Mes chères sœurs et frères, on parle en votre nom : « Appel aux ressortissants de le Moyenne Guinée ».
L’auteur de cet article sur le un site web guinéen nous dit qu’il réagit à un article de monsieur Ibrahima Sory BARRY qui intitule son écrit : L’exclusion politique de notre région par les groupes militaires qui ont pris le pouvoir.
Monsieur l’auteur de cet appel, mon attention a été attirée par beaucoup de Guinéens qui ne se sont pas reconnus à travers votre réaction et moins encore à travers le texte auquel vous avez fait allusion. Si d’une façon générale les régions sont des découpages politico administratifs dans la plupart des pays, en Guinée la région est une réalité naturelle ; c’est pour cela que parlons des quatre régions naturelles de la Guinée. La Moyenne Guinée est la partie de notre pays qui se trouve entre la région côtière (Basse Guinée) et la Haute Guinée région des savanes arbustives. La Moyenne Guinée c’est cette magnifique région montagnarde où les cours d’eaux et les cascades se disputent la beauté et la richesse.
Sur un plan humain, la région de la Moyenne Guinée est le centre des brassages de la majorité des ethnies qui composent ce pays. Ces premiers habitants furent les Baga, après les Mikiforè, Sosso, Djalonké, Peulh et progressivement elle est devenue le bassin de l’inter culturalité de notre pays.
Monsieur, puisque vous n’êtes pas reconnaissable derrière votre appel, force est de constater que vous ne connaissez pas l’histoire de la Moyenne Guinée.
C’est ce que j’appelle l’ignorance méthodique : il consiste à utiliser des subterfuges, ou des verbiages prudhommesques pour faire passer des choses que l’on ne sait pas ou que l’on ne sait que très peu.
Faire appel aux ressortissants de la Moyenne Guinée, c’est faire appel à 80% de la population guinéenne et leur demander de ne pas participer aux grandes réformes qui sont nécessaires pour débarrasser ce pays de la délinquance fiscale, de la prostitution, de la corruption et de l’immoralité, c’est de la déconfiture. La Moyenne Guinée est à ce titre, l’une des plus grandes forces dont notre pays a besoin pour atteindre ses objectifs collectifs de bonheur ensemble.
Il n’y a pas eu d’exclusion politique de la région de la Moyenne Guinée par les militaires, c’est la suspension de tous les partis et des institutions républicaines. Ne faites pas de la Moyenne Guinée un sujet de division et de discorde. Aujourd’hui, il n’existe que deux camps en Guinée : le camp des bons qui représente l’ensemble du peuple abusé, souffrant et dont les manifestations se sont toujours terminées dans le sang et l’humiliation, et le camp des mauvais qui sont responsables de la gabegie financière et de toutes les tueries dont nous avons été victimes collectivement. Entre ces deux camps, il y a aujourd’hui une armée qui nous promet le redressement. Le camp des mauvais est en nombre très faible, il est peut-être composé de deux cents peut être de trois cents personnes. Qu’elles soient aujourd’hui des anciens très hauts gradés de l’armée ou des hauts fonctionnaires de l’Etat, ou encore des responsables de partis politiques, ils sont simplement des mauvais et ils doivent rendre des comptes au peuple. Les audits doivent se poursuivre, les Guinéens tous confondus, doivent savoir ce qui s’est passé dans ce pays depuis des décennies. Aujourd’hui, oublions que nous sommes Malinké, Peulh, Guerzé, Mano ou Soussou pour ne citer que cela ; perdons ces identités qui ne nous ont jamais servis et devenons uniquement des Guinéens. Exigeons de nos frères indélicats qui nous ont affamés de nous rendre la chose commune.
Donnons la chance aux militaires pour nous débarrasser de la gangrène qui paralyse notre pays. Les criminels qui ont assoiffé ce peuple n’agissaient au nom d’aucune région ni d’aucune ethnie. C’était une organisation mafieuse dont la tête de pont était le président de la république. Malade, il s’était fait entouré de son clan et des cadres prédateurs de nos richesses. Ne voyez pas en eux des peulhs ou des malinkés, moins encore des soussous ou kissi, et j’en passe les meilleurs. Ils sont tous des prédateurs en tout cas à nos yeux, et cela, jusqu’aux résultats des audits. Ils sont les accusés de tout un peuple. Un proverbe malinké dit : « Si une chèvre terrasse une autre chèvre, c’est que la première avait les fesses contre un mur ». Je veux comprendre comment certains cadres de ce pays sont incapables de s’acheter un sac de riz par mois pour nourrir leur famille au moment où d’autres sont toujours dans les grands hôtels de Paris ou d’ailleurs avec leurs nombreuses suites.
Laissons les militaires pratiquer un nettoyage et je pense vraiment, qu’ils laisseront à la postérité une Guinée nouvelle où il fera bon de vivre dans l’harmonie et la démocratie.
Moussa Kanté pour www.guineeactu.com
|