lundi 11 février 2008
Rapport d’étape des audits : Le gouvernement voudrait-il faire des omelettes sans casser des œufs ?
Lansana Kouyaté

Dans son compte rendu du 06 février 2008, le conseil des ministres, entres autres points portés à la connaissance des citoyens, a fait une communication relative au rapport d’étape sur les audits des départements ministériels, secrétariats généraux et autres services publics.

Sur les 29 rapports d’audits attendus, 27 ont fait l’objet d’analyse et de synthèse, selon la teneur de la communication. Ces précisions ont été données par le ministre du contrôle économique et financier, de l’éthique et de la transparence devant le conseil. Pour ce qui est des 27 rapports déjà disponibles, il y a lieu de souligner qu’ils ne couvrent que la période allant  de 2006 inclus au premier trimestre  2007 inclus. Aussi, serait-on curieux de savoir pourquoi les années antérieures à cette période n’ont pas été couvertes, d’autant que c’est depuis 2002 que les défaillances dans la gestion financière, avec tout ce qu’elles ont généré comme gabegie et autres concussions au détriment de l’Etat, ont atteint leur point culminant. Serait-on devant une entreprise sélective qui semble répondre à des objectifs bien précis, vouer aux gémonies l’équipe précédente, pour voiler les maladresses déjà enregistrées dans la mission assignée au gouvernement Kouyaté, depuis bientôt une année, sans qu’un quelconque bilan n’en soit porté à la connaissance des citoyens ?

Pour la question à l’ordre du jour, des résultats globaux auraient déjà été notés, dont un montant de plus de 200 milliards de francs (encore un montant qui manque de précisions, le cas n’étant ni hypothétique, ni probabilité), qui serait constitué essentiellement, selon la communication livrée, :

  • de déficits de gestion

  • de bons de caisse ; de recettes perçues et non versées au trésor

  • de paiements pour des travaux non faits ;  de dépenses effectuées sans pièces justificatives ; de dépenses sans destinations finales établies, de sous- évaluation de recettes, de dépenses non éligibles.

Comme l’on peut le constater, toutes ces qualifications laissent autant de flou sur le rapport d’étape, qu’elles ne répondent à aucun vocable juridique pouvant permettre d’apprécier les préjudices causés à l’Etat, en terme de faits passibles de poursuites judiciaires. Peut-être aurait-on voulu avoir une autre perception des faits, plus qu’en attendraient les citoyens impatients de savoir jusqu’où peut aller le gouvernement dans sa volonté de tirer les choses au clair, comme déjà annoncé, même s’il prévient les « va-t-en guerre » sur le fait qu’il ne s’agira aucunement d’une chasse aux sorcières ? S’agirait-il, tout au moins, de les identifier, pour en avoir le cœur net ?

Le gouvernement se propose, après que les deux rapports en instance de conclusion seront déposés à son niveau, de porter à la connaissance des institutions républicaines et des partenaires sociaux (syndicats, patronat, société civile), la synthèse générale des audits, avant d’en faire la publication au niveau de la presse, et cela, avant le déclenchement des procédures de recouvrement des sommes et des bien compromis. Si encore là, l’on se refuse de parler de sommes volées à l’Etat, c’est peut-être pour attribuer toute autre signification aux délits que les qualificatifs juridiques qui en ressortiraient la gravité. Pourquoi soumettre, tout d’abord, la synthèse des rapports aux institutions républicaines et aux partenaires sociaux, avant d’en informer les citoyens qui demeurent, pourtant, les victimes tout désignées de ces préjudices causés à l’Etat ? Voudrait-on entourer les résultats des rapports d’audits d’un certain mystère, pour éviter aux  coupables d’être désignés à la vindicte publique, ou ferait-on acte d’humilité pour préserver la paix sociale, après que l’on se sera réjoui d’identifier les sorciers, pour  satisfaction à une certaine exigence ?  

Tout laisse à croire que le gouvernement semble faire des omelettes sans casser des œufs. Peut-être, craindrait-il que d’éventuelles poursuites judiciaires contre les présumés auteurs des « sommes et biens compromis », ne génèrent d’autres crises plus difficiles à gérer ? En tout cas, cette première étape qui exprimerait une certaine volonté d’engager des actions plus prestigieuses que productives, s’apparenterait fort  à une bien émouvante parodie dans la Cour des intouchables. Toutes les tentatives du genre, en Guinée, n’ayant abouti qu’à un non-lieu. Le gouvernement ira-t-il jusqu’au bout de l’épreuve ?

Thierno Dayèdio Barry

Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Mamane Kaba, mardi 12 février 2008
NOUS NE VOULONS PAS DE TROP DE COMMENTAIRES. CA SUFFIT MAINTENANT! VIVEMENT LA PUBLICATION DE CET AUDIT DONT TOUT LE MONDE PARLE TANT.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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