lundi 24 janvier 2011
Radioscopie du gouvernement : Gros plan sur les ministères des Sports, de l’Education nationale, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction

Ministère des sports : Confié à Aboubacar Titi Camara, un footballeur qui vient à peine de raccrocher les crampons et un peu gêné dans ses nouvelles entournures de ministre. Il retrouve Michel Dussuyer. Entre les deux il y a une relation de réciprocité qu’il est facile de définir : Le ministre du coach et le coach du ministre.

Peu importe, ce que le nouveau ministre a à faire est connu de tout le monde, mais ce qu’il doit faire est peu connu ou plutôt s’il doit le faire il va se heurter à des lobbies puissants. Cela concerne la redéfinition des statuts des présidents et des clubs. Comment les autres fédérations de football des pays africains qui  tiennent toujours le haut du pavé en Afrique font-elles pour tenir la route ? Comment ces fédérations font-elles pour conserver leurs talents dans leur championnat ? Simplement les critères d’inscription d’adhésion à ces clubs sont-ils plus contraignants et plus exigeants ou les tournois de détection ne sont-ils pas à l’ordre du jour là-bas ? Si on continue à dégarnir le championnat, les chemins des stades seront désertés, l’engouement va s’effriter et aucun sponsor ne mettra les moyens pour développer le football qui n’attire plus grand monde en Guinée. Actuellement, le championnat ne rapporte absolument rien dans les caisses des clubs. L’on est obligé parfois de laisser l’entrée gratuite pour un semblant d’animation. Le niveau du football local est si bas que les amateurs de foot préfèrent rester devant leur poste TV pour regarder les championnats européens. La faible médiatisation au niveau de la TV nationale en dit long sur l’importance accordée dans ce domaine. C’est vrai que les matches du championnat ou de la coupe nationale constituent des exercices de rodage pour les jeunes reporters des radios privées bien décidés  à rendre la vie dure aux anciens de la RTG, en voie de disparition et d’extinction, sans que la relève ne suive véritablement. Les barons se sont tous envolés dans d’autres structures ou occupent des postes à responsabilité qui les éloignent du micro. L’exclusivité dans le sponsoring aussi est un aveuglement qu’il faudrait corriger dans l’urgence.

Les présidents de clubs en Guinée ne sont autre chose que des maquignons, qui ne cherchent qu’à manger leur blé en herbe. Un jeune talent non confirmé au niveau national ne se vend pas, mais se brade. Beaucoup de ces jeunes se perdent sans espoir de retour. On a vu le cas « Yali-Yali » qui en dit long sur la cupidité des autorités et responsables qui ont compromis et pris en otage l’avenir d’un jeune brillant.

En plus le championnat national ambitieux et mal organisé par manque de moyen et aussi par manque de conscience professionnelle des responsables des clubs n’a mené à rien. Trop de clubs. Rien qu’au niveau de Conakry, une petite ville de 2 à 3 millions d’habitants il y a une dizaine de clubs : Dispersion inutile. Combien  de clubs de première division y a-t-il à Paris, à Madrid, à Londres ou ailleurs à Abidjan, à Tunis, au Caire ??

Il faut revoir toutes les licences,  autorisations et agréments. Il n’y a que des personnes qui se servent du football mais qui ne le servent pas. La politique sportive du PDG avait fait vibrer les Guinéens dans ce domaine mais depuis la libéralisation, tout est allé à vau-l’eau. Les matches du 3e arrondissement contre le 5e ressemblaient aux matches ASK-Horoya ou Horoya-ASFAG et autres. De nos jours, même la finale de la coupe nationale n’attire que très peu de monde. Il y a plus de clubs que de terrains de football. Il faut renverser la tendance. Il faudrait une épuration de fond en comble. La Guinée compte 8 gouvernorats. Avec une politique forte, chaque gouvernorat pourrait monter deux équipes. Un championnat regroupé dans chaque région naturelle pour produire un représentant pour la phase finale, comme au temps où la Basse-Guinée, la Moyenne-Guinée, la Haute-Guinée et la Guinée Forestière venaient chacune avec un club en plus des 4 existants à Conakry, la compétition est assurée d’avoir de la qualité. La montée en première division va être une longue et chaude empoignade. Cela, on ne l’apprend à personne. Il s’agit de revoir les copies du passé. Tout y est. On n’invente rien.

Ensuite, si on voit qu’aucun sport ne bouge dans ce pays, et qu’on voit toujours les mêmes visages dans les mêmes structures, la conclusion n’est pas difficile à tirer, mais aussi c’est là que réside le travail difficile du changement que le ministre Titi doit expédier sans état d’âme s’il ne veut pas faire du sur place.  

Enfin, Titi dont le caractère sans concession fait parler de lui en mal. Son ambition démesurée s’est affichée quand il est venu s’introduire avec arrogance et fracas dans la Fédération guinéenne de football sans aucune base, sans aucune référence. Il n’avait que cette réputation de footballeur et capitaine du Syli National au sein duquel il y avait des zizanies fleurissantes qui ont entravé la bonne marche de l’équipe.

Maintenant qu’il est à la tête de ce département, il doit faire appel à toute la modestie et non à l’arrogance qui l’habite. Le football scolaire, le football féminin sont entre des mains maladroites et des cerveaux vides, sans compter le manque de moyens. Quand on sait que l’argent est le nerf de la guerre et du sport, bonne chance !


Le ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle 
: Ce ministère est aussi  en décrépitude que le précédent, sinon plus. Ce qui est grave dans ce cas, c’est que l’on a prétendu que c’est le secteur qui peut résorber une grande partie du chômage des jeunes. La Tunisie vient de sonner l’alarme. A part ce que les états généraux ont déjà accouché, il faut mettre un accent particulier sur la réforme de tous les programmes désuets pour qu’ils soient en adéquation avec les nouvelles méthodes de construction et les nouveaux matériaux mis en œuvre. Aucun matériel didactique n’existe ou n’est à jour. Pour cela, il faut aussi recycler tous les enseignants dépassés et vieillissants. La formation de nouveaux pour la relève est primordiale. Quels partenaires pour quelles spécialités ?

Autre chose, il suffit de faire un tour dans les différents centres de Formation professionnelle pour comprendre que les salles de classe et les logements squattés par les populations font mauvais ménage.

Comme dans tous les domaines de l’éducation nationale, un test d’évaluation chez tous les enseignants est recommandé. Autres problèmes dans l’enseignement Technique et la Formation Professionnelle, et pas des moindres est le perfectionnement professionnel. Aucune société ou entreprise employeuse de main d’œuvre ne contribue à la formation des employés et ne contribuent pas à cette formation. Il faut les impliquer dans cette formation. En outre les stages de perfectionnement doivent être ouverts aux nouveaux diplômés car, comment trouver un diplômé tombé du ciel  qui peut avoir 2 ou 4 ans d’expérience s’il n’effectue aucun stage ou s’il n’exerce pas ? Si on leur ferme les portes des stages, où iront-ils se perfectionner ? On connait aussi le niveau de formation insuffisant dans les écoles techniques ou les centres de formation professionnelle non équipés. Avec le manque d’électricité et d’eau, les résultats de l’an dernier dans la Formation professionnelle où l’on a enregistré plus de 60% d’admis, c’est poudre aux yeux. Voilà encore l’occasion de parler des services examen et concours scolaires. Les généralistes qui composent ces services examens n’ont aucune qualification et compétence dans le choix des sujets d’examen, tant en pratique qu’en théorie. On aimerait voir des professionnels bien exercés, qui puissent orienter les choix parfois inadaptés aux réalités du terrain. L’Enseignement technique et la Formation Professionnelle doivent avoir un service examen indépendant des services examens du pré-universitaire. Il y a eu trop souvent chevauchements et conflits de compétence.

Enfin, pour vraiment une qualification il faut des commissions d’inspection pour évaluer les formateurs et l’exécution des programmes. Aussi et surtout n’est pas correcteur qui le veut. Avec la conjoncture économique du passé, l’on avait tendance à choisir et trier les correcteurs, malheureusement pas pour leur savoir et leurs compétences, mais pour rançonner les médiocres qu’on envoie aux centres de correction, et ironie, certains correcteurs n’étaient pas à mesure de répondre aux questions. Dans ces conditions, comment pourraient-ils procéder à la correction ? On en a vu de toutes les couleurs dans ce domaine. Cela devrait suffire maintenant !


Ministère de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction :
Un gros sac à problèmes. Le CNDD avait fait un feu de paille et s’est trouvé stoppé net à Labé. Les services chargés de récupérer tous les domaines de l’Etat s’étaient heurtés au tollé de Labé. L’on avait mis de l’eau dans le vin en confiant la viande aux hyènes, qui sont les sages et notabilités diverses, tout en connaissant que la base des occupations anarchiques sont ces mêmes notabilités, sages et imams. La récupération des domaines de l’Etat s’est arrêtée là.

Les services spéciaux aussi avaient procédé à des démolitions inconsidérées, et les populations concernées avaient eu l’impression de deux poids, deux mesures. Les corniches et autres étaient restées avec les occupants illégaux chanceux. Ceux qui ont vu leur habitation et commerce détruits n’ont vu aucune mesure de compensation, et certains semblaient dans la légalité en fonction du système de gouvernance, c’est-à-dire avec des documents apparemment en règle. Ce qui va paraitre injuste, c’est que les constructions sont démolies sans que l’Etat qui a ordonné les destructions ne fasse quoi que ce soit et ne mette ces domaines en valeur. C’est comme si l’Etat voulait régler des comptes. Le site de Kaporo-rail est toujours resté en ruine.

On dit que charité bien ordonnée commence par soi-même. Les populations de Ratoma attirent l’attention de Mathurin que la gendarmerie nationale a occupé la ferme de  Kakimbo. Elle prétend y faire un escadron, mais il se fait que cette ferme appartenait au CFP, dit-on. On dit que le domaine est sur une zone réservée à cause de la nappe phréatique et des forages qui alimentent Conakry en eau potable et à cause de la forêt classée de Kakimbo. Il parait que le domaine vient d’être morcelé en parcelles vendables ou distribuées à des individus. Il est temps d’y aller avant que ça ne soit trop tard. C’est de l’usurpation.

Les occupations anarchiques, il y en a en pagaille, c’est le reflet de l’anomie qui était en Guinée. Pour masquer ces occupations illégales, certains ont fait construire une mosquée sur l’emprise des voies publiques. Pour remonter toute cette filière, il faut auditer toutes les mairies depuis les premières communales et communautaires de 94.

Si, le gouvernement veut entrer possession de tous les domaines illégalement cédés, il va devoir prendre des mesures extrêmement impopulaires parce que les occupants illégaux sont légion. Mais comme dit le dicton, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Le gouvernement de Saïd Fofana aura des œufs d’autruche à casser, s’il veut faire une bonne omelette. Le problème est de savoir si, à l’approche des législatives, ces mesures impopulaires vont être appliquées équitablement.

Si la loi est la même pour tous, son application est obligatoire, et à n’importe quel prix.  Il y va de la crédibilité du gouvernement et du changement


Moïse  Sidibé
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Camara, mercredi 26 janvier 2011
Mr Gandhy la vous avez parfaitement raison mais-sachez que sur le plan sportif,en Guinee il n´ya rien a boufe car les Guineens ne connaissent que le football on a pas d´autres sports en Guinee rien que ce foot qui ne va aussi nul part vous le savez bien mon doyen si vous me permetez de vous appele doyen.Bonne journee.
Gandhi, mardi 25 janvier 2011
Mr Camara, ce n`est pas parce qu`un maçon construit de belles maisons qu`on va en faire demain un bon Ministre de l`habitat. Titi était un bon footballeur. Il a apporté à la Guinée, et il peut apporter encore. En revanche Ministre est un autre métier, sauf à considérer que c`est juste un endroit pour "bouffer".
Camara, mardi 25 janvier 2011
A vrai dire, les Guineens sont trop ingrat;et l´ingratitude est toujour regretable,c´est le cas des Guineens.Si Titi est nomme comme ministre des sports qu´es ce qui va se passer, les gens ont deja oublier tout ce que Titi a fait pour ce pays, c´est le cas de ce Tidian qui se dit porototo, un vulgeur inconu qui sabote des gens parcequ´íl est jaloux peut tu me donner seulement un nom qui est plus que Titi comme etan un ministre des sports? a toi Tidian.
Tidiane, mardi 25 janvier 2011
Porototo TITI ministre la guinee et tombé tré bas mon Dieu
H.Soumah, mardi 25 janvier 2011
je trouve le terme ministre des sport n`est pas approprié.en Guinée on doit parler de ministre du football puisque j`ai comme l`impression que les guinéens ne considèrent comme sport que le football.dès qu`on dit sport ils pensent tout de suite au football et c`est le cas même des ministres ce qui fait que la Guinée est presque dernière dans les autres domaines.et si seulement ils(les ministres)faisaient aussi correctement le travail avec cette seule discipline qu`ils considèrent comme sport.
B.Traoré, lundi 24 janvier 2011
Dieu Merci Titi Camara est ministre,il ne aura plus de détournement au ministère des Sports.Nous demandons les audits publics des anciens Ministres et premiers ministres.
Diogo Diallo, lundi 24 janvier 2011
Au lieu de cassé d`autres endroit pourquoi ne pas construire et faire des réalisation là où ils ont cassés. Ou comme vous dites on va d`abord continuer à faire les règlements de compte? Les constructions anarchiques ne se trouve pas qu`à Ratoma. Mais comme c`est la commune qui n`a pas accepté la triche orchestrée lors des "élections" ils préfèrerons commencé par là; n`est-ce pas?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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