mercredi 10 septembre 2008
Radio Télévision Guinéenne : Une nouvelle équipe syndicale
Fatoumata Dicko Kéita

Une première depuis des années ! L’inamovible vieille garde du syndicat de la Radio Télévision Guinéenne – ou plus exactement du secteur de l’Information audiovisuelle publique – a été balayée ce Mardi, 9 Septembre 2008 par une vague de jeunes réformateurs. Avec à leur tête, une femme : la journaliste culturelle Fatoumata Dicko Kéita. C’est une révolution qui aura incontestablement des impacts sur les rapports entre la RTG et les gouvernants.

Mais comment !? L’élection d’une simple section syndicale comme « gros titre » sur notre site !!! Les lecteurs de guineeactu.com sont dans leur bon droit. Je m’en serais bien abstenu si cette « section »-là n’englobait pas tous les services de l’audiovisuel public de la République de Guinée.

Le Bureau syndical de 15 membres mis en place – par acclamations – ce Mardi, 9 Septembre 2008, répond en effet au nom de tous les travailleurs de la RTG-Koloma, la RTG-Boulbinet, la Radio Kaloum Stéréo et la Radio Rurale de Guinée avec ses quatre stations régionales de Kindia, Labé, Kankan, N’Zérékoré, ainsi que la dizaine de radios communautaires que compte le pays à ce jour. En un mot tous les acteurs du son et des images filmées, relevant du secteur public.

Aussi, la forte mobilisation et la folle ambiance qui ont marqué ces élections dans la cour de la RTG-Boulbinet ce Mardi, dénote de la nouvelle volonté des travailleurs de l’audiovisuel public guinéen de se faire désormais entendre des décideurs en ce qu’il est de leurs conditions de vie et de travail, oh ! combien précaires. Les termes des discours prononcés à cette occasion ne pouvaient donc que présager une soif de sursaut général pour un changement urgent.

D’abord, celui du Secrétaire général sortant, Elhadj Yamoussa Touré, actuel Secrétaire général Adjoint de la CNTG (la célèbre Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée), donc le numéro 2 de l’amazone Rabiatou Sérah Diallo. Yamoussa Touré, dans une harangue vivement applaudie, a ouvert le bal en interpellant la nouvelle équipe à engager dès maintenant la lutte contre « les détournements récurrents de centaines de tonnes de carburant destinés aux groupes énergétiques de la RTG et des autres stations, ainsi que les vols ou détournements de matériels techniques et autres équipements destinés au fonctionnement des différents services ». Une déclaration qui a valeur d’aveu tardif pour un syndicaliste qui évolue dans cette maison depuis le temps de « la Voix de la Révolution ». Mais un discours qui épouse cependant les couleurs du temps pour qui suit attentivement l’évolution actuelle du pays.

Le délégué du Bureau exécutif de la CNTG abondera ainsi dans le sens d’une urgente revendication du Statut particulier des travailleurs de l’information. Un Statut dont on parle « depuis les années 70 ». Pour des agents catalogués « fonctionnaires », mais qui n’ont ni Vendredi soir, ni Samedi, ni Dimanche, ni jour férié, encore moins de fêtes de Tabaski, Ramadan ou autres Noël et jour de l’an. Des surexploités dociles, sans aucune prime compensatoire.

Et au moment où les médecins sont en grève pour leur Statut (ils ont repris le débrayage depuis hier, Lundi 8 Septembre), au moment où les enseignants sont aux aguets sur l’application des accords conclus le mois dernier avec le gouvernement, au moment ou la police toque encore la porte des autorités, au moment où… j’en passe, la mise sur pied d’un Bureau syndical de jeunes loups aux dents longues au Département de l’Information devrait faire réfléchir par deux fois les dirigeants. Même si la RTG est toujours ce service qui n’a jamais osé parler de grève jusque là.

En prenant fonction ce 9 Septembre, la nouvelle Secrétaire générale du syndicat de la RTG, Fatoumata Dicko Kéita a tenté de rassurer tous les travailleurs quand à sa ferme volonté d’imprimer un nouvel élan à la marche cette « structure- carrefour » de la République. Les 14 jeunes qui l’accompagnent – tous des nouvelles figures dans le mouvement syndical – sauront-ils l’appuyer dans ses ambitions ? Auront-ils d’ailleurs les moyens de leurs ambitions ?

Et puis, ultime question qui hante tous les esprits : le pouvoir permettra-t-il des velléités de renouveau dans un secteur « aussi stratégique, aussi névralgique », un secteur considéré jusqu’ici comme la chasse gardée de tous les régimes ?

Les habitudes ayant la peau dure, tout semble indiquer que l’entreprise ne sera pas du tout facile pour nos « réformateurs ». Mais comme le dit justement l’adage : « On jugera l’ouvrier à la tâche ! »

Fodé Tass Sylla
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Tolno Lamine Sayon, mercredi 10 septembre 2008
Ce syndicat est une manoeuvre pour empêcher l`indépendance de la presse écrite et audiovisuelle en Guinée.On a besoin d`une structure d`autorégulation;d`un syndicat non affiliée à la CNTG ayant à sa tête une dame ou un monsieur de la presse privée crédible et efficace.Non à un syndicat de la RTG qui absorbe qui absorbe tout le secteur de l`audiovisuel en Guinée et qui tend à exclure la presse et le nouveaux médias

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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