Hadja Rabiatou Sérah Diallo, 60 ans, Présidente du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif transitoire depuis le 8 février 2010, est secrétaire de direction de formation. Elle a fait ses premières classes à l’Ecole des cadres techniques de Conakry, dont elle a obtenu le diplôme terminal en 1966. A sa sortie de ce prestigieux établissement, elle a été affectée à la présidence de la République où elle officiera jusqu’en 1979. Dès le début de sa carrière professionnelle, son altruisme et son inclination naturelle à se porter au secours de ses semblables l’ont conduite vers le syndicalisme. Membre de la section syndicale de base à la Présidence, elle devient, à l’âge de 21 ans, secrétaire générale du Comité d’arrondissement des travailleurs (CAT) de la Section I de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée, l’unique syndicat de l’époque) à Conakry. Au passage de la Ière à la IIème République, elle est élue au Département des femmes du Bureau exécutif de la Confédération nationale.
Parallèlement à sa carrière syndicale, elle poursuit sa formation professionnelle, d’abord comme greffier de justice, puis successivement dans le domaine des Droits humains, dans celui des Conventions des droits de l’enfant et dans l’« Organisation et la gestion d’une structure syndicale » à Turin en Italie.
En 1984, elle est vice-présidente du Tribunal pour Enfants, puis elle est détachée à la Bourse du Travail. Reclassée à titre exceptionnel au rang des magistrats, elle sera membre du Comité permanent national de suivi pour la sécurité alimentaire en 1997, assesseur au Tribunal du Travail et chargée des questions de promotion féminine au Ministère de la Promotion féminine et de l’Enfance, la même année.
Elue secrétaire générale de la CNTG en 2000, sa carrière syndicale est particulièrement fournie et jalonnée de titres honorifiques prestigieux. Elle a été, entre autres, présidente des Femmes de l’Organisation de l’unité syndicale africaine (OUSA) en 1999, présidente panafricaine de l’Organisation démocratique syndicale des travailleurs d’Afrique (ODSTA) en 2002, présidente des Femmes de la Confédération mondiale du travail (CMT), la même année, réélue à la direction de la CNTG en 2005, vice-présidente de la Confédération internationale syndicale (CIS) lors de son conseil général à Bruxelles en 2007.
Nommée citoyenne d’honneur par le Gouverneur du Texas en 1985, elle a été sélectionnée parmi les « 100 Héroïnes du monde pour la Défense des droits de la femme » à Rochester (Etat de New York) en 1988, membre du Conseil économique et social (CES) de la République de Guinée en 1997, membre du conseil d’administration du Bureau international du travail (BIT) en 2001, membre de la Commission électorale nationale (CNE) en 2002, membre titulaire du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail (OIT) en 2005, désignée « Femme du monde 2006 » en Hollande et élue vice-présidente de la 96ème Session internationale de la Conférence de l’OIT à Genève en 2007.
Cette femme à poigne, qui a déclenché, avec ses camarades syndicalistes, la première grève générale des travailleurs de l’histoire de la Guinée en février 2006, n’a plus un moment de répit depuis cette date mémorable. Portée par l’ensemble des forces syndicales, elle a fait reculer le vieux dictateur, le général-président Lansana Conté, lors de la nouvelle grève de janvier-février 2007, en le contraignant, devant les revendications syndicales, à nommer un Premier ministre de consensus et chef du Gouvernement. Amère expérience !
« Mère courage », « Dame de fer », « Fer de lance du mouvement syndical », aujourd’hui présidente du CNT…, cette petite femme toute en rondeurs, à la voix décidée et percutante, toujours vêtue d’un complet wax ou d’un boubou en cotonnade indigo, a joué et continue de jouer un rôle de premier plan dans le changement politique en Guinée. Sa volonté inébranlable et son inflexible détermination ont fait d’elle l’une des figures incontournables de la vie politique et sociale guinéenne. Sa naissance à Mamou, ville-carrefour par excellence, explique sans nul doute qu’elle parle pular, soussou et malinké, et qu’elle arrive à se faire comprendre dans plusieurs autres langues nationales du pays. Elle concilie l’action publique et le rôle de mère de famille (6 enfants à charge). Dans la foulée du général Sékouba Konaté, Rabiatou Sérah Diallo s’apprête à faire son entrée dans l’Histoire.
« Un jour viendra où les gens allumeront des lampes pour chercher des visas d’entrée en Guinée, de la même manière qu’ils se battent aujourd’hui pour aller dans les pays du Nord », prédit Hadja Rabiatou Sérah Diallo. Profitant de la présence à Genève de la Présidente du Conseil National de Transition, la rédaction de Guinéeactu.com l’a interviewée. Voici les points saillants de cet entretien.
Guineeactu.com : Madame la Présidente, depuis votre installation à la tête du CNT, quel bilan faites-vous, personnellement, de l’institution que vous dirigez ?
Hadja Rabiatou Sérah Diallo : Je dirai qu’en un temps record, nous avons pu déposer non seulement le projet de Constitution, mais aussi celui du Code électoral, qui ont été tous les deux promulgués par décret. Nous avons également révisé deux lois organiques, qui concernent la presse. Parallèlement à cela, nous avons tenu des forums de concertation entre tous les acteurs de la transition et organisé des ateliers de formation. Nous venons de réaliser un atelier pour la formation des formateurs pour la vulgarisation de ces deux textes fondamentaux (Constitution et Code électoral). À l’heure où je vous parle, nous avons déployé des équipes sur le terrain. Le 11 juin 2010, nous avons envoyé 16 équipes composées chacune de quatre personnes, pour couvrir les 33 préfectures et les cinq communes de Conakry. Ces envoyés iront jusqu’au niveau des CRD pour expliquer à la population ce qui a été changé dans la Loi fondamentale et les principales innovations qui ont été apportées. Un autre aspect positif de nos activités se trouve dans le domaine de la Réconciliation nationale. À ce niveau, nous avons, tout d’abord, réuni les victimes de tous bords – de la Première République, de la Deuxième République, dont ceux de 1985, de 2006 et 2007, ceux de Kaporo Rails, de même que ceux, plus récemment, du 28 septembre 2009 – avec les alliances politiques et le Conseil économique et social, pour discuter de l’accord politique global. Ils se sont retrouvés à Rome en Italie, sous les auspices de l’ONG Sant’Egidio, qui a une grande expérience dans le domaine de la réconciliation. Ils ont mis au point un document initial paraphé par toutes les parties. Nous avons fait ampliation de ce document à tous les acteurs pour recueillir leurs réactions. Nous élaborerons un document final à soumettre au Président de la Transition pour lui demander d’inviter à Conakry le médiateur de la Transition, le Président Blaise Compaoré, afin que tout le monde approuve le document par signature. Nous sommes également en train de réfléchir sur la réforme de l’Armée afin de faire des suggestions utiles au Gouvernement à ce sujet. Dans le même sens, nous avons organisé un forum médias et sécurité, pour rapprocher les médias et les Forces de défense… Voilà, en bref, certaines des réalisations du CNT. Tout ceci a permis d’accélérer le processus de transition, vers l’élection présidentielle à la date prévue.
Revenons à la Constitution. Pouvez-vous nous retracer la méthode de travail que vous avez suivie pour son élaboration ?
Nous avons été très ouverts. D’abord, nous avons travaillé sur la Loi fondamentale de 1990 comme base. Mais aussi, vous vous souviendrez qu’en 2007, après les événements, une caravane avait été à l’intérieur du pays et au niveau de tous les quartiers pour recueillir l’avis du peuple sur cette Loi fondamentale. Il y a eu une recension nationale, qui a été faite avec le PNUD et le Conseil économique national – le Président Conté vivait encore – et nous avons donc pris cette recommandation, qui était d’actualité. Comme nous n’allions pas à un référendum, le CNT a légiféré, en prenant en compte les préoccupations des populations. La Constitution de la Première République a également été utilisée comme référence. En outre, nous avions des constitutionnalistes, qui sont venus grâce à la Francophonie, du Bénin – le président de la Haute cour de justice du Bénin, M. Olo – et de la Mauritanie, M. Sidy, qui sont venus avec toute leur expérience. Nous avons travaillé avec eux pendant un mois. Mais en plus, la Commission constitutionnelle et la Commission code électoral du CNT étaient des commissions ouvertes. Nous avons créé une boîte à idées où les gens pouvaient donner leurs contributions. On pouvait aussi le faire par courrier électronique. Nous avons donc donné la possibilité aux uns et aux autres de contribuer à l’élaboration de la nouvelle Constitution. Nous avons travaillé sur plusieurs autres documents, pour faire la comparaison avec les autres pays, parce que le monde évolue. Par la suite, les travaux des Commissions constitutionnelle et du code électoral ont été distribués à toutes les autres commissions du CNT, qui les ont étudiés et ont fait leurs propositions. Le document ainsi discuté présentait à la fois la Loi fondamentale et les propositions de la nouvelle Constitution. Le texte de cette dernière était en couleurs, noir et vert, le noir indiquant ce qui a été maintenu, le vert ce qui a été supprimé dans la Loi fondamentale et ce qui a été apporté de nouveau. Enfin, le tout a été adopté en séance plénière du CNT. Donc, voilà comment nous avons travaillé. Nous avons tenu compte de la situation politique du pays. Nous sommes encore dans le régime présidentiel. On ne peut pas, aujourd’hui, en Guinée – le pays est en crise – dire qu’on va aller du régime présidentiel à un régime parlementaire : le peuple n’est pas préparé à cela.
Il n’y a plus de limitation d’âge, en ce qui concerne les candidats à l’élection présidentielle !
Non, pas pour cette phase ! Pourquoi ? Nous avons dit que l’âge minimum légal pour être candidat à l’élection présidentielle est de 35 ans, mais nous n’avons pas indiqué d’âge limite maximum, pour la simple raison que notre pays est très fragile. Des leaders de partis politiques qui ont lutté, qui ont souffert, qui ont été sur le terrain, sont aujourd’hui âgés. On a voulu dire : « Il faut être d’abord rassembleur, n’exclure personne pendant cette transition, donner la chance à tout un chacun de prendre part à la compétition. » C’est donc pour cela qu’à ce niveau, cela a été ouvert. Il ne fallait pas exclure certains leaders qui ont tant souffert en voulant sortir le pays de la crise. Mais il n’est pas dit, après cette transition, que ce qui est ouvert actuellement doit demeurer tel quel. La nouvelle Assemblée nationale qui sera là pourra corriger cela pour fixer définitivement l’âge limite maximal.
Qu’est-ce que la nouvelle Constitution a apporté par rapport à la précédente ? Quelles en sont les principales innovations et les points saillants ?
Comme je vous l’ai dit, nous sommes partis de la Loi fondamentale de 1990. Tout n’a pas été modifié. Nous avons pris des mesures pour garantir la séparation des pouvoirs : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Nous avons ramené la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans et il ne sera plus renouvelable qu’une seule fois. Nous avons inscrit dans la nouvelle Constitution la création du poste de Premier ministre. Nous demeurons dans le régime présidentiel. De nouvelles institutions républicaines ont été créées ou confirmées : la Cour suprême, la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes… Un Médiateur national sera mis en place. Les prérogatives et les attributions de toutes ces institutions ont été clairement définies.
Le Président qui va être élu, ainsi que les Présidents de toutes les institutions républicaines et le Premier ministre, doivent déclarer leurs biens, de sorte qu’on puisse savoir, à une épingle près, ce qu’il en est lorsqu’ils quitteront le pouvoir.
Et dans cette Constitution, nous avons pris des mesures, par exemple, pour dire que pendant la période de transition, voici ce qui doit être fait, et il y a de nouveaux points qui ne peuvent pas être appliqués pendant la transition, parce que nous voulons sortir le pays de la crise. Donc cela ne pourra être appliqué qu’avec la nouvelle Assemblée nationale. Mais il a été dit que même pour changer une virgule de la Constitution, personne n’est autorisé à le faire sans que le peuple ne soit informé. Des garde-fous ont été prévus pour que le prochain Président de la République ne puisse pas se tailler une nouvelle Constitution à sa mesure.
Parlant de ses sentiments à propos de cette Constitution, le Premier ministre justifie sa position, en partie, par le fait que le CNT n’ait pas consulté le Gouvernement là-dessus. Vous ne leur avez même pas envoyé le brouillon du texte, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse. Qu’avez-vous à y répondre ?
Je pense qu’il y eu incompréhension à ce niveau. Le CNT a une lettre de mission. Le Gouvernement a la sienne. Dans la lettre de mission du CNT, il a été dit que celui-ci légifère et qu’il contrôle l’action gouvernementale. Quand on a fini d’élaborer la Constitution c’est à celui qui nous a mis en mission que nous devons rendre compte. C’est donc au Président de la Transition de juger nécessaire d’associer le Gouvernement ou d’appeler les autres institutions. Nous avons préparé plusieurs copies de la Constitution en plus de la copie du Président de la Transition, pour aller lui dire : « Monsieur le Président, vous nous avez mandatés pour faire un travail. Nous avons fini le travail. Nous venons vous le rendre. Nous n’avons pas, seuls, distribué cette Constitution, pour le respect que nous vous accordons. Compte tenu de la lettre de mission, nous pensons que c’est à vous de donner les documents aux autres institutions pour avoir leurs réactions. » Mais comment est-ce que le CNT allait-il passer par le Gouvernement ?... C’est pourquoi, nous-mêmes, nous avons été surpris quand, en conseil extraordinaire des ministres, on a dit que le CNT n’a pas le droit d’amener les correspondances directement au Président de la Transition, qu’il fallait passer par le Secrétariat général du gouvernement. Je ne sais pas comment ils ont compris la mission du CNT !... Comment ils ont compris la responsabilité du CNT ! Nous n’avons comme interlocuteur que le Pré-si-dent de la Tran-si-tion ! Nous n’avons pas de compte à rendre ailleurs, sinon qu’au Président de la Transition. Ils ont leur lettre de mission. Certes nous devons collaborer ensemble… À propos, d’ailleurs, je m’inscris en faux, quand ils disent qu’ils n’ont même pas eu le brouillon de la Constitution. Nous avons travaillé avec leur service technique : le MATAP était là. La présence du MATAP nous a d’ailleurs beaucoup aidés. Donc ce n’était pas à nous, mais au MATAP d’aller rendre compte au Gouvernement. C’est comme les alliances des partis politiques. Ceux-ci ont leurs représentants au CNT. C’est à eux d’aller rendre compte à leurs différents partis politiques. Toutes les sensibilités sont représentées : chacun doit jouer son rôle.
Il y a eu beaucoup de rumeurs disant que la France, d’une part, et le Président de la Transition, d’autre part, soutiennent un candidat. Il y a eu des démentis de part et d’autre. Quels sont vos sentiments sur ces rumeurs et leurs démentis ?
Notre pays est un pays de rumeurs. Mais moi, je suis croyante. Quand on dit que tu a fais ceci, que tu dises que tu ne l’a pas fais, moi, je te fais confiance ! On a écouté le Président. Partout où il est passé, il a dit qu’il n’a pas de candidat. Moi, je m’en tiens à cela. Quand ils apportent leurs démentis, je m’en tiens à ce qui a été dit. Et je fais confiance en ces dires, par rapport à l’engagement qui a été pris par le président de la Transition, et qui est en train de se concrétiser sur le terrain.
La population a placé un grand espoir dans le CNT, non seulement pour la tenue de l’élection présidentielle comme prévu, le 27 juin 2010, mais aussi pour sa tenue dans la transparence, sans fraudes. Beaucoup de nos compatriotes vous ont demandé, à vous personnellement, et aux autres membres du CNT, de fermer vos bureaux et d’aller sur le terrain pour empêcher les fraudes. Quelles mesures pratiques le CNT envisage-t-il pour mériter cette confiance des populations ? Que comptez-vous faire sur le terrain ?
D’abord, il faut se féliciter que les populations fassent confiance aux 159 membres du Conseil National de la Transition. Je les remercie de cette confiance. Et nous mettons tout en œuvre pour mériter cette confiance. L’enfant qui naîtra ne sera pas étranglé dans ses fonts baptismaux : nous y veillerons, nous prendrons les dispositions nécessaires, selon notre capacité, pour y parvenir, parce qu’il va de soi que c’est l’intérêt de tout le peuple qui est en jeu. Puisque le peuple nous fait confiance, nous ouvrons grandement les yeux. Je vais vous donner un exemple. L’élection coïncide avec le Congrès international des syndicats à Vancouver au Canada. Je suis vice-présidente de la Commission mondiale des femmes. Je suis membre de l’Exécutif de la confédération internationale. Je devrais être présente à cette importante rencontre. Mais en raison de l’élection présidentielle chez nous, nous avons dit : priorité absolue à notre pays ! J’ai donc dit au Secrétaire général : « Veuillez bien m’en excuser : je ne peux pas être à Vancouver, puisque mon pays a besoin de moi. » Je serai donc avec les 159 membres du CNT sur le terrain. Je vous ai dit tout à l’heure que nous étions en train de descendre à l’intérieur. Et nous irons jusqu’au bout. Toutefois, il ne s’agit pas que du CNT. Il faut que les partis politiques en compétition jouent leur rôle. C’est eux qui sont en compétition. Regardez aujourd’hui comment les campagnes se font. Chaque leader politique pense qu’il est le plus populaire. Mais ce sont les urnes qui vont déterminer qui est le plus populaire, qui est le gagnant ! … Jusqu’à présent, nous travaillons en synergie avec la Cour suprême, avec le MATAP, avec la CENI. Même quand des rumeurs ont couru, disant qu’il ne peut pas y avoir élection le 27 juin, tout de suite, on n’a pas attendu, on est parti vers la CENI pour en avoir le cœur net : « Où en êtes-vous ? Que se passe-t-il ? Qu’est-ce qui vous manque ? Pourquoi affirmez-vous que l’élection ne doit pas avoir lieu ? » Ils nous ont répondu : « Non ! Ceux qui le disent, ça n’engage qu’eux. Nous, on est prêt ! » Alors, là, nous, nous nous en tenons à cette derrière version : la CENI est prête à aller à l’élection. Et puis, je pense qu’à l’heure où nous sommes, bons ou mauvais, nous avons les moyens d’aller à l’élection. Jetons-nous à l’eau : on va apprendre à nager !
Est-ce qu’il y aura des observateurs internationaux durant le scrutin ?
Bien sûr. Il y en a déjà sur le terrain. L’Union Européenne enverra 70 personnes, sans compter le mouvement syndical mondial. Des représentants de l’Organisation de l’unité syndicale africaine, de la Confédération internationale syndicale africaine, pour ne citer que ceux-là, tous seront là. C’est ouvert. Nous avons besoin de ces observateurs aujourd’hui. J’oubliai un passage très important. L’Afrique du Sud s’est fortement impliquée pour dire qu’elle est prête, pour rendre à la Guinée un peu de l’aide inestimable que celle-ci lui a apportée pendant la lutte contre l’Apartheid. Les Sud-africains pensent qu’il est de leur devoir de s’impliquer, en tant qu’Africains, pour nous aider à sortir de la crise. Tous ceux-ci ont les yeux ouverts. Il faut que chacun sache que sortir la Guinée de cette crise, c’est sauver toute la sous-région. Évidemment, il n’y a pas que les observateurs internationaux. Il faut que tous les Guinéens, tant de l’intérieur que de l’extérieur, s’impliquent dans le processus. Battons-nous ! Nos richesses sont immenses. Battons-nous pour pouvoir exploiter nos richesses dignement, pour que ces richesses puissent profiter à tous. Un jour viendra où, de même que les gens se battent aujourd’hui pour aller au Nord, un jour viendra, dis-je, où les gens allumeront des lampes pour chercher des visas pour pouvoir entrer en Guinée. Je souhaite que Dieu nous le donne, ce jour.
Quel appel lancez-vous au peuple de Guinée en cette période pré-électorale ?
J’appelle chacun à la retenue, pour que le bébé qui va naître ne soit pas un mort-né, comme je le disais tout à l’heure. Que l’on n’oublie pas les victimes de 2006 et 2007, les victimes du 28 septembre 2009… pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes. Et cela, on n’a besoin ni de l’extérieur, ni de moyens financiers pour le faire. Il s’agit d’avoir la volonté d’amener la paix dans le pays. Il ne faut pas oublier, mais pardonner.
Propos recueillis par Adjidjatou Barry Baud
Editrice de www.guineeactu.com