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Les institutions républicaines ont accru leur rôle de facilitateur et de médiation en Guinée. Depuis un certain temps, on observe des acteurs de tous horizons (Assemblée Nationale, Cour Suprême, Conseil Economique et Social, leaders religieux, Société Civile et personnalités de haut rang) qui offrent des bons offices en mettant les protagonistes autour d’une même table. Les facilitations de ces acteurs n’apparaissent que lorsqu’il y a menace imminente de crise sociale et politique en jouant les sapeurs pompiers quand les crises sont enclenchées. La médiation nationale reste un domaine vierge que ces acteurs ont tâté depuis les grèves passées de juin, de janvier et février passés. Ils ont réussi à ramener gouvernement et syndicats à conjuguer le même verbe pour la paix et la stabilité nationales. Il est important qu’en ces temps de fréquentes crises sociales, politiques et institutionnelles, de réfléchir sur la nécessité d’harmoniser les actions de médiation et de facilitation dans une structure nationale chargée de régler à l’amiable les désaccords et conflits qui touchent les institutions, les administrations et la société dans toutes ses composantes. Les abus et brimades de l’administration guinéenne à l’égard des citoyens, fait consécutif à l’héritage malheureux du régime policier de Sékou Touré, devraient faire penser à l’institutionnalisation d’une structure permanente chargée de médiation au niveau de la République (médiateur national ou d’Etat) ou une commission interministérielle de médiation chargée de recevoir les plaintes contre les abus et les bavures des services publics, de recommander en cas de conflit, sur le plan national, des solutions à l’amiable entre parties. Au niveau des institutions républicaines, l’on peut penser que la voie est tracée pour toute médiation nationale efficace en vue de consolider la paix et l’unité nationales. Cette structure de médiation aurait pour tâche également de combattre tout ce qui menace le tissu social, faire la promotion de la meilleure compréhension entre ses différentes composantes dans l’Administration et les institutions publiques, recevoir les plaintes contre les discriminations fondées sur l’ethnie, la religion, le sexe, l’âge en vue d’un équilibre social souhaité. La médiation nationale devrait jouer un rôle primordial pour analyser les désaccords, évaluer l’impact économique et social des crises et recommander des solutions de sortie de crise et des mesures de réformes administratives et institutionnelles. Analyse de Mamadou Alpha Baldé et Kalidou Barry, Juristes
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