samedi 12 janvier 2008
Rôle et efficacité d’une médiation nationale pour la paix et l’unité nationale en Guinée

Les institutions républicaines ont accru leur rôle de facilitateur et de médiation en Guinée. Depuis un certain temps, on observe des acteurs de tous horizons (Assemblée Nationale, Cour Suprême, Conseil Economique et Social, leaders religieux, Société Civile et personnalités de haut rang) qui offrent des bons offices en mettant les protagonistes autour d’une même table. Les facilitations de ces acteurs n’apparaissent que lorsqu’il y a menace imminente de crise sociale et politique en jouant les sapeurs pompiers quand les crises sont enclenchées.

La médiation nationale reste un domaine vierge que ces acteurs ont tâté depuis les grèves passées de juin, de janvier et février passés. Ils ont réussi à ramener gouvernement et syndicats à conjuguer le même verbe pour la paix et la stabilité nationales. Il est important qu’en ces temps de fréquentes crises sociales, politiques et institutionnelles, de réfléchir sur la nécessité d’harmoniser les actions de médiation et de facilitation dans une structure nationale chargée de régler à l’amiable les désaccords et conflits qui touchent les institutions, les administrations et la société dans toutes ses composantes.

Les abus et brimades de l’administration guinéenne à l’égard des citoyens, fait consécutif à l’héritage malheureux du régime policier de Sékou Touré, devraient faire penser à l’institutionnalisation d’une structure permanente chargée de médiation au niveau de la République (médiateur national ou d’Etat) ou une commission interministérielle de médiation chargée de recevoir les plaintes contre les abus et les bavures des services publics, de recommander en cas de conflit, sur le plan national, des solutions à l’amiable entre parties.

Au niveau des institutions républicaines, l’on peut penser que la voie est tracée pour toute médiation nationale efficace en vue de consolider la paix et l’unité nationales. Cette structure de médiation aurait pour tâche également de combattre tout ce qui menace le tissu social, faire la promotion de la meilleure compréhension entre ses différentes composantes dans l’Administration et les institutions publiques, recevoir les plaintes contre les discriminations fondées sur l’ethnie, la religion, le sexe, l’âge en vue d’un équilibre social souhaité. La médiation nationale devrait jouer un rôle primordial pour analyser les désaccords, évaluer l’impact économique et social des crises et recommander des solutions de sortie de crise et des mesures de réformes administratives et institutionnelles.

Analyse de Mamadou Alpha Baldé et Kalidou Barry, Juristes

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Ibrahima Diallo, dimanche 13 janvier 2008
Sans vouloir vous contredire, je pense que leur mediation quoique utile a été facile cette fois vu l`echec de mobilisation des syndicalistes pour cette greve. Les syndicats etaient plus disposés au compromis sachant que la population ne les suivrait pour juste defendre leur Kouyaté. Je pense qu`il etait important de le preciser pour mettre les choses dans un contexte qui relativise l`implication et la volonte des structures dites "republicaines" d`oeuvrer pour la defense du Peuple et la paix plutot que pour sauver leur "peau" et les interets de Lansana Conté. Autrement, je partage l`esprit de votre article. Bien a vous!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011