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L’élite guinéenne a joué un rôle déterminant dans le processus de développement de la Guinée, mais également et surtout, dans la mise en place et l’entretien d’un système de corruption, de mauvaise gouvernance, bref de la situation actuelle de notre pays en général, c'est-à-dire une situation de régression économique, sociale et politique. En effet, cette élite composée d’intellectuels de haut niveau, de leaders d’opinion et religieux, peut être conventionnellement, à mon avis, répartie en trois catégories : - La première catégorie, que je vais nommer Elite I, se contente d’observer la situation, la subir sans entreprendre une quelconque action en vue de contribuer au changement. Elle est la plus nombreuse et c’est l’élite passive. - La deuxième catégorie « Elite II » contribue à sa façon au développement de la Guinée à travers son expertise, ses conseils et orientations. Cette élite crée les opportunités et ne laisse aucune occasion passer sans émettre des avis (généralement positifs), faire des propositions concrètes et constructives pour aller de l’avant. Cette élite travaille sans être payée, pour le développement de la Guinée. Elle est exploitée mais marginalisée dans le processus de prise de décision - La troisième catégorie, « Elite III » est la moins nombreuse. Elle a infiltré tout le processus de développement de notre pays. Elle constitue un noyau dur et nocif. Elle est au cœur de la conception, de l’orientation, de la mise en œuvre et du suivi-évaluation des politiques, programmes et projets de développement de notre pays. Cette Elite III est composée de personnes qui prêchent dans les mosquées et dans les églises, en faveur du système qu’elles ont contribué à mettre en place, et non en faveur d’une quelconque religion. Elles conçoivent et mettent en œuvre des politiques, programmes et projets de développement dont le fondement de base est l’avantage qu’elles tirent des marchés qui y sont rattachés et combien leur revient (individuellement), et non sur la base d’une analyse réelle de la situation des populations pour lesquelles ces politiques, programmes et projets sont censés être mis en place.
Le plus dur à admettre est que cette même élite utilise la pauvre population guinéenne, qu’elle instrumentalise et qu’elle oublie le lendemain de sa nomination/élection pour occuper des postes électifs ou nominatifs.
Le plus dur à admettre est que cette même élite utilise la pauvre population guinéenne, qu’elle instrumentalise et qu’elle oublie le lendemain de sa nomination/élection pour occuper des postes électifs ou nominatifs. Le plus dur à admettre est que cette même élite utilise la pauvre population guinéenne, qu’elle instrumentalise et qu’elle oublie le lendemain de sa nomination/élection pour occuper des postes électifs ou nominatifs. L’Elite III s’est donc servie de sa position sociale, politique, économique (bref d’autorité), de son intelligence, de son expertise et de sa capacité de persuasion pour mettre en place un système corrompu, où l’excellence est un crime et la médiocrité est fortement récompensée, puisque ce sont les médiocres qui peuvent être manipulés. Ce système a infiltré et pris en otage toutes les institutions - qu’elles soient privées ou publiques - de notre chère Guinée. Finalement, l’administration publique, les services publics et privés, et même la société civile guinéenne n’existent que pour ces élites. De ce fait, l'objectif de développement de notre pays ne consiste plus à rechercher « le bien être pour toute la population », mais plutôt « le bien être pour peu de gens : l'élite III ». Cette élite agit comme lorsqu’une sourie s’installe dans notre maison, elle détruit tout, et à chaque fois que nous avons l’occasion de remarquer les dégâts, nous nous rendons compte qu’ils sont pour la plupart du temps, irréparables. L’Elite III bien qu’intelligente, détentrice de l’information et du pouvoir à tous les niveaux, ne représente rien en nombre par rapport à toute la population guinéenne. Alors il faut un sursaut national avec comme objectif, l’identification et la mise hors d’état de nuire de l’Elite III. Ceci dit, le changement ne peut venir que des guinéens, de tous les guinéens unis et non d’ailleurs. Unissons-nous pour le changement, le vrai changement, celui qui conduit, par la bonne gouvernance, au développement de la Guinée. Kadiatou Diallo Economiste du développement pour www.guineeactu.com
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