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Depuis la nomination du gouvernement Souaré par décret présidentiel en date du 20 mai 2008, supputations, rumeurs et calomnies ont repris de plus belle. Nous assistons, une fois n’est pas coutume, à toutes sortes d’informations ; que dis-je ? de désinformations allant des prétendues falsifications du décret présidentiel à la dernière fausse affaire en date : le limogeage annoncé du jeune Ministre de la Communication de l’Information et des Nouvelles Technologies. Pour la petite histoire sortie, de je ne sais quelle besace, MM. Idrissa Thiam et Sam Mamady Soumah, proches collaborateurs du Chef de l’Etat, ont été accusés d’abus de confiance en plaçant leurs amis et protégés à des postes ministériels initialement destinés à des tiers. Ensuite, c’est le président de la République qui aurait refusé que son Premier Ministre se rende au sommet africain de Charm-El-Cheik. Ce fut également l’épisode de M. Kassory Fofana auquel on aurait refusé un poste ministériel par ses amis, en l’occurrence, MM. Cellou Dalein Diallo et l’actuel Premier Ministre. Mais ce n’est pas tout ! Récemment, moult tentatives de mise en doute de la nomination du brillant et très jeune Ministre de l’Information ont envahi la quasi-totalité des sites internet et autres médias. L’on aura tout lu ces derniers temps : postes ministériels pléthoriques, gouvernement Cellou bis, démission annoncée de Sam Soumah et d’Idrissa Thiam, Kassory trahi par les siens. On pourrait multiplier les exemples. Mais, j’ai mieux à faire qu’inventorier mensonges, rumeurs et intox. L’essentiel, c’est, plutôt, de se questionner sur les motivations des marchands d’illusions et nostalgiques de cet autre gouvernement connu de tous. Le phénomène est relativement facile à expliquer. Tous ceux qui s’étaient murés dans un mutisme sous l’ère d’un certain premier ministre, qu’ils sont les seuls à regretter, veulent exprimer leur rancœur. Ils se donnent pour mission de distiller leurs élucubrations dans les médias. L’objectif inavoué de leur manœuvre, c’est d’opposer le Général Lansana Conté au nouveau gouvernement pour bloquer l’Exécutif et créer une panne des institutions. Ils veulent, comme le dit le langage populaire, mélanger tout le monde avec tout le monde. La préoccupation des instigateurs de fausses nouvelles, c’est moins le devenir de la Guinée, comme ils le prétendent, que restaurer une situation qui leur serait favorable. Ils espèrent toujours le retour à la corruption et au clientélisme. Bref, la continuité de la mal- gouvernance. Au cas contraire, ils encourageraient les initiatives et accorderaient un peu plus de temps à l’équipe qui vient à peine d’être mise en place. J’avais appelé, naguère, à ce qu’on laisse les coudées franches à l’ancien Premier Ministre parce que je considère qu’il faut accorder un peu de temps au gouvernement qui doit mobiliser les ressources humaines, matérielles et financières avant d’entamer sa mission. Une autre piste explorée par les pourfendeurs, décidément pressés de l’échec du gouvernement de large ouverture, c’est crier à une lenteur dans la formation des cabinets ministériels et la nomination des cadres. Ont-ils seulement tenu compte du temps nécessaire au repérage de cadres, à l’analyse de leur cursus et à la concertation. Bref, à l’ensemble des critères devant déterminer les choix, puis la décision pour telle ou telle personne. Tout cela précédant toute soumission à l’approbation et à la signature du Chef de l’Etat. Ces différentes étapes sont d’autant plus utiles que ce sont les mêmes qui demandent de rompre d’avec les habitudes du passé qui gangrènent le système politique et administratif. Alors, comment exiger de quelqu’un de courir et se gratter les pieds en même temps ? Il faut de la compréhension, mais aussi de la patience et, surtout, de la bonne foi de la part de chacun et tous. Il ne sert à rien de vanter un temps révolu ! Et de quelle manière, pour cacher (ou exprimer) ses frustrations ? Honnêtement, qui ne dit, dans son for intérieur, la Guinée a échappé de plus bel avec le mode de gouvernement qu’un certain Premier Ministre voulait initier ? Tous ceux qui croient que les gens, notamment la presse, s’est acharnée sur M. Kouyaté à tord, ou parce que ce serait lui, devraient se détromper. Tout homme politique a un minimum d’équité, de justesse, de contraintes morales, mais aussi politiques, administratives etc…, à observer. A mon sens, cela a notablement manqué durant les quinze derniers mois. Se poser en adversaire du Président en exercice, qu’il soit le Général Conté ou tout autre, a été une grande erreur. Pire, une faute qui n’est pardonnable sous aucun régime politique. Donc, rendons à César ce qui lui appartient ! Entre MM Kouyaté et Conté, c’est le premier qui devrait reconnaître l’autorité du second, l’accepter et, à défaut, partir de lui-même. Les termes, « premier ministre de consensus et/ ou chef de gouvernement » ne s’appliquent qu’à l’un et non aux deux. Il en est de même de tout gouvernement. Nous devons donc savoir que les états d’âmes et les rumeurs, tout comme les calomnies, devraient cesser d’être prises pour des informations. Tout cela impose la vérification des sources. La raison est simple : si tout un chacun a droit à l’information, il n’est pas donné à tout le monde de la détenir. Les rumeurs ne doivent pas être prises comme fondement de ce qu’on écrit ou publie. Enfin, je dirais, au risque de me tromper, que la vérification de la source n’est point une censure, mais une question de déontologie professionnelle. Les médias guinéens, plus précisément, ceux qui passent par le web, devraient, je le répète, être un peu plus fermes, voire vigilants sur ce qu’ils donnent à lire. Seul ce critère pourrait rendre l’information fiable et les sites crédibles. La situation guinéenne de ces dernières années impose que toute information donne, non seulement les nouvelles, mais aussi joue un rôle de catalyse et d’unité. Il ne s’agit point de prôner un quelconque retour à la censure de l’information qui serait un vecteur d’idéologie. Que Dieu nous en garde ! Ceux qui ont joué à la confusion ces derniers temps en accusant, en l’absence de tout fondement, les personnalités citées plus haut de telle ou telle faute (car il s’agit de cela) ont la lourde responsabilité de semer le doute sur l’authenticité d’un gouvernement voulu par le Président guinéen. Par ailleurs, aucun signe n’a montré que les populations ne souhaitaient pas ce changement. En outre, qui peut croire que telle ou telle personne a été écartée d’un présumé poste ministériel si le Chef de l’Etat avait décidé autrement ? Qui peut penser que M. Lansana Conté ignore le symbole que représente le jeune ministre de la Communication pour la jeunesse guinéenne ? Surtout, qu’il va sacrifier tous les efforts qu’il aurait déployés pour protéger l’ancien président de la CNC contre les loups qui avaient voulu le dévorer ? Fort heureusement, des échos se font jour qui prêtent ces propos rassurants au président guinéen : « si j’avais voulu limoger quelqu’un dans le gouvernement, personne n’aurait pu m’en empêcher ! » Cela vaut pour la nomination, s’entend ! Enfin, une presse apaisée qui véhicule des informations fiables, respectueuses de l’opinion d’autrui, de sa personnalité, de sa dignité devrait figurer parmi les exigences actuelles de notre pays. Bien sûr, cela n’est possible qu’avec des hommes de presse rassembleurs par leurs écrits, libres, honnêtes, habités par le sens patriotique et le respect de leur profession. Un certain nombre s’efforce de remplir cette fonction et y déploie des efforts louables. Il nous faut, tout simplement, plus d’ardeur, de compétence et de volonté de bien faire ! Lamarana Petty Diallo pour www.guineeactu.com
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