lundi 18 janvier 2010
Qui sont les véritables auteurs des massacres du 28 septembre 2009 ?
Marie José Yombouno

L’on se souvient qu’au lendemain des événements douloureux survenus le 28 septembre 2009, au stade du même nom le président de la République de Guinée, Monsieur Moussa Dadis CAMARA a, dans le communiqué du 30 septembre 2009, demandé la mise en place d’une Commission d’enquête nationale et internationale en rapport avec les Nations Unies sur les événements du 27 janvier 2007 et ceux du 28 septembre 2009, dans le but d’identifier les auteurs et commanditaires de ces événements puis de traduire les coupables devant les juridictions compétentes.

Dans le même souci de recherche de la vérité, le Président de la République a promulgué :

  • l’ordonnance No 057/CNDD/SGG2009 du 30 octobre 2009 portant modification de certaines dispositions de l’Ordonnance No 53/CNDD/2009 relative à la création d’une Commission nationale d’enquête indépendante ; et
  • le décret D/No214/CNDD/SGG/MJ/2009, portant nomination des membres de la Commission nationale d’enquête.

Au jour d’aujourd’hui, la Commission nationale poursuit ses investigations et c’est à ce titre que le mercredi 6 janvier 2010, le colonel Ibrahima BALDE, chef d’état major de la gendarmerie, a été entendu par ladite commission. Il a affirmé lors de son interrogatoire avoir déployé 1 700 hommes pour prévenir toute frénésie, mais malheureusement selon lui, faute de moyens adéquats, ses hommes n’ont pu contenir la foule.

Sur les circonstances de la tragédie, il a indiqué qu’avant d’incriminer, il faut d’abord faire une expertise balistique pour déterminer les responsabilités, tout en ajoutant qu’il faut faire la différence entre l’arme trouvée sur le terrain et l’arme qui tue.

Plus loin, il affirme également qu’il y a eu infiltration des loubards et intégristes parmi les manifestants en brandissant des photos.

Pour preuve, dira t-il, des gendarmes ont confirmé cette thèse. 

A partir des déclarations de M. BALDE, qui sont les véritables auteurs des massacres du 28 septembre 2009?

Le Secrétaire général des Nations Unies a rendu public le 16 décembre 2009 le rapport sur les faits du 28 septembre 2009 relatif aux travaux que la Commission a effectués pendant une courte période du 25 novembre au 4 décembre 2009, alors que tous les organisateurs de la marche en question n’ont pas été entendus.

La Commission a qualifié ces massacres de crime contre l’humanité en situant les responsabilités à trois niveaux :

1- Responsabilité pénale individuelle

Sont pénalement et individuellement responsables :

  • Le Président, Capitaine moussa Dadis CAMARA ;
  • Le Lieutement Aboubacar Cherif DIAKITE (dit Toumba) aide de camp du Président et chef de sa garde rapprochée ;
  • Le Commandant Moussa Thiégboro CAMARA, Ministre Chargé des services spéciaux, de lutte anti-drogue et du grand banditisme.

2- Autres responsables

Les personnes dont les noms suivent pourraient faire l’objet de poursuite pour responsabilité pénale :

  • Le Capitaine Claude PIVI (dit Coplan)
  • Le Colonel Abdoulaye Chérif DIABY, Ministre de la santé

3- Autres responsabilités à déterminer

Les responsabilités des personnes ci-après sont à établir

  • Le sous-lieutement Marcel KOIVOGUI, aide de camp du lieutement Toumba ;
  • Le Ministre de la sécurité publique, le Général de division Mamadouba Toto CAMARA ;
  • Le général de brigade Sékouba KONATE, Ministre en charge de la défense et des cadres y compris ceux de la gendarmerie, les responsables des camps samory et Koundara ;
  • M. Fodéba Isto Keîra, Ministre de la jeunesse ;
  • La Doctoresse Fatou Sikhé CAMARA, Directrice de l’hôpital Donka.

 Et comment peut-on culpabiliser des personnes dont les responsabilités n’ont pas encore été établies ?

Apparemment, Madame Fatou BENSOUDA, Directrice Adjointe de la CPI (Cour pénale internationale) se rendra le 19 janvier 2010 en Guinée pour :

  • déterminer si les faits du 28 septembre 2009 relèvent de crimes contre l’humanité, dans le cas échéant, de les requalifier.
  • s’assurer que les autorités Guinéennes ont les moyens et les capacités de se saisir elles-mêmes et de poursuivre les auteurs a souligné à l’AFP la conseillère spéciale du procureur, Madame Béatrice Le Frapper.

Pour ma part, tant que les enquêtes sérieuses n’auront pas été menées par les commissions d’enquête nationale et internationale avec reconstitution des faits pour déterminer avec exactitude qui a fait quoi, je considère que les autorités ainsi que les organisateurs de la marche demeurent moralement coresponsables mais pas pénalement, jusqu’à ce qu’ils soient juridiquement reconnus coupables.

La Cour pénale internationale ne pourra jouer qu’un rôle complémentaire, conformément aux dispositions de l’article 1 et des autres articles pertinents du Statut de Rome, notamment ceux sur la saisine de la CPI.

S’il y a d’autres dessous, il faudra l’expliquer au peuple guinéen pour qu’il le comprenne, autrement cela ressemble à du marchandage. Ce qui sera aussi compris


Marie José YOMBOUNO, France


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
KEITA, dimanche 24 janvier 2010
Bonsoir les chers auditeurs tout ce que j`ai à dire . Les dirigeants actuels ne sont plus dignes .Le comportement d`un homme reflète son éducation de base familliale , dans ce cas tout est résumer à partir . Merci et à bientôt
Sékou Oumar Camara, jeudi 21 janvier 2010
Je ne vois pas de rapport entre l`article de Marie-Jo et le commentaire de Kalla Conté ou l`intervention superfétatoire de Marie Jo (?). Hors sujet pour hors sujet, je crois que le meilleur ami de Dadis c`est Sékouba. Le meilleur ami, c`est celui qui ose regarder dans les yeux et dire la vérité. Malheureusement, pour Dadis, il était écrit qu`il allait monter très haut puis faire une chute fatale. Raison pour laquelle, il n`avait d`oreille que pour ses faux amis mais vrais ennemis. Quel phénoménal destin!
Marie José YOMBOUNO, jeudi 21 janvier 2010
Pour info Dernier entretien entre Dadis et Konaté à Ouagadougou:"Les hommes passent, la nation reste et demeure" affirme le Capitaine Moussa Dadis CAMARA. Le président du CNDD, conseil national pour la démocratie et le développement, le Capitaine Moussa Dadis Camara et son ministre de la défense nationale et président par intérim, le général de brigade Sékouba Konaté se sont retrouvés pour le dernier round avant que ce dernier ne prenne l’avion pour Conakry en présence de la délégation conduite par le ministre secrétaire permanent du CNDD, le Colonel Moussa Kéita. Et la presse militaire de la radiotélévision nationale qui était du voyage a ramené les images et le son qui a été diffusé ce soir à 21 heures à l’intention des guinéens et des Conakrykas qui avaient la chance d’avoir le courant dans leurs foyers. Ils ont été émerveillés par le sens de l’amitié des deux hommes. Pour commencer, le Capitaine Moussa Dadis Camara a pris la parole pour dire qu’il a connu Konaté bien avant la prise du pouvoir le 23 décembre 2008. Par conséquent, « je lui connais mieux que vous tous présents ici ». C’est pourquoi, a-t-il ajouté, j’ai toujours pris des décisions suivant ces conseils. Mieux dira le Capitaine Moussa Dadis Camara, « Les hommes passent, la nation reste et demeure ». Dadis reconnaîtra par la suite que beaucoup de personnes parmi eux ont fait des choses louches dans l’ombre. Comme par le passé, l’homme fort du 23 décembre n’a rien perdu de sa fougue. Il a encore une fois mis l’accent sur le patriotisme, la sincérité et l’honnêteté dans tout ce que l’homme fait. Il a pour terminer, réitéré sa confiance à son ami et président par intérim pour la conduite des destinées de la nation. Justement, ce dernier en prenant la parole a indiqué que deux jours après la prise du pouvoir par le CNDD, un hélicoptère est allé chercher ses parents dans son village pour Conakry. Ce qui était une première fois dans l’histoire de ce village. Les sages selon Konaté ne lui ont conseillé que la fidélité « ne vous trahissez jamais ». Avant de déclarer qu’il n’a jamais dit ça à son ami Capitaine Moussa Dadis Camara, ni à une autre personne sauf ce jour « mais je n’ai jamais oublié ce conseil des sages ». Plus loin, Konaté estime qu’a un certain moment de la vie, il faut se dire la vérité. « Aucun pays ne peut évoluer en vase clos », estime le président par intérim. Ce n’est pas tout car Konaté affirme « Nous sommes rentrés par la grande porte, nous devons sortir par la grande porte ». Je dis ce que j’ai au cœur. Toutefois, je reste à ta disposition. « Ce que tu me dira de faire, je vais le faire, ce que tu ne me dira pas de faire, je ne le fera pas ». C’est sur ces mots que le Capitaine Moussa Dadis Camara a serré la main aux hôtes venus de Conakry avant que ces derniers ne prennent l’avion pour Conakry en laissant Dadis dans sa villa dans la cité de Ouaga 2000. Encore une fois, le général Sékouba Konaté a démontré le sens de l’amitié comme l’avais fait un certain Morifinyan Dioubaté à l’Almamy Samory Touré lors des moments de gloire et des jours sombres de ce dernier. Sacré Sékouba Konaté. Almamy Kalla Conté
theo, jeudi 21 janvier 2010
oh cher guineens maudits a jamais ...j`ai peur de l`avenir de ce pays..on ne poura jamais avancer avec des esprits de traitrises, opportunistes ....Le general sekouba a trahir son amis au profit de kdo francais ..mais dieu va payer cher ....
Souleymane Diallo, mardi 19 janvier 2010
Silence, si non tout ce que vous direz pourrait être utilisé contre vous.
Kaba Aboubacar, mardi 19 janvier 2010
Je me demande quels interets les enqueteurs de l`ONU ainsi que ceux de HRW ont a designer les personnes citees dams leurs rapports comme possibles coupables des evenements du 28 septembre et ne pas citer les organisateurs des dits evenements. Je n`en vois pas amoins que l`on ne soit de mauvaisre foi. Depuis quand exercer ses droits de manifester pacifiquement est devenu un crime contre l`humanite ? Comment peut-on appeler des gens dans un espace ferme pour tenir un meeting politique et se faire accuser de criminel ? Je ne vois pas egalement. De toute evidence, Dadis a voulu blaguer avec Dieu, et il l`a vu a ses depens. On ne peut pas jurer sur le Saint Coran et la Bible devant tout le monde et apres essayer de tromper Dieu en faisant le contraire de son serment sans voir cela de son propre vivant. Et c`est ce qui est arrive a Dadis. Sinon la tentative d`assassinat l`aurait emporter definitivement. Mais il est encore en vie pour voir l`humiliation dont il merite en retribution de l`humiliation dont il a fait gouter le peuple de Guinee pendant ses heures de folie. Ce n`est pas fini pour lui. Des qu`il sera en mesure de se presenter devant un juge, il le sera immediatement. La justice ne connait que la verite, rien que le verite. Celui ou celle qui ne veut pas cela ne peut qu`assister en spectateur impuissant(e). Inutile de defendre l`indefendable.
salimatou, lundi 18 janvier 2010
Ma soeur vous ne pouvez pas faire des organisateurs d`une marche pacifique coresponsable des violes et tueries du 28 septembre ils n`ont fait qu`exercer un droit qui leur est constitutionnellement reconnu d`ailleurs le bien fait de leur démarche est aujourd`hui palpable les guinéens recommencent à rêver la question de la candidature de Dadis est réglée on se serai jamais rendu la ou nous sommes si ces braves n`avaient pas oser. Que pensez-vous des femmes violées et les adolescents tués le 28 septembre Aujourd`hui les guinéens applaudissent les gestes du Général Sekouba ils auraient pu le faire pour Dadis si sa candidature n`était pas à l`ordre du jour Pour moi Dadis et tous ceux qui l`ont manipulé sont les vrai responsables des massacres du 28 septembre
keoulenba, lundi 18 janvier 2010
Les veritables acteurs du massacre du 28 septembre, sont ceux a qui cela profite maintenant. Il ya eu trop d`injustice et j`ai peur d`une trajedie divine qui va nous punir tous.
dannkoun, lundi 18 janvier 2010
Décidément il y a des guinéens qui ne savent pas assumer leur responsabilité. Pourquoi tendre la main à l’Europe pour des aides et la taxer d’ingérence quand elle rappelle des valeurs universelles comme les droits de l’homme? La Guinée peut-elle être un lieu de non droit parce que le droit est dit par un non guinéen. Les droits de l’homme sont inscrits dans la charte de « Kourou kan Fouga » régissant l’Empire du Mali dont nous aimons bien nous réclamer. Bien sûr que ces individus passibles du TPI sont à priori innocents selon une bonne lecture du droit, mais connaissent-ils le droit. Quelle chance ont-ils donné à leurs victimes pour la défense de leur opinion ? Leurs méthodes de justice sont bien illustrées sur Internet (cf. arrestation des partisans de Toumba). Heureusement qu’au TPI de La Haye on ne leur opposera pas le « pas de droit pour les ennemis du droit », pour parodier Saint-Just avec son « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». La démocratie et la justice ne peuvent être conjuguées au mode ou temps guinéen … elles ne connaissent que l’universalité. En tout cas un fait reste acquis, même si Dadis et sa horde ne sont pas reconnus directement coupables ils sont sans discussion responsables devant l’Histoire du massacre du 28 septembre 2009.
Abdoul.H, lundi 18 janvier 2010
Oui, tu peux dire que les organisateurs sont responsables, puisque, ton Dadis avait fini par transformer nos lieux publics en abatoire de ses propores populations.
TRAORE Blaise, lundi 18 janvier 2010
Sans entrer dans des problèmes éthiques;il faut reconnaitre que l`Afrique ne serait indépendante si toute fois les Africains ne prennent pas conscience du colonialisme qui sans cesse règne sur notre cher continent.Pourquoi l`ex-président américain n`est jamais accusé de crime alors qu`on sait combien de personnes sont tuées en Irak sans cause fondée? Quelle cour a jugé les acteurs de l`apartheid en Afrique du Sud? Des organisations qui ne sont utilisées que pour les faibles!! Peuple d`Afrique ;il est temps;il est temps....
Fabouya CAMARA, lundi 18 janvier 2010
La commission a belle et bien raison pour les massacres de crime contre l`humanite en situant les responsables : Capitaine Moussa Dadis , Moussa Thiegboro, Claude PIVI, Abdoulaye cherif DIABY Nous demandons la Guinee de ne pas pardonnent ces personnes.
Madiou, lundi 18 janvier 2010
Madame, je pense que vous perdez votre temps car les guineens ne sont pas aussi dupes. Vous faites l`avaocat du diable, en faveur de vos parents majoritairement responsables des crimes commis au stade le 28/09/09. La mauvaise foie se lit dans vos ecrits. Ainsi vous dites "le President de la Republique de Guinee": je vous demande de nous dire qui l`a elu a ce poste ? D`ou tire-t-il sa legitimite par parler au nom des guineens ? Ensuite, vous insuniez que pour etablir la verite il faudrait faire la reconstruction des faits. Sur ce point egalement votre mauvaise foi est sans ambage car vous savez bien que vos parents tueurs et violeurs des guineen(es) avaient pris soins de faire disparaitre certaines preuves materielles. Malheureusement pour vous, des preuves irrefutables ont permis aux enqueteurs de l`onu de parvenir aux conclusions qui accablent vos menteurs. Alors, mieux vaut de vous constituer avocat de la defense car ils repondront tot ou tard de leurs actes car ces crimes sont imprescriptibles, soyez en sure !
Sékou Oumar Camara, lundi 18 janvier 2010
Madame, une fois de plus, vous avez perdu l`occasion de vous taire pour toujours! Je ne connais pas vos états de service, ni vos talents particuliers, mais je doute fort que ayez des compétences suffisantes pour mettre en cause le rapport d`enquête des nations-unies et celui de HRW, tous deux produits par des personnalités dont la compétence et l`honorabilité sont au dessus de tout soupçon. Vous n`êtes pas seulement de mauvaise foi mais vous êtes sadique, voire masochiste. Vous n`auriez certainement pu identifier les véritables auteurs des crimes du 28 septembre que s`ils vous avez hachée, éviscérée ou violée! De quelle autorité morale ou intellectuelle vous prévalez vous pour remettre en cause des milliers de témoignages ou les conclusions d`une commission présidée par le grand Mohamed Bedjaoui. Madame, savez-vous qui est Mohamed Bedjaoui? Non, vous ne savez pas. Renseignez-vous. Quant à votre muse, le commandant Baldé, vous déformez volontairement le sens de ses propos. Le bonhomme est un spécialiste de la police judiciaire. Un des meilleurs, semble-t-il, de notre pays. Il a comparu devant la "commission nationale d`enquête" et s`est comporté en technicien. Tout ce qu`il a dit est techniquement vrai...mais, de là, à monter sur ces grands chevaux pour essayer de semer le doute dans les esprits faibles, il faut quand même oser. Madame, vous osez! Dommage que votre courage ne serve pas la vérité et le bien public. Vous préférez, pour des raisons subjectives d`ordre régionalistes et/ou pécuniaires, défendre l`indéfendable. Dommage pour vous parce que vous avez déjà perdu: la récréation est terminée!
Mike, lundi 18 janvier 2010
Les organisations internationales sont mises en place pour les pays européen plus les pays du nord américain. Elles n’accordent rien d’importance aux autres populations du reste de monde. Si l’Afrique veut avancer, elle doit se débarrasser de ses organisations et compter sur elle-même comme font les autres continents. Se sont ces organisations internationales qui sont à la base de tout le problème en Afrique. Ceux la qui dirige ses organisations n’ont pas d’autre blot, ils vivent grâce aux problèmes Africains. Le jour qu’il y aura plus problèmes en Afrique, ces gens seront ‘JOBLESS’ et ‘HOMELESS’. Donc ils feront tout pour opposer les Africains les uns contre les autres.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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