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Qui de SAGEM, ZETES et SMARTMATIC sera retenu pour l’exécution des opérations de révision des listes électorales? C’est la question que l’on serait tenté de se poser aujourd’hui. La République de Guinée, on le sait, est engagée depuis 1993 dans des élections présidentielles, législatives, communales et communautaires. Mais voilà que ces élections s’accompagnent d’une contestation de la part des acteurs politiques. Pour y remédier l’Union européenne et le système des Nations Unies ont financé à hauteur de 7 millions 200.000 euros la révision des listes électorales. Pour le faire, trois sociétés ont postulé pour avoir le volet révision des listes électorales. Mais, certains leaders politiques commencent à douter sur le choix de l’opérateur qui sera retenu ce jeudi 14 février. L’Union européenne et le système des Nations Unies ont mis la main à la poche pour la première phase des élections législatives programmées pour cette année 2008. Pour éviter des cas de fraude dans ce scrutin, l’heure est venue pour la Guinée de passer à la haute technologie informatique qui consiste à la saisie des données alphanumériques et biométriques pour l’émission de cartes d’électeurs infalsifiables. Dans ce contexte, le système des Nations Unies avait tenté un marché de gré à gré avec son principe fournisseur IAPSO (Inter Agency Procurement services office). Avec la vigilance du ministère de l’Intérieur, principal organisateur des élections, ce gré à gré a échoué laissant la place à la concurrence libre. Un leader politique que nous avons rencontré nous a confié qu’il n’était obligatoire de prendre des empreintes digitales des électeurs. Là, notre interlocuteur analyse que c’est une autre manière de mainmise sur la Guinée par les puissances étrangères : « Si les Européens ont l’empreinte digitale de tous les Guinéens, ils vont nous contrôler davantage. Sinon une photo suffit pour vérifier un électeur normal ou anormal. Dans les bureaux de vote, les gens ne contrôleront pas les empreintes ». Pour revenir au sujet, trois sociétés rompues aux techniques d’enregistrement des élections à savoir SAGEM (France), ZETES (Belgique) et SMARTMATIC (Venezuela) ont soumis leurs Kits à l’appel d’offre lancé par le PNUD et l’Union européenne. Ces Kits ont été expérimentés dans les sites des communes de Kaloum (Lycée 28 septembre) et de Matam (Ecole primaire de Bonfi). Après l’opération, les données de ces tests ont été envoyées aux Etats-Unis à des fins d’analyse. Cependant, des doutes demeurent chez certains observateurs quant à la transparence dans le choix. Ces mêmes observateurs commentent que des tractations seraient en cours au sein du système des Nations Unies et l’Union européenne, mais également du gouvernement, dans le seul objectif de préférer une société au détriment d’une autre en défiant les critères contenus dans le cahier de charges qui exige notamment la résistance et l’imperméabilité des Kits. D’ailleurs, lors du test sur ce dernier critère, l’une des sociétés a vu son Kit prendre de l’eau. Nombreux sont les observateurs présents à ce test qui attendent les résultats pour se rassurer si la transparence est de mise au niveau des Nations Unies et de l’Union européenne, car cette société était déjà disqualifiée avant la seconde phase du test qui s’est déroulée à Kaloum et à Bonfi. Les évènements de Janvier et de Février 20017 exigent des élections transparentes réclamées par tout le peuple au prix de son sang. Mais à l’allure où les choses vont avec des doutes qui commencent à planer sur les bailleurs de fonds, la Guinée risque de connaître le revers de la médaille rien que par le choix de la société qui aura la lourde tâche de réviser les listes électorales. Dans les conditions normales, le résultat du test est attendu pour ce jeudi 14 février 2008. Aly Badara Condé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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