lundi 26 janvier 2009
Qui est le nouveau ministre à la présidence chargé du contrôle d’Etat ?
Bangaly Condé « Malbanga »

Véritable sphinx de l’Administration guinéenne, Al-Hassan Onipogui, appartient à cette nouvelle classe d’intellectuels guinéens intègres, patriotes et incorruptibles, qui piaffent d’impatience d’être aux affaires afin de mettre à profit leur compétence. 

C’est pourquoi le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est entrain de recruter ici et là, pour mettre en pratique, ce qu’il convient d’appeler désormais, la perestroïka guinéenne.

Le choix de ce fils de couple d’instituteurs, n’est pas fortuit. Il est assorti de plusieurs critères : la probité intellectuelle, l’expérience et le patriotisme. Comme quoi en politique, rien n’est fait au hasard, encore moins le choix des hommes.

Longtemps pressenti ministre, mais toujours écarté par cette ancienne classe qui avait fait du clientélisme et du favoritisme les seuls critères de choix, Al-Hassan Onipogui qui devient finalement le nouveau Ministre à la présidence chargé du Contrôle d’Etat fut un brillant étudiant, courageux, humble et surtout sérieux.

Le parcours de ce spécialiste en Administration Publique (option économique et financière) et Consultant en Management Public, ne souffre d’aucune ombre, il est exhibé ici à la face de ceux qui douteraient encore de sa capacité.

Né le jour du réveillon, le 31 décembre 1960 à Macenta, titulaire d’un Master II en Didactique du Management Public en 1997 à l’Université de Québec (Canada) et d’un Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) d’Inspecteur des Douanes en 1993 à Neuilly (Paris), Onipogui, avant de s’envoler pour le Maroc en 1986 où il décrochera un diplôme de maîtrise en Economie et Finances en 1990 à l’Ecole Nationale d’Administration Publique (ENAP) de Rabat, préparera d’abord deux DEUG : l’un en Sciences Maths en 1984 et l’autre en Philosophie et Sociologie, en 1986 à l’Université de Conakry.

Sur le plan professionnel, ce père de famille de trois enfants, recruté au Ministère des Finances où il occupera le poste d’Inspecteur Général des Finances de 1992 à 1998, se fera remarquer et admirer par ses supérieurs hiérarchiques qui ne tarderont pas d’ailleurs à le nommer en 1998, comme chef de la Division Comptabilité, Centralisation et Synthèse des Dépenses et Recettes de l’Etat à la Direction Nationale du Contrôle Financier. C’était le début d’une véritable ascension.

Ainsi de 2002 à 2003, il dirigera la Direction des Affaires Administratives et Financières du Ministère des Travaux Publics et des Transports, avant de devenir l’Inspecteur Général du Ministère des Mines de la Géologie et de l’environnement. Le dernier poste qu’il occupera avant d’hériter le Ministère du Contrôle d’Etat, le lundi 19 janvier 2009.

Al-Hassan Onipogui fera aussi beaucoup de stages pratiques à l’étranger, mais ici on ne retiendra que les principaux : 

En 1996, il effectuera un stage de formation à l’Université de Québec Canada à l’Ecole Nationale d’Administration Publique (ENAP) où il suivra un Programme Intégré de Management pour Cadres Etrangers (PIMCE) qui sera sanctionné par un Certificat en Management en Appui aux reformes Administratives.

En 1998, c’est l’Institut International d’Administration Publique (IIAP) qui l’accueillera pour l’obtention d’un certificat de Spécialité en Contrôle et Evaluation de la Gestion Publique. 

Le dernier stage pratique fut celui de l’Institut Multilatéral d’Afrique. Un institut parrainé par le FMI, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement (BAD) basé à Abidjan en Côte D’Ivoire.

Rigoureux et discipliné, Al-Hassan, qui a failli être poète comme son père, a bénéficié de beaucoup d’échanges d’expériences tant à l’extérieur qu’en Guinée. 

Ainsi en 1993, il participera aux Enquêtes douanières, Brigade des stupéfiants (Paris, Bruxelles, Amsterdam) et à un Stage d’application pratique à l’Ecole Nationale des Brigades de Douanes de la Rochelle.

Puis en 1996, deux autres Stages d’application pratique : l’un auprès du Vérificateur Général du Québec (Canada) et l’autre auprès du Contrôleur Financier du Québec (Canada)

Enfin en 1998, il se rendra en France pour des Echanges d’expériences avec le Contrôleur Financier de Amiens.

Les expériences professionnelles acquises dans le cadre de son travail sont légions 

1992 - Analyse et simplification du circuit d’exécution des dépenses de l’Etat (suivant recommandations de la Banque Mondiale)

1993 - Audit des fonds de contrepartie (Directions du Budget, du Trésor, des Investissements publics, Banque Centrale) en rapport avec le Cabinet d’Audit Cooper,

1994 - Contrôle fiscal des grandes Entreprises et Banques de Guinée,

1995 - Contrôle des recettes consulaires au niveau des Ambassades,

1996 - Contrôle général des opérations de recettes et de dépenses au niveau des postes comptables centraux et préfectoraux, 

1996 - Contrôle systématique des Bureaux de douane ; Port, Aéroport, Hydrocarbures, Régimes économiques, Kamaran. (20 000 déclarations en douane auditées),

1997 - Elaboration du Programme cadre de réforme administrative en Guinée en rapport avec l’ACDI et l’ENAP de Québec ;

1997 - Audit des comptes du Trésor ; Mission spéciale du FMI (56 000 pièces de dépenses apurées) ;

1998 - Membre de la cellule de mise en place de la chaîne de dépenses informatisée au Ministère de l’Economie et des Finances,

1998 – Animateur du séminaire de formation des DAAF et Chefs de Projets des Départements ministériels aux principes de la comptabilité publique et du droit budgétaire appliqués à la chaîne informatisée de dépenses ;

1999 - Echange d’expériences à l’Université Keller Graduat School of Management (Los Angeles Californie) ;

2000 - Animateur associé avec L’ENAP de Québec du séminaire de formation des Secrétaires Généraux et des Directeurs de Cabinets sur « le changement et la gestion du changement dans un contexte de réforme » ;

2002 - Animateur du séminaire de formation des Gouverneurs, Préfets et Administrateurs de crédits sur la mise en place du contrôle financier local et la passation des marchés publics au niveau déconcentré ;

2002 -Personne ne ressource dans le cadre de l’élaboration du programme Education pour tous (EPT-PA, Fast track) en collaboration avec la Banque Mondiale.

2002 – Conseiller en Finances Publiques auprès du Ministre Directeur du Cabinet particulier du Président de la république.

2003 – Rapporteur de la Commission chargée de l’Audit Général des Sociétés Minières en République de Guinée (CBG, CBK, ACG, SAG, SEMAFO, AREDOR, SMD, FRIGUIA) ;

2004 – Chef de mission chargé de l’élaboration des études de faisabilité du grand Projet LEFA CORIRIDOR de la Société Minière de Dinguiraye (SMD) avec les Cabinets RGS GLOBAL, KNIGHT PIETSOL, LYCOPODIUM à Perth en Australie pour la construction d’une usine de production d’or de classe mondiale d’une capacité de 320 000 onces par an et pour un investissement de 150 millions de dollars ;

2004 – Coordonnateur de l’Audit sur l’évaluation technique, juridique et financière des Sociétés ACG SA, ACG MI et FRIGUIA de production d’alumine en collaboration avec les Cabinets FFA Ernst & Young, White & Case, Hatche ;

2004 – Rapporteur du Comité des Experts du Gouvernement chargés de l’évaluation des Conventions Minières ;

2005- Membre du Comité des Experts chargés de l’évaluation du projet de GLOBAL ALUMINI pour la construction d’une raffinerie d’alumine d’une capacité de production d’environ deux millions de tonnes par an et pour un investissement de deux milliards deux cent millions de dollars ;

2006 - Chefs de la mission d’évaluation juridique, technique et financière de la Société Friguia auprès des Cabinets SOKOLOV & MERCADIER, WITHE & CASE, HATCH, FFA ERNST & YOUNG ;

2007 - Président de la Commission Interministérielle chargée de la préparation des termes de références dans le cadre de l’audit de gestion de sept (7) Sociétés Minières des filières bauxitique, alumine, aurifère et diamantifère .

En plus de ses hautes fonctions de responsabilité, le nouveau ministre a glané aussi quelques titres subsidiaires :

 1996 : Chef du sous - programme Finances Publiques pour le Programme Cadre de Réforme administrative en Guinée (PC) ;

1998 : Formateur des formateurs, membre de la Cellule de Formation en Management Public (CEFORMAP),

1999 : Membre du Conseil d’Administration du Réseau Africain des Formateurs en Management Public (RAFMAP siège Abidjan RCI),

1999 : Membre du Conseil d’Administration de la médecine du travail.

2003 : Membre du Comité Technique de la Société Minière de Dinguiraye SMD

2007 : Membre du Comité d’audit de la Compagnie des Bauxites de Guinée.

Al-Hassan Onipogui fera des recherches universitaires sur des thèmes comme : « Pour un contrôle exhaustif du processus d’exécution des lois de finances au Maroc, Rabat, juin 1990 » sous la direction du Docteur Bernoussi Professeur à l’ENAP de Rabat, Conseiller Financier du Roi Hassan II en 1990.

« Les incidences socio économiques de l’Acte Unique Européen sur les relations ACP/ CEE », Paris juin 1993, sous la direction de Jacqueline QUSTACH.

« Le Contrôle Financier Local et la procédure de passation des marchés au niveau des administrations financières déconcentrées », avril 2002.

Malgré les innombrables préoccupations de ce fonctionnaire exceptionnel qui connait désormais tous les rouages de l’administration guinéenne, il était Chargé du cours de droit fiscal et de politiques économiques à l’Université de Conakry (1995 – 1997), fut Président de la Fédération Guinéenne de taekwondo (1997-1999) et Membre fondateur de l’ASEGUIM (Association des Anciens Etudiants et Stagiaires Guinéens du Maroc).

A n’en pas douter, ce parcours montre à suffisance la compétence et l’expérience de l’actuel ministre à la présidence chargé du contrôle d’Etat qui était resté longtemps sous l’ombre des caciques de la deuxième République. Le choix de cet administrateur hors pair, ouvre ainsi la voie à l’application d’un nouveau système de recrutement que veut prôner la junte militaire : le « Merit System ».

Autant dire, qu’avec l’avènement du CNDD au pouvoir en Guinée et après l’opération « main propre » qui vient de commencer, plusieurs jeunes intellectuels qui ont passé des années sur le pavé ou relégués au second plan, auront désormais l’opportunité de faire valoir leur compétence dans la haute sphère de l’administration guinéenne. Telle est la volonté du Président Moussa Dadis Camara.

Bangaly Condé « Malbanga »
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
FACELY II MARA, mercredi 28 janvier 2009
Je profite de l`occasion pour féliciter M. le Ministre. Je le connais bien. Je témoigne que son CV correspond à la réalité. J`ai fait le Canada avec lui. Je sais ce qu`il a valu au cours de nos différentes formations. Il y a de quoi être fier de lui. En outre, il faut que l`on cultive la pratique de la connaissance de nos dirigeants à travers, entre autres, leur CV. Comme il est si bien fait ici. Il est vrai que le diplôme ne confère pas la compétence au sens canadien du terme c`est à dire les habiletés, le savoir faire, les aptitudes à ... Pour l`avoir pratiqué, je puis dire qu`il sera à la hauteur des défis qui l`attendent. Bonne chance M. le Ministre.
dubalaye, mardi 27 janvier 2009
a quoi sert les comptences dans un environement culturel et politique malsain et impropre a la remise en question qualitative. halte a la grioterie alimentaire.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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