mercredi 30 septembre 2009
Quelle perspective politique pour la Guinée après ce carnage du 28 Septembre 2009?

Le pouvoir, en Afrique noire en particulier, rend stupide et paranoïaque, détournant les leaders des objectifs de développement macroéconomique. Robert Gabriel Mugabe du Zimbabwe, à 85 ans veut s’éterniser au pouvoir après 22 ans de règne sans partage; Abdoulaye Wade du Sénégal, malgré ses 83 ans, a pris goût au pouvoir et pense à se présenter aux élections présidentielles de 2012; Mohammar Khadafi de la Libye est au pouvoir depuis 40 ans, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée Equatoriale 30 ans, José Eduardo dos Santos de l’Angola 30 ans, Paul Biya du Cameroun 29 ans, Denis Sassou Nguesso du Congo 25 ans (battu aux élections par Pascal Lissouba en 1992, Il reviendra au pouvoir le 15 octobre 1997 à la suite d’un coup d’Etat), Yoweri Museveni de l’Ouganda 23 ans, Blaise Compaoré du Burkina Faso 22 ans, pour ne citer que ceux-là, et tous ont un bilan économique catastrophique. Plus les chefs d’Etats Africains durent au pouvoir, plus ils se croient indispensables, deviennent paranoïaques alors que la population en a mare d’eux. Que de maux dont souffre ce beau continent dont les filles et fils ont soif de liberté - pour ne pas dire de démocratie - et d’opportunités pour enfin affirmer leur humanité.

La Guinée, ce pays aux atouts et aux potentialités innombrables, que de rêves et d’espoirs brisés par ses propres fils aux lendemains de l’indépendance, de la prise du pouvoir par le CMRN, et de l’avènement du CNDD au pouvoir. Alors quelle perspective politique pour ce pays suite aux événements de ces deux dernières années et dont la plus récente remonte au 28 septembre 2009? A mon sens, la responsabilité nous incombe à tous de tirer les leçons de ces massacres et de trouver des solutions objectives de sortie de crise. Vue la complexité de nos sociétés et la configuration ethnique de nos partis politiques ainsi que les conséquences qui en découlent, j’estime que nous devons jouer la carte de l’unité, de la solidarité, et de la justice au propre sens du mot en vue de combattre la dictature et le carnage de nos populations. Nous avons encore nos yeux pour pleurer nos morts et nos mains pour sécher nos larmes comme il est de coutume, mais à ce rythme nous risquons de vider le pays de sa chaire et de son capital humain local comme se fut le cas pendant le régime défunt de Sékou Touré.

La constitution Guinéenne ne reconnaissant qu’un président à la fois, il est temps que les leaders des partis politiques réalisent qu’ils ne peuvent pas tous être présidents et qu’il serait souhaitable qu’ils s’unissent pour trouver une solution de sortie de crise. Ces filles et fils du pays qui ont manifesté au nom du changement, sans aucune considération politique ou ethnique, et qui ont été massacrés auraient pu être les leurs. Mais chapeau aux leaders politiques qui ont participé à la manifestation. Ils ont incontestablement fait preuve de courage et de dignité à la hauteur des attentes de la population, car il faut savoir se sacrifier pour son pays, sans aucun repli politique, identitaire ou ethnique, si l’on souhaite briguer la magistrature suprême. Nous devons tirer les leçons des régimes défunts et nous souvenir des massacres au Liberia et en Sierra Leone, pour ne citer que ceux-là. Sauvons notre pays du chao et affirmons enfin notre humanité dans l’unité.

Au passage, j’adresse mes condoléances les plus attristées aux familles des victimes.

God bless Guinea


Thierno A. Bah


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
bah, mercredi 30 septembre 2009
c simple bougier dadis, le cndd et les sages, je parle des ces fameux religieux

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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