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Point de surprise, il ne peut en être autrement pour Souaré. L’attente d’une éventuelle sortie de la scène n’est plus qu’une question de patience.
Le locataire de la primature n’est certainement pas l’homme de la situation, celui qui peut apporter un léger mieux dans les conditions difficiles des populations guinéennes.
Son entrée en scène n’aura, en définitive, rien changé, sinon que les dépenses de l’Etat semblent avoir connu des dépassements, en termes de sortie de fonds. Bien sûr qu’à ce rythme, l’équilibre recherché sera difficilement atteint. Quand, pour sauver les casseroles, ce qu’il lui reste de marge de manœuvre ne lui permet presque plus de se tenir droit dans ses souliers. Alpha Kéira mettra de l’ordre dans les affaires de l’Etat et empêchera tout ce qui peut être de nature à nuire au bon fonctionnement des institutions. Il est tout à fait clair que Souaré vit difficilement son étouffement et cela, depuis l’arrivée de l’homme dont il avait refusé l’entrée au gouvernement pour toute autre raison que celle répondant à la mesure de mise à l’écart des anciens ministres dans la nomination du gouvernement dont, lui, ancien ministre, est encore le chef, malheureusement de plus en plus contesté. Souaré ne porte plus que le manteau d’un premier ministre dont il ne peut plus jouer librement le rôle, même s’il s’efforce d’en afficher l’apparence, lors du conseil de ministres devenu une difficile randonnée pour lui, du fait de la prédominance, sur l’ensemble de la salle, de Kéira qui ne cautionne ni les décisions complaisantes ni les abus.
Le ménage n’aura duré que le temps pour Souaré de se conformer à la nouvelle donne : à savoir que de la primature à la présidence de la république, il y a une marche à gravir. Voilà ce qui semble lui avoir échappé. Le ménage est au bord de la rupture. Pourtant, Souaré ne veut être dépourvu de ce qui lui paraît relever de ses charges de chef d’un gouvernement dont Kéira, jusqu’à preuve du contraire, est membre. Mais pas n’importe lequel, puisque l’entrée en scène d’Alpha Ibrahima Kéira relève de la volonté exclusive du président de la république, pas de la proposition du premier des ministres.
Thierno Dayèdio Barry Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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