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Les incertitudes règnent aujourd’hui concernant le véritable détenteur du pouvoir en Guinée. La première intention du Général Konaté, c'est-à-dire la volonté d’organiser des élections dans un délai raisonnable lors de son discours du 23 décembre 2009, suscite des lueurs d’espoir. Mais malgré cette annonce, la vigilance doit être de mise.
Les Guinéens doivent-ils faire confiance et adopter une attitude passive vis-à-vis du Général Konaté ?
Deux événements nous conduisent à répondre par la négative : il s’agit des coups d’Etat du 3 avril 1984 et du 23 décembre 2008. Dans les deux cas, le peuple avait légitimement cru sur parole et le résultat catastrophique se passe de tout commentaire.
Il est donc indispensable d’agir immédiatement à l’intérieur de la Guinée pour mettre la junte face à ses responsabilités. Le CNDD est aujourd’hui affaibli, notamment depuis la tentative d’assassinat de son chef et la mise en cause de ses principaux responsables par la commission d’enquête internationale. Mais, l’accélération de la suite des évènements dépend en grande partie de la mobilisation des Guinéens.
Les intentions annoncées par le Générale Konaté, c'est-à-dire le respect des engagements initiaux du CNDD, correspondent-elles à sa véritable volonté ?
La réponse à cette question dépend essentiellement de notre attitude. Si nous restons dans la passivité nous pourrons soit tomber sur un Amadou Toumani Touré, soit tomber sur un Robert Guei. Autrement dit il faut compter sur la chance et force est de constater qu’elle a très rarement souri à la Guinée dans le domaine politique.
Par contre, une mobilisation forte de l’ensemble des Guinéens unis et organisés, nous conduira très certainement vers la voie de la démocratie.
Cette mobilisation est importante pour deux raisons principales : tout d’abord elle serait une nouvelle démonstration de l’adhésion de l’immense majorité des Guinéens à l’action menée par les forces vives après la tragédie du 28 septembre 2009. D’autre part, si le général Konaté souhaite véritablement changer les choses, il pourra utiliser cette mobilisation pour convaincre ses frères d’arme de la nécessité de respecter leur engagement initial c'est-à-dire organiser les élections libres et transparentes auxquelles les membres du CNDD et du gouvernement ne participeront pas.
L’histoire nous enseigne que les peuples progressistes sont ceux qui ont appris à se battre pour le bien être de toute la collectivité. La Guinée n’échappe pas à une telle logique .Tous les Guinéens épris de justice et de liberté ont le droit et l’obligation de se faire entendre pour le triomphe d’une démocratie véritable.
Pour finir, je souhaite à tous les Guinéens, une année 2010 pleine de liberté et de démocratie.
Khadra Malick Diaby Chargé de cours de droit et de fiscalité à Paris Graduate School of Management
www.guineeactu.com
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