samedi 7 mai 2011
Quel secteur privé pour la Guinée
Mamadou Cissé

Pour changer un peu l’atmosphère du débat ethnico-politique, je vous propose de débattre du secteur privé en Guinée. Pour des raisons de déplacement à l’intérieur, je propose en avant-gout ce texte daté de 2008, dont certains points me paraissent d’actualité, à l’époque de la bataille entre Youssouf Diallo et Mamadou Sylla pour le contrôle du patronat Guinéen. Bonne lecture.

 

Conakry, le 15 février 2008


POUR UNE REDYNAMISATION DU SECTEUR PRIVE GUINEEN ?

Première partie

Le triomphe du capitalisme et l’essor des échanges internationaux font du secteur privé le moteur de croissance de plusieurs pays. Le président Français qui a compris cette réalité passe l’essentiel de ses voyages à l’étranger à faire la promotion des entreprises de son pays (Areva, Airbus, Bolloré, Thalès,...). Il a compris que la compétitivité d’un pays se mesure dorénavant par la valeur ajoutée que créent les entreprises ayant leur siège sur son territoire. Les zones d’influence dépendent maintenant des parts de marchés. Plus que jamais la concurrence Système Francophone vs Système anglo-saxon reste de mise. Le dernier chassé croisé des présidents Bush et Sarkozy dans les pays du golfe en est une illustration notoire.  François Mitterrand ne disait-il pas à propos de la concurrence avec les USA, « La France ne le sait pas, mais nous sommes en Guerre contre l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre sans mort... ».


Et l’Afrique?

Que font les Etats Africains dans ce nouvel ordre pendant que les autres régions continuent leur progrès (Asie, Europe de l’Est et Amérique latine) ?  S’il est vrai que l’Afrique continue, à renvoyer l’image d’un continent condamné aux guerres fratricides (Tchad, Soudan, RDC) et aux processus électoraux chaotiques (Kenya), il est à relever tout de même que des progrès sont en train d’être faits dans certains pays en matière de création de richesse. L’Afrique du sud, la Tunisie, le Kenya jusque récemment, le Ghana, les Seychelles, l’Ile Maurice, le Botswana, ... sont des pays qui font honneur à l’Afrique dans ce domaine. Des leaders visionnaires africains ont compris que malgré l’essor des économies asiatiques, le temps de l’Afrique n’est pas loin. L’élévation du niveau de vie en Asie poussera les habitants à plus d’exigence en matière de salaires ; incitant ainsi les entreprises à trouver de nouvelles destinations en terme de délocalisations. La situation géographique favorable de l’Afrique fera le reste si les obstacles en matière de gouvernance et d’infrastructures sont levés.


ET LA GUINEE DANS TOUT ÇA ?

A la lumière de ce qui précède, l’on est en droit de se demander ce que fait notre pays pour relever les défis de la nouvelle économie et particulièrement en ce qui concerne le dynamisme du secteur privé. Cette question, à notre avis, mérite d’être analysée sous 2 aspects :

Que fait l’Etat Guinéen pour faciliter la mise en place d’un secteur privé porteur de croissance et de création de richesses pour le pays?

Quel est l’état des lieux en matière de secteur privé dans le pays ?

Chacun de ces 2 aspects du problème mérite d’être élucidée séparément. Dans cette première partie nous analyserons la première problématique tandis que la deuxième sera abordée ultérieurement.


I. Que peut faire l’Etat pour rendre le secteur privé Guinéen dynamique :

La Guinée continue à faire partie de ce lot de pays dont le handicap vient certainement de la forte clémence de dame nature à leur égard. Malgré l’espoir de changement suscité en 2007, les politiques gouvernementales continuent d’être guidées par les mégaprojets miniers dont l’impact reste invisible sur les populations. On a vu les présentations du PM au séminaire de Paris consacré à la promotion de la destination Guinée en matière d’investissement. Notre pays y est décrit comme un réservoir de ressources naturelles inépuisables à la portée des multinationales.

Par ailleurs, l’histoire politico-économique du pays montre que l’on est passé du système dirigiste au libéralisme dans des conditions que beaucoup ont qualifiées de « sauvage ». Loin de nous l’idée de remettre en cause cet acquis majeur du CMRN ; seulement le constat est que seuls les gros commerçants et certaines PME de Bâtiments et Travaux Publics (BTP) et de pêche ont réellement tiré profit du libéralisme guinéen même si ces dernières années le secteur des services connaît une certaine vitalité (sociétés de transit, petites imprimeries, tours de voyages, ...). La question qui se pose aujourd’hui est de savoir ce que l’Etat Guinéen doit faire pour favoriser l’essor d’un secteur privé dynamique. Certes, la question est très vaste et l’Etat ne peut pas se substituer aux opérateurs économiques (comme ce fut la cas à une période de notre histoire récente), mais il est possible de dégager quelques axes de réflexion. Nous donnons ci-dessous nos propositions qui n’ont pas la prétention d’être exhaustives.


1. Au niveau intérieur :  

a.      La nécessité de trancher sur le bicéphalisme au niveau du patronat : ce qui arrive est très regrettable car cette lutte des clans nuit au pays tout entier. Pendant que l’ambassadeur des USA rend visite au groupe de Youssouf DIALLO et leur dit « Je suis ici pour écouter les perspectives commerciales en Guinée. Votre groupe est la représentation de tous les secteurs économiques et sociaux » (lynx du 4 février 2008), celui de la chine est reçu par Mamadou SYLLA, présenté comme président du patronat et de la FOPAO, pour parler de l’organisation d’un forum économique avec les opérateurs économiques de la CEDEAO. Les Guinéens ont réussi à diviser la famille des diplomates et chaque camp profite de ses soutiens pour affûter ces armes. Qu’on ne se voile pas la face, la préoccupation actuelle de ces 2 groupes est de gagner le duel et non de promouvoir le secteur privé Guinéen. Ce qui fait le plus mal, c’est le double jeu du Gouvernement. Lors des assises de Paris sur la promotion des Investissements en Guinée, l’on a vu Mamadou SYLLA dans la délégation. Quand il s’est agi de trouver une solution à la menace de grève du 10 janvier 2008, c’est plutôt à Youssouf DIALLO qu’on a fait appel. C’est de la cacophonie en l’air. Le Gouvernement Kouyaté qui était très attendu sur la question, n’a pris aucune initiative concrète pour dénouer cette affaire. Comme il n’est jamais tard pour mieux faire, il gagnerait mieux à régler ce contentieux au lieu de laisser pourrir la situation. Une commission neutre pouvait prendre contact avec les mandataires de manière très confidentielle pour se faire une idée de la légitimité des uns et des autres même si le plus important était de savoir quel est le groupe qui a été régulièrement désigné. Si l’Etat ne peut trancher alors il n’a plus qu’à autoriser la création d’autant de patronats que les opérateurs économiques le désireront.

b.      L’appui en formation et encadrement pour les PME et le secteur informel : comme la plupart des pays en développement, l’économie guinéenne est dominée par le secteur informel. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment formaliser les différents secteurs afin de permettre à l’Etat d’augmenter ses revenus fiscaux. A ce niveau, il faudrait qu’on accepte de donner certaines incitations en matière de fiscalité. C’est très difficile à un débutant qui peut faire 6 à 7 mois à la recherche des premiers contrats d’être soumis au même régime que les anciens. Pour des prestataires qui sont dans l’informel, il s’agit de leur montrer les avantages qu’ils ont à se mettre en règle vis-à-vis de la réglementation (accès à des marchés plus importants, possibilités de développement, formation,...). En pratique, il est possible de choisir 10 jeunes qui sont dans l’informel (Pharmacie « par terre », petit cyber de quartier, BTP, Transit, Ramassage d’ordures,...) et de les appuyer (exonération fiscale pour un an, formation, montage de Business Plan et facilités de crédit,...). L’autre solution est le renforcement des PME, surtout dans le domaine des BTP où il manque des entreprises crédibles et possédant des équipements.

c.      La relance de la petite industrie : il serait mieux de faire des états généraux sur la question. La plupart des industries qui ont été fermées peuvent être reprises par des opérateurs nationaux après un encadrement et une bonne analyse des dossiers de reprise. Je pense entre autres à la briqueterie de Kankan (le pays n’est-il pas en chantier actuellement), l’huilerie de Dabola,...D’autres peuvent voir le jour dans le secteur de l’agroalimentaire ou de l’égrenage de coton dans la zone de Kankan, ... Bien sûr que la question d’électricité est le facteur bloquant dans l’industrialisation de la Guinée. Mais il vaut mieux avoir un planning précis qui sera exécuté au fur et à mesure de la disponibilité des facteurs de production. On peut aussi relancer le secteur du transport en s’inspirant de la réussite de la SOTRA en Côte d’Ivoire malgré la crise dans ce pays. La solution peut être la création d’une société mixte en Guinée en tirant toutes les leçons de l’échec de Sogetrag. Pour ce qui est du transport aérien, nous avons tous suivi la privatisation de Air Guinée avec les conséquences qu’on connaît aujourd’hui. Nous sommes l’un des rares pays à ne pas avoir de compagnie aérienne ne serait-ce que pur des questions de souveraineté (déplacement du PM ou du président, pèlerinage, voyage des équipes nationales,...). Les études de faisabilité de ces dossiers peuvent être réalisées par les services publics et les dossiers rentables présentés à un panel  d’opérateurs Guinéens et ou étrangers. L’Etat pourrait faire ce sacrifice de préfinancement et se faire payer les honoraires à un coût modéré par les repreneurs ; l’important pour lui étant la création d’emplois et de richesses sur son sol.

Un des secteurs porteurs aujourd’hui est l’industrie touristique avec la mobilité des personnes et des biens. Nous sommes l’un des rares pays où les chiffres officiels sur le tourisme ne peuvent être communiqués. Combien de touristes recevons-nous par an ? Comment améliorer ce chiffre en se fixant des objectifs à atteindre ? Le Sénégal reçoit 700 000 touristes d’affaires actuellement et compte amener ce chiffre à 1 500 000 dès 2010. Quels sont les chiffres Guinéens en la matière. Etant donné que le thème officiel du dernier sommet de l’UA était l’Industrialisation de l’Afrique, le PM Kouyaté pourrait certainement nous donner quelques indications de sa politique d’industrialisation.

d.      Mise en place de structures pérennes : il s’agit de faire un audit de la chambre de commerce de Guinée pour une éventuelle restructuration conformément aux défis actuels. En matière de création d’entreprises, un centre d’orientations permettrait d’éviter à ceux qui tentent l’aventure de faire des échecs que nous connaissons aujourd’hui. Ces petites PMEs doivent retenir l’attention du gouvernement car elles créent en général plus d’emplois que les grandes firmes. En France par exemple plus de 90% des emplois du secteur privé sont crées par des PMEs et TPE (Très Petites Entreprises).

e.      La préparation du pays à la concurrence : pendant que Me Abdoulaye WADE crie sur tous les toits son refus des APE (Accords de Partenariat Economique) proposés par l’Europe à ses amis ACP sur injonction de l’OMC, on ne connaît toujours pas la position officielle de la Guinée. Certes, il est d’abord nécessaire de savoir quels sont les produits Guinéens sensibles. Vu que l’échéance est proche (décembre 2008), il vaut mieux traiter cette question avec tout le sérieux que cela requiert. Les APE peuvent être qualifiés « de pilule amère » comme le dirait Laurent Gbagbo. L’essentiel est qu’au finish les entreprises africaines soient compétitives et c’est ce qui est le plus important en cette période de mondialisation. Donc la question pour nous n’est pas d’épiloguer sur la nécessité des APE. L’Etat doit aider le secteur privé à tenir le choc de la concurrence. Les opérateurs économiques doivent être informés sur les tenants et aboutissants de cette reforme exigée par l’OMC et bien conseillés pour les mesures à prendre. Si les autres pays travaillent sur cette problématique avec sérieux, en Guinée on a juste fait un séminaire de réflexion sur le thème en mettant le secteur privé (premier concerné) à l’écart. Cela s’appelle de la légèreté. Il est temps de rectifier le tir à ce niveau et de mettre en place une commission qui traitera de la question. Notre proche avenir en dépend.

f.        La reforme du système éducatif pour l’adapter aux besoins de l’économie : Les industriels ne peuvent pas venir avec tous les cadres dont ils ont besoin. Il est temps de partir des besoins en Ressources Humaines des 15 à 20 ans à venir (Public comme privé) pour revisiter nos programmes d’enseignement, sinon ce sont les ressortissants des pays voisins qui viendront rafler les postes importants sous nos yeux. Dans le sillage, il ne serait pas mal de créer au niveau de la faculté de Gestion des programmes de Master (Entrepreneuriat, Finance d’Entreprise, Marketing Industriel....) et des programmes de formation continue ouvert sur le monde des affaires.

g.      Le renforcement de l’Etat de droit, l’indépendance de la justice et la fin de l’impunité : cette trilogie est une condition sine qua non de l’afflux des investisseurs dans un pays. Il est temps que les hommes de droit mettent de l’ordre dans leur secteur car ce sont eux qui seront les premiers gagnants si les volumes d’activités augmentent. Ils doivent faire leur introspection et donner une nouvelle image de leur secteur. C’est vrai qu’on a adhéré à l’OHADA et qu’on a les bons textes mais cela doit toujours s’accompagner par une bonne pratique judiciaire.

h.      L’amélioration des infrastructures de communication et de la fourniture d’électricité : Nous ne reviendrons pas sur l’intérêt des infrastructures dans la redynamisation des affaires car cela se passe de commentaires. A notre avis il serait tout de même important d’agrandir le port et l’aéroport de Conakry et de les mettre aux normes internationales surtout sur les plans sécuritaire, hygiénique et environnemental. Avec le boom des échanges commerciaux, les infrastructures portuaires prennent un poids stratégique dans les pays côtiers de la région. Nous devons participer à cette compétition et faire des yeux doux au Mali avec en arrière plan plus d’activités pour les chargeurs, transporteurs et transitaires installés en Guinée.

i.        Renforcer les systèmes de prêt aux entreprises : à cause du faible accès des opérateurs aux crédits bancaires, l’Etat doit lancer un projet d’emprunts obligataires au niveau de la BCRG. Ce nouveau produit financier permettra aux ménages, aux particuliers et aux opérateurs économiques de tirer chacun son épingle du jeu. En l’absence de bourse, c’est une meilleure façon de canaliser l’épargne nationale, de la mettre à la disposition de l’économie nationale en donnant une visibilité et une surface financière plus grande aux entrepreneurs Guinéens. La zone BCEAO l’expérimente déjà avec succès.   


2. Sur le plan extérieur :

a.      En premier lieu, il est nécessaire de redynamiser notre diplomatie et de la mettre au service de notre économie. Il serait mieux indiqué de doter les missions économiques de nos ambassades en moyens logistiques pour leur permettre de faire leur travail de valorisation de la Guinée auprès des investisseurs. On peut commencer avec l’Afrique du Sud pour l’Afrique Australe, le Maroc pour l’Afrique du Nord, Dubai pour les Etats du Golfe, la Chine, l’Inde, la Malaisie pour le reste du sud-est Asiatique, la France et la Belgique (pour l’Europe), les USA (Amérique du nord) et le Brésil pour l’Amérique latine.

b.      Nous devons aussi avoir l’ambition d’organiser certaines rencontres internationales dont les retombées en matière d’infrastructures, de Business et de création de petits boulots n’est plus à démontrer. Le Burkina Faso et le Mali ont profité de l’Organisation de la CAN et des sommets France/Afrique ou de la Francophonie pour se doter d’infrastructures modernes avec des retombées positives pour les entreprises locales. La cité Ouaga 2000 lancée depuis 1996 en marge du sommet France-Afrique s’est agrandie pour devenir la vitrine de la capitale Burkinabé. L’exemple récent et le plus frappant dans ce domaine est le Sénégal avec le sommet de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) prévu dans ce pays en mars prochain ; le Sénégal est le seul pays d’Afrique noire à organiser ce sommet et ce, pour la deuxième fois en 2008. Ce pays a réussi à faire financer des travaux de 340 milliards de FCFA pour lesquels la contribution de l’Etat n’est que de 5% ; le reste étant pris en charge par les bailleurs arabes et le secteur privé (notamment pour les hôtels). Malgré ses dérapages en matière de démocratie, Maître Abdoulaye WADE, fait tout de même la fierté de son peuple avec de telles réalisations.

c.      Un service d’appui à l’exportation devrait faire des prospections dans la sous-région pour chercher des opportunités d’affaires. Je crois que notre poids économique nous permet d’avoir des visions de ce genre dans la Mano River Union au moins. Nous devons être ambitieux et ne pas laisser à l’Afrique du Sud, au Nigeria ou à la Cote d’Ivoire tous les marchés de la Sierra Leone et du Liberia, deux pays en reconstruction. D’ailleurs l’intérêt de la Côte d’Ivoire pour la ManoRiver doit avoir des arrière-pensées de domination économique. Le lynx, dans son numéro du 4 février 2008 nous apprend que la visite de Abdoulaye WADE le 18 janvier passé avait été guidée par la sauvegarde des intérêts économiques de l’architecte Casamançais GOUDIABY Atepa.


Quelles sont les activités à mener par le secteur privé guinéen pour jouer son rôle de moteur de croissance? Telle sera la suite de cette réflexion à paraître dans le prochain numéro de votre hebdomadaire.


Mamadou CISSE, Conakry


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Gandhi, lundi 9 mai 2011
Cher Cisko, quel est l`objectif ? développer l`emploi ou faire rentrer les recettes de l`État ? Dans le premier cas, favoriser le secteur informel, créateur d`emplois, c`est l`accompagner pour le rendre plus professionnel (et ne le taxer qu`ultérieurement), le rassurer quant aux intentions bienveillantes de l`État, voire l`aider pour le faire accéder au marché intérieur (pas seulement à Conakry), voire régional. Dans le deuxième cas, il faut fiscaliser toutes les activités, éduquer et former les fonctionnaires chargés du contrôle. Ma préférence va évidemment à la première solution, car l`objectif majeur pour les jeunes Guinéens est d`obtenir un emploi, source de revenus. Tant que les problèmes énergétiques ne seront pas résolus, on va brasser beaucoup d`air, sur ce qu`il faudrait faire pour industrialiser le pays, sans compter que de toutes façons, ne s`improvise pas entrepreneur qui veut. Le commerce qui consiste à acheter un produit 10000 GNF pour le revendre 20000 GNF est à la portée de tous, qui savons compter. En revanche, faire des prévisions de gestion, même sommaires, nécessitent un minimum de compétence, qui ne s`acquiert pas en peu de temps. La liste des mesures à prendre pour favoriser l`environnement économique, telles qu`elles figurent dans l`article est classique, mais malheureusement ne fait pas partie du vocabulaire des nouveaux dirigeants, qui pensent État, rentes de situation, dépenses, et qui l`expriment en stigmatisant les seuls du secteur privé (les commerçants), qui peuvent modifier les structures économiques du pays (à condition de faire oeuvre de pédagogie et de les y intéresser). Si on ne s`appuie pas sur des gens qui ont fait leurs preuves, on doit créer de toutes pièces des Mamadou Sylla, des KPC, pour qui les affaires marchent, tant que l`État met au pot (sous forme d`obtention de marchés surfacturés), mais qui sont incapables d`obtenir des marchés dans les pays voisins, du fait de leur propre incompétence d`entrepreneur (au sens de Schumpeter). L`éducation est la seule richesse que nous pouvons développer, avec un retour sur investissement permettant tous les espoirs. Encore faudrait-il y penser, et cela coûte cher, parce qu`improductif à court terme. L`état de droit et l`indépendance de la justice (j`en ai déjà parlé beaucoup) sont primordiales, et doivent être concrétisés par des actes autres que des séminaires dans des hôtels. L`épargne n`existe que si des mesures sont prises pour la favoriser, et ceux qui savent compter prendront en compte l`inflation et les risques de change. Autrement dit, à part les banques, peu de privés (hors la diaspora) en possède, or on n`attrape pas les mouches avec du vinaigre.
mohamed sampil, lundi 9 mai 2011
Un très bel article de fond...Félicitations Mr Cissé et bon vent.
Mory Diakité, lundi 9 mai 2011
M. Cissé. Merci pour cette belle analyse. Je ne suis pas d`accord avec tous les aspects que vous développez mais sur le fond, je partage cette idée de promouvoir un secteur qui représente pas moins de 75% du PIB de notre pays. Par ailleurs, je suis assez surpris de voir le peu de réactions que votre article a suscité. Mais, comme d`habitude, sur les sujets de fond, beaucoup de nos compatriotes sont absents.
NABE, dimanche 8 mai 2011
Belle analyse mr CISSE felicitaion je suis parfectement d`accord avec vous
inTELLIgent, samedi 7 mai 2011
Tres belle analyse. Il n` est peut etre pas trop tard pour la renaissance africaine.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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