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Nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme dans l’article intitule « Le discours démagogique de Somparé » où nous faisions état des basses manœuvres visant à la réhabilitation de M. Sékou Touré et de son système maléfique. C’est le président de l’Assemblée Nationale, M. Aboubacar Somparé, qui avait donné le ton dans un discours rappelant l’époque révolutionnaire. Il demandera en sorte que des monuments et statues soient érigés à la gloire des responsables du Parti Démocratique de Guinée (PDG), ceux-là mêmes qui avaient martyrisé le peuple de Guinée dans sa chair et contre lesquels, il faut le rappeler, le coup d’état du 3 Avril 1984 avait eu lieu. Le premier ministre, Lansana Kouyaté, enchainera en lançant l’ouverture officielle du cinquantenaire de l’indépendance qui, à ses yeux, doit être une fête et une consécration de l’œuvre « immortelle » de son idole, Ahmed Sékou Touré. A la télé, les citoyens guinéens sont abreuvés d’images du « Responsable Suprême de la Révolution » dans ses grands moments. Tout y passe, sauf bien sur, les nombreux crimes perpétrés par l’homme en boubou blanc ; bien entendu aucun mot et aucune référence aux nombreuses victimes parmi lesquelles les meilleurs fils du pays. Kouyaté se mettra aussitôt à la tâche. Sous le couvert d’une association dénommée Asnavie (Association Nature et Vie) et dirigée par son épouse Fanta Condé, il entreprend d’embellir les ronds points de la capitale. C’est à ces endroits précis qu’ils ont naturellement l’intention de bâtir les monuments à la gloire du PDG et de son leader. C’est dans une grande stupeur que de nombreux Guinéens se réveilleront un jour de janvier pour voir au rond point de Bellevue une statue géante d’un éléphant faisant face à la villa Syli, l’ancienne résidence officielle des hôtes de marque de M. Sékou Touré et qui lui servait aussi de résidence secondaire. Il n’y a pas à en douter, à ce jour c’est l’un des plus grands honneurs faits à M. Sékou Touré depuis sa mort. Il n’y a plus rien à faire, le coup a été marqué. Pour tromper l’opinion publique guinéenne et faire taire les controverses, ils mettront un ballon au pied de l’éléphant comme pour dire qu’il s’agit en fait d’un monument à la gloire de l’équipe nationale de Guinée en déplacement à Accra pour les phases finales de la coupe d’Afrique des Nations. Or personne n’a mordu à ce jeu car les réactions à cette supercherie ne tarderont pas à venir. Avec l’arrogance connue des « apparatchiks » du PDG, Kouyaté y répondra en disant « Tant pis pour les interprétations ». Seulement voilà, l’éléphant, virtuose du ballon, qu’il dit honorer par cette statue, se fera écraser en demi-finale par un éléphant plus robuste et légitime, celui de la Côte d’Ivoire, au grand dam des supporters de l’équipe nationale de Guinée. Personne ne peut ressentir une satisfaction devant cette déconfiture du Syli National de Guinée, mais c’est la preuve indéniable que Kouyaté et ses amis du PDG vivent d’illusions, de supercherie, de duplicité et de mensonges. Au lieu de dépenser des millions de francs guinéens à ériger des statues, ils auraient dû mettre tous les moyens logistiques, matériels et financiers pour préparer cette équipe aux grandes compétitions internationales et éviter qu’elle se fasse humilier de la sorte par les équipes des pays voisins. De toutes les façons, il faut que l’opinion publique guinéenne soit informée que la construction de monuments et de statues à travers la ville par Kouyaté et ses amis du PDG est une violation flagrante de la loi, un abus de confiance, un abus de pouvoir et un crime de lèse-majesté. Entre nous, qui a donné ce pouvoir a Kouyaté ? Cela faisait-il partie de sa feuille de route ? Dans tous les pays du monde, en tout cas ceux qui se disent pays de lois et de démocratie, c’est le peuple à travers ses représentants à l’Assemblée Nationale, qui décide de la réalisation de telles œuvres. Aucun homme, aussi prétentieux soit-il ne peut s’arroger un tel droit. En Amérique par exemple, pour construire la statue de Martin Luther King ou le monument des Vétérans de la Seconde Guerre mondiale, pourtant des symboles de grande portée, il a fallu des années de bataille juridique, législative et médiatique pour que le Sénat et la Chambre des représentants consentent finalement à donner leur aval. On nous dira, oui d’accord mais en Guinée ça se passe autrement. Dans ce cas, si chacun peut se permettre au mépris de la loi et des règles démocratiques, de construire des monuments à travers la ville, qu’est ce qui nous empêche, nous autres, de mobiliser les ressources nécessaires pour construire un monument à la mémoire de nos illustres disparus ? Ne nous contentons plus d’organiser des marches ou des journées commémoratives ! Mobilisons-nous et formons à travers le monde des comités de soutien, pour la construction d’un ou des monuments à la mémoire des victimes innocentes du PDG et de son leader criminel, Ahmed Sékou Touré. Nous lançons un appel à l’association des victimes du camp Boiro, à toutes les organisations sociales, politiques, à toutes les bonnes volontés d’œuvrer pour la réalisation d’un tel projet. Nous sommes prêts, quant à nous, à contribuer chacun un (1) million de francs guinéens si une telle organisation se mettait en place. L’heure n’est pas à la parole mais aux actes. Si nous ne prenons pas nos dispositions, nous pouvons vous rassurer que le 2 Octobre 2008, nous nous retrouverons inondés de monuments et symboles à la gloire du PDG et de son dictateur sanguinaire, Ahmed Sékou Touré. C’est le moment de s’impliquer dans la célébration du cinquantenaire en posant des actes pour honorer les victimes de la Révolution maudite de Sékou Touré et marquer le calvaire de notre peuple. Sans quoi, Kouyaté, Somparé, Saran Daraba, André Lewin seront prêts à nous lancer de la poudre dans les yeux. Alpha Ibrahima “Lamidho“ avec la collaboration de Amadou Sadio Diallo pour www.guineeactu.com
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