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Les cruels brigands de la République que constituait alors, la solide kyrielle de courtisans du cercle présidentiel et autres intrigants de la nation, avaient transformé le déjà triste épouvantail du peuple de Guinée, en vivier à partir duquel, ils se sont largement fertilisés. Conséquence, une historique déchéance humaine, érigée en devise, et qui a de toute évidence, confiné la majorité des Guinéens à la déception et à la constance résignée.
Aujourd’hui, à l’image d’un succulent gros morceau de viande chaud, volé et jeté dans la bouche par avarice, donc impossible d’être ni avalé, ni craché, encore moins, maintenu dans la bouche, les « proches » profiteurs du Président défunt, avec leur forte capacité de nuisance, sont frileux de sortir du trou. Un trou pourtant désormais plus qu’exténuant sous l’effet ‘’Dadis’’.
Ces courtisans présidentiels et intrigants de la République, reconnus pour leur servilité sans borne, étaient là le matin au réveil du ‘’Vieux’’. Tard le soir, ils étaient encore là pour éteindre les lumières, et permettre au ‘’ Vieux’’ de se reposer, ce, après lui avoir rebattu les oreilles de balivernes. C’est donc avec ces chansons révélées mal composées, avec une symphonie discordante qu’ils ont, ces dernières années, trompé le malade Président, vampirisé la nation, cannibalisé l’Etat et abîmé l’économie du pays. Pour un abus de confiance, c’en est vraiment un. Peut être les magistrats ne diront pas le contraire.
Ces faiseurs et ‘’défaiseurs’’ de rois sont donc les initiateurs de la démagogie, de la mamaya, etc. qui ont refusé ou étouffé toutes tentatives de changement. Il suffisait en effet que le défunt Général émette le souhait de « partir s’occuper de son champ », pour qu’on les voit chanter, danser au sein de la gent féminine au Palais du peuple ou ailleurs, avec des arguments tout aussi convaincants –discours laudatifs, synonymes d’immobilisme-, la grandeur et la lucidité de l’homme d’Etat, « grand bâtisseur de la démocratie », comme pour reprendre les habituelles flagorneries sacrées et consacrées.
C’est comme cela qu’ils ont toujours plaidé « le changement dans la continuité », en faisant semblant d’oublier que l’âme de l’homme appartient à Dieu. Cet ardent désir de voir alors s’incruster le Président défunt, ne s’explique pour autant point, par un sentiment fraternel ou paternel, comme ils le prétendent. Encore moins, par une réelle volonté de développer le pays. Mais parce que, la plupart du temps, ils doivent tout au Général Président. Ils se préoccupent donc de leur propre avenir et celui de leurs familles, rendu radieux par la grâce de leur forte capacité de nuisance. Le tout au grand dam de la démocratie mixte, chancelante et de l’économie agonisante.
Seulement, à la veille de Noël passé, cette page de pure pagaille professionnelle s’est, plus que jamais, tournée. Le glaive contre les prédateurs et autres fossoyeurs est brandi, sous l’effet ‘’Dadis’’. Du coup, c’est la panique et l’inquiétude chez les anciens dignitaires, grands rois d’antan et petits sujets aujourd’hui. Lesquels, à l’allure des choses, ne sauraient être exonérés de rendre des comptes, à cause des fautes qu’ils ont pu avoir commises. Ils sont anxieux. Et il y a de quoi. Au vu des conséquences désastreuses enregistrées avec leur complicité tacite ou avouée.
Ce qui justifie les interpellations, intimidations, etc. de certains anciens commis de l’Etat. Il y a sans doute des abus ou des vices de procédure. Car, les services compétents sont là, pour cela. Il suffit de les toiletter et de mettre en branle la machine judiciaire. Bref, donner forme aux interpellations. C’est bien possible.
En attendant, la mésaventure des ‘’amis’’ du défunt Président a été entamée. Mamadou Sylla, Bruno Bangoura, Cellou Dalein Diallo, Olga Siradin, … La liste est longue et sera plus longue encore, après les audits tant souhaités. Toutefois, Dadis a dit qu’il ne jetterait pas l’opprobre sur Conté, lequel « m'a protégé contre mes nombreux ennemis au sein de la haute hiérarchie militaire ».
Or, ce sont les proches –ou supposés comme tels- de Conté, qui ont alimenté la mangeoire. On ne sait donc plus, pour qui il faut rendre justice, qui il faut protéger, quand il faut faire preuve d’allégeance et pourquoi fustiger alors le clientélisme, le népotisme, etc.
S’il faut secouer le cocotier, il faut vraiment le secouer. Au risque d’être taxé de juge et partie. Même si, comme l’a dit un homme politique du siècle dernier, ‘’ La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches, et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres’’.
S’il n’y a cependant pas de rupture avec les vieilles habitudes, dont se féliciteraient d’ailleurs très certainement, la kyrielle d’anciens courtisans et d’intrigants de la République, « les assassins » reviendront toujours sur leur lieu de crime. C’est pourquoi les nouveaux maîtres du pays ne doivent pas perdre de vue que les pommes de terre cuites, sont plus faciles à digérer, que les pommes en terre cuite.
A bon entendeur chahut !
Thierno Fodé SOW pour www.guineeactu.com
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