Zurich. La Grande Salle des Fêtes, à l’ouest de la ville. La communauté guinéenne en Suisse s’est fortement mobilisée dans la capitale économique de la Confédération helvétique, ce samedi 10 octobre 2009, pour clôturer les manifestations commémoratives du Cinquantenaire de la Guinée et tirer les leçons des tragiques événements du 28 Septembre 2009.
Il est 16 heures, après le déjeuner d’accueil des invités, lorsque Baïla Ly, le président de l’ARGSZ, l’Association des Ressortissants Guinéens et Sympathisants à Zurich, a ouvert la conférence-débat dont le thème principal était : « Guinée : Actualité et perspectives », avec pour modérateur, Tibou Sakho, conseiller de l’association.
Les débats ont été riches, contradictoires, parfois très houleux, comme il fallait s’y attendre, dans ce climat survolté d’après les exactions commises, le 28 Septembre 2009, par l’armée et les forces de l’ordre contre les populations civiles de Conakry, et qui se sont soldées par près de 200 morts, plus de 1 200 blessés et de nombreuses femmes sauvagement brutalisées et violées, selon de nombreuses sources, telle que l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH).
Il n’est pas aisé de tirer la quintessence de cette extraordinaire conférence-débat, tant les échanges ont été controversés, voire furieux, au point que le modérateur Tibou Sakho a eu quelquefois du mal à canaliser les débats, malgré sa très grande vigilance. Essayons tout de même de récapituler les différentes contributions, selon les principaux sujets abordés. L’enjeu essentiel était, comme l’a souligné, dès l’abord, le président de l’ARGSZ, Baïla Ly, « de poser le décor, de dire où nous voulons aller et comment y aller ».
Les acquis. Ouvrant la conférence, Mamadou Diallo, président de l’Association des Guinéens de Genève et France-voisine (AGGF), a campé le décor, décrivant éloquemment l’actualité guinéenne. L’Etat est devenu, selon lui, un ensemble d’institutions au service d’intérêts personnels. Le pays traverse une grave crise morale, caractérisée notamment par une administration qui sélectionne des leaders religieux pour en faire des courroies de transmission du pouvoir. Ces religieux favorisent, par exemple, un islam intolérent. En outre, la violence des forces armées ne donne lieu à aucune sanction. La transition vers le régime démocratique est lente et douloureuse. Cependant, il y a des acquis :
- La libération de la parole avec les radios libres.
- Le principe d’une Commission électorale nationale est acquis. Mais elle manque de transparence et d’efficacité.
- La diaspora est désormais acceptée comme interlocuteur dans le dialogue pour le changement.
- De nombreuses initiatives existent…
Les coups d’Etat en Guinée. L’armée guinéenne s’est rendue coupable de coups d’Etat, mais cela a toujours été « contre des cadavres », en clair contre des chefs d’Etat déjà morts. Ce fut le cas du colonel Lansana Conté, le 3 avril 1984. Ce fut également celui du capitaine Dadis Camara, le 23 décembre 2008. Analysant ces événements, en particulier le second, Lancinet Kéïta, secrétaire aux relations extérieures de l’ARGSZ, a montré que cela a toujours ouvert la voie à une succession non constitutionnelle, en raison de la défection des autorités existantes. Après avoir rappelé le scénario successoral prévu par la Constitution, il a pointé du doigt le président de l’Assemblée nationale qui n’a pas saisi le président de la Cour suprême pour faire constater la vacance du pouvoir, après la longue maladie du Président qui le rendait incapable d’exercer celui-ci. Mais il a aussi souligné la lourde responsabilité des Guinéens qui ont fermé les yeux en laissant siéger une Assemblée nationale dont le mandat était déjà terminé depuis deux ans.
Société civile et forces vives. Il est revenu au doyen El Hadj Diallo Abdoulaye Lélouma, ancien syndicaliste et haut-fonctionnaire du BIT à la retraite, de définir avec soin la notion de société civile. C’est une organisation non partisane, dont l’action est basée sur le bénévolat, et qui n’a pas d’ambition politique, mais qui veut prendre une part active dans la vie politique du pays. En Guinée, elle comprend la Confédération nationale des organisations de la société civile (CNOSC), les centrales patronales et des travailleurs, les associations à but non lucratif, les organisations non gouvernementales (ONG), les presonnes-ressources, les coordinations régionales et certains chefs religieux. La société civile a voulu accompagner la transition. Les partis politiques s’y sont mêlés. C’est alors que la Guinée a inventé un nouveau concept, celui de « forces vives », précise l’ingénieur Mamadi Kéïta, c’est-à-dire la société civile à laquelle s’ajoutent les partis politiques.
Le Forum des forces vives a joué un rôle clef au cours de ces dernières années, notamment lors des manifestations de Juin 2006 et de Janvier-Février 2007. Et depuis les événements du 28 Septembre 2009, le Forum est à l’avant-garde du combat pour le retrait du chef de la Junte militaire, le capitaine Dadis Camara, la dissolution du CNDD et la formation d’un Gouvernement d’union nationale pour assurer une transition apaisée vers un régime démocratique.
L’expérience de la République démocratique du Congo, décrite par l’un des conférenciers, Joseph Kyalangilwa, membre de la Société civile du Congo, pourrait être fort utile à la Guinée. Kyalangilwa avait prévu un exposé volumineux qu’il ne pourra malheureusement pas présenter in extenso. Mais il en a fait un résumé concis fort instructuf. La société civile a été créée au Congo en 1984, avec l’appui de l’église catholique. C’est une coalition de toutes les associations à but non lucratif pour encadrer la population, c’est-à-dire l’électorat. Elle a permis, entre autres, la rédaction du code minier, du code forestier, et la tenue de la « Conférnece nationale souveraine », en 1990-1992, ce qui a permis de faire partir Mobutu. Lorsque Kabila est arrivé, tout était déjà en place. Voilà une marche à suivre pour la Guinée.
La Transition. Comment sortir des maux dont souffre la Guinée et qui n’auraient jamais dû exister ? Le président de l’ARGSZ, Baïla Ly, reprend la parole pour tenter d’y répondre. La transition, c’est sortir de 50 ans de dictature pour aller vers la démocratie. Pour cela, il faut éviter de personnaliser la lutte. Tous ceux qui veulent le changement doivent, tous ensemble, créer l’alternative. Il serait stupide de penser à appeler une force internationale d’intervention. Il faut empêcher Dadis d’être candidat à l’élection présidentielle. Car, sinon, il y aura toujours, en cas d’appel au boycottage des élections par les partis politiques, un candidat minoritaire pour lui servir d’alibi. Les autorités de la transition doivent définir les nouvelles institutions : le calendrier, les étapes à franchir, le type de régime politique. Ces institutions doivent survivre aux hommes. Mais, que faire si Dadis persiste et signe ? De fait, toute la question est de créer aujourd’hui un nouveau leadership politique, répond El Hadj Lélouma. Il faut organiser le lobbying pour que la pression soit plus forte sur la Junte, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, jusqu’à ce qu’elle cède.
L’intervention extérieure. Voilà un sujet qui fâche. Les Guinéens, pour lesquels la notion de souveraineté nationale est à fleur de peau, ont quelquefois des réactions déconcertantes sur tout ce qui touche aux questions en relation avec l’extérieur. Pour les cadres guinéens, en général, le monde s’arrête à l’aéroport international de Gbessia-Conakry, m’avait fait remarquer un jour un haut responsable.
L’intervention du capitaine Madice Kéïta, aujourd’hui rendu à la vie civile, ingénieur d’aviation, rescapé de la mutinerie d’une partie de l’armée guinéenne en février 1996 et actuellement réfugié en Suisse, a permis de clarifier trois notions connexes, mais bien distinctes :la mission d’observation ; la force d’intervention ; la force d’interposition. La situation actuelle de la Guinée ne justifie pas une force d’intervention. Selon le capitaine Kéïta qui, par ailleurs, a fait partie du premier contingent militaire guinéen au Liberia, en 1990, nous avons besoin d’une mission internationale d’observation. A cela, il faut ajouter la mise en place d’une Commission internationale d’enquête sur les tueries, pour en idenfier les responsables, y compris les éléments armés étrangers, et les traduire devant une juridiction internationale, la CPI.
La mission d’observation devrait être accompagnée d’une force de protection, numériquement réduite, car elle est chargée de protéger seulement les observateurs internationaux. Il existe, au sein de l’armée guinéenne, des éléments sains, aussi formés dans les meilleures académies militaires du monde, qu’on pourrait faire prêter serment et qui pourraient travailler convenablement avec la mission d'observation et cette force de protection.
Madice Kéïta propose aussi la mise sur pied de groupes de réflexion composés de cadres compétents choisis en fonction de leur intégrité morale et leurs qualifications dans tous les secteurs du développement, ayant une conscience claire des enjeux et les mains propres, sans critère d’appartenance ethnique ou régionale, pour initier de nouvelles stratégies pour assurer la protection, la défense et la sécurité civile de la société guinéenne, pour remplacer la Junte actuelle et jeter les bases d’un nouvel Etat démocratique.
L’un des doyens de la communauté guinéenne de Lausanne, où il réside depuis plus de 37 ans, Boubacar Barry, a tenu à apporter une précision importante pour clarifier les points de vue du capitaine Kéïta et de Baïla Ly sur une éventuelle intervention extérieure. Il est établi par de nombreux témoignages crédibles et concordants, estime Boubacar Barry, que lors de la répression sanglante opérée par l’armée guinéenne et les forces de l’ordre, en janvier-février 2007, des militaires étrangers venus de Guinée-Bissaü ont fait partie de ceux qui ont tiré sur la population. De même, lors des tueries du 28 septembre 2009, il y a des témoins, dont l’un des leaders politiques, Jean-Marie Doré, qui affirment avoir reconnu parmi les tireurs des rebelles libériens de l’Ulimo. « Si deux Présidents ont eu recours à des forces extérieures, n’est-il pas opportun de recourir aussi à une force extérieure pour protéger la population ? », s’interroge Boubacar Barry.
La Françafrique. Cet épineux sujet a occupé une grande partie de l’intervention remarquée, et qui a suscité de grandes polémiques, du Togolais Rodrigue Kpogli, secrétaire général de la Jeunesse unie pour la démocratie en Afrique (JUDA). Dans l’exposé de Kpogli, on reconnaissait aisément les accents des grandes envolées oratoires des révolutionnaires africains, tel Kwamé Nkrumah, qui prônaient un panafricanisme radical. Pour Kpogli, l’Etat africain n’existe pas encore. Il reste à créer. Pour cela, il faut d’abord rompre le cordon ombilical qui lie encore la France à ses anciennes possessions en Afrique.
Derrière toutes les transitions récentes, en Afrique, que ce soit en Mauritanie, au Gabon ou au Togo, Kpogli voit l’influence des réseaux de la Françafrique, la main de la France. C’est ce qui risque d’arriver en Guinée aussi, laisse-t-il entendre. La politique de la Françafrique comporte deux versants :
- La ruse et ses dérivés : Par le truchement d’élections dites « libres et transparentes », on porte ou on maintient au pouvoir un homme qui sert les intétrêts de la Françafrique.
- La violence et ses dérivés : Lorsqu’il y a crise ou que cela se passe mal, comme en Guinée à l’heure actuelle, la Françafrique dénonce avec violence et appelle aux sanctions. Mais du bout des lèvres seulement. Car, une fois le dictateur établi au pouvoir, on s’en accommode.
L’intervention de Kpogli est émaillée d’idées-force. A titre d’exemple, « Le Gouvernement d’union nationale est une création absurde ». Selon lui, la France adopte, vis-à-vis de la Guinée, le second versant de la politique de la Françafrique, en condamnant la violence de Dadis. Mais la Françafrique continue avec Dadis ; la Françafrique continue avec la CEDEAO, notamment par le choix de Compaoré comme Facilitateur.
Pour contrer les sombres desseins de la Françafrique, il faudrait que la diaspora retourne en Afrique pour participer à l’édification de l’Etat.
La Constitution. Celle de 1990 avait recueilli l’adhésion des Guinéens, estime l’un des conférenciers, Ousmane Diallo, membre de l’Association des Guinéens de Genève et de France-voisine, l’AGGF. C’était une loi fondamentale équilibrée. Mais la révision constitutionnelle de 2002, qui a levé l’âge limite de candidature à l’élection présidentielle et la limitation à deux au maximum le nombre de mandats présidentiels, l’a totalement pervertie.
Il faut choisir entre : le régime présidentiel, qui exige un contre-pouvoir, en l’occurrence un Sénat fort, ce qui paraît peu probable en Guinée ; le régime parlementaire, qui comporte une grande instabilité institutionnelle ; et le régime semi-présidentiel avec un premier ministre dont le poste serait constitutionnalisé. La nouvelle Constitution devra corriger le déséquilibre entre les différents pouvoirs ; régler les problèmes liés à l’alternance démocratique, aux candidatures indépendantes et à la limitation d’âge.
La diaspora. C’est la dispersion à l’étranger d’une partie de la population, explique Saliou Barry, secrétaire général de l’ARGSZ, mais qui entretient en son sein des relations épistolaires. On a fait appel à la diaspora, en 1984. De 1984 à 1990, il y a eu une réintégration massive. Elle a marqué une certaine réussite dans le secteur privé, en relation avec des partenaires non nationaux. A partir de 1990, naît un conflit politique, à la suite de l’amorce du processus de démocratisation qui était principalement animé par les anciens exilés. Il demeure un climat de méfiance à leur égard.
Il faut rappeler que le nombre des exilés avoisine les 3 millions de personnes. Il faudrait procéder à leur recensement exhaustif, créer de nouvelles structures favorisant leur retour, identifier les talents et les compétences. Il faudrait qu’ils se retrouvent en dépassant les associations régionales, qu’ils s’impliquent dans la vie politique et qu’ils investissent leurs fonds dans les secteurs porteurs de prospérité.
Rôle de la femme. Le thème du « rôle de la femme dans le développement politique et socio-économique de la Guinée » a été brillamment traité par Adjidjatou Barry Baud, Administratrice du site Internet d’information Guineeactu.com. Elle a rappelé que la femme est impliquée dans toutes les formes de manifestation de la conscience sociale en Guinée. Elle a quelquefois été à la pointe du combat politique. Mère nourricière, éducatrice, actrice sociale, elle est la passerelle entre les différentes composantes de la nation guinéenne.
Adjidjatou termine son adresse à la conférence dans une sorte d’apothéose finale et une injonction qui a soulevé d’émotion toute l’assistance : « Vous, frères guinéens, a-t-elle dit, vous devez demander pardon à vos femmes en raison de vos comportements à leur égard. Vous savez bien tous les mauvais traitements que vous leur faites subir. Lorsque vous allez rentrer dans vos foyers, ce soir, mettez-vous à genoux devant elles et demandez-leur pardon. Peut-être laverez-vous ainsi les péchés qui portent préjudice à notre pays et l’empêchent de trouver la voie de la lumière, de la liberté et du bien-être ! »
Les jeunes. Une manifestation telle que cette conférence-débat ne peut se tenir sans que les jeunes ne soient au cœur du sujet. Attigou Bah, ancien leader étudiant et véritable leader d’opinion, a développé son thème favori, à savoir que les jeunes doivent marquer une rupture radicale et sans retour avec les aînés. « Optez pour la rupture, leur a-t-il lancé, et prenez en main la responsabilité de votre destin ». Les jeunes devraient, selon lui, quitter les associations à but non lucratif pour se lancer dans le combat politique réel.
Il ne fait pas de doute que les jeunes Guinéens de Suisse sont déterminés à prendre à bras le corps le processus du changement en Guinée. Il faudrait à présent les encourager à joindre le geste à la parole afin qu’ils mettent en œuvre l’engagement qu’ils ont si fortement réaffirmé.
Il ne serait malheureusement pas possible, dans ce compte rendu, de rapporter tous les échanges qui se sont déroulés lors de cette mémorable conférence-débat, les contributions tout aussi substantielles de Mamadou Ly, président des Guinéens du canton de Vaud, d’Ibrahima Bah, de N’Faly Kouyaté, de Goudoussi et de tant d’autres.
Et l’économie ? L’économie guinéenne est dans un état de décomposition avancé, un état tel qu’il nécessite de profondes et vigoureuses réformes. Mais celles-ci ne sont pas encore à l’ordre du jour. Pour l’heure, la priorité absolue est à la mise en place d’un nouveau leadership politique. Lorsque nous aurons un Exécutif démocratiquement constitué, des institutions républicaines neuves et modernes, alors nous lancerons ce train de réformes pour assurer un véritable take off de l’économie nationale.
Toutefois - et pour mémoire -, l’auteur de ce compte rendu a été invité à esquisser les contours d’une réforme de la monnaie guinéenne.
Il a rappelé que les autorités de la Ière République ont créé, pour des raisons objectives et économiquement justifiées, le 1er Mars 1960, le Franc guinéen. Tout Etat souverain peut se doter d’un papier-monnaie inconvertible, mais à condition de le gérer de manière orthodoxe. Après avoir rappelé la fantastique odyssée du Franc guinéen au cours de ces cinquante années d’indépendance, l’orateur a établi la règle d’or de la gestion d’une zone monétaire autonome.
Lorsque l’économie est faiblement productive, les importations trop lourdes, la politique agricole peu dynamique, la création de PME limitée, et si, dans le même temps, l’offre de devises est insuffisante, alors, il n’y a que deux politiques possibles :
- Soit on adopte un taux de change fixe, ce qui conduit à une allocation discriminatoire des devises et à la chute de la production ;
- Soit on déprécie la monnaie pour faire face à la demande surabondante de devises, auquel cas on adopte le régime des taux de change flottants.
La première politique a été suivie de 1960 à la fin de 1985. Elle a donné des résultats désastreux, notamment l’effondrement de la production nationale.
La seconde politique permet de sauvegarder la compétitivité de l’économie nationale. Mais, pour qu’elle produise les effets escomptés, il faut qu’elle s’accompagne d’une politique de promotion des exportations, dans le but d’accroître l’offre de devises étrangères.
Mais le glissement du taux de change peut prendre, à long terme, un caractère aberrant. Pour éviter d’en arriver là, il n’y a qu’une recette : Il faut que l’Administration encaisse normalement les taxes douanières, que les usagers paient à leur juste prix, l’eau, l’électricité et le téléphone, et que les pouvoirs publics réduisent « les poches de liquidités indues », par exemple les taxes pétrolières non versées au Trésor public.
Aujourd’hui, le Franc guinéen vit sous le régime du flottement indépendant, c’est-à-dire que son cours varie au jour le jour, selon la loi de l’offre et la demande de devises. La Banque centrale doit néanmoins déterminer un taux de référence qui, aux termes des accords avec le FMI, ne doit pas trop s’écarter du cours observé sur le marché libre.
Pour sortir de la situation actuelle, on peut regarder du côté de la Zone franc. Celle-ci offre une monnaie convertible qui facilite l’accès aux marchés internationaux et aux marchés des capitaux. En revanche, elle comporte une absence d’autonomie de la politique monétaire et des contraintes budgétaires qui, à long terme, bloquent les tentatives d’industrialisation. Il y a là un sérieux dilemme. Tel le nœud gordien qu’Alexandre le Grand a dû trancher.
Le thème d’une seconde zone monétaire en Afrique de l’Ouest, la ZMAO, a été lancé en 1975, une zone monétaire qui coexisterait avec la Zone franc et qui, à terme, fusionnerait avec celle-ci. Les premières bases de la ZMAO ont été jetées en 2001, mais le projet est loin d’aboutir. Faute de volonté politique… [L’intégralité de cette communication sera publiée dans un ouvrage collectif à paraître d’ici à la fin de l’année en cours].
L’heure était déjà tardive. Vers 20 heures, une minute de silence est observée à la mémoire des victimes des atrocités perpétrées par la Junte le 28 Septembre 2009 et des prières sont dites. Le modérateur Tibou Sakho remercie les participants à la Conférence-débat, ainsi que le Tchadien Abdoulaye Yaya Ali, membre de l’association Tchad Agir Pour l’Environnement (Tchape), qui a assuré le reportage audiovisuel de la manifestation. Sur ce, le président Baïla Ly clôture la Conférence. La soirée se poursuivra par un dîner-dansant. Prochain rendez-vous : le 1er Novembre 2009 pour la création de la « Fédération des Guinéens de Suisse et France-voisine ».
Alpha Sidoux Barry
Directeur de la rédaction de www.guineeactu.com
Cliquer sur le lien ci-après pour voir la video de la Conférence débat: http://www.tchape.org/galerie-vid%C3%A9os/