|
Le six janvier 2010, le chef d’Etat par intérim, le Général Sékouba Konaté a fait une adresse à la nation dans un discours lu sur les ondes de la RTG ( Radio Télévision Guinéenne), ceci, après une réunion du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) au cours den laquelle il aurait été officiellement adoubé, pour assurer par intérim la charge, de manière officielle, en attendant le rétablissement définitif du Capitaine Moussa Dadis Camara.
Sékouba konaté a donc été chargé par l’organe politique de direction des affaires de l’Etat, depuis le 23 décembre 2009 et la prise du pouvoir par les militaires.
C’était une manière d’annoncer officiellement la vacance du pouvoir depuis la tentative d’attentat contre MDC, le 3 décembre 2009.
Il a fait un discours volontariste et de bon sens avec une proposition de sortie de crise de la nation du bourbier dans lequel elle se trouve.
Ce discours peut être interprété comme une main tendue par le nouveau chef de la junte en direction de l’opposition, constituée par les forces vives, pour sortir la Guinée de l’impasse politique dans laquelle elle est plongée depuis les massacres du stade du 28 septembre 2009.
Après l’effet d’annonce de la proposition d’un premier Ministre, par les forces vives, elles mêmes, en leur sein pour la période de transition et, après analyse, nous pouvons faire les remarques suivantes :
-
Le chef de l’Etat reste en place durant la période transitoire
-
Il nomme un premier Ministre sur proposition de l’opposition.
-
Le Premier Ministre met en place un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT).
-
Ce gouvernement va être chargé ensuite d’organiser les prochaines élections libres, et transparentes.
Ce scénario ressemble, à s’y méprendre, à la proposition faite par Monsieur Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO, durant les négociations de Ouagadougou. Rappelons que cette proposition avait été rejetée par l’ensemble des Forces Vives quand elle leur a été soumise.
La seule nouveauté réside dans le choix du PM, non pas par le chef de l’Etat, mais par les forces vives.
La Guinée aura ainsi son quatrième PM en en trois ans depuis le passage éphémère de M. Eugène Camara, lors de la grève générale illimitée de janvier-février 2007.
Nous notons quelques zones d’ombre dans cette allocution, notamment en ce qui concerne :
-
Les moyens et les prérogatives du PM
-
Les membres du cndd et du gouvernement de transition pourront-ils être éligibles ?
-
Sera-t-il un chef de gouvernement ?
-
Quelle durée pour cette période ?
-
Quelle est sa feuille de route ?
-
Aura-t-il le temps de mettre en place les institutions de la transition ?
Pour notre part, nous pensons que l’opposition doit saisir cette main tendue et désigner un PM comme le lui demande Le Général Sékouba Konaté.
En prenant soin de trouver des réponses adéquates, auprès de la junte, aux questions que l’on se pose et qui méritent toute notre attention.
Nous devons être vigilants pour ne pas qu’une fois de plus, l’espoir soulevé par ce discours retombe comme un soufflet et qu’il soit sans lendemain. Ne dit-on pas que « chat échaudé craint l’eau froide » ?
L’opposition doit garder la cohésion dont elle a fait preuve durant ces longs mois de résistance à l’instauration d’une nouvelle dictature en Guinée.
Pour nous, seuls les membres des forces vives doivent avoir à désigner ce PM pour éviter toute confusion des genres. Cette confusion, malheureusement et comme toujours, ne tardera pas à se révéler au grand jour.
D’un point de vue éthique et pour faire école, ce PM qu’il soit un homme ou une femme doit être issu, soit du monde politique, soit de la société civile .Sa moralité devra être irréprochable. Ni le PM ni aucun membre de ce gouvernement de transition ne devrait pouvoir sen présenter aux prochaines échéances électorales.
Durant la période transitoire, toutes les institutions de la république doivent être mises ou remises en place, si le temps le permet.
Il devra en être ainsi de la constitution qui devra nous préoccuper au plus haut point.
Ne dit-on pas que « les hommes passent, les institutions demeurent » ?
Nous pourrons sortir, par ce cheminement, de la crise par le haut en balisant la voie à des élections libres transparentes, incontestables et acceptables par toutes les parties.
Comme l’a si bien fait remarquer le Président des Etats-Unis, lors de sa visite officielle au Ghana en 2009, « l’Afrique n’a pas besoin d’homme fort mais plutôt d’institutions fortes ».
Paris le 12 janvier 2010
Aboubacar Fofana Président du Club DLG
N.B : Nous venons d’apprendre l’arrivée du Capitaine Moussa Dadis Camara à Ouagadougou ce soir même.
www.guineeactu.com
|