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En venant aux affaires, les nouvelles autorités scandaient et promettaient le « changement » aux Guinéens. Parlant de ce fameux « changement », à les en croire, il faut simplement rappeler qu’il s’agissait de la rupture systématique avec certaines habitudes devenues nocives à la survie de la Guinée et des Guinéens.
Aujourd’hui, et ce en dépit de tous les atouts dont dispose le pays, la situation des droits de l’homme est toujours critique. L’ouverture du bureau du Haut-Commissariat des droits de l’Homme à Conakry et tous les projets de sensibilisation mis en œuvre et pilotés par ladite institution n'y ont rien fait.
Le dernier rapport de l’ONG internationale Human Right Watch, en est une illustration parfaite en la matière. En dépit des efforts et des sacrifices divers consentis par l’ensemble des ONG de défense des droits humains et de la société civile guinéenne en général. Plusieurs faits montrent aussi à suffisance que la problématique des droits humains se pose encore avec beaucoup d’acuité à notre société.
Si de grands moyens ont été déployés, par les dirigeants et les partenaires au développement, dans le cadre du casernement et du renforcement des capacités des forces armées et des services de sécurité, il n’en demeure pas moins que des efforts restent encore à faire. Pour véritablement ériger et transformer notre armée et nos services de sécurité comme étant les véritables garants de la démocratie et des droits de l’homme en République de Guinée.
Il est déplorable que de nombreux cas de vols à mains armée, de braquages nocturnes, de meurtres, puis des actes notoires posés par les « coupeurs de routes », comme on les appelle, sont plus souvent le fait de nos hommes en uniforme. Ou sinon, nos hommes en tenue participeraient en fournissant aux malfrats des armes de guerre sensées être utilisées pour la protection des citoyens et de leurs biens.
L’Etat s’est engagé fondamentalement à promouvoir la justice. Il s’est résolu de lui tailler la place qu’il lui faut dans la mise en œuvre de son projet de transformation qualitative et quantitative de la Guinée à travers son slogan de « changement ». Car, une démocratie sans une justice forte, respectueuse des garanties constitutionnelles est une démocratie très fragile et illusoire. Mais qu’en est-il de la situation des droits économiques et sociaux ?
Certes, des actions de grandes envergures ont été menées jusque-là par les nouvelles autorités pour juguler la crise dans le seul de but de stabiliser notre monnaie. Cependant, de nombreux défis restent encore à relever en vue de permettre aux Guinéens de connaître de biens meilleurs sorts.
Malgré toutes les dispositions économiques prises par les nouvelles autorités politiques et administratives pour soulager les populations à la base, notamment, en négociant des tonnes de riz et des produits halieutiques (poissons précisément), des importantes quantités d’engrais, dans le cadre de la campagne agricole, les prix des denrées de premières nécessités continuent toujours de flamber inexorablement au détriment des populations.
Que faire donc pour définitivement éradiquer cette crise, qui frappe toutes les couches de la société guinéenne, plus précisément les plus pauvres et les faibles ? C’est le véritable problème que les nouveaux dirigeants devraient chercher à résoudre.
Disons que l’on ne saurait parler de démocratie et d’Etat de droit, si le respect scrupuleux des droits humains n’est pas garanti par l’Etat. Les faits ont démontré, à travers le monde, que les droits de l’homme constituent l’un des fondements même de la démocratie.
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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