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Le gouvernement de Lansana Kouyaté a été mis en place en avril 2007, au lendemain d’une crise sociopolitique qui avait sérieusement secoué la Guinée pendant près de deux mois. Après 11 mois d’exercice, force est de constater, avec beaucoup de regret, que ledit gouvernement tarde toujours à tenir les promesses qu’il a eu à faire aux populations guinéennes. Une situation qui devrait normalement interpeller tous les dignes fils du pays. Lors d’une campagne électorale organisée dans son pays, l’actuel Président de la République du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso avait tenu ces propos on ne peut plus clairs et édifiants : « A force de tout promettre, on finit par tout compromettre ». Au regard de la situation qui prévaut actuellement en Guinée, nombreux sont les observateurs qui seraient tentés de dire que cette pertinente remarque peut bel et bien s’appliquer à l’équipe gouvernementale dirigée par Lansana Kouyaté. C’est avec un réel ouf de soulagement que les Guinéens, dans leur immense majorité, ont accueilli la nomination de ce diplomate de carrière au poste de Premier ministre, chef du gouvernement. Le 28 mars 2007, dans un discours à la nation, le nouveau locataire de la Primature guinéenne a assigné un certain nombre de priorités à son équipe. Parmi ces priorités, on peut citer entre autres l’amélioration de la desserte en eau et électricité, la promotion de l’emploi des jeunes, la lutte contre la corruption, l’organisation des élections transparentes et crédibles, la réforme du systèmes éducatif, la bonne gestion des ressources minières, la maîtrise de l’inflation, la promotion de la justice et des droits de l’homme. Aujourd’hui, l’on est au regret de constater que toutes ces ‘’ promesses’’ faites au peuple de Guinée sont encore loin d’être tenues par le gouvernement de Lansana Kouyaté. Le problème d’électricité devient de plus en plus insoluble dans le pays. L’Electricité de Guinée (EDG) fait preuve d’incapacité notoire à fournir régulièrement du courant aux populations. Lors du match Guinée - Côte d’Ivoire, comptant pour les quarts de finale de la 26ème édition de la Coupe d’ Afrique des Nations de football, nombreux sont les quartiers de la capitale qui ont été privés de courant. Dans le secteur de l’eau, les Guinéens font également face à d’énormes difficultés au quotidien. L’accès à l’eau potable reste toujours un véritable parcours du combattant pour certains citoyens. Les résultats du concours de recrutement de nouveaux fonctionnaires ont été publiés depuis quelques mois. Les admis et leurs parents ont vraiment eu du mal à cacher leur joie au lendemain de la publication desdits résultats. Pour les uns et les autres, le moment était venu de quitter définitivement le monde du chômage et du désoeuvrement pour intégrer fièrement la Fonction publique. Mais pour bon nombre d’observateurs avertis, l’attente des ces nouveaux fonctionnaires risque d’être particulièrement longue. Car il est plus facile de publier les résultats d’un concours que de prendre financièrement les admis en charge. Pour ce qui est de la lutte contre la corruption, il faut reconnaître sincèrement qu’elle n’a pas encore donné les résultats escomptés. En lieu et place des actes concrets, l’on semble avoir opté clairement pour les beaux discours en vue d’endormir certainement les esprits alertes ou amuser continuellement la galerie. L’inexplicable retard accusé dans la publication des résultats des audits des différents départements ministériels en est une preuve éloquente. Au plan politique, l’on peut relativement se réjouir de la mise en place de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui aura la délicate mission de cogérer les élections pendant les cinq prochaines années. Initialement prévues en juin 2007, les législatives ont été reportées plus d’une fois, au grand dam de toutes celles et de tous ceux qui aspirent légitimement à l’enracinement de la vraie démocratie dans leur pays. Et à l’allure où vont les choses, il est à craindre que l’on ne reporte une nouvelle fois ce scrutin législatif. Après son entrée en fonction, dans les circonstances que tout le monde connaît, le gouvernement dit de consensus avait promis, de façon solennelle, qu’une commission d’enquête indépendante serait mise en place pour faire la lumière sur les tueries et autres exactions commises en janvier et février 2007. Malheureusement tel n’est pas encore le cas. Les auteurs de ces actes inqualifiables courent toujours et les pauvres victimes ne savent plus à quelle justice se fier. Dans d’autres secteurs de la vie nationale, l’actuelle équipe gouvernementale donne la curieuse impression d’avoir choisi de ne pas tenir ses promesses. Après bientôt un demi-siècle d’indépendance, les Guinéens, majoritairement, n’ont toujours pas un accès facile aux services sociaux de base. Et aussi incompréhensible que cela puisse paraître, ils continuent de « se gaver » littéralement de promesses faites par leur gouvernement. Mamy Dioubaté Source: hebdomadaire L'Indépendant, Conakry, partenaire de www.guineeactu.com
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