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Le président du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg) Alpha Condé et son homologue de l’Union des forces républicaines (Ufr) Sidya Touré se sont retrouvés dans la capitale française, le 18 septembre dernier. Ce tête à tête entre les deux leaders politiques dont les rapports dans un passé récent, étaient empreints de rivalité, devait sans nul doute porter sur la situation politique de la Guinée. Et selon des sources proches des deux partis, la naissance d’une alliance entre les deux poids lourds de l’opposition n’est pas à exclure, en prélude aux prochaines législatives. Alpha Condé et Sidya Touré, qui passent pour être les ténors de l’opposition guinéenne, ont dû mettre leur orgueil de côté, realpolitik oblige, pour se retrouver autour d’un idéal commun qui est celui de sortir la Guinée de l’impasse dans laquelle elle se trouve plongée, depuis des lustres, par la faute de ses dirigeants. C’est le moins qu’on puisse dire suite au conclave qui a réuni les deux hommes sur les bords de la Seine le 18 septembre dernier. Notre confrère Jeune Afrique a ouvert une brèche dans une de ses récentes éditions. Au cours de leur rencontre Sidya Touré et Alpha Condé, ont certainement mis l’accent sur les prochaines législatives qui, après avoir été programmées pour fin 2008 ont été de nouveau ajournées pour 2009. Déjà les partis politiques ont commencé à affûter leurs armes pour ce grand rendez-vous, qui servira de test au gouvernement qui a promis de tenir des élections libres et transparentes. Le Rpg et l’Ufr qui avaient boycotté les législatives de juin 2002 seront pour cette fois au rendez-vous. Le conclave de Paris visait certainement à adopter une stratégie qui permettra aux deux formations politiques d’engranger énormément de voix lors de ce scrutin. Pour ce faire, la mise en place d’une alliance s’avère nécessaire. On sait que l’Ufr qui marche sur les plates bandes du Parti de l’unité et du progrès (Pup), a pu s’implanter en Basse côte. Le parti de Sydia Touré se trouverait aussi dans une position confortable en Guinée forestière. Quant au Rpg, la Haute guinée demeure son fief avec une certaine présence de ses militants dans la zone forestière. Comme on le voit, ces deux partis politiques ne manquent donc pas d’atouts et pourraient à travers une union sacrée, donner du fil à retordre à leurs adversaires. Surtout que l’Ufr traîne dans son sillage quelques partis satellites qui, avec le parti de Sidya Touré ont scellé une alliance dénommée Anad (Alliance nationale pour l’alternance démocratique). Même s’il faut prendre en compte que les Guinéens soient aujourd’hui suffisamment mûrs pour ne pas se laisser entraîner par des opposants qui affichent une certaine indifférence face à leur sort. Abandonnés qu’ils sont dans leur majorité par un gouvernement incapable de résoudre mêmes les problèmes sociaux de base, notamment en ce qui concerne l’eau et l’électricité. D’ailleurs, les coupures de courant devenues récurrentes dans notre capitale ont donné lieu ces derniers temps à des manifestations de rue. Dans les quartiers de Bambeto, Ratoma et Cosa, on a vu des populations aux mains nues affronter des agents des forces de l’ordre, armés eux de fusils automatiques et de matraques. Les opposants attendent d’être au pouvoir pour apporter le changement escompté. Pourtant les problèmes guinéens doivent trouver leurs solutions en Guinée. Comme l’a toujours dit un de nos leaders politiques. Une façon de faire allusion à la longue absence d’Alpha Condé, qui préfère vivre en France que de côtoyer ses militants sous la canicule des tropiques. Mamadou Dian Baldé Le Démocrate, Partenaire de www.guineeactu.com
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