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Nous venons de prendre connaissance du schéma de la transition, conçu par les ’’forces vives’’, qui s’articule comme suit :
« A- Du Conseil National de la Transition (Cnt)
Missions :
Le Conseil National de Transition aura pour missions :
• La révision des textes fondamentaux, notamment la Loi Fondamentale, les lois organiques et le Code Electoral.
• Veiller à l’organisation d’un Référendum pour l’adoption de la Loi Fondamentale révisée.
B- Du Chronogramme de la Transition
La Transition se déroulera selon le Chronogramme suivant :
- Mars 2009 : Mise en place du CNT ;
- Mars-Avril 2009 : Poursuite de l’enrôlement des électeurs, conformément au Code Electoral ;
- Mai-juin 2009 : Correction et Publication du fichier électoral ;
- Juillet-Août 2009 : Confection et distribution des cartes électorales ;
- Septembre 2009 : Référendum pour l’adoption de la Loi Fondamentale révisée ;
- Novembre 2009 : Elections législatives ;
- Décembre 2009 : Election Présidentielle »
Si nous, de l’Association Guinéenne des Sans Voix –Aguisav, n’avons pas de commentaires à faire quant au déroulement de la Transition dans son ensemble, nous nous insurgeons contre le fait que le Conseil National de la Transition (Cnt) qui sera mis en place, aura pour mission la modification de la loi fondamentale et des lois organiques, puis l’adoption de celles-ci par référendum.
C’est là où le bas blesse. Car pour nous, la logique veut que ce soit seule, l’Assemblée Nationale (An) qui modifie les textes de la Constitution. C’est elle qui est l’émanation authentique du Peuple, elle (l’An) est régie par la loi en vigueur et a son règlement intérieur de fonctionnement. Pas une autre structure, que soit le Cnt qui n’a ni légitimité ni légalité. De surcroît les membres du Cnt seront choisis au hasard, dans le tas, sans critère valable de choix. Le Cnt n’a pas de statuts, ni de règlement intérieur de fonctionnement, il n’est même pas de l’émanation populaire comment peut-il modifier de façon légale et légitime des textes de Lois ?
Nous ne sommes pas contre la mise en place de ce Conseil National de la Transition (Cnt) comme simple organe consultatif de la Transition. Mais la modification de la Loi Fondamentale et des lois organiques, nous persistons et nous signons, doit relever de la future Assemblée Nationale.
Pour une meilleure transition sans dérapage le schéma est le suivant :
* Avril – Mai 2009 Poursuivre de l’enrôlement des Guinéens de l’intérieur
* Juin – Juillet Enrôlement des Guinéens de l’étranger
* Août – Septembre Correction et publication des résultats du recensement
* Octobre – Novembre 2009 distribution des cartes électorales
* Décembre 2010 Elections communales et communautaires
* Février 2010 Elections législatives
* Mars 2010 Elections présidentielles
Nous savons que parmi la soixantaine de partis agréés en Guinée, au plus cinq (5) seulement sont représentatifs. Les autres (soit 55 partis) sont des partis de salon, se résumant à leur seul leader, et sont tous à Conakry. L’intérieur de la Guinée ne les connaît pas.
Ce sont ces partis qui s’agitent avec certains membres du Cndd et de la Société Civile, pour le toilettage des textes de la Loi Fondamentale. Ces leaders politiques, en manque d’assise populaire, sont convaincus qu’en cas d’élections libres et transparentes, ils n’auront aucun député à la future Assemblée Nationale, même coalisés en 18 ou 25 partis politiques. Ils veulent éliminer, par des méthodes politiciennes, des candidats qui les gênent ou les empêchent dans leur ambition égoïste et opportuniste. Ils sont les derniers venus sur la scène politique guinéenne, ils veulent être les premiers. Cela ne marchera pas.
Le Président Dadis et le Cndd ne doivent pas se prêter à ce jeu dangereux pour la stabilité du pays. Si jamais, le Président Dadis cautionne cela, ce qui adviendra, il sera seul responsable devant la Nation, et il répondra devant l’Histoire. Nous prenons à témoin l’opinion publique nationale et internationale.
Quand au Doyen El Hadj Boubacar Biro DIALLO, bien que nous eussions beaucoup de respect pour lui, nous jugeons sa déclaration d’irresponsable. Quand il dit au Président Dadis de rester au pouvoir tant qu’il le juge nécessaire, de ne pas écouter les partis politiques et la Communauté internationale… C’est vraiment irresponsable de sa part, lui qui est sensé, de par son âge et sa sagesse, conseiller les membres du Cndd, de vite organiser les élections en vue de revenir à une vie constitutionnelle normale en République de Guinée. C’est vraiment dommage !
Ce n’est pas étonnant de sa part, car il veut se venger de la classe politique guinéenne. L’on se souvient que le doyen Biro DIALLO a voulu être candidat unique de l’opposition, dans les temps, par le truchement de feu Prof Alpha Ibrahima SOW, président de l’Ufd. Cela n’a pas marché : sa candidature a été rejetée par l’ensemble de la classe politique. Depuis lors, il a pris sa distance des leaders de l’opposition. C’est maintenant qu’il revient pour se venger d’eux. Le Président Dadis CAMARA doit comprendre cela et ne pas l’écouter, car le vieux est animé d’un esprit revanchard.
Encore nous réitérons au Président Moussa Dadis CAMARA et aux membres du Cndd que «Le meilleur danseur est celui qui quitte la piste pendant que tout le monde est entrain de l’applaudir», comme le dit un vieil adage de chez nous.
A bon entendeur, salut !
Fait à Faranah, le 14 Mars 2009
Dr Fran Morri T. SAMMOURAH
Président de l’Aguisav – La Voix des Sans Voix –
pour www.guineeactu.com
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