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Me Kondiano, par la voix de ses avocats, a renoncé aux poursuites engagées contre Sékou Socrate Kéita. Le désistement de la partie civile, d'après ses conseils, s'explique par le fait qu'il y a eu entre elle, le prévenu et l’ensemble des avocats, un règlement de l’affaire à l’amiable. Occasion rêvée par les magistrats qui affichaient la peur aux premiers jours de ce procès. Le trop d'honneur fait à Socrate et dénoncé par Me Kondiano en dit beaucoup.
Le désistement d’une partie civile, en principe, ne peut mettre fin à une procédure judiciaire déjà enclenchée. Mais ici, la justice guinéenne qui statue autrement et non conformément à la loi a renvoyé le prévenu des fins de la poursuite. Le parquet a demandé de disqualifier l’infraction d’usurpation de titre par ce que le prévenu a dit, sans aucune preuve, qu'il est encore en service et à quatre ans de la retraite.
Des avocats de la partie civile ont même demandé au ministère public de s'abstenir de toute poursuite sachant bien que le délit est déjà consommé.
Comment des avocats qui prétendent se battre pour une application effective de la loi qui régit la profession d'avocat peuvent-ils se laisser emporter par les larmes de crocodiles de celui qui a ordonné, il y a seulement quelques jours, des violences contre un des leurs?
Que s'est-il passé en coulisse entre les deux parties ?
Socrate a-t-il usé de ses relations pour influer sur la position de Me Kondiano ?
A-t-il payé quelque chose pour avoir la paix ?
Nous allons essayer de trouver des réponses à ces différentes questions.
Mais en attendant, le moins qu'on puisse dire est que les avocats de Guinée viennent de rater l'énorme occasion qui allait les permettre d'exercer librement leur profession partout comme la loi le dit. La condamnation de Socrate qui a reconnu les faits servirait d'avertissement à tout agent qui serait tenté par des violences à l'encontre d'un avocat.
Sékou Socrate Kéita a rassuré les avocats que ce qui s’est passé n’est qu’un incident regrettable qui ne se reproduira plus. Il leur a promis d’œuvrer de son côté, au renforcement des relations de collaboration entre les avocats et les forces de l’ordre.
Il faut être comme nos avocats qui veulent une chose et son contraire, pour croire à cette promesse. Sékou Socrate est à quatre ans de la retraite, d'après ses déclarations à la barre. Il n'a aucune autorité sur la police. Il n'est pas formateur. On se demande comment il va procéder à ce qu'il dit ?
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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