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Il y a longtemps que l’opinion publique, tant à l’intérieur de nos frontières qu’à l’étranger, les observateurs les plus avertis de la scène politique guinéenne, avait mis le doigt sur le caractère partial des autorités de la Transition. On crie tout haut à la transparence et à l’équité, mais dans les faits, on constate un autre comportement, et cela, au plus haut sommet des autorités de la Transition.
Avant le Premier Tour :
Une grande sérénité et une bonne ouverture d’esprit des uns et des autres avec une liste de 24 candidats qui s’affrontent sur le terrain à la conquête des électeurs à travers des projets de société et des promesses aussi alléchantes les unes que les autres. Une concurrence qui ne peut avoir qu’un seul vainqueur, la Guinée. Dans ce contexte, nous avons les autorités de la transition qui se positionnent dans ce processus de démocratisation.
Le Général des Armées Sékouba KONATE
L’opinion se souvient de la fermeté du Général des Armées pour ce qui est non seulement de la non candidature des gestionnaires de la transition, mais aussi et surtout du respect des engagements et des délais dans la plus grande neutralité de l’administration. On se souvient de la rigueur avec laquelle il a remis à l’ordre le Premier Ministre qui voulait d’abord être candidat, et qui voulait ensuite repousser la date du premier tour. Toute cette rigueur se faisait à travers des visites à l’étranger pour convaincre les uns et les autres à soutenir ce processus de démocratisation pour le plus grand bien de nos populations. En plus de cela, tout en donnant instruction à tous les acteurs de faire vite, il amorce la restructuration de l’armée.
Le Premier Ministre Jean Marie DORE
Dès sa nomination, l’opinion s’est posé la question de la pertinence de cet acte parce que doutant de la moralité de la personne. Après avoir échappé à la mort au stade, le 28 Septembre, et après avoir eu la confiance de ses collègues des Forces Vives, cet homme, avant même d’être nommé, n’avait d’objectif que de pérenniser son pouvoir. Pour ce faire, il était prêt et veut encore et toujours repousser les élections. Mais avec la pression des uns et des autres, il a mis de l’eau dans son vin. Mais c’est juste une stratégie pour mieux rebondir.
Le Conseil National de Transition (CNT)
Sous la houlette de sa Présidente, il y avait une feuille de route claire dont la ligne directrice reste le suivi et le contrôle des actions du gouvernement dans la gestion du processus de transition pour s’assurer que les accords de Ouaga seront respectés dans le fonds et la forme. Le CNT, dans sa composition, avait pris la mesure de son rôle dans ce processus gestion de la transition. La forte personnalité de sa Présidente donnait de la hauteur à cette Institution. Avec la totalité des sensibilités du pays tant à l’intérieur qu’à l’étranger représentées, le pays porte un grand espoir à cette institution particulièrement avec la présence en son sein des Guinéens de l’étranger qui ont l’intention de contribuer à ce nouveau défi.
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
La CENI a fait, dès sa mise en fonction, preuve de beaucoup de responsabilité et de professionnalisme dans la gestion du processus et suit à la les dispositions de la loi et du code électoral. Dans ses prérogatives, elle fait participer comme la loi le lui confère, les différentes assistances dont elle aura besoin dans l’accomplissement de sa tâche. A ces mérites, il faut rajouter celui de se trouver en face d’un nouveau système électoral dans un pays qui n’a jamais connu d’élections démocratiques.
Après le Premier Tour :
La vérité des urnes a été implacable et la douche froide fut totale et sans ambiguïté. Là les choses n’allaient plus être comme avant. Certains leaders qui se croyaient intouchables pour des raisons d’opposition historique se sont vus totalement déstabilisés durant ce premier scrutin. La machine s’est alors enclenchée pour tenter, coûte que coûte, d’inverser la tendance au second tour. D’abord avec des Alliances contre nature, afin de faire du débat une affaire d’ethnie et de région. Ensuite, la mise en place d’une stratégie à deux voies possibles :
1. Provoquer des troubles pour ne pas que le second tour ait lieu ;
2. Si second tour il y a, frauder pour le candidat du RPG
Le Général des Armées Sékouba KONATE
L’homme de la démocratie en Guinée devient depuis les résultats du premier tour, l’homme qui va mettre le feu au pays. Son manque d’implication dans le processus pour bien finir ce qu’il a amorcé reste et demeure le problème majeur de cette fin de transition. Il y a des dérives dans la gestion du processus que lui seul peut arrêter par sa hauteur et son autorité. Mais le Général des Armées brille par son silence et sa réserve au moment où tout le pays et même au de-là a les yeux tournés vers lui. Cette absence est assimilée par les uns comme étant la preuve d’une faiblesse et par les autres comme un soutien à Alpha CONDE. C’est dans ce contexte qu’il reçoit la Coordination du manding comme pression, exactement de la même manière que Kouyaté avait reçu une pression pour rejoindre Alpha CONDE.
C’est dans cette désinvolture que le Général n’a même pas pensé utile de signer le décret fixant la date du second tour et le début de la campagne électorale, comme il l’avait fait pour le premier. Ceci pour dire qu’il n’y croit pas beaucoup. C’est aussi ce désintéressement qui pousse l’opinion à voir l’implication excessive du Président du Faso dans ce processus. En aucun moment le Général n’a veillé à savoir si le délai du 19 Septembre serait respecté ou pas et quels sont les problèmes auxquels les acteurs sont confrontés sur le terrain.
C’est avec une grande « déception » qu’il fait savoir à la CENI que les attentes n’ont pas été satisfaites. Mais un Chef qui définit des objectifs pour les uns et les autres doit veiller avant, pendant et après que tout est en ordre pour l’atteinte des objectifs. Au cas où il y a problèmes, il est plus facile d’y apporter des mesures correctives avant que cela ne soit trop tard.
Le Premier Ministre Jean Marie DORE
Fidèle à ce qu’il a toujours été, le Premier Ministre passe par tous les moyens pour prolonger sa transition ou à défaut de faire en sorte que le second tour soit favorable à Alpha CONDE. Ces actions après le premier tour ont visé à remettre en cause les prérogatives de la CENI au profit du MATAP, afin que lui en tant que chef du gouvernement ait un œil sur le processus. Cette obsession l’amène jusqu’à envisager une modification de la Constitution pour une plus forte implication du MATAP dans le processus. Son cheval de bataille était que la CENI, à elle seule ne pouvait pas corriger les imperfections du premier tour, alors que le MATAP a toujours été impliqué dans le processus.
Devant cet échec, il prend le soin de faire une tournée à l’intérieur du pays avec un accent particulier sur la forêt et la haute Guinée pour officiellement constater l’état des infrastructures routières dans ces deux régions. La réalité des faits a montré qu’il est allé faire campagne pour Alpha CONDE tout en donnant des instructions aux Préfets et Sous-préfets. Dans cette perspective, il trouve le moyen de doter ces sous-préfets de motos.
Le Conseil National de Transition (CNT)
Il a été en dessous de tout et sa feuille de route a été mise de côté, se contentant simplement de déclarations fantaisistes sans aucun contenu et sans aucune vision. Nous assistons ces derniers temps à une absence totale de ce Conseil dans le débat pour réellement jouer le rôle que le peuple de Guinée attend de lui. La seule Institution dont le rôle est de prendre de la hauteur par rapport non seulement au respect de la constitution et du code électoral, qu’au contrôle des actions gouvernementales. C’est à croire qu’en l’absence de sa Présidente, le CNT est complètement décapité et dans sa structure et dans ses attributions.
La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)
C’est tout simplement la foudre qui lui tombe dessus. Après la sérieuse remise en cause de ses capacités à organiser des élections libres et transparentes eu égard à ce qui s’est passé au Premier tour ; Après la volonté du gouvernement de vouloir impliquer davantage le MATAP dans le processus électoral ; et après la condamnation des ces deux membres à la prison et à des amendes, la CENI se trouve dans une situation très difficiles.
Mais à travers son Directeur des Opérations, Pathé DIENG, dans une déclaration d’il y a à peine une semaine, la CENI a non seulement toujours travaillé de concert avec le MATAP, mais aussi et surtout dans une totale transparence et complicité. Dans une conviction totale et sans ambiguïté, M. DIENG disait que la CENI avait tout pour tenir le second tour à la date du 19 Septembre. A rappeler que la CENI était déjà prête pour se second tour le 15 Août, c'est-à-dire dès le début de mois de carême.
A entendre ce même Pathé DIENG parler hier des difficultés qui entraînent le report de ce scrutin, il y a lieu de s’interroger sur les vraies motivations de ce report. Cette question reste encore plus forte quand on apprend, il y a quelques instants que l’entrepôt de la CENI qui se trouve au Camp Almamy Samory TOURE vient de prendre feu.
Si cette information est vérifiée, il reste à préciser quelles seront les conséquences de cet incendie sur le déroulement du prochain scrutin, si jamais il y a scrutin.
Le Conseil National de la Communication (CNC)
Dans un rôle purement de régulateur, en cette période de campagne électorale, le CNC outrepasse ses droits pour se mettre à faire de la discrimination non seulement dans le traitement des documents vidéos mis à sa disposition dans le cadres de son cahier de charge, mais aussi et surtout dans la diffusion des éléments durant la campagne et le temps d’antenne des candidat dans les médias publics.
Voilà en quelques mots des éléments qui montrent que les autorités de transition ne sont pas dans la neutralité que le peuple de Guinée attend d’eux et cela risque de compromettre dangereusement la suite du processus.
Il revient donc au Général des Armées de se ressaisir et de prendre toute la dimension de son rôle dans ce processus de gestion de fin de transition.
Il y va de son avenir aussi bien dans le pays qu’en dehors.
Mamadou BARRY Analyste Financier
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