dimanche 5 juin 2011
Quand le président de la République fait son propre constat d’échec
Alpha Condé

« Eau, électricité, "manger", infrastructure… tout n’est pas possible en même temps ».

Cette déclaration du chef de l'Etat lors de son discours à la cérémonie d'ouverture sur l'examen du document de validation des réformes de l'Etat et de modernisation de l'Administration, le 2 juin dernier, sonne comme un cri du cœur, un quasi-aveu d'échec.

Bien que les législatives s’approchent, le président du RPG (en fait il n'a pas démissionné encore), ne fait plus dans la dentelle pour tirer les leçons de son échec, face à la demande devenue pressante de ses concitoyens. Elu à la tête du pays suite à des joutes électorales controversées, que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de simulacres d’élections, Alpha Condé fait désormais face à la réalité du pouvoir. Pendant la campagne électorale, c’était le candidat qui avait le plus promis : le sac de riz à 25000 fg, des écoles à gogo (en raison de vingt-cinq élèves par salle, un ordinateur pour chaque étudiant et écolier), de l’eau et du courant électrique en six mois (où est d’ailleurs passé Georges Soros ?), oh j’allais oublier la gratuité de la césarienne dans les hôpitaux guinéens… bref Alpha Condé avait soif de suffrages pour rattraper son challenger Dalein, lequel était en avance de 26 points au premier tour.

De tout cela, rien. Alpha Condé fait savoir aux uns et aux autres que tout cela n’était que du vent, du bluff, des illusions… Et donc impossible à tenir. A peine élu, il déclare que « pour travailler la Guinée, il faut dix ans ». Il n’a pas été compris. Faut-il attendre une décennie pour lui demander un bilan ?

Pour être plus clair, il a parlé récemment du « besoin de manger à sa faim, besoin d’eau potable, d’électricité, d’infrastructure scolaire, routière… ». « Tous ces besoins, dit-il, ne pourraient être satisfaits à la fois, il va donc falloir choisir des priorités. Car tout n’est pas possible au même moment. » C’était le 2 juin 2011, à la clôture de l’atelier sur la réforme administrative tenue à Conakry. On ne peut être plus clair. Au cours de cette "oraison", on peut même dire que le chef de l’Etat s’est rebiffé parce que ses électeurs continuent de faire la sourde oreille. Bien qu’il tâche de leur faire comprendre la dure et triste réalité.

Pour l’instant, le pire est à craindre. Car la situation ne fait que se détériorer chaque jour davantage. En s’attaquant brutalement à une certaine communauté et aux opérateurs économiques locaux, en résiliant des contrats par décrets, en menaçant publiquement les uns et les autres, en faisant des décrets et contre-décrets comme du temps de l’autre, le professeur président fait fuir les investisseurs et sape l’élan de décollage économique attendu. Ajoutez-y la volonté de se hâter lentement pour aller aux législatives et la volonté manifeste de falsifier le fichier électoral ou encore le mépris avéré de la loi et la chasse aux sorcières engagée au sein de l’administration publique et autre secteur parapublic (les élus locaux de Dixinn, Ratoma et Kaloum en savent quelque chose). La Guinée file tout droit vers un blocus. Il y a aussi le laxisme, le clientélisme et le régionalisme qui se sont carrément emparé du nouveau régime avec son corollaire de licenciements arbitraires et autres bévues.

De nos jours, le manque de confiance en l’attelage gouvernemental et présidentiel fait que beaucoup de Guinéens, mais aussi les partenaires au développement, ont perdu tout espoir de changement. On n’hésite plus à comparer la Côte d’Ivoire et la Guinée, en termes d’aide extérieure, signe de la confiance des bailleurs de fonds. Alors que le nouveau président ivoirien ne perd plus une occasion d’engranger des centaines de millions de dollars, le nôtre se contente de miettes, notamment avec nos partenaires les plus généreux. Tout cela donne une peur bleue. Or, les perspectives ne font que s’assombrir. Le cavalier du changement risque bien de devenir un cavalier de l’apocalypse. S’il ne se ressaisit pas.


Oury Bah


Source: www.nrgui.com, partenaire de www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
POKPA HOLOMO LAMAH, mercredi 8 juin 2011
Mr Paul Théa, deux choses à retenir. Premièrement, le bilan du Président Alpha Condé sera fait seulement à la fin de son mandat, pas avant. Sauf haute trahison ou empêchement majeur, il restera en poste pendant la durée de son mandat. Deuxièmement, je l`ai dit et je répète encore plus fort ici qu`ailleurs, qu`on peut et on doit faire des revues à mi-parcours et lui donner des signaux forts. Ce n`est pas parce qu`il est élu pour cinq ans que nous allons croiser les bras et le laisser agir comme bon lui semble. Ce serait une démission de notre part, je dirais même un suicide collectif. C`est ce combat que menons sur tous les fronts pour les uns par des débâts contradictoires mais constructifs, pour les autres dans leurs partis politiques respectifs. Si les élections législatives prochaines se tiennent dans les conditions normales, ce serait aussi l`occasion de lui exprimer le point de vue de la majorité des guinéens. Encore que ces élections soient crédibles ! Ce que je crains très très fort. Merci !
Mory Diakité, mercredi 8 juin 2011
@M. Mamadou Saliou Kankalabe Diallo. Les réponses à votre question sont dans le dernier Jeune Afrique. Si vous ne l`avez pas lu, donnez moi votre adresse pour que je vous envoie les pages scannées. Bien à vous.
Paul THEA, mercredi 8 juin 2011
Dans ce débat, je vois des parcelles de vérités dans chaque coté; le candidat ne peux pas tenir toutes ses promesses; c`est vrai; encore faut il tenir des promesses réalisables; Pour les éléments de base, eau, électricité; cinq ans suffisent pour le réaliser à condition que l`Etat ne s`occupe pas de tout. Attendre le coup de siflet final est très dangereux car par expérience, il y a des signaux qui ne trompent pas et qui annoncent une catastrophe et là nul besoin d`être un voyant. En s`entourant du cerveau du système qui a mis notre pays par terre; quel signal le président veut donner? nous ne devons pas parler d`échec; mais tout semble le diriger sur cette voie. Je n`ai pas voté pour lui mais je ne souhaite pas son échec car c`est la population qui en souffrira plus.
POKPA HOLOMO LAMAH, mercredi 8 juin 2011
Bien compris Mr Gandhi. mais je vous prie à l`avenir de bien vouloir écrire mon nom en totalité (Pokpa Holomo Lamah) s`il s`agit de moi pour éviter toute confusion. Amicalement aussi à vous mon cher frère !
Mamadou Saliou Kankalabe Diallo, mercredi 8 juin 2011
Mr Mory Diakite, bon pourquoi avez vous vote pour AC?
Mory Diakité, mercredi 8 juin 2011
M. Bah, vous faites preuve d`un angélisme rarement rencontré sur terre. Même Candy ou Sissi étaient mois cupides que vous. On dit que les promesses n`engagent que ceux qui les écoutent (Jacques Chirac). Dans ces conditions, revenir u peu à la réalité (par principe de réalité) n`est pas se déjuger ou se renier. Personnellement, j`ai voté pour le Pr Condé au 2nd tour. Mais je savais pertinemment qu`il ne ferait pas tout ce qu`il a dit. J`avais même eu l`occasion de le lui dire en face et devant témoins. Je vous recommanderai de regarder ailleurs dans le monde le décalage entre les promesses des candidats et leurs actes une fois qu`ils accèdent à la magistrature suprême. Vous verrez que le Pr. Condé ne fait pas exception. Si vous n`avez pas le temps, interressez vous au cas de Barack Obama. Il avait promis de fermer Guantanamo. A ce jour, il y a encore des prisonniers. Regardez le cas de Nicolas Sarkozy. Il avait dit "travailler pour gagner plus". Après plus de 4 ans de présidence, le chômage est plus important qu`à son arrivée. Il avait dit qu`il irait chercher la croissance avec ses dents. Résultat, il n`y a pas de croissance. Etc.
Gandhi, mercredi 8 juin 2011
Mr Lamah, je répondais à Mr Lama (Antoine). Je sais pour suivre vos commentaires, que vous êtes plus mesuré que péremptoire. Amicalement.
POKPA HOLOMO LAMAH, mardi 7 juin 2011
Messieurs Gandhi et Diallo, loin de moi l`idée de vouloir défendre les acquis du nouveau régime, pour preuve je n`ai pas donné mon point de vue sur ce qu`il a fait jusqu`ici. Retenons simplement que le Président Alpha Condé a été élu pour un mandat de 5 ans. C`est vrai qu`on peut et on doit faire des revues à mi-parcours, mais attendons le coup de sifflet final pour faire le bilan. S`il est permis de dire qu`il va ou ne va pas échouer, il est néanmoins prématuré voire exagéré de dire qu`il a échoué. Voilà !
Gandhi, mardi 7 juin 2011
Mr Lama, tout dépend de quoi on parle. Changer le Guinéen, il faudra plus de cinquante ans, mais changer un tant soi peu la vie quotidienne des Guinéens (eau et électricité par exemple), 5 ans suffisent largement, à condition de se consacrer à cela et ne pas vouloir tout faire en même temps. AC doit se consacrer à l`essentiel, et non perdre son temps à nommer le planton de tel Ministère...
DIALLO B. Cherif, lundi 6 juin 2011
Mr. A. Lamah dites nous combien de temps il a fallu a Sidya pour ameliorer notablement le qoutidien du guineen quand il a ete nomme PM. les faits sont tetus dit-on !!
Antoine LAMA, Port-Louis, lundi 6 juin 2011
Pour une Guinée prospère et modèle de démocratie et de stabilité politique et économique, il faut au moins 10 ans. Je partage donc l`avis du Pr Alpha CONDE et j`ai la ferme conviction qu`aucun autre Président pourrait réussir à sa place à moins de 5ans. Toute personne qui donne cette garantie aux guinéens de réussir en ce laps de temps qu`il ramènerait la Guinée au progrès que le peuple souhaite ne serait que de pure empirique.
Kourouma Ibrahim, lundi 6 juin 2011
Ecartelé entre des coordinations illégales et farfélues, un gouvernement pléthorique et formés à 80% d`incompétents, une vision ethno-régionaliste de l`exercice du pouvoir, le grimpeur national va tout droit dans le mûr et avec lui le malheureux peuple de Guinée qui depuis 52 ans n`a connu que terreur, dictature, misère, pauvreté, mensonges et humiliations! Qu`avons nous faits au bon DIEU pour ne mériter que çà!!!!!!
Guinean, lundi 6 juin 2011
Oury Balde, il est trop premature de parler d`echec a ce stade, mais un debut difficile serait plus approprie. Le pays decole pour des cieux merveilleux, mais seuls vous et vos semblables refusent de reconnaitre cette realite. Helas!
BARRY Ditinn, lundi 6 juin 2011
Bien dit mon frère LAMAH, tu as un esprit pertinent. Je me demande si c`est la haine qui aveugle certains ennemis du Président Alpha ou si c`est juste une cécité ethnique qui les empeche de voir la réalité.
madina, lundi 6 juin 2011
Eh,koro Alpha Tout mon espoir etait en toi Maintenant je suis aux abois Et comme j`ai su que tu bois Cela accroit mon desarroi. Avant qu`il ne soit trop tard Et qu`on se retrouve a la gare Trouve toi un excellent gars A la primature qui soit le phare D`un developpement sans fard.
POKPA HOLOMO LAMAH, dimanche 5 juin 2011
Mr Oury Bah, deux remarques : Premièrement, dire que tout n`est pas possible en même temps n`est pas synonyme de faire un constat d`échec. Deuxièmement, vouloir comparer les flux d`investissements en Guinée et en Côte d`Ivoire n`est pas une chose aisée. Il peut y avoir des biais. À mon humble avis, la seule comparaison valable reste celle des réalisations du Président Alpha Condé à ses promesses électorales et ce, en tenant bien sûr compte du mandat pour lequel il a prêté serment. Est-il sur le bon ou le mauvais chemin, chacun y va de son commentaire. Merci !
TAMBA, dimanche 5 juin 2011
Qui avait écrit que ALPHA va échouer??c`est la preuve!c`est un incompetent double d`incapacité.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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